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[Tuto-Projet] Amplificateurs N-VDMOS: de l'efficace, du rationnel et du sérieux

  1. Tropique

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    juin 2005
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    La lente et patiente convergence d'un design....

    ....continue:

    La version suivante répond au doux nom de circlo MOS casc(ode) A(uto) B(ias) 2.

    A part des améliorations "cosmétiques" comme l'incorporation de zener déjà mentionnée dans le collecteur de Q1, elle présente quelques nouveautés plus substantielles:
    • Le transistor Q8 n'est plus utilisé en simple diode comme précédemment. Le but des résistances supplémentaires est de rendre le courant de repos indépendant de la tension d'alimentation. Avec Q8 connecté en diode, l'asservissement du courant de repos prenait sa référence primaire du courant passant dans R16, et était donc proportionnel à la tension d'alimentation.
      Ce n'est pas dramatique, mais il est préférable de rendre le fonctionnement totalement indépendant de l'alimentation.
      L'insertion de R20 permet de compenser la résistance dynamique équivalente de Q8; la tension sur son collecteur est donc devenue pratiquement constante. Mais, en même temps, cette tension est aussi plus basse. Pour retrouver la même tension, il faut également le faire travailler un petit peu en multiplicateur de Vbe: c'est le rôle du diviseur R18/R19.
    • La résistance de source de M1 a été supprimée (R3 est un vestige servant à des tests).
      Grâce au circuit d'auto-bias, elle n'est en effet plus nécéssaire à la stabilité thermique du circuit. Mais on ne peut pas se contenter de la supprimer froidement sans affecter la sacro-sainte symétrie du circuit, que nous avons pris tant de soin à établir en nous basant sur les compléments virtuels.
      Pour obtenir un effet équivalent, une fraction de la tension sur R4 est prélevée par R7, et injectée sur le driver.
      L'effet est d'augmenter légèrement la résistance vue par le collecteur de Q4 lorsque M2 est actif, et donc finalement de remonter très légèrement le gain dans ces conditions: diminuer le gain de M1 ou augmenter le gain de M2 ont en définitive le même résultat: une restauration de la symétrie.
      L'élimination de R3 n'est pas seulement avantageuse sur le plan matériel: elle permet également de grignoter encore un peu d'excursion: elle est maintenant de plus de 18V crête, avec une distortion diminuée à 70ppm.
      Avoir une schottky en D1 participe aussi de ce résultat.

    Les autres caractéristiques sont pratiquement inchangées.

    A suivre....

    -----

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  2. Tropique

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    Tout y est..... Voici le reste!!!

    A ce stade, on peut considérer que les objectifs initiaux sont globalement atteints:

    Nous sommes arrivés à un ampli n'utilisant que des NMOS, courants et bon marché, capable de "swinguer" à moins de deux volts des rails d'alimentation, avec une structure simple et de bonnes performances générales.

    En chemin, on a récolté deux caractéristiques supplémentaires en bonus:

    -Une stabilité exceptionnelle, même en présence d'une combinaison de charges et de signaux difficiles. Cette stabilité est de surcroît atteinte sans recourir à des réseaux de Zobel. Ce dernier point est important, vu la destination de cet ampli.
    Pour de l'audio, avoir une self de 2 ~ 3µH en série avec la charge n'est pas gênant: une chute de 0.5 ou 1dB à 20KHz est sans aucune importance.
    Pour un ampli servant à des test de labo, c'est catastrophique: celui-ci est parfaitement capable d'attaquer une self de 3µH directement, à son amplitude maximale, à 500KHz. Si on insère une valeur équivalente en série, on va perdre la moitié du signal.... inacceptable.
    En plus, la contre-réaction se fait à partir du point de sortie, et non en amont d'une self, qui en plus de sa réactance présente certainement quelques milliohms de résistance ohmique. La précision et la fidélité du signal sont donc garantis sur toute la gamme de fréquence.

    -Autre caractéristique inhabituelle, l'asservissement en boucle fermée du courant de repos. C'est quelque chose de très rare sur les amplis, à cause de la difficulté de l'implémenter correctement et sans causer de problèmes collatéraux.
    Cette caractéristique est utile à deux points de vue: elle évite toute possibilité d'emballement themique, mais permet aussi de garder le courant à sa valeur optimale pour minimiser les distortions de croisement. Ce n'est pas le cas lorsque la stabilisation est basée uniquement sur du feedback thermique.


    Que peut-on désirer de plus?
    Dans certains cas, il pourrait être désirable d'avoir une linéarité quasiment parfaite; ici elle de 70ppm, ce qui est bon sans être exceptionnel. Pour faire mieux, il existe une recette simple et éprouvée: ajouter du gain de boucle. Dans la version actuelle, ce gain n'est pas très élevé: environ 38dB en basses fréquences (voir #10).
    C'est dû au fait que la structure est simple, pour ne pas dire minmale.
    Une méthode pour insérer du gain sans bouleverser la structure est de remplacer la charge passive de Q2/Q4 par une charge active, Q9/Q10: voir circloMOS casc AB5.
    Cette configuration a en plus l'avantage de forcer l'équilibre des courants dans Q2/Q4.
    Il reste nécéssaire de compenser l'absence de résistance de source de M1, d'où la raison de R17.
    L'augmentation de gain procurée par cette modification est d'environ 20dB, ce qui, sans surprise, se traduit par une amélioration équivalente de la linéarité: on est maintenant à 7ppm.
    Qu'en est-il des autres caractéristiques suite à cette augmentation de gain?
    C'est ce que nous verrons dans le prochain épisode.

    A suivre....
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  3. Tropique

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    Suite et interlude

    Nous allons voir l'impact des 20dB supplémentaires sur le comportement de l'ampli, mais auparavant voyons le dans une application un peu plus ludique: cela détendra l'atmosphère dans cette suite d'exposés arides.

    Nous avons vu dans le #13 que l'ampli était parfaitement d'attaquer frontalement un circuit résonant série, et d'allumer un tube fluo dans la foulée.

    Mais il n'est pas limité aux circuits série....

    Voyons ce qui se passe lorsqu'il est confronté à un circuit parallèle.
    Ici, il s'agit d'une self à air de 2.5µH, mise en parallèle avec deux condensateurs de 2.2µF; cet ensemble résonne à environ 45KHz.
    L'ampli applique cette fréquence au circuit, à son amplitude maximale.
    On voit le résultat sur Circlo Par Res1: un clou est posé au milieu de la self, et en quelques secondes il est chauffé au rouge par le champ HF produit.
    C'est la seule photo valable que j'aie eu le temps de prendre, la self a grillé presqu'immédiatement.
    Lors d'une tentative précédente, avec une autre self, le clou avait à peine eu le temps de commencer à rougeoyer que la self claquait:
    Circlo Par Res2.

    Cela montre la santé exceptionnelle du circuit: n'essayez pas ce genre de manip avec un ampli beta, le résultat sera sa destruction instantanée...

    Revenons à des choses plus sérieuses:
    AB5 freq montre la réponse en fréquence du circuit amélioré: il y a clairement une "bosse" dans le gain aux fréquences élevées. C'est assez logique: on ne peut pas impunément balancer 20dB de plus dans la boucle, et espérer que ça va être absorbé de façon transparente.
    Il existe un remède classique et éprouvé pour revenir à la stabilité initiale: augmenter la compensation.
    Mais ici, cela voudrait dire augmenter la capacité du condensateur de compensation dominante, C1.
    Ce n'est pas souhaitable, car ce condensateur impacte le slew-rate, et donc la bande en puissance. Pour cet ampli, il est essentiel de conserver de bonnes performances à ce point de vue (sinon, nous ne pourrons plus nous livrer aux distractions évoquées plus haut).
    Quelles solutions pourraient être appliquées, de manière à avoir le beurre et l'argent du beurre?
    Je vous laisse réfléchir à ce problème jusqu'au prochain épisode.

    A suivre.....
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  4. Tropique

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    Petit à petit, l'oiseau fait son nid.....

    La technique qui va permettre à la boucle de contre-réaction de retrouver un comportement civilisé s'appelle le nesting.

    Je ne me hasarderais pas trop à essayer de traduire ça en français, et surtout pas littéralement, on pourrait proposer hiérachisation, imbrication, concentricité.
    Cela consiste à scinder la compensation sur des parties très locales et très courtes de la chaine d'amplification d'abord, et puis progressivement englober des sections de plus en plus grandes, jusqu'à ce que la boucle soit bouclée. Cela permet de modeler la réponse en fréquence de façon optimale, ce que ne permet pas une compensation unique à 6dB/octave sur toute la plage. Voir Freq Rep AB5.
    Ici, C1 a été réduit, pour n'être actif qu'aux fréquences les plus hautes, et C6 a été rajouté: il englobe l'étage de sortie, et comporte une résistance série pour ne pas interférer avec l'action de C1 en HF.
    Dans la foulée, C2 a pu être réduit puisque C6 reprend en partie son rôle. C'est assez académique: la valeur est optimale pour une réponse HF plate jusqu'à 28MHz, mais vers ces fréquences, l'amplitude maximale ne dépassera pas quelques volts.
    En plus un réseau R24 C7 controle le gain aux fréquences élevées, et permet de garantir une bonne stabilité.

    Les performances sont à peu près conservées, la linéarité s'est un peu dégradée au cours des manoeuvres, mais rien d'inquiétant, et ce n'est de toutes manières pas une des priorités fondamentales de ce projet.
    Il est d'ailleurs possible d'optimiser ces performances sans grandes difficultés, au cas où ce serait nécéssaire: voir à titre d'exemple la version AB6, dans laquelle le remplacement du driver par un MOS moyenne puissance permet de descendre à 4.6ppm. Ce n'est qu'un exemple, qui n'a pas été réalisé pratiquement et qui sert à illustrer ce point; en pratique, il n'est pas certain que l'amélioration soit vraiment ce que prévoit la simu, mais ça montre la direction à prendre.

    Entretemps, j'ai restauré ma self, et je lui ai donné une vis en guise d'offrande sacrificielle. Ca n'a pas tenu longtemps, mais j'ai su prendre un cliché (bougé).
    "Setup" montre l'instrument de torture et "Screw" la vis en train de bronzer...

    Bon, c'est pas très sérieux tout ça, mais c'est le weekend.

    Asuivre....
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  5. Tropique

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    Safety first!

    Il manque encore un accessoire important à notre ampli pour qu'il puisse tenir la route:

    Nécéssité d'une protection:
    Comme il s'agit d'un appareil destiné à l'expérimentation, il est à la merci des erreurs de branchement, des sondes qui rippent ou des charges qui se court-circuitent. Il est donc plus que souhaitable qu'il puisse survivre sans dommage à ce genre d'aléas.
    Pour cela, il va falloir le munir de circuits de protection.
    J'ai parlé précédemment de la robustesse de cette architecture, et c'est vrai que les tests qui ont été menés sur les protos auraient signé l'arrêt de mort de la plupart des amplis conçus de manière plus classique.
    Ce qui n'est pas synonyme d'indestructibilité, loin de là: un court-circuit de sortie en présence de signal, et boum! Plus de transistors de sortie. Le fait qu'il ait un comportement sain n'implique pas qu'il résiste à tout. Quand on dépasse la dissipation maximale des transistors, ils claquent, c'est aussi simple que ça, et dans les versions présentées jusqu'ici, aucun mécanisme n'est prévu pour limiter cette dissipation, et conserver les transistors dans les limites de leur aire de sécurité. Il va donc falloir implémenter ce mécanisme de façon explicite.

    Les particularités de la topologie:
    En réalité, lorsque je dis qu'aucun mécanisme de limitation n'existe, c'est une affirmation qui doit être qualifiée ou tempérée: il y a dans tout ampli, quel qu'il soit, toujours quelque chose qui va finir par limiter le courant, , mais en général, cette limite est beaucoup trop élevée pour la sécurité des transistors. Ce qui est compréhensible: pour être sûr d'avoir assez de courant pour piloter la charge prévue en toutes circonstances, il faut un bon surdimensionnement, pour être à l'abri des dispersions notamment.
    Or, cette structure, sans faire exception à la règle, a malgré tout une spécifité: le courant maximal sera intrisèquement limité à un plafond relativement précis.
    Pour comprendre l'origine de cette limite intrinsèque, il faut revenir au début, dans le message #5, où le mécanisme de la complémentarité virtuelle était exposé:
    http://forums.futura-sciences.com/at...virtucomp1.jpg
    On voit, dans le schéma équivalent, que les sources de polarisation peuvent être fusionnées en une seule, dans le gate de M1.
    Cette polarisation globale représente la totalité du "drive" disponible pour les deux transistors: Q1 peut répartir cette polarisation entre les transistors, mais ne peut en aucun cas en ajouter.
    Quand Q1 est bloqué, M1 reçoit la totalité de la tension, alors que lorsqu'il est saturé, tout est dirigé vers M2.
    Cette particularité structurelle permet de conjecturer sur le niveau maximal de conduction qui sera atteint par M1 et M2: comme la polarisation totale disponible est égale à deux fois ce qui est nécéssaire les faire atteindre leur courant de repos, on peut, connaissant la technologie des transistors, avoir une certaine idée du courant maximal possible.
    On pourrait même, dans certains cas, craindre que ce courant ne soit pas suffisant pour attaquer la charge à pleine puissance. Cela pourrait être vrai pour des MOS latéraux par exemple, mais ici, avec des MOS verticaux dont la caractéristique Id/Vgs est assez abrupte, ce n'est pas un souci: il y a plus que le nécéssaire pour arriver au courant maximal, mais aussi pour faire griller les transistors en cas d'incident.
    Cependant, ce courant, bien qu'élevé, n'est pas vraiment incontrôlé, et le problème sera surtout d'éviter que la condition de surcharge ne se prolonge un temps tel que l'impédance thermique ne devienne trop élevée.

    Les besoins spécifiques:
    Il ne faudra donc pas une protection qui réagise à la microseconde; et c'est bien ainsi: en raison de la fonction de cet ampli, il est préférable de ne pas perturber la fidélité du signal, tant que la sécurité n'est pas mise en cause. Il pourra donc laisser passer des transitoires relativement sévères, à condition qu'ils soient brefs.
    Toujours dans cette optique de fidélité au signal, la protection ne sera pas implémentée de façon "normale", comparable à ce qui se fait pour les amplis audio.
    Dans ceux-ci, la protection travaille en limitant dynamiquement l'aire de sécurité. Ce qui impacte naturellement sur la reproduction du signal.
    Mais dans un ampli audio, un écrêtage s'entend, alors que pour un ampli de labo, cet écrêtage risque de passer inaperçu, surtout près de la limite.
    Pour cette raison, le choix a été fait ici de rendre la protection complètement non-intrusive tant qu'on reste dans les limites de sécurité, et de disjoncter totalement au-delà. Le procédé est brutal, mais il permet de n'avoir pas à se soucier de l'impact de la protection sur la qualité du signal, tout en évitant le risque de dégâts en cas de problème.

    A suivre...
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  6. Tropique

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    L'aboutissement, enfin?

    Après cette petite respiration, reprenons le cours du projet:

    CircloMOSprot est la version protégée de l'ampli, réalisée en se basant sur les principes édictés précédemment. Le circuit commence à avoir l'air un peu touffu, mais la complexité n'est qu'apparente, et la plus grande partie est constituée par le noyau de base, qui est resté pratiquement inchangé.

    Le schéma comporte aussi des éléments parasites, qui permettent à la simu de mieux coller à la réalité: ce sont principalement les inductances de sources, qui sont les plus gênantes et les plus significatives.

    Le "coeur" de la protection est constitué par Q11 et Q12, qui sont reliés en thyristor explicite.
    Le pseudo-gate reçoit deux signaux: une tension image du courant dans M2, échantillonnée sur R4 et calibrée par R25/R37, et un courant venant de Q13, qui gère le rail positif et donc M1.

    Le fonctionnement est simple: lorsque la tension sur la base de Q11 est suffisante, le thyristor s'amorce ce qui cause une cascade d'événements:

    -Allumage de la LED D9 qui indique la condition de disjonction

    -Interruption de la polarisation des miroirs de courant arrivant via R27; cette interruption se répercute aussi sur l'alimentation des étages driver par Q14 qui alimente les diodes D3/D4 servant de référence aux sources de courant.
    On fait d'une pierre deux coups: auparavant cette polarisation était faite par une simple résistance de 3.9K. Maintenant, Q14 étant également une source de courant, la polarisation est plus stable en fonction des variations d'alimentation. Et bien sûr, elle peut être controlée par le disjoncteur.

    -Enfin, D12/R36 dérivent le courant de Q4, de façon à bloquer Q1.

    Le résultat de tout cela est un shut-down propre et complet de l'étage de sortie.
    Les condensateurs C7/C8 et la résistance R26 permettent de controler le temps d'action de la protection: C7 empêche que des pics brefs, mais gérables par les MOS ne déclenchent intempestivement la protection, et le réseau C8 R26 fait une moyenne à plus long terme, qui décale le seuil si des conditions stressantes se répètent. Le but est d'avoir une image électrique (grossière) du stress thermique subi par le cristal des transistors.

    Au niveau du positif, il n'y a pas de résistance où échantillonner le courant, et un shunt R30 a du être ajouté. Il a une valeur minimale pour éviter des chutes de tension inutiles, et Q13 est prépolarisé par D10.

    Pour illustrer le fonctionnement de la protection, la charge a été mise à 4.2ohms, ce qui est juste adéquat avec les 35Vpp de sortie pour déclencher la protection après environ 3 cycles à 1KHz.

    CircloMOSprot2 montre plus en détails ce qui se passe: la trace verte est la tension base-émetteur de Q11 (négatif), et la rouge de Q13 (positif).
    On voit bien sur Q11, que la tension monte, s'accumule, et finit par déclencher le thyristor.
    Une fois que celui-ci s'est amorcé, il faut pouvoir le bloquer à nouveau: c'est fait au niveau du point "R" qui doit être réuni brièvement avec le négatif pour effectuer le réarmement.
    Cette action court-circuite le thyristor. Cette méthode de reset a été choisie car elle ne permet pas le réarmement si la condition de défaut demeure: toute tentative de réarmement cause d'abord un shut-down généralisé.

    A suivre.....
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  7. Tropique

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    On complète l'album de famille:

    Voici quelques images de la version la plus "évoluée"

    "Général" et "Top" se passent de commentaires.

    "Bottom" montre la tripaille en cours de mise au point.
    On peut remarquer que les aspects masse/découplage sont particulièrement soignés: il y a un bandeau de masse installé en mezzanine, et des tantales SMD de découplage d'alimentation.
    Ce sont des nécéssités compte tenu de la bande passante de l'ampli: la moindre inductance parasite dans ces zones se paye cash.
    Même ainsi, il faut reconnaître que c'est encore suboptimal.
    J'ai cru intelligent de monter les deux MOS de sorties en vis-à-vis, de part et d'autre du radiateur, puisque ça permettait de les rapprocher au maximum, mais c'est une fausse bonne idée:
    Pour arriver à leur destination, les "pistes" de puissance doivent faire une sorte de contournement, qui n'est pas favorable du tout.
    Tout compte fait, la disposition "en ligne" adoptée sur les autres protos aurait probablement été préférable.
    Cela dit, il n'y a rien de catastrophique: ça fonctionne malgré tout.
    Si j'avais accès à du multicouche pour mes protos, ça ne poserait aucun problème: avec des plans de masse et d'alim arrivant jusque sous les MOS, cette disposition serait parfaitement compétitive, mais quand on ne dispose que d'une seule pseudo-couche, ça marche moins bien.
    Tout est relatif cependant: pour voir la différence, il faut vraiment la chercher, avec des signaux et des charges difficiles.

    Autre détail assez important: MOS zoom.
    On voit que le gate est équipé d'une perle ferrite. Elle est rendue nécéssaire, probablement en partie à cause de la disposition mentionnée plus haut, mais aussi à cause du gain de boucle plus élevé qui nécéssite une compensation plus sophistiquée, mais aussi un peu plus chatouilleuse.

    A ce propos, une parenthèse: il faut dire que "plus" n'est pas forcément synonime de "meilleur".
    Cette version-ci incorpore la totalité des raffinements décrits au cours des posts précédents, en particulier le gain de boucle augmenté, qui permet entre autres de descendre à 8ppm de linéarité, et de diminuer l'impédance de sortie.
    Par contre, il faut reconnaitre que sa stabilité n'est pas tout à fait celle de la version non dopée.
    Encore une fois, c'est très relatif: elle est parfaitement capable de piloter des charges qu'un ampli plus conventionnel ne saurait pas voir à un mètre sans répandre ses tripes, et toutes les "tortures" acceptées par l'autre version le sont aussi par celle-ci, mais la marge est moins énorme.
    Dans la vie comme pour la technique, tout est affaire de compromis, et toutes choses égales, plus de gain signifie moins de stabilité.
    Si l'on a pas un besoin particulier d'une linéarité exceptionnelle, il est peut-être préférable de s'en tenir à l'autre version: on peut parfaitement l'équiper du disjoncteur, de la polarisation automatique, ou des deux. Toutes les combinaisons sont possibles et compatibles entre elles.

    Revenons à la perle ferrite: on remarque que le MOS est monté à une hauteur juste suffisante pour pouvoir l'insérer, cela toujours dans le but de gratter chaque nH d'inductance parasite dans la source.
    Si on regarde plus attentivement, on constate également que le conducteur de drain est isolé: c'est un détail très important, parce que la ferrite est légèrement conductrice, et le système de décalage de polarisation utilisé pour les MOS exploite leur très haute impédance d'entrée en DC.
    Si on laissait des courants parasites arriver sur le gate, la polarisation serait sérieusement perturbée.

    A suivre....
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  8. Tropique

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    En conclusion provisoire.

    L'essentiel est dit:

    L'évolution s'arrête là pour le moment, et ceux qui le désirent ont matière à expérimenter sur les différents aspects de la topologie "Circlomos", et à dimensionner et concevoir eux-mêmes des amplis basés sur ce concept.
    C'est le but affiché que j'ai poursuivi dans cette série: donner aux constructeurs potentiels une autonomie suffisante pour créer "leur" ampli.
    Mais pour ceux, plus frileux, que l'aventure effraie, il reste possible de construire à l'identique les protos qui ont été décrits, ils fonctionneront comme prévu, sans surprises.

    Bien que ce ne soit pas explicitement prévu, il serait certainement possible d'utiliser ces amplis pour de l'audio. Dans ce cas, il faut prendre garde à certaines choses:

    Les versions décrites sont destinées à de l'instrumentation, et ont certaines caractéristiques qui pourraient s'avérer gênantes pour de l'audio.
    La bande passante est maximale, et n'est limitée ni vers le bas, où le gain DC est identique au gain AC, ni vers le haut où la bande en petits signaux s'étend à plus de 10MHz même en choisissant la compensation en fréquence la plus lourde.
    Toujours pour des raisons de vitesse, l'étage d'entrée fonctionne à courant élevé, et nécéssite donc des courants de polarisation non-négligeables. Ce n'est pas un problème pour l'application envisagée, où les sources auront généralement une impédance de 50 ou 75 ohms, mais avec une source de quelques kiloohms, ces courants causeraient des décalages d'entrée de plusieurs dizaines de mV, qui se retrouveraient intégralement amplifiés des 20dB à la sortie.
    Plutot gênant.
    Pour bien faire, il faudrait l'associer à un préampli ayant une impédance de sortie faible, sans tension d'offset. La réduction de bande passante pourrait aussi se faire à ce niveau.

    D'autre part, je compléterai l'ampli de labo avec certains accessoires utiles, particulièrement un préampli à gain commutable, inverseur ou non, et ayant des caractéristiques compatibles avec l'ampli de puissance.
    Je décrirai ces éléments au fur et à mesure qu'ils seront finalisés/éprouvés.

    Pour conclure, disons que ce concept d'ampli, même s'il n'offre aucun chiffre de spécification miraculeux, permet cependant d'offrir un "mix" de caractéristiques intéréssantes avec des moyens minimes, et beaucoup d'avantages pratiques, en ce qui concerne l'alimentation, l'approvisionnement en composants, la stabilisation thermique et l'aptitude à se jouer des charges les plus aggressives qui soient, sans précaution particulière.

    Parmi les applications potentielles, on peut citer l'attaque de transducteurs ou bobines d'excitation en tous genre, l'émulation d'éléments de puissance pour la mise au point de convertiseurs, le chauffage inductif, la génération de plasma, le test en puissance de composants réactifs, l'utilisation en ampli de servomoteur, en AOP de puissance, etc, etc, etc. Il n'y a pratiquement pas de limite....

    A bientôt, peut-être....
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  9. Tropique

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    Un préampli adapté

    Un petit update:

    Voici un des accessoires qui avait été mentionné à la fin (provisoire) du projet.
    Il s'agit d'un préampli, dont les caractéristiques sont bien adaptées à l'ampli de labo.
    Il peut procurer un gain exactement égal à 20dB ou 0dB, en positif ou en négatif, ce qui donne une certaine flexibilité pour construire des configurations de test.
    L'ampli peut être un modèle quelconque, à condition d'être performant sur le plan de la vitesse, de la précision et du bruit. Cela pourrait être un NE5534 pour un budget mini, ou un AD797 si on recherche des performances exceptionnelles. Ou bien d'autres, ce n'est pas ce qui manque.
    Le circuit est conçu pour utiliser un minimum de composants et de commutations pour réaliser les fonctions.
    Les valeurs de résistances sont indicatives, ce qui importe est leur rapport. Avec celles choisies, l'impédance d'entrée en mode inverseur sera basse, mais c'est une question de compromis avec la bande passante.
    On pourrait rajouter un buffer gain unité à l'entrée, pour être toujours en haute impédance. A chacun ses préférences.

    A bientôt, peut-être....
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  5. Amplificateurs
    Par Electrofred dans le forum Électronique
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