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Convertisseurs A/D artisanaux, entièrement sculptés à la main

  1. Tropique

    Date d'inscription
    juin 2005
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    Entre Groland-Du-Haut et BXL-capitale
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    13 411

    Convertisseurs A/D artisanaux, entièrement sculptés à la main

    Hello,

    Me revoici, pour vous proposer d'explorer certains recoins d'un domaine que l'on se contente généralement d'examiner sur un plan théorique:
    On en étudie les principes, les topologies, mais il ne viendrait jamais à l'idée de quelqu'un de sensé d'aller plus loin, et de se concocter soi-même son petit convertisseur sur mesure: on achète la fonction toute faite, que ce soit dans un chip dédié, un sous-ensemble, ou faisant partie d'un microcontrôleur.

    Cela ne s'applique pas à moi, puisque je ne suis pas sensé, et je vais donc vous montrer comment créer des convertisseurs à partir de rien, ou presque: des portes, des AOP, et autres fonctions de base.

    Cette démarche a un intérêt didactique évident: elle permet de "plonger les mains dans le cambouis" et de se familiariser intimement avec le fonctionnement détaillé de ces circuits.

    Il ne faut sûrement pas espérer arriver à un résultat utilisable pratiquement: au XXIème siècle, les modules convertisseurs millivoltmètres se trouvent à 5€, et chaque µcontroleur ou presque inclut un convertisseur A/D. Il doit être impossible de rivaliser en coût, résolution, performances, nombre de canaux, avec quelques pincées de composants standard.

    Vraiment?

    -----

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    Dernière modification par Tropique ; 30/12/2009 à 17h13. Motif: PJ ne passent pas
    Pas de complexes: je suis comme toi. Juste mieux.
     


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  2. beignetdepomme

    Date d'inscription
    février 2007
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    132

    Re : Convertisseurs A/D artisanaux, entièrement sculptés à la main

    Bonjour,ce topm'interresse!!!Mais je ne sais pas si je pourrais contribuer.
     

  3. Tropique

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    juin 2005
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    13 411

    L'élément de base, le moteur de conversion

    Nous allons entrer dans le vif du sujet, et examiner le bloc de construction élémentaire qui se trouvera à la base de toute cette série de convertisseurs.
    Avant de s'attaquer à l'implémentation physique, voyons d'abord quel algorithme sera utilisé:

    Il est simple.
    Soit Vin la tension d'entrée à convertir, Vref la tension de référence, Vout la tension de sortie appliquée éventuellement aux étages suivants, et Bn le bit converti. Pour un étage, l'algorithme s'énonce comme suit:
    Code:
    Comparer Vin et Vref
        Si Vin > Vref, alors Vout = Vin-Vref et Bn = 1
        Si Vin < Vref, alors Vout = Vin et Bn = 0
    Et c'est tout...

    Cela suffit cependant, prenons un exemple:
    On veut convertir une tension de 1.234V, avec une tension de référence égale à 1V.
    1.234 étant > que 1, le premier bit est mis à 1, et on passe le reste de 0.234V à l'étage suivant.
    Comme nous sommes en binaire, le poids des tensions pour cet étage, et donc de Vref sera divisé par deux: on compare 0.234 à 0.5; c'est plus petit, le bit correspondant est donc à 0, et la valeur de 0.234 est passée telle quelle à l'étage suivant.
    Celui-ci la compare à 0.25; c'est à nouveau plus petit => bit à 0, et passage du reste inchangé.
    On compare à 0.125; cette fois, 0.234>0.125, le bit est donc à 1 et le reste vaut 0.234-0.125=0.109.
    Et ainsi de suite....
    Le résultat de la conversion s'écrit donc: 1001 (si on se limite à 4 bits).
    La résolution (valeur d'un point) est dans ce cas de 0.125. Si on multiplie cette résolution par la valeur binaire du résultat, on obtient 0.125 x 9 = 1.125 ~= 1.234. Ce n'est pas tout à fait égal, puisqu'on s'est limité à 4 bits, et le reste de 0.109 n'a pas été pris en compte.
    Si on le rajoute, on retrouve la valeur initiale.
    La valeur fond d'échelle de ce convertisseur sera égale au produit de la résolution par 2n-1, dans ce cas ci 0.125 x (24 - 1) = 1.875V
    Si on souhaite plus de bits, il suffit d'ajouter autant d'étages que nécéssaire.

    Cet algorithme est implémentable tel quel en hardware, mais il peut être modifié et amélioré pour uniformiser les étages: ici, chaque étage fonctionne avec une tension de référence différente.
    Pour conserver la même tension tout au long de la chaîne, il suffit de multiplier par deux le résultat avant de le passer à l'étage suivant.
    Cela a en outre l'avantage de faciliter la soustraction de Vref et de permettre aux comparateurs de toujours travailler avec une dynamique homogène et suffisante.
    L'incarnation hardware de cette méthode est montrée dans "1bit ADC": elle est construite autour d'un ampli non inverseur d'un gain de 2, dont le point froid de la résistance de gain est connecté ou non à la tension de décalage 2Vref, en fonction de l'état du comparateur. La raison du facteur 2 est que le gain par l'entrée inverseuse n'est que de 1.

    Il est intéressant de noter qu'aucune clock n'est nécéssaire: la conversion s'effectue dès que la tension d'entrée est appliquée, de manière "combinatoire". Si on cascade plusieurs étages identiques, la tension et sa conversion vont se propager d'un étage à l'autre, à une vitesse qui n'est limitée que par les délais de propagation des éléments actifs: c'est ce qu'on appelle un "ripple through converter".

    A suivre.....
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  4. gcortex

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    juin 2006
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    Re : Convertisseurs A/D artisanaux, entièrement sculptés à la main

    Pourquoi ne mets tu pas toutes tes idées sur un site avec copyright ?

     

  5. gcortex

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    juin 2006
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    Re : Convertisseurs A/D artisanaux, entièrement sculptés à la main

    avec les delta-sigma, double rampe etc ya de quoi hésiter
    d'autant que maintenant ya des DAC 24 bits...
    Dernière modification par gcortex ; 01/01/2010 à 11h24.
     


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  6. bertrandbd

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    Re : Convertisseurs A/D artisanaux, entièrement sculptés à la main

    Bonjour

    Très bon tropique, pardon topic. J'aime bien l'approche didactique de compréhension du montage

    merci
     

  7. Tropique

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    juin 2005
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    Un regard critique sur l'architecture

    Pourquoi ne mets tu pas toutes tes idées sur un site avec copyright ?
    Pourquoi pas? Mais si on réfléchit dans l'autre sens, pourquoi?
    avec les delta-sigma, double rampe etc ya de quoi hésiter
    J'en ai aussi quelques uns dans mes cartons, mais ce n'est pas au menu du jour... à l'occasion d'un autre topic peut-être?


    Reprenons:
    Nous avons notre cellule de conversion 1bit, empilable à l'infini pour arriver au format souhaité.
    Cette unité de base n'est pas très compliquée en elle-même, mais mine de rien, un convertisseur de taille confortable va vite nécéssiter un nombre certain de composants:
    Si on voulait monter à 16 bits, pour 4 digits BCD p.ex., il faudrait 16 comparateurs et 16 AOP rien qu'en circuits analogiques: déjà 8 boitiers, plus les switches, les circuits de support, de transcodage....

    Si on veut arriver à un résultat d'une simplicité acceptable, il est clair qu'il va falloir bosser encore un petit peu plus.

    Autre point qui mérite un complément de réflexion, la précision.
    A première vue, il ne semble rien y avoir de très critique: on travaille à des niveaux confortables, et cela tout au long de la chaine, puisque les résidus sont chaque fois amplifiés avant d'attaquer l'étage suivant.
    Le problème, c'est justement ça: si on fait une erreur apparemment minime dans les premiers étages, elle va se trouver amplifiée en descendant la chaîne, au point peut être de valoir autant qu'un des incréments de niveau inférieur.
    Et là, les choses vont tourner à l'aigre: cela va causer des codes manquants, des erreurs de monotonicité, et autres joyeusetés.

    En plus, les causes possibles d'erreurs sont nombreuses:
    - les offsets de l'AOP et du comparateur
    - les erreurs du diviseur résistif
    - les erreurs sur le gain de l'amplificateur

    Si chacun des étages ajoute son petit cocktail d'erreurs, le résultat en bout de chaîne, vers le LSB, sera tout à fait anarchique, et totalement imprévisible: c'est déjà compliqué d'analyser l'effet isolé d'un type d'erreur sur un étage, mais quand on met tout ensemble, c'est la bacchanale intégrale.
    Pour éviter cela, une seule méthode sûre: conserver toutes les erreurs à un niveau prudemment inférieur à la valeur du LSB.
    Il faudra donc développer des techniques et des topologies garantissant cette condition.

    Parmi les spécificités de cette architecture, on note que sa sortie est parallèle. Ce qui n'est pas nécessairement un inconvénient, mais si on souhaite faire de l'affichage, un format série, multiplexé, serait plus avantageux.

    Autre spécificité de cette version, le produit de la conversion s'exprime en binaire naturel. Là encore, pour un affichage, il serait préférable de disposer de BCD.

    Enfin, il faudra mettre tout cela "en musique" de manière harmonieuse, pour n'utiliser qu'une tension d'alimentation unique, pour pouvoir formater le gain librement, et n'utiliser qu'un minimum de circuits courants "s'emboîtant bien" entre eux.

    Bref, encore un petit peu de pain sur la planche.....

    A suivre.....
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  8. gcortex

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    Re : Convertisseurs A/D artisanaux, entièrement sculptés à la main

    Mais si on réfléchit dans l'autre sens, pourquoi?
    pour en faire profiter + de gens et pour avoir un petit espoir de négocier avec un industriel

    le gros défaut de ton ADC, c'est que si çà passe de 0111 à 1000 le µC risque de lire 1111

     

  9. Tropique

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    Circulez! Y a rien à voir

    Nous allons commencer à traiter les remarques vues lors de la livraison précédente.

    La première concernait la "BOM" (Bill Of Material), la quantité de composants nécéssaire: la multiplication des bits entraine celle des étages et donc du nombre de composants.
    Il existe un remède radical à ce souci: ne pas multiplier le nombre d'étages.
    Pour cela, on devra réutiliser le même étage pour tous les bits.

    Comment faire?

    Lorsqu'on fait une conversion élémentaire, il va falloir accumuler le résultat et le reste; ensuite à l'étape suivante, on reprend le reste, et on le réinjecte à l'entrée du convertisseur. Il ne reste qu'à répéter le processus autant de fois que nécéssaire pour arriver à la résolution souhaitée.
    Cela semble plus facile à dire qu'à faire: le résultat est sous forme digitale et peut facilement être accumulé dans un registre, par contre, le reste est analogique, et pour le stocker, il faudra utiliser un condensateur, donc un circuit de sample/hold.
    Il y a encore une difficulté: lorsqu'on débute le processus, l'entrée du convertisseur est connectée à la tension à convertir, et sa sortie charge le condensateur de mémorisation. Quand la conversion du premier bit est terminée, on va brancher ce condensateur à l'entrée, mais il va également falloir accumuler quelque part le nouveau reste en cours de calcul. Il n'est pas possible d'utiliser le même condensateur à la fois en entrée et en sortie, et il faudra donc un second condensateur.

    On va finalement aboutir à l'architecture montrée en "Rec ADC": c'est un convertisseur à résidu recirculant.

    Les condensateurs C1 et C2 sont branchés chacun alternativement à l'entrée puis à la sortie, l'un maintenant la tension à convertir pendant que l'autre se charge de mémoriser le residu de conversion. Les switches S1 et S2 alternent le rôle un coup d'horloge sur deux, grâce au flip flop de commande.
    Sans rien d'autre, le résidu pourrait circuler à l'infini dans le système: il faut un moyen d'injecter initialement la tension d'entrée: c'est le rôle de S0, qui se ferme au début de la conversion. Ensuite, le signal circule en boucle fermée, jusqu'à ce que tous les bits soient convertis.
    La sortie du comparateur présente les bits sous la forme d'un mot série, qui peut être exploité avec l'horloge du convertisseur et le top de début de conversion pour la synchronisation.

    En résumé: on a réussi à diviser le nombre de composants au prix d'une certaine complexification de la logique de contrôle.
    Cependant, cette complexification reste modérée, et n'est "pas perdue": il faut garder à l'esprit les autres objectifs, notamment celui d'obtenir un résultat sous une forme multiplexée, et la présentation des données sous forme d'un flux série est un premier pas dans cette direction.

    A suivre.....
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  10. Tropique

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    Circulez!, etc: la pratique

    Le schéma du message précédent était assez... schématique.

    J'ai promis du cambouis, on va mettre les mains dedans. Ce n'est pas encore tout à fait la "vraie réalité", mais ça s'en rapproche: Working ADC.

    Ici le principe est mis en application, avec quelques aménagements pour simplifier la simulation. Il y a notamment la circuiterie de support, qui permet de séquencer tout le fonctionnement.

    Au milieu, on reconnait le convertisseur de base. Le comparateur est du même type que l'AOP, vu la vitesse de la clock qui n'est que de 1KHz.
    Le switch qui permet de soustraire la valeur de la référence en fonction de l'état du comparateur est un simple buffer CMOS connecté au 10V de référence.

    Le compteur U4 génère l'alternance de commutation des condensateurs par "phi", et séquence le circuit pour 16 états, donc autant de bits: la trace rouge est l'état "0" décodé par une porte à diode.
    Cet état débute la séquence de conversion en introduisant la tension d'entrée dans le convertisseur grâce à S7:
    On voit qu'à ce moment (curseur), la tension sur TP1 (entrée du convertisseur, trace verte) vaut exactement les 6.789V d'entrée .
    Ensuite, le processus de conversion continue pour les 15bits restant: on voit l'évolution du résidu pour chaque instant: cette trace est la même que l'oscillogramme réel montré au début

    La trace magenta est le résultat de conversion, les 16 bits série

    Ces bits viennent "s'empiler" par paquets de 4 dans le registre U5: voir "Timing ADC".
    A chaque 4ème coup d'horloge, une impulsion dérivée du compteur/séquenceur vient latcher les sorties Q0 à Q3 dans un registre parallèle U7, qui récupère à chaque fois un digit hexadécimal.
    La trace verte représente la valeur du digit, multipliée par un coéfficient permettant de la comparer à la valeur d'entrée du convertisseur: à l'entrée, la résolution vaut 5V/8, et le pseudo-convertisseur de sortie a des incréments valant 5V/(24-1). Il faut donc multiplier cette sortie par 15/8 pour retrouver la valeur d'entrée: pour le premier digit, on obtient 6.25V, càd #Ax0.625. La différence entre 6.25V et la valeur d'entrée de 6.789V se retrouve dans les digits suivants, pondérée à chaque fois d'un facteur 16, puisqu'on est hexa (ou binaire).

    On a bien progressé: nos 16 bits sont non seulement convertis, mais ils sont groupés en digits série, prêts à être envoyés vers un affichage multiplexé.
    Reste le léger problème de la conversion hexa -->BCD....

    C'est ce que nous verrons au prochain épisode!

    A suivre....
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  11. Tropique

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    Où allons-nous, et autres questions existentielles

    Avant de continuer, il serait bon de cerner un peu mieux les buts de cette entreprise.

    Nous souhaitons aboutir à un convertisseur de démonstration, basé sur des fonctions simples. Il ne s'agit donc pas de créer un engin de course, mais d'arriver à un circuit réaliste et pratique, ayant des performances suffisantes pour prouver le concept.

    Il ne faut pas se montrer trop ambitieux, sous peine de se casser les dents, mais il faut malgré tout arriver à se hisser à un niveau meilleur que le "tout-venant": ce serait déprimant de créer une usine à gaz ayant des performances minables.
    Elektor s'était une ou deux fois livré à ce genre d'exercice, pour accoucher de "machins" sortant laborieusement 2 ou 3 digits. Si c'est pour en arriver là, autant rester couché.

    Le "tout-venant" actuel est représenté par les millivoltmètres premier prix de 2000 points, ou les convertisseurs 12 bits des microcontrôleurs de base.
    Pour être un peu au-dessus, nous allons opter pour 4 digits, soit 10000 points. On va aussi inclure plusieurs canaux, deux ou quatre p.ex., et quelques exigences:
    -Tension d'alimentation unique
    -Sortie d'affichage multiplexée
    -Performances potables
    -Inventaire minimaliste, tant en qualité qu'en quantité
    -Constructibilité raisonnable sans acrobaties excessives

    Ces caractéristiques permettront de réutiliser le prototype pour servir d'afficheur tension/courant à une alim de labo p.ex.

    Le projet étant maintenant mieux défini, nous sommes prêts à entamer la suite.

    A suivre.....
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  12. beignetdepomme

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    Re : Convertisseurs A/D artisanaux, entièrement sculptés à la main

    Tropique,merci pour ce fil,je l'adore!
     

  13. Tropique

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    Le binaire en BCD, ou les Shadoks vont au Groland

    .
    Dans le cadre d'un programme d'amitié Grolando-Shadokienne, la municipalité Grovilloise a décidé d'inviter une délégation Shadok à venir séjourner, en couples, dans la ville.
    A cet effet elle met à la disposition de chaque couple un appartement de 100m².
    Malheureusement, les stipulations des règlements shadoks sont très claires et inflexibles: la surface d'habitation réservée à un couple doit être de 160m², ni plus ni moins.
    La visite d'amitié va-t-elle tomber à l'eau? C'est sans compter sans le bon sens et le pragmatisme proverbiaux des Shadoks.
    Ils ont aussitôt trouvé une solution à ce problème.
    Saurez-vous faire de même?

     Cliquez pour afficher


    Les shadoks sont rompus aux systèmes de numération exotiques, et leur expertise peut, comme nous allons le voir, s'appliquer à des problèmes d'électronique quotidienne.

    Il reste un obstacle principal à la réalisation de nos objectifs: la conversion binaire/BCD. Les problèmes annexes, d'alimentation et autres, sont surtout une question de cuisine interne, de bonnes pratiques et de redesign.
    Passer du binaire au BCD est plus délicat.
    S'il faut commencer à mettre des convertisseurs de code entre le convertisseur et les afficheurs, le concept perdra tout son intérêt: il faudra un µcontrôleur ou un composant programmable quelconque.

    Il faut trouver une solution plus astucieuse et plus légère.

    Examinons deux digits BCD consécutifs, disons les unités et les dizaines pour faire simple.
    Le poids du MSB des unités vaut 8, et celui du LSB des dizaines est de 10 par définition, donc un rapport de 1.25. Si nous étions en hexadécimal, ce rapport serait de deux, ce qui est logique, puisque l'hexadécimal n'est qu'une méthode commode de représentation du binaire, de base 2.
    Le BCD est donc un système de numération dont la base est non-homogène et non-entière: la plupart du temps, la base est de 2 comme en binaire naturel, mais lors d'un saut de digit, elle est de 1.25.
    Ce sont ces particularités qui rendent sa conversion délicate. Du moins par des méthodes digitales.
    Notre circuit de base, le moteur de conversion 1 bit, fonctionne en binaire, parce qu'il a été créé pour cela: la base 2 est définie uniquement par le gain de 2 de l'étage, lui-même fixé par le rapport des résistances de gain de l'AOP:
    http://forums.futura-sciences.com/at...n-1bitadcoegif
    Cette valeur n'est pas coulée dans le bronze, et on peut l'altérer comme on le souhaite. Evidemment, travailler avec des bases non-binaires voire non-entières présente en général un intérêt limité.
    En général.
    Mais ici, cela permet de créer un saut de digit BCD en fixant le gain à 1.25 au lieu de 2. Il ne faut appliquer ce gain qu'au passage entre digits: à l'intérieur d'un digit, il reste normalement à 2 comme en binaire.
    En pratique, bien qu'il soit possible de travailler ainsi, il est préférable de laisser les blocs de conversion inchangés, et d'appliquer un coéfficient d'atténuation entre les étages. Puisque le gain est de 2 et qu'il doit être ramené à 1.25, ce coéfficient doit valoir 2/1.25=1.6

    La version linéaire, ripple-through ressemblerait donc à "BCDripple"

    Le principe est applicable tout aussi facilement à la version séquentielle, à résidu recirculant: il suffit d'intercaler l'atténuateur en sortie une période d'horloge sur quatre, ce que le séquenceur déjà présent permet de faire facilement en décodant un état supplémentaire.

    Cela montre qu'un problème relativement ardu dans un domaine (le digital) est parfois d'une trivialité confondante dans un autre (l'analogique). Pourquoi s'attaquer à un rempart épais de trois mètres, alors qu'il suffit de pousser une poterne pour entrer dans la forteresse. C'est un principe bien connu des (bons) hackers.

    Cela fonctionne-t-il?
    Oui, et pour le vérifier, il suffit d'un peu d'arithmétique: la tension à l'entrée de chaque digit est divisée par 1.6, y compris, de manière implicite pour le premier (cela se vérifie d'ailleurs dans la constante de conversion). L'étendue initiale du convertisseur 16 bits binaires était de 65536 points, et après les quatre divisions par 1.6, elle est divisée par 1.64=6.5536: on se retrouve bien avec les 10000 points des 4 digits BCD.

    Quelques références:

    http://www.techno-science.net/?ongle...finition=11988
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Shadoks
    http://www.lesshadoks.com/
    http://www.youtube.com/watch?v=fQ8rPlksAu8

    A suivre....
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    Dernière modification par Tropique ; 04/01/2010 à 21h53. Motif: Oubli d'un lien
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  14. Tropique

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    Imaginer, c'est bien; réaliser c'est mieux

    .
    Nous avons vu un certain nombre de bases théoriques, mais seront-elles applicables pratiquement?

    La réponse est oui, mais à condition de s'en donner les moyens:

    Un certain nombre de composants sont essentiels au bon fonctionnement de ces convertisseurs. Nous allons pour l'instant laisser de coté les aspects purement technologiques, et examiner le problème sous un angle conceptuel.

    Les composants concernés sont les résistances des unités de conversion 1 bit, et celles qui vont déterminer le rapport de 1.6 entre les digits. Il est clair que des erreurs sur ces résistances vont avoir un impact déterminant, non seulement sur la précision ou la linéarité, ce qui est déjà suffisamment déplaisant, mais surtout sur la monotonicité et la présence de codes manquants, ce qui est vraiment intolérable.

    Normalement, la fonction de transfert d'un convertisseur est un escalier régulier; si les poids des différents incréments n'ont pas les bons rapports, cet escalier aura l'air d'avoir subi un séisme de force 8 et, par exemple, le code succédant à 7973, qui devrait normalement valoir 7974 pourra aussi bien être 7972 que 7978.
    Pas très réjouissant.
    Un lien pour ceux qui veulent rafraichir leur notions:
    http://www.national.com/an/AN/AN-156.pdf

    Il est donc impératif d'avoir des résistances de précision suffisante, mais heureusement, il ne s'agit pas de précision absolue: il suffit qu'elles aient le bon rapport.
    Cela fait une grande différence, car on va pouvoir s'arranger pour utiliser des résistances identiques à l'intérieur de chacune des fonctions.
    Pour le convertisseur, c'est assez trivial puisque les valeurs sont identiques.
    Pour les atténuateurs inter-digits, il va falloir ruser un peu: il faut des résistances dans un rapport de 0.6 à 1, ou de 1 à 1.6666 selon la façon de considérer le problème.
    Celui-ci peut être résolu par une combinaison de 5 résistances.
    "BCD rec ADC" montre l'arrangement, avec Rc (si quelqu'un trouve un moyen de le faire avec moins de résistances, il est bienvenu). On voit par la même occasion comment cela s'intègre à la version séquentielle du convertisseur: le switch S3 sélectionne la sortie atténuée une période d'horloge sur 4.

    Avoir des résistances identiques permet de faciliter l'appariage au moyen d'un pont rudimentaire, avec une bonne précision, et garantit également que toutes les résistances vont varier de la même manière en fonction des conditions environnementales (si elles proviennent du même lot).

    On remarque au passage que la version à résidu recirculant est avantageuse, puisqu'elle ne nécéssite que la sélection d'un seul set de résistances.

    A suivre....
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  15. Tropique

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    Encore quelques soucis à résoudre....

    .
    Il va encore falloir adapter quelques valeurs de résistances.

    Le circuit actuel pourrait en principe fonctionner, mais pas avec la liste d'exigences établie au #11:

    Il ne faut qu'une seule tension d'alim, et celle-ci devra donc également servir de référence; le problème, c'est que lorsque le convertisseur va voir une tension d'entrée proche de Vref (=Valim/2), la sortie de l'ampli X2 va être proche de 2Vref, et donc de Valim.
    Le meilleur rail-to-rail du monde ne peut donner que ce qu'il a, et ce ne sera pas Valim: il y aura toujours un déchet, inacceptable ici.

    Le problème est quelque peu auto-infligé, mais c'est notre choix, et il faut par conséquent le résoudre.

    BCD rec ADC final montre une possibilité:

    Au niveau de Ra, une résistance est rajoutée au pied du diviseur, ce qui amène Vref à Valim/3.
    Pour la soustraction de Vref, la tension est amenée à 2Valim/3, en créant un diviseur avec deux Rb supplémentaires, et le gain de l'ampli est corrigé en mettant en contre-réaction la résistance de Thévenin du diviseur, càd, les trois Rb en parallèle.
    Avec ces modifications, tout est cohérent, des variations identiques de résistances resteront sans effet, et le "swing" exigé en sortie de l'AOP ne sera plus que de 0.6666 x Valim, ce qui autorisera l'utilisation confortable d'un ampli normal, non rail-to-rail.

    Toutes ces modifications semblent entraîner une multiplication débridée des résistances, à rendre J.C. jaloux (pas Vandamme, l'autre).
    Mais ce n'est pas tellement grave, les résistances, même de qualité décente (il ne faut pas du haut de gamme) ne sont pas très coûteuses, et il faut relativiser: après tout, il n'y aura qu'un seul étage.

    A suivre.....
    Images attachées
    Dernière modification par Tropique ; 03/02/2010 à 19h12. Motif: Rectification schéma
    Pas de complexes: je suis comme toi. Juste mieux.
     


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