27/01/2003, 22h55
|
Message #1 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: Strasbourg Âge: 24
Messages: 1898
|
Bonjour.
Quelle est votre définition personnelle de la science?
Je n'appelle pas à débattre car le sujet est très délicat, mais simplement à donner votre idée de cette définition. D'ici deux semaines, je ferais une synthèse argumentée dans un autre topic (voire dans le forum Débats) et nous pourrons alors construire une définition ensemble.
Cordialement, Neutrino
| | | Aujourd'hui
| | | | Liens sponsorisés | | | |
27/01/2003, 22h59
|
Message #2 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: 0.0.0.0 Âge: 43
Messages: 2803
|
Science = connaissance
__________________
Un EeePc ça change la vie !
| | |
27/01/2003, 23h26
|
Message #3 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: Neuch'
Messages: 13529
|
Bonjour,
Mon premier réflexe est de répondre comme Damon science= connaissance (à cause de mon amour de l'éthymologie et quelques années de latin... si mes souvenirs sont bons ça vient du verbe Sciare (scio, as, are) qui signifie savoir, connaître).
Mais je dirais que c'est plus que ça:
- d'abord la curiosité, avoir envie de comprendre
- ensuite une certaine créativité: essayer d'émettre des hypothèses sur ce qu'on observe
- ensuite la partie plus technique: tester les hypothèses par l'expérience, la comparaison...
- enfin analyser les résultats, en tirer des conclusions (qui pourront ensuite être remises en cause) et de nouvelles questions...
K, qui a dû réécrire son message parce que ça a planté :?
__________________
Nomina si nescis, perit et cognito rerum.
| | |
28/01/2003, 00h13
|
Message #4 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Âge: 28
Messages: 258
|
Et bien moi je définis la science par son but :
On cherche à expliquer les phénomènes que l'on observe afin de les maîtriser et d'aller dans le sens du progrès.
Kinette, j'ai l'impression que dans ta définition, tu décris la démarche scientifique. C'est comme si pour définir le nombre Pi, on décrivais une méthode pour en calculer une approximation.
Marc
| | |
28/01/2003, 02h45
|
Message #5 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003
Messages: 59
|
Compréhension réelle des faits naturels:se rendre compte et accepter les évidences.
| | |
28/01/2003, 10h18
|
Message #6 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: Neuch'
Messages: 13529
| Citation: |
Envoyé par Marc Kinette, j'ai l'impression que dans ta définition, tu décris la démarche scientifique. C'est comme si pour définir le nombre Pi, on décrivais une méthode pour en calculer une approximation.
Marc | Bonjour,  ops: oui c'est peut-être un peu ce que j'ai fait. Je suis partie de la connaissance elle-même et j'ai décrit le démarche scientifique pour l'obtenir (ben oui pour moi ça fait partie de la définition de la science, parce que pour moi "science" ça recouvre deux choses: la connaissance établie mais aussi le métier de science...).
Et j'avoue que j'ai dit ce qui me venait à l'esprit, ce qu'évoquait le mot pour moi... déformation professionnelle
A la fin ça sera peut-être drôle de comparer nos définitions à celles de dictionnaires!
K.
__________________
Nomina si nescis, perit et cognito rerum.
| | | Aujourd'hui
| | | | Liens sponsorisés | | | |
28/01/2003, 10h24
|
Message #7 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: albertville
Messages: 17
|
Bonjour,
Voici ce que je pense, ce n'est pas une définition mais cela peut aider à comprendre ce mot ou bien cette notion si subtile !
C'est difficile - pour moi - de donner une définition simple comme une formule :
La science = .......
Je pense que la science explore les relations qui existent entre les phénomènes, les échelles de temps, d'espace, de taille,.... dans notre monde. J'insiste sur le mot relation car nous avons le choix de désigner la cause et l'effet.
Je pense la science comme une invitation à lire notre monde complexe dans sa globalité en dépassant les clivages disciplinaires. Car si au XIXème siècle, les frontières entre la physique, la chimie et la biologie étaient facilement repérables, c’est beaucoup moins vrai aujourd’hui. L’avancée des connaissances et la naissance de champs disciplinaires nouveaux à cheval sur plusieurs domaines (biotechnologies, nanotechnologies, génie génétique … ) remettent en cause la classification des sciences élaborée par Auguste Comte.
Les objets d’étude eux-mêmes ont changé et c’est aux frontières des disciplines que résident les « terra incognita » de la science.
Naceur Bouziani http://perso.wanadoo.fr/naceur.bouziani/ | | |
28/01/2003, 12h08
|
Message #8 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: région parisienne
Messages: 6489
|
Pour moi, la connaissance n'est pas la science. Sinon, comment différencier les connaissances scientifiques des autres connaissances ?
La science n'existe que par la démarche scientifique, c'est-à-dire l'analyse critique de résultats expérimentaux et la tentative de les comprendre via des théories.
| | |
28/01/2003, 13h02
|
Message #9 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: albertville
Messages: 17
|
Bonjour,
Bien souvent la représentation que l'on se fait des phénomènes et leur universalité (théories, modèles,... pensent par eux mêmes) !
Cette fois, c'est l'expérience de labo ou l'observation qui doivent tenter, lorsque c'est possible, de mettre en évidence de telles découvertes
- de telles cerises sur le gâteau ! -.
Je pense qu'il n'y a pas de relation d'ordre entre la théorie et l'expérience. Il y a une inter-relation tout simplement.
C'est dire l'importance des mathématiques dans la représentation mentale que l'on se fait de notre monde.
Cordialement,
Naceur Bouziani http://perso.wanadoo.fr/naceur.bouziani/ | | |
28/01/2003, 21h51
|
Message #10 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: région parisienne
Messages: 6489
|
petit apparté pour Pyrrhoss : "science sans conscience n'est que ruine de l'âme" n'est pas de Jean-Jacques Rousseau, mais de Rabelais dans Pantagruel.
Bon, moi, je croyais que c'était de Pascal, mais j'ai été vérifier.
Cela dit, tu n'es pas le seul. J'ai vu cette phrase attribuée à Senghor, Montaigne ou même Salomon. Sans compter ceux qui ne se mouillent pas trop : "comme dit le vieil adage", ou "selon la maxime", ou encore "comme dit l'autre" ! Les plus prudent citent "le philosophe", comme ça ils sont tranquilles | | |
28/01/2003, 22h58
|
Message #11 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: Strasbourg Âge: 24
Messages: 1898
|
a la base c'est une citation de religieux médiévaux, citée par Rabelais pour les tourner en ridicule : certains l'utilisaient pour justifier leur ignorance crasse.
Plus beau "Sapience n'entre point en âme malivole", plus poétique je trouves...
Je voulais dire attention en passant à ne pas confondre éthymologie et philosophie. Certes, science veut dire connaissance, mais dans les sens actuels de science(s) (thème de ce site) et de connaissances, les deux mots veulent dire des choses différentes. On emploie parfois le mot "science" pour connaissance mais ce n'en est pas la définition.
L'exemple parfait est l'art : art veut parfois dire "technique", comme en grec ancien. La médecine est l'art de guérir les malades, mais dire que le médecin est un artiste est stupide ou ambitieux à démontrer; c'est un technicien si on veut couper les cheveux en quatre. Ou pour faire coller les mots, un artisan.
Réduire "science" à "connaissances", c'est réduire "scientifique" à "savant", ce qui est tout aussi juste dans certaines limites. Mais la définition du savant, qui sait, n'épuise pas celle du scientifique, qui sait ET qui cherche à construire son savoir lui-même, notamment. La science est la branche de la connaissance qui s'intéresse aux objets et à leurs relations. Les sciences sont les disciplines qui ont chacune un objet de prédilection.
Le véritable problème est la définition d'"objet" : les mathématiques et la physique sont des sciences, mais un triangle est d'une nature radicalement différente de celle d'une planète.
D'autres branches de la connaissances existent : les techniques, la philosophie, les lettres, etc... Nier l'existence de ces branches ou pire, les assimiler à la science (sens moderne) serait assez insupportable pour les gens qui y consacrent leur vie (sauf les techniciens qui adorent souvent se faire passer pour des scientifiques).
Personnellement, la définition qui me marque le plus, c'est de dire que la science est le tout autre de l'art. Certes, ça n'avance à rien, mais ça me semble si simple et si proche de la vérité que je voulais le noter...
Je ne saurais pas justifier cette position, elle est intuitive, mais disons que dans le mouvement même on voit cette symétrie.
- L'art ne progresse pas (qui oserait dire que telle peinture du XIXème vaut moins que celles de maintenant?), se base sur des fondements esthétiques qui changent selon les époques, il est sa propre contradiction;
- La science progresse (entre Newton et Einstein, quelque chose a progressé, non? la mécanique relativiste est vérifiée dans de plus nombreux cas que la mécanique classique), son progrès étant la recherche scientifique (la recherche n'avance pas, contrairement à ce que dit la pub des industries pharmaceutiques), elle se base sur des lois de l'Univers qu'on suppose invariantes (ou qui varient de façon descriptible par une autre loi...), elle n'admet pas en son sein deux lois qui se contredisent telles quelles.
L'art créé des choses qui n'existaient pas, la science déconstruit des faits qui étaient déjà là avant nous...
Pour bien vous représenter ce que je dis, dessinez un repère : l'axe des abcisses (associé à la variable temps), c'est la science, l'axe des ordonnées, c'est l'art.
Pour moi, une science complète est impossible (on ne pourra jamais tout savoir. exemple : Pi, son nombre de décimales est infini). Si elle existait, elle serait en elle-même qu'une oeuvre d'art parmi une infinité, tout un monde, une signification complète (qu'on peut comprendre comme un tout indépendant) qui serait en matière...
de même l'art "complet" serait un moment fugace dans la science, la description parfaite du moment 0 de la connaissance du monde, c'est à dire celle de notre imagination (la science étant justement le dépassement de notre imagination).
Je pense que cette opposition est très constructive. Et vous?
__________________
Neutrino
| | |
28/01/2003, 23h14
|
Message #12 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: Neuch'
Messages: 13529
|
Bonjour,
Pour l'étymologie je suis totalement d'accord (mais quand même j'aime bien connaître l'origine des mots  ).
Sinon je ne sais pas si il faut opposer art et science...
il y a effectivement des différences mais moi je ressens surtout les ressemblances...
Bon mais c'est très personnel, et plus lié à la façon de faire qu'au résultat: pour moi la science (enfin la recherche, hum oui je dois avoir une vision restrictive et égocentrique  ops: ) c'est lié à la curiosité mais ça demande aussi beaucoup d'imagination de créativité... après il faut une certaine rigueur pour conserver ce qui est réel de ce qui n'est qu'hypothèses...
Côté art je pense qu'on croit à tort qu'il ne faut pas de rigueur pour créer une oeuvre... je pense que pour qu'elle soit vraiment digne d'être appelée ainsi ça nécessite aussi de la rigueur, de la réflexion.
Je ne sais pas si j'ai été claire, mais j'essaie d'expliquer les grands parallèles que je ressens entre les deux, les processus de "création" qui ne sont peut-être pas tant éloignés.
Puis en parlant de ceci je ne peux pas m'empêcher de penser au grand Leonardo de Vinci, puis aussi à Goethe...
K.
__________________
Nomina si nescis, perit et cognito rerum.
| | | Aujourd'hui
| | | | Liens sponsorisés | | | |
28/01/2003, 23h34
|
Message #13 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: 0.0.0.0 Âge: 43
Messages: 2803
| Citation: |
Envoyé par Neutrino La médecine est l'art de guérir les malades, mais dire que le médecin est un artiste est stupide ou ambitieux à démontrer; c'est un technicien si on veut couper les cheveux en quatre. Ou pour faire coller les mots, un artisan. | Je connais un médecin qui se définit comme "artisan guérisseur" et quand on a quelques notions de ce qu'est la médecine c'est très proche de la réalité. Citation: |
Réduire "science" à "connaissances", c'est réduire "scientifique" à "savant", ce qui est tout aussi juste dans certaines limites. Mais la définition du savant, qui sait, n'épuise pas celle du scientifique, qui sait ET qui cherche à construire son savoir lui-même, notamment.
| Absolument pas, la connaissance implique un savoir et ce savoir implique la reconnaissane de sa propre ignorance et éventuellement la volonté de la combler. Citation: La science est la branche de la connaissance qui s'intéresse aux objets et à leurs relations. Les sciences sont les disciplines qui ont chacune un objet de prédilection.
Le véritable problème est la définition d'"objet" : les mathématiques et la physique sont des sciences, mais un triangle est d'une nature radicalement différente de celle d'une planète.
| Que voilà bien une notion réductrice de la science... Citation: |
D'autres branches de la connaissances existent : les techniques, la philosophie, les lettres, etc... Nier l'existence de ces branches ou pire, les assimiler à la science (sens moderne) serait assez insupportable pour les gens qui y consacrent leur vie (sauf les techniciens qui adorent souvent se faire passer pour des scientifiques).
| Pourtant l'histoire, la philologie etc sont bel et bien des sciences. Citation:
Personnellement, la définition qui me marque le plus, c'est de dire que la science est le tout autre de l'art. Certes, ça n'avance à rien, mais ça me semble si simple et si proche de la vérité que je voulais le noter...
Je ne saurais pas justifier cette position, elle est intuitive, mais disons que dans le mouvement même on voit cette symétrie.
| Réellement n'importe quoi, quid des règles de perspective en sculpture et en peinture, des couleurs pour cette dernière, de la connaissance de l'accoustique pour la musique, toutes règles physiques qui correspondent à une connaissance et à des sciences qui sont des branches de la physique Citation: |
L'art ne progresse pas (qui oserait dire que telle peinture du XIXème vaut moins que celles de maintenant?), se base sur des fondements esthétiques qui changent selon les époques, il est sa propre contradiction;
| Encore une fois c'est faux, pour reprendre l'exemple de la musique il y a l'évolution des gammes avec les passages du pentatonique à l'heptatonique et au dodécatonique. Citation: |
- La science progresse (entre Newton et Einstein, quelque chose a progressé, non? la mécanique relativiste est vérifiée dans de plus nombreux cas que la mécanique classique), son progrès étant la recherche scientifique (la recherche n'avance pas, contrairement à ce que dit la pub des industries pharmaceutiques), elle se base sur des lois de l'Univers qu'on suppose invariantes (ou qui varient de façon descriptible par une autre loi...), elle n'admet pas en son sein deux lois qui se contredisent telles quelles.
| Bref tu en reviens à dire que la connaissance augmente.... Citation: |
L'art créé des choses qui n'existaient pas, la science déconstruit des faits qui étaient déjà là avant nous...
| L'art crée et innove, mais aussi imite ce qui exsite.
La science, je doute que l'électronique ait existé avant l'Homme... Citation: |
Pour bien vous représenter ce que je dis, dessinez un repère : l'axe des abcisses (associé à la variable temps), c'est la science, l'axe des ordonnées, c'est l'art.
| Prenez votre Pritchard à la page 20... (voir "Le cercle des poètes disparus") Citation: |
Pour moi, une science complète est impossible (on ne pourra jamais tout savoir. exemple : Pi, son nombre de décimales est infini). Si elle existait, elle serait en elle-même qu'une oeuvre d'art parmi une infinité, tout un monde, une signification complète (qu'on peut comprendre comme un tout indépendant) qui serait en matière...
| Nul besoin de connaître la valeur de Pi pour savoir ce qu'il est. Citation: |
de même l'art "complet" serait un moment fugace dans la science, la description parfaite du moment 0 de la connaissance du monde, c'est à dire celle de notre imagination (la science étant justement le dépassement de notre imagination). Je pense que cette opposition est très constructive. Et vous?
| L'art ne se limite pas à l'imagination, il obéit à des règles, couleurs, perspectives, accords, rimes, rythmes....
Il n'y a pas opposition, mais complémentarité dans la réponse aux besoins émotionnels et intellectuels de l'Homme, mais certainement pas opposition, la recherche scientifique peut être émotionnellement gratifiante ou frustrante... De son côté l'artiste rencontre également des défis intellectuels dans son processus de création.
Damon
__________________
Un EeePc ça change la vie !
| | |
29/01/2003, 09h37
|
Message #14 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: Strasbourg Âge: 24
Messages: 1898
| Citation: |
"Réellement n'importe quoi, quid des règles de perspective en sculpture et en peinture, des couleurs pour cette dernière, de la connaissance de l'accoustique pour la musique, toutes règles physiques qui correspondent à une connaissance et à des sciences qui sont des branches de la physique "
| L'acquisition de nouvelles techniques (idem avec les gammes) ne doit pas être pris pour du progrès dans l'art. dans ce cas là, n'importe quel cyborg du siècle prochain serait meilleur artiste que Picasso... Je parlais de progrès de la valeur esthétique de l'oeuvre (les oeuvres sont toujours aussi adaptées aux souhaits de leur auteur), pas de progrès des techniques... c'est universalement connu qu'entre le pigment naturel et le pigment chimique il y a eu un progrès! Réduire l'art à la technique, cf. l'éthymologie.
" Citation: |
La science, je doute que l'électronique ait existé avant l'Homme... "
| Je suis désolé mais les électrons, le silicium existaient bien avant l'homme. De même que la vie existait avant la biologie, etc. Ca ne marche pas avec les maths. L'objet de la connaissance précède le scientifique! SI on considère qu'à humains identiques la science étudira toujours de la même manière un phénomène... la science était presque dans le monde avant nous, il nous a suffit de la travailler! Citation: |
Nul besoin de connaître la valeur de Pi pour savoir ce qu'il est.
| certes, passons. La science est limitée dans son progrès.
"Il n'y a pas opposition, mais complémentarité dans la réponse aux besoins émotionnels et intellectuels de l'Homme, mais certainement pas opposition, la recherche scientifique peut être émotionnellement gratifiante ou frustrante... De son côté l'artiste rencontre également des défis intellectuels dans son processus de création. "
Complémentarité? Il y a beaucoup de lettres que dans opposition et le sens n'y gagne pas beaucoup. Pour être matheux, le complémentaire d'un ensemble A, A-barre, est bien le tout autre de l'ensemble A dans l'ensemble total... Ce que je veux dire c'est qu'art et science ne sont pas deux mouvements contraires mais des mouvements qui se complètent! L'opposition tranchée est justement LA connerie que je cherchais à infirmer!
__________________
Neutrino
| | |
29/01/2003, 09h51
|
Message #15 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: région parisienne
Messages: 6489
|
J'ai l'impression qu'au coeur de votre différent, il y a aussi deux aspectsde la science qui se complètent :
- la science descriptive et explicative. Les lois physiques (ou autres) n'ont en effet pas attendu l'homme pour exister.
- La science créatrice de nouvelles entités (nouvelles molécules, nouveaux atomes instables etc.) qui n'existaient pas dans la nature, même si les lois autorisant la formation de ces entités préexistent. Il y a d'ailleurs un petit côté artistique chez le chimiste de paillasse, ou du moins un aspect artisan (certains sont plus habiles que d'autres, il faut un "coup de main", etc.)
| | |
29/01/2003, 10h10
|
Message #16 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: Mons ( Belgique ) Âge: 32
Messages: 538
|
bonjour!
j'ai eu la flemme de tout lire.. mais je vais quand meme vous donnez ma vision des choses.
Pour moi, la science n'est qu'un moyen parmi tant d'autres de decrire les phenomenes observés. De ce fait, les lois physiques que l'on considere comme acquises et immuables sont souvent seulement des vues de l'esprit et sont, au fil des siecles infirmées ou affirmées.
Bref, je pense qu'il ne faut pas prendre la science comme une finalité, mais plutot comme un outil nous permettant de decrire de la maniere la plus adaptée le monde qui nous entoure.
__________________
Lao Tseu a dit:" quand la riviere coule; les rochers se lavent" .... comprenne qui pourra!
| | |
29/01/2003, 12h01
|
Message #17 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: Neuch'
Messages: 13529
|
Bonjour,
Je pense que Cécile résume pas mal les choses...
En fait on peut regarder la science comme la matière qui est crée, ou plus se focaliser sur l'acte, la création de cette matière...
Sinon: pour moi l'histoire ne fait pas partie de la science dans l'acception courante du terme...
Quand aux connaissances nécessaires pour l'art, je ne suis pas d'accord non plus, on peut très bien faire de la prose sans le savoir  l'art eut être quelque chose de spontanné aussi (avec une certaine recherche mais plus de l'ordre de la connaissance de soi et la maîtrise des techniques, qui peut se faire simplement par l'expérience et sans connaissance pour certaines branches de l'art).
K.
__________________
Nomina si nescis, perit et cognito rerum.
| | |
31/01/2003, 21h36
|
Message #18 de cette discussion
| Date d'inscription: janvier 2003 Localisation: albertville
Messages: 17
|
Petite contribution au débat :
La science est l'art d'argumenter, de démontrer, de déduire, se mesurer, s'améliorer, discuter tout simplement avec la nature.
Nous entretenons une relation avec la matière et l'énergie lorsqu'on fait de la science.
De quoi je parle en disant "nous" ?
"Nous" c'est notre pensée à tous. Cette pensée vient de très loin (elle s'est enrichie au fil des siècles et des millénaires).
"Nous" c'est in-temporel (à la fois dans le passé, au présent et dans le futur).
Je pense que le langage qui nous unit le mieux à la nature, est celui des mathématiques.
La nature, y compris "nous", parle, utilise et comprend les mathématiques, quelque soit le degré d'organisation des individus qui la composent ( atomes, molécules, organismes, ...). La science est accessible à tous, bien sûr à des degrés divers, grâce à ce langage naturel. C'est vraiment le cas de le dire !
Voici un exemple : Un bébé comprend et parle ce langage avant de savoir parler lorsqu'il donne son premier sourire à celui qui lui sourit : Je crois qu'il modélise c'est à dire qu'il fait abstraction de tout sauf de la bouche de celui qui sourit. Je ne sais pas comment ma fille savait que je souriais pour m' imiter, à quelques semaines ? Modéliser c'est justement faire de la science.
Les scientifiques qui ne sont pas humbles et qui pensent qu'il n'y a qu' eux qui font de la science ou qui pensent que la subtilité du langage qu'ils possèdent pour interagir avec la nature est inaccessible aux autres se trompent et sont dangereux pour eux-mêmes et pour tous car c'est un hold-up de notre pensée collective.
Vive la science des forums !
Naceur Bouziani http://perso.wanadoo.fr/naceur.bouziani/ | | | |  Poursuivez votre recherche :  Sur le même thème : Sur le même sujet Actualités | | Glossaire | | Livres | |
|