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L'obsolescence Programmée-TP

  1. weldod

    Date d'inscription
    juin 2010
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    214

    L'obsolescence Programmée-TP

    Bonjour à tous,

    Je suis en train de faire mon travail de fin d'année et pour sujet, j'ai choisis l'Obsolescence Programmée.
    (Ne pouvant pas poster sur le topic INFOS/ sciences tech, je le post ici)

    Comme problématique liée à celà, j'ésite entre :
    L'obsolescence programmée: Un mode de production indispensable?
    et
    L’obsolescence programmée : le seul moyen de consommer ?
    $

    En plus de cela, je doit trouver des questions dans les aspects économiques, écologiques, éthiques ou encore politiques et y répondre durant le TP.
    La recherche de questions est la partie la plus compliquée à mettre en place, c'est pourquoi je vous demande si quelqu'un pourrais m'aider,m 'orienter sur des question du genre.

    Je ne demande en aucun cas que vous me fassiez le travail, j'ai fait une problématique, mais je veux comparer mes idées ( je vous l'exposerais plus tard) pour que vous ne puissiez vous inspirer..
    Si vous aviez ausi les liens autre que wiki ou la fameuse vidéo que j'ai pu regarder déjà quelques fois (Pret à jeter sur youtube).

    Merci,
    Cordialement, Weldod

    -----

    Il n'y a 10 types de gens sur terre. Celles qui comprennent le binaire, et les autres.
     


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  2. Saint-Sandouz

    Date d'inscription
    novembre 2007
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    Lyon
    Messages
    2 850

    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    C’est une stratégie qui a été développée à son maximum dans les années 50 et 60 par les constructeurs automobiles américains. Elle s’appliquait non seulement sur le plan technologique, c’est à dire qu’après une période définie (un an ou deux) la voiture devenait difficilement réparable ou de manière non économique, mais aussi sur le plan du design. Chaque année les modèles changeaient assez radicalement de style, rendant ceux de l’année précédente complètement démodés.
    Dans les banlieues américaines, le mode d’ordre était « Let’s keep up with the Jones. » Il ne fallait surtout pas se laisser dépasser par les voisins.

    Par définition la mode est ce qui se démode.

    Ça semblait marcher au poil. Dans les années soixante la Chevrolet Impala se vendait à plus d’un million d’exemplaires par an, un record qui tient toujours d’après ce que j’ai lu.
    Dans le même temps, Volkswagen basait sa pub aux États-Unis sur le fait que la coccinelle ne changeait jamais et donc ne risquait pas de se démoder et que de plus elle restait réparable pour l’éternité.

    Bilan des courses : alors que General Motors, en tête des Big Three, était de loin le premier constructeur du monde, aujourd’hui, après avoir vendu les bijoux de famille puis avoir dû être sauvé de la faillite par l’état, le groupe est plutôt marginalisé avec un image de marque(s) assez dégradée et même certains modèles de Buick voire de Cadillac sont des Opel rebadgées.
    À l’inverse, lorsque VW a simplement annoncé dans les années 90 le projet de New Beetle elle a reçu de l’ordre de 100.000 commandes (sans avoir dépensé un cent de pub).

    La planned obsolescence est une politique à courte vue. Les fabricants américains ont littéralement ouvert un boulevard à leurs concurrents japonais et européens qui n’appliquaient pas ce principe.

    Dans les années 50 et 60, en vertu de ce principe, les Trois Gros refusaient consciemment toute innovation technologique. Ils sont restés attachés à la construction séparée chassis-coque, de préférence à construction monocoque pourtant inventée là-bas, car elle permet de changer la carrosserie à moindre cout. Les moteurs ont longtemps eu des blocs en fonte avec soupapes culbutées. Roues indépendantes et freins à disque sont restés inconnus. La R&D technologique était le parent pauvre du design. Alors que les carrosseries étaient « futuristes », c’est à dire profondément influencées par la SF et la pulp fiction, ce qu’il y avait en dessous datait de l’âge de pierre. C’est maintenant eux qui imitent les européens et les japonais quand ils en sont pas tout simplement rachetés par eux.

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.
     

  3. photon57

    Date d'inscription
    septembre 2011
    Messages
    2 055

    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Citation Envoyé par Nicolas Daum Voir le message
    (...)
    Alors que les carrosseries étaient « futuristes », c’est à dire profondément influencées par la SF et la pulp fiction, ce qu’il y avait en dessous datait de l’âge de pierre. C’est maintenant eux qui imitent les européens et les japonais quand ils en sont pas tout simplement rachetés par eux.

    ND
    L'obsolescence programmée est effectivement une impasse dans ce cas sauf que ...
    Sauf que nous (notre civilisation occidentale) soutenons un rythme d'innovations assez important. Ces innovations se déclinent en nouveaux produits qui sont mis sur le marché et dont la vente finance les autres innovations etc ...
    Il y a quand même un feedback positif ...
     

  4. Saint-Sandouz

    Date d'inscription
    novembre 2007
    Localisation
    Lyon
    Messages
    2 850

    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Il y a une différence entre l’obsolescence programmée et l’obsolescence par le progrès technologique.
    J’ai eu une imprimante à jet d’encre d’une très grande marque dont je ne me servais pas énormément mais qui m’a envoyé un jour le message que mes cartouches étaient vides. J’ai appris alors que les cartouches possédaient un circuit imprimé programmé pour envoyer ce message après une certaine date quel que soit le niveau d’encre restant. Non seulement je n’ai pas racheté de cartouche, m’en remettant à ma bonne imprimante laser, mais j’ai décidé de boycotter cette marque. Comme cette politique est appliquée par toute la profession je n’ai plus d’imprimante à jet d’encre depuis plusieurs années.

    On voit aujourd’hui un autre exemple intéressant.
    Pendant des décennies les Mac étaient considérés comme de simples traitements de texte tout juste bons pour nuls et les créatifs alors que Windows était pour les gens sérieux. Néanmoins, alors qu’un PC perdait pratiquement toute valeur aussitôt sorti de son carton, un Mac conservait une cote pendant plusieurs années, une stratégie considérée par beaucoup comme suicidaire.
    Alors que Mac OS n’a connu qu’un seul bouleversement, entre le Classic et OS X, qui s’est opéré en douceur, les transitions entre les différentes moutures de MS-DOS et de Windows se sont toujours faites dans la douleur (pas forcément programmées).
    Après avoir été au Zénith et considéré comme un modèle de marketing bien compris, le petit mou est sur la pente descendante alors que la pomme est une des premières capitalisations du monde. Et pourtant on peut garder son Mac, son iPod, son iPhone ou sa tablette pendant des années tout en restant opérationnel même s’il est dépassé par la nouveauté.

    C’est pour moi un exemple de plus que l’obsolescence programmée, même si elle est rentable à court terme, risque d’aliéner le consommateur, alors que la confiance dans la valeur du produit est aussi un critère d’achat important.

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.
     

  5. photon57

    Date d'inscription
    septembre 2011
    Messages
    2 055

    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Citation Envoyé par Nicolas Daum Voir le message
    Il y a une différence entre l’obsolescence programmée et l’obsolescence par le progrès technologique.
    C'est clair. Le problème de la première est qu'elle peut conduire à une certaine forme de stagnation ; la seconde ne peut s'exprimer (dans notre civilisation toujours) que par l'intermédiaire d'une certaine forme de surconsommation.

    Citation Envoyé par Nicolas Daum Voir le message
    J’ai eu une imprimante à jet d’encre d’une très grande marque dont je ne me servais pas énormément mais qui m’a envoyé un jour le message que mes cartouches étaient vides. J’ai appris alors que les cartouches possédaient un circuit imprimé programmé pour envoyer ce message après une certaine date quel que soit le niveau d’encre restant. Non seulement je n’ai pas racheté de cartouche, m’en remettant à ma bonne imprimante laser, mais j’ai décidé de boycotter cette marque. Comme cette politique est appliquée par toute la profession je n’ai plus d’imprimante à jet d’encre depuis plusieurs années.
    Le progrès par la surconsommation ? Les fabricants font de la recherche, il découvre et commercialisent une nouvelle encre. Ils savent dès le départ qu'ils leurs faudra commercialiser une certaine quantité de cette encre en un certain temps (car sinon ils seront soit dépassés par un concurrent soit boudés par un public fort gourmand en innovations qui les trouvera trop mou). Feedback négatif ou positif ?

    Citation Envoyé par Nicolas Daum Voir le message
    On voit aujourd’hui un autre exemple intéressant.
    Pendant des décennies les Mac étaient considérés comme de simples traitements de texte tout juste bons pour nuls et les créatifs alors que Windows était pour les gens sérieux. Néanmoins, alors qu’un PC perdait pratiquement toute valeur aussitôt sorti de son carton, un Mac conservait une cote pendant plusieurs années, une stratégie considérée par beaucoup comme suicidaire.
    Alors que Mac OS n’a connu qu’un seul bouleversement, entre le Classic et OS X, qui s’est opéré en douceur, les transitions entre les différentes moutures de MS-DOS et de Windows se sont toujours faites dans la douleur (pas forcément programmées).
    Après avoir été au Zénith et considéré comme un modèle de marketing bien compris, le petit mou est sur la pente descendante alors que la pomme est une des premières capitalisations du monde. Et pourtant on peut garder son Mac, son iPod, son iPhone ou sa tablette pendant des années tout en restant opérationnel même s’il est dépassé par la nouveauté.

    C’est pour moi un exemple de plus que l’obsolescence programmée, même si elle est rentable à court terme, risque d’aliéner le consommateur, alors que la confiance dans la valeur du produit est aussi un critère d’achat important.

    ND
    Ça sent le flamewar
    La preuve en est qu'il y a suffisemment de place pour deux modèles capitalistes similaires qui évangélisent leur clientèle.
     


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  6. JackCore

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    juin 2011
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    710

    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Weldod, tu as bien fait de poster cette demande dans éthique des sciences ! Car selon moi, cette technique est tout simplement intolérable et honteuse. Tu as cité ce reportage hallucinant : "Pret à jeter". Je pense qu'il résume bien la situation de cette pratique commerciale déloyale.

    L'obsolescence programmée: Un mode de production indispensable? L’obsolescence programmée : le seul moyen de consommer ?
    J'aborderais plus la question avec le sens : L’obsolescence programmée : le meilleur moyen de surconsommer en pourrissant la planete et en remplissant les poches d'entreprises peu scrupuleuses !

    Wikipedia résume aussi bien la situation : http://fr.wikipedia.org/wiki/Obsoles...rogramm%C3%A9e
    L'obsolescence programmée regroupe l'ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie ou d'utilisation d'un produit afin d'en augmenter le taux de remplacement. Cette demande profitera au producteur, ou à ses concurrents — ce qui explique certains cas de cartels. Le secteur bénéficie alors d'une production plus importante, stimulant les gains de productivité (économies d'échelle) et le progrès technique (qui accélère l'obsolescence des produits antérieurs).(...)
    Cette stratégie a également un impact écologique direct. L'obsolescence programmée visant la surconsommation, elle est la cause d'un surplus de déchets, indépendamment de l'état de fonctionnement effectif des produits techniques mis au rebut ou de l'état d'usure des objets d'usage. Les circuits de recyclage ou de conditionnement des matières plastiques et des métaux, en particulier, ne prennent pas en charge le stockage des déchets informatiques, malgré l'abondance de matières premières de valeur qu'ils peuvent contenir (fer, aluminium, mais aussi tantale pour les condensateurs et métaux rares, etc.). L'exportation en masse de déchets des pays de grande consommation vers des zones géographiques où le stockage est négociable à moindre coût (Chine, Asie subhimalayenne, Afrique Noire,…[réf. nécessaire]) est d'autant plus problématique et expose classiquement les pays receveurs à des pollutions spécifiques sur les sites de décharge de grande envergure.
    Cette pratique est un fléau ! D'ailleurs ce n'est pas pour rien que la Communauté Européenne cherche à l'interdire :
    La Communauté Européenne a en revanche interdit désormais la commercialisation de cartouches d'encre à puce électronique refusant tout service après un certain nombre de pages (même après remplissage d'encre), n'y voyant pas d'intérêt pour le consommateur et moins encore pour l'écologie des pays.
    Dernière modification par JackCore ; 16/09/2011 à 16h10.
     

  7. Ryuujin

    Date d'inscription
    février 2005
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    Grignon
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    5 362

    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Néanmoins, alors qu’un PC perdait pratiquement toute valeur aussitôt sorti de son carton, un Mac conservait une cote pendant plusieurs années, une stratégie considérée par beaucoup comme suicidaire.
    De mon point de vue, un mac est soit hors de prix, soit dépassé avant même de sortir du carton.
    Et surtout : il reste très peu de pièces d'origines dans mon PC, mais je n'en ai acheté qu'un seul et unique. Un mac, ça se change en entier. Ça n'évolue pas.
     

  8. Tryss

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    janvier 2010
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    3 921

    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    A propos de l'obsolescence programmée, je pense aussi qu'il ne faut pas confondre deux choses bien distinctes :
    - Les produits conçu pour ne pas durer
    - Les produits pas conçu pour durer

    La première est la vraie obsolescence programmée, tandis que dans le second cas, le but n'est pas de réduire la durée de vie du produit mais le couts en R&D/matières première, au prix d'une durée de vie potentiellement plus faible.

    Les cartouches d'encre qui refusent d'être rechargées et ne fonctionnent plus même lorsqu'il y a encore de l'encre dedans font clairement partie de la première catégorie, tandis que mon frigo qui a moins de 5 ans et dont la porte m'a lâché dernièrement fait plus probablement partie de la seconde catégorie.

    Je ne dis pas que c'est l'idéal (loin de là), mais la raison me parait infiniment moins condamnable que la première, qui s'apparente presque à de la malveillance ou du sabotage.
     

  9. agitateur

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    mars 2010
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    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Les précisions de Tryss sont importantes et à souligner.
    En réalité, la vraie obsolescence programme est quand même fort rare. D'ailleurs, au sujet du fameux film connu sur le sujet, il se fourvoie joyeusement sur une forme complotiste.

    Pour un travail de fin d'année, il me semblerait intéressant de justement souligner que la durée de vie maximum peut s'accompagner d'un effort colossal en R et D, ainsi qu'en cout de fabrication et coût matériaux.

    Le titre: " L'obsolescence programmée: Un mode de production indispensable? " s'oriente à mon avis vers une approche technique. Alors que l'autre titre est plus vers une approche de marketing et de variation de mode.

    Un exemple me vient à l'esprit, puisque je viens ce matin de faire la "révision / entretien" de mes chaussures de mi saison. Et les exemples, il suffit de regarder autour de soi pour en trouver.
    Avec un construction ad'hoc qui ne s'avachit pas ( cousu goodyear ou norvégien ) et des matériaux choisis, on a un modèle durable de nombreuses années, dont en plus on peut faire le ressemelage le cas échéant sur la partie d'usure notable ( la dite semelle ).
    Du point de vue "le seul moyen de consommer ?", la réponse est éventuellement oui du point de vue de la mode. Sinon, la réponse est non puisque l'offre alternative existe, même si elle est plus rare. Ce n'est pas parce la majorité des étalages sont remplis de semelles collées avec du cuir de rat que la fatalité conduit à acheter çà obligatoirement.
     

  10. Wart

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    avril 2009
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    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Citation Envoyé par Nicolas Daum Voir le message
    C’est une stratégie qui a été développée à son maximum dans les années 50 et 60 par les constructeurs automobiles américains. Elle s’appliquait non seulement sur le plan technologique, c’est à dire qu’après une période définie (un an ou deux) la voiture devenait difficilement réparable ou de manière non économique, mais aussi sur le plan du design. Chaque année les modèles changeaient assez radicalement de style, rendant ceux de l’année précédente complètement démodés.
    Dans les banlieues américaines, le mode d’ordre était « Let’s keep up with the Jones. » Il ne fallait surtout pas se laisser dépasser par les voisins.

    Par définition la mode est ce qui se démode.

    Ça semblait marcher au poil. Dans les années soixante la Chevrolet Impala se vendait à plus d’un million d’exemplaires par an, un record qui tient toujours d’après ce que j’ai lu.
    Dans le même temps, Volkswagen basait sa pub aux États-Unis sur le fait que la coccinelle ne changeait jamais et donc ne risquait pas de se démoder et que de plus elle restait réparable pour l’éternité.

    Bilan des courses : alors que General Motors, en tête des Big Three, était de loin le premier constructeur du monde, aujourd’hui, après avoir vendu les bijoux de famille puis avoir dû être sauvé de la faillite par l’état, le groupe est plutôt marginalisé avec un image de marque(s) assez dégradée et même certains modèles de Buick voire de Cadillac sont des Opel rebadgées.
    À l’inverse, lorsque VW a simplement annoncé dans les années 90 le projet de New Beetle elle a reçu de l’ordre de 100.000 commandes (sans avoir dépensé un cent de pub).

    La planned obsolescence est une politique à courte vue. Les fabricants américains ont littéralement ouvert un boulevard à leurs concurrents japonais et européens qui n’appliquaient pas ce principe.

    Dans les années 50 et 60, en vertu de ce principe, les Trois Gros refusaient consciemment toute innovation technologique. Ils sont restés attachés à la construction séparée chassis-coque, de préférence à construction monocoque pourtant inventée là-bas, car elle permet de changer la carrosserie à moindre cout. Les moteurs ont longtemps eu des blocs en fonte avec soupapes culbutées. Roues indépendantes et freins à disque sont restés inconnus. La R&D technologique était le parent pauvre du design. Alors que les carrosseries étaient « futuristes », c’est à dire profondément influencées par la SF et la pulp fiction, ce qu’il y avait en dessous datait de l’âge de pierre. C’est maintenant eux qui imitent les européens et les japonais quand ils en sont pas tout simplement rachetés par eux.

    ND
    Sans te contredire, et hors du sujet obsolescence programmée, je préciserai que la stratégie des Big Three a été d'investir dans les light trucks (grosse voiture qui correspondait à l'origine aux utilitaires européens mais ont eu du succès auprès des particuliers : jeep, suv,...), sur lesquels il avait un avantage douanier, et de délaisser - faute de compétitivité comme tu l'expliques bien - le marché des cars (les voitures classiques) aux constructeurs japonais. Ce fut une stratégie payante pendant tout les années 1990.

    Mais :
    - d'une part, les japonais sont venus les concurrence sur les light trucks
    - d'autre part, le surendettement des ménages américains (révélé par le retournement du marché immobilier) a entraîné un effondrement du marché des light trucks. On en parle peu, mais les constructeurs automobiles ont une part de responsabilité dans la crise financière (une grande partie des crédits à la consommation souscrits étaient pour l'achat d'un light truck)
    Dernière modification par Wart ; 18/09/2011 à 08h09.
     

  11. Wart

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    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    En y réfléchissant un peu, je me dis que mon aparté n'est pas si loin du sujet. L'obscolence programmé pose le problème plus générale d'une stratégie d'entreprise durable, au deux sens :

    - à la fois durable pour l'entreprise, c'est-à-dire qu'elle ne perd pas ses clients (soit en dévalorisant son image de marque avec l'OP, soit en les ruinant dans des crédits)

    - mais aussi durable pour la société dans son ensemble (consommation de ressources non-renouvelables, etc) c'est-à-dire aussi durable pour l'entreprise à très long terme. Car si les entreprises d'un secteur gaspillent des ressources aujourd'hui, ce seront les acteurs du même secteur qui dans 20, 30, 50 ans se retrouveront peut-être avec des problèmes d’approvisionnement (et pas que d'image de marque).

    Pour reprendre l'industrie automobile les constructeurs américains ont fait des voitures toujours plus gourmandes en carburant alors que toutes les analystes ont prédit le pic pétrolier (certes sans cesse éloigné). Outre qu'ils se tapent une mauvaise image de marque (fabricants de produits pollueurs), sur le long terme c'est la pérennité de leurs produits qui est menacée (face à de l’électrique, de l'hybride,...)

    Au-delà de la durée de vie du produit, il y a donc le problème de la viabilité de son circuit. Il faut prendre en compte les ressources consommées (par la fabrication mais aussi par l'usage !) et les coûts de recyclage/traitement de déchets. Un produit jetable, à faible durée de vie peut très bien être green, s'il est recyclé et/ou issue du recyclage (exemple : les canettes en aluminium) alors que des produits a priori à longue durée de vie (ordinateurs, voitures) peuvent être une catastrophe environnementale.
    Dernière modification par Wart ; 18/09/2011 à 09h22.
     

  12. Saint-Sandouz

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    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Pour revenir à la question initiale :
    L'obsolescence programmée: Un mode de production indispensable?
    L’obsolescence programmée : le seul moyen de consommer ?

    Tu ne dis pas quel est le sujet de tes études, mais le problème me semble mal posé en ce sens qu’il n’est anti historique qu’il ne fait pas la distinction entre les différentes formes d’obsolescence programmée. L’article de Wiki est pas mal et pourrait servir de base (1). Regarde aussi celui en anglais. Il faudrait aussi faire un rappel de l’émergence de ce concept marketing et de sa mise en pratique et les conséquences que ça a eu à la fois sur les industries, sur les consommateurs et sur l’environnement.

    Je trouve que l’article ne prend pas non plus en considération le comportement du consommateur qui peut fortement influencer celui des producteurs dans un sens ou dans un autre.

    Je fais partie de la génération (j’avais 24 ans en 68) qui la première a cloué la société de consommation au pilori. Selon le paradigme rousseauiste nous pensions l’homme est né bon (et innocent) et que c’est la société qui le corrompt, autrement dit que le consumérisme est une stratégie de la part des producteur qui impose au consommateur des choix qu’il ne ferait pas autrement. C’était ignorer à la fois l’histoire et certains paramètres de base de la psychologie humaine.

    La consommation, et son corollaire, l’hyperconsommation, ne sont pas nées avec la société industrielle mais se manifestent dès que les gens ont les ressources pour cela. Le cas des pays émergents qui connaissent une consommation effrénée en est une bonne illustration.

    Un autre corollaire de la consommation est la consommation somptuaire.

    C’est le fait des princes mais pas seulement :
    Le château de Versailles, massif, grandiose, spectaculaire, n’avait guère d’autre objectif que d’en mettre plein la vue et de symboliser le pouvoir absolu et la gloire de son commanditaire. À cet effet il a été imité dans toute l’Europe. Le Parthénon a rassemblé les meilleurs artistes et ouvriers du monde grec pour manifester la puissance d’Athènes. À l’époque gothique, chaque ville voulait une cathédrale plus haute, plus longue et plus belle que les autres au risque de ne pas pouvoir la terminer faute de financement ou de la voir s’effondrer pour avoir dépassé les limites techniques de l’époque. Que disent les fameuses les tours de la Défense ou de Manhattan ?
    Les vraies motivations sont avant tout l’ego des décideurs. C’est de la consommation somptuaire, un phénomène absolument généralisé : l’achat de vêtements, de voitures, de meubles, tout est l’occasion de manifester son statut et sa conformité aux standards du moment, d’impressionner ses voisins et amis.

    D’ailleurs dans le domaine de la consommation, un des manifestes les plus importants, et bien entendu non-dit, est : « Ma consommation n’est pas le simple reflet de mes besoins. » L’exemple le plus flagrant est le succès phénoménal du 4x4 : trop gros, trop cher à l’achat, à l’usage et à l’entretien, et dont la fonction tout-terrain est totalement inutile pour l’écrasante majorité des acheteurs. On se moque d’ailleurs volontiers de ces voitures de faux baroudeurs qui ne quittent jamais le bitume bien lisse des villes. Mais ce qu’on ridiculise est justement ce qui en fait l’attrait : c’est cette inutilité même la motivation d’achat pour leurs propriétaires. S’ils avaient vraiment besoin d’un 4x4, s’ils se mettaient effectivement à circuler sur des chemins de terre, alors cela deviendrait un achat utilitaire et non plus somptuaire et l’objet perdrait une grande partie de son intérêt. Peut-être qu’au lieu d’acheter un SUV haut de gamme ils achèteraient alors un modèle robuste et simple. Peut-être même qu’ils se contenteraient d’une voiture normale qui ferait tout aussi bien l’affaire dans la plupart des cas comme le font les cultivateurs eux-mêmes.

    Dans ce cadre, l’obsolescence est provoquée par la banalisation. À partir du moment un produit n’est plus élitiste il devient périmé. Cadillac, dans les années 60, dominait déjà le marché mondial (c’est à dire américain) de la voiture de luxe mais s’est engagé dans une stratégie de volume. Les gros modèles étaient très gros, pleins de chrome, avec un moteur énorme mais avaient une finition et une qualité déplorable afin de réduire les couts. Ils coutaient moins cher que leurs concurrents européens, Rolls ou Mercedes. GM a même poussé à l’absurde le « badge engineering » : pour faire la Cadillac du pauvre ils ont pris une Chevrolet bas de gamme, mue par un 4 cylindres poussif, et c’est à coups de chromes, de faux bois et de faux cuir mais de vrai vinyle qu’elle est devenue une Cadillac.

    ND

    1) à mon avis la question sur Henry Ford est un peu simplifiée. Le fordisme est le prototype de l’idée géniale qui a fait la fortune de son auteur et qui a changé la face du monde. Dans les années 20 une voiture sur deux vendue dans le monde était une Ford. Mais du coup Henry Ford a été persuadé qu’il avait trouvé la martingale définitive. Malgré l’insistance de son propre fils Edsel lui montrant que le modèle T commençait à ne plus répondre aux attentes des consommateurs, il a refusé pendant longtemps de lancer l’étude d’un nouveau modèle.
    En l’occurrence, ce n’est pas seulement la stratégie de GM qui a changé la donne, c’est le consommateur qui est devenu plus exigeant en termes de confort, de design, de performance, etc., et c’est Ford qui n’a pas su voir que son produit commençait à être obsolète.
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.
     

  13. Saint-Sandouz

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    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    Citation Envoyé par Wart Voir le message
    Sans te contredire, et hors du sujet obsolescence programmée, je préciserai que la stratégie des Big Three a été d'investir dans les light trucks (grosse voiture qui correspondait à l'origine aux utilitaires européens mais ont eu du succès auprès des particuliers : jeep, suv,...), sur lesquels il avait un avantage douanier, et de délaisser - faute de compétitivité comme tu l'expliques bien - le marché des cars (les voitures classiques) aux constructeurs japonais. Ce fut une stratégie payante pendant tout les années 1990.
    Il y a un paramètre que tu méconnais c’est qu’à la suite des chocs pétroliers des années 70 l’état fédéral a mis sur pied une fiscalité dissuasive contre les « gas guzzlers ». De plus chaque constructeur, sous peine d’amende, devait avoir à son catalogue des modèles de consommation « modeste » en plus de ses grosses cylindrées.
    Quand j’étais aux US dans les années 90 j’étais frappé par le fait que plein de gens parlaient de leur « truck », qui pouvait aussi bien être un SUV, un pick-up, ou un van. C’est dû au fait que la taxe « gas guzzler » s’applique aux voitures particulières dépassant une certaine consommation mais évidemment pas aux utilitaires d’où la motivation d’achat des trucks et d’où le fait que beaucoup de ces faux utilitaires, aussi confortables et somptuaires que certaines voitures, peuvent avoir des moteurs énormes, la chose recherchée.

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.
     

  14. Wart

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    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    J'avais oublié ce fait qui s'inscrit dans mon propos. L'Etat fédéral a construit toutes une législation d'exception pour les trucks (norme anti-pollution abaissée, fiscalité incitatrice, barrière douanière). Les constructeurs américains se sont engouffrés dans ce nouveau marché qui a explosé (au début des années 2000 il y avait plus de trucks que de cars vendus aux US) mais c'était une stratégie court-terme qui s'est cassé la gueule.

    Les japonais ont bien mieux compris les enjeux de long-terme. Ils ont innové et fabriqué de meilleurs voitures moins chères. C'est pour ça que le lien avec l'OP me semble pertinent, il y a des calculs qui peuvent sembler juteux, mais sur le long-terme c'est la catastrophe assurée. (Exemple de la cartouche d'encre à puce électronique, si les consommateurs découvrent le panneau, ils vont migrer sur le laser)
     

  15. Wart

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    Re : L'obsolescence Programmée-TP

    En bref, le nerf de la guerre c'est l'innovation.

    Les petites combines (type obscolence programmée, publics captifs) et rentes de situation (législation protectrice) ça dure qu'un temps.

    Si un fabricant veut que ses clients renouvelle son produit, la meilleure solution est qu'il innove régulièrement.
     


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