Bonsoir,
Pour enrichir le sujet, je citerai Pierre Sonigo:
http://www.futura-sciences.com/compr...rre_sonigo.php
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Sonigo (Pierre) (au NOUV. OBS)
La biologie moderne est-elle athée?
– « Oui, en principe. Sauf que, pour expliquer le vivant, les biologistes réintroduisent subrepticement l’équivalent d’un Dieu créateur ou des concepts d’Aristote. Comment expliquer, par exemple, le développement d’un organisme? Comment un embryon de cheval se débrouille-t-il pour orchestrer les milliards de divisions cellulaires qui, à partir d’une cellule initiale, vont former un corps de cheval? Bien sûr, le biologiste moléculaire ne nous dit pas que cet exploit est le fruit du plan divin. Il affirme que l’architecte invisible du développement est le programme génétique inscrit dans l’ADN. Cette explication attribue à l’ADN et au programme génétique les pouvoirs d’un Dieu créateur omniscient…
L’ADN, le grand livre de la vie, contient la description virtuelle de ce qui va advenir, la liste de toutes les astuces pour faire un cheval, ce cheval précis, un alezan et pas une jument blanche. Mieux, il contient l’instruction initiale qui démarre le processus. Ainsi, le programme génétique, entité immatérielle – c’est une information, un message –, renferme à la fois la description de l’organisme achevé et le «déclencheur» de sa construction. Pour éviter le finalisme aristotélicien – l’idée que le cheval a été conçu selon un projet – la biologie recourt au concept de programme génétique préexistant. Mais c’est un tour de passe-passe qui reporte le problème sur l’ADN, lequel apparaît à la fois comme la cause première et comme la cause finale, dessinant l’organisme selon un plan…
Les gènes apparaissent au hasard et gouvernent ensuite notre biologie, selon la conception popularisée par Jacques Monod. La vraie question de l’évolution, celle de l’origine des gènes et de leur histoire, est escamotée. Si l’on pousse cette logique jusqu’au bout, on aboutit aux théories du «gène égoïste» pour lesquelles le hasard qui préside à la naissance de nos gènes est de l’ordre des «petites probabilités». Autant dire du miracle divin! Comme je l’ai dit ailleurs (1), plutôt que «le Hasard et la nécessité», Monod aurait pu appeler son livre «le Miracle et sa reproduction»…
N. O. – Comment la biologie sortira-t-elle de cette impasse?
P. Sonigo. – Par la force des choses, les biologistes réalisent le caractère trompeur de concepts métaphoriques tels que le programme génétique. Avec un allié aussi puissant que le dieu ADN, il était devenu inutile de réfléchir, il suffisait de feuilleter le grand livre de la vie… Aujourd’hui, le mythe de l’ADN tout-puissant se heurte aux limites techniques, comme l’illustre l’échec relatif de la thérapie génique, ou les maladies à prions, qui ne s’expliquent pas par l’ADN.
(La biologie) est condamnée à rénover ses concepts. Les biologistes vont devoir se remettre à réfléchir!
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Bonne soirée