Bonjour,
Le but réel de ce fil, comme toutes les interventions sur les tenseurs que j'effectue depuis 3 ans est de mieux comprendre les tenseurs, ou plus exactement
de comprendre autrement et plus généralement la TRG dans une logique autre que celle présentée dans les ouvrages mathématiques. La raison de cela est fondée sur ma propre expérience ou j'ai permis das ma vie profesionnelle à nombre de gens de décoller en TRG. J'ai pu constater que les gens butent sur la TRG parce qu'ils ne comprennent en pratique les tenseurs et cette incompréhension découle de la définition d'un tenseur comme forme bilinéaire.
Par ailleurs je n'ai pas fuit le fil que tu cites. C'est exactement le contraire. Après être intervenu il y a de nombreuses réactions contre mon intervention, mais aucune proposition alternative à "MA" définition. Donc j'attends toujours dans ce fil des propositions constructives en lieu et place de la polémique.
Au contraire "MA" définition d'un tenseur est claire et simple. Il s'agit de fabriquer un nouveau vecteur à partir d'autres vecteurs appartenant à des espaces vectoriels différents en utilisant une opération de composition appelée produit tensoriel. C'est aussi simple que çà. C'est notamment ainsi que l'on introduit le produit tensoriel en MQ et certainement pour noyé l' étudiant on appelle çà état intriqué
Quel est la différence entre l'approche "mathématique" et l'approche "physicienne".
APPROCHE MATHEMATIQUE
1-
Forme linéaire.
En mathématique on commence par la forme linéaire comme application d'un espace vectoriel sur le corps des réels.
Matriciellement (en composantes) il s'agit du produit d"un vecteur" ligne à gauche par un "vecteur" colonne à droite.
Dans les notations de MQ on écrit:
f(X,Y) = <Y|X>
On voit que |X> et <Y| n'appartiennent pas au même espace car tout simplement on ne peut pas additionner une matrice ligne et une matrice colonne.
C'est pourquoi au vecteur |X> on associe un vecteur jumeau hétérozygote que l'on note <X|. Pour distinguer les jumeaux hétérozygote l'un |X> sera appelé vecteur contravariant l'autre <X|vecteur covariant. Ils sont duals , cad jumeaux.
Entre un vecteur n lignes et un vecteur n colonnes on peut
injecter une matrice carré n lignes n colonnes soit:
<Y|A|X> que l'on peu calculer de 2 façons selon les régles de manipulations des matrices
Soit:
<Y|.....A|X> ou A agit à droite
Soit:
<Y|A....|X> ou A agit à gauche.
Prenons A = I = [M-1].[M] ou [M-1] est la matrice inverse de M
On a donc:
f(X,Y) = <Y|X> = <Y| [M-1].[M] |X>
Si M represente un changement de base alors les composantes de <Y| se transforment à l'inverse des composantes de |X> ce qui justifie les appelations vecteurs contravariants et vecteurs covariants.
2-
Forme bilinéaire et tenseurs.
Reprenons la multiplication matricielle précédente mais en mettant le vecteur n lignes à droite et le vecteur n colonnes à gauche et soit |V> et |W> ces 2 vecteurs pour ne pas les confondre avec ce qui est dit plus haut. La régle de multiplication des matrices donnent une matrice carré qui définit un nouveau vecteur à n2 composantes. Celui s'écrit:
|Z> = |V>*|W>
* est ici le symbole du prosuit tensoriel
Ce vecteur est par anticipation est un vecteur contravariant (voir ci-dessous)
Je peux définir une
forme linéaire comme précedemment. Soit:
<T|Z>
Où T est un vecteur covariant.
Explicitement
<T| |V>*|W>
qqui souligne que la forme linéaire est séparemment linéaire par rapport à |V> et par rapport à |W>
En appliquant la régle de multiplication des matrices (je change seulement l'ordre du calcul on peut écrire:
<V| [T] |W>
Injections la matrice unité I = [M-1][M]
<V|[M-1][M][T][M-1][M]|W>
Cela veut dire que le produit est invariant
|V> devient M|V>
|W> devient M|W>
[T] devient [M-1][M][T]
Cela veut surtout dire que:
|T> se transforme comme le produit M.M |V>*|W> pour conserver la valeur de la forme bilinéaire. Dans un jargon professionnel on dit que |T > se transforme comme 2 fois |V> ou comme 2 fois |W> En guise de bilan:
1- Les démonstrations ci-dessus est purement mathématique dans le sens ou aucune notion de physique existe.
2- J'utilise les notations de MQ ce qui presente l'avantage de faire un cours sur les tenseurs tout pret pour la MQ.
3- En plus j'utilise la technique d'injection des opérateurs unité ce qui me pemet de ne pas manipuler d'indices. Par ailleurs les notions de matrices, supposées connues, fonctionnent en arrière plan, mais en aucune façon j'effectue des calculs sur indices. J'utilise les matrices en arrière plan en jouant uniquement sur l'ordre dans lequel j'effectue les manipulations de matrices. Donc struturellement la philosophie des tenseurs se passent d'indice pour les mêmes raisons qu'un produit scalaire du lycée V.W se passent d'indices.
4- En définisant la notion de jumeau hétérozygote j'aurais pu préciser que rien ne change en travaillant sur le corps des complexes. Dans ce cas le jumeau est constitué d'une matrice ligne ou les composantes sont les complexes conjugués.
5- En travaillant dès le départ sur le corps des complexes les matrices M appartiennent à GL(n,C) et non à GL(n,R) comme le plus souvent effectué. Cette pédagogie mathématique devient nativement une obstruction pour comprendre qu'un spineur (le spineur élémentaire) est un tenseur définit à partir d'une forme bilinéaire spécifique.
6- Dans la foulée il serait facile de montrer comme décomposer un espace tensoriel en sous-espace invariant ce qui est une entrée logique à la TRG. Comme je l'ai écrit moult fois, tenseurs, spineurs ggroupes et TRG c'est la même chose.
APPROCHE MATHEMATIQUE POUR LA PHYSIQUE:
L'idée est simple:
Je définit
des le départ la notion de produit tensoriel de |V> et |W> pour former un vecteur |V>*|W> et donc un nouvel espace vectoriel (dans le langage mathématique il s'agit de 2 vecteurs contravariants qui donne un nouveau vecteur contravariant).
Mais attention il n' y aucune notion de dualité. On peut s'en passer largement (ce qui ne veut pas dire qu'elle inutile). On note que c'est ainsi que l'on introduit les choses en MQ. sauf que le tenseur s'appelle état imbriqué!!!!!! Une expression complètement inutile qui brouille les choses comme les particules virtuelles et autres gadgets sémantiques.
Si tu suit "MA" démonstration j'explique ce qu'est un spineur comme un simple produit tensoriel de 2 vecteurs d'un espace de dimension2. aucune notion de dualité est introduite. Par contre apres et
apres seulement je peux construire un
spineur covariant.
Ce qui prouve que la dualité est secondaire.
C'est pourquoi il y a une très profonde différence entre la logique mathématicienne et le la logique "physicienne".
En physique la phrase clef est:
[....se transforme comme.....]
Il suffit de remplir les pointillés en fonction des circonstances.
dans cette phrase la dualité n'est pas présente.
Remarque très importante:
Dans les ouvrages de mathématiques on explique que l'on peut assimiler un vecteur contravariant et un vecteur covariant des lors que l'on définit une métrique par une forme bilinéaire symétrique. Dans ce langage il n'y a qu'un vecteur et 2 jeux de composantes. en quelquesorte la métrique abolit la dualité. En fait ceci est tout à fait inutile et n'a rien bien sûr strictement rien à voir avec l'absence de dualité dont je parle.
Entièrement d'accord. On pourrait remplacer également le mot tenseur par torpeur dans tous les livres mathématiques.
Cette phrase montre que les choses ne sont pas claires:
Le produit tensoriel X*Y est un tenseur (contravariant)
La forme bilinéaire F est un tenseur (covariant)
Le produit scalaire de ces 2 tenseurs est la valeur de la forme au point (X,Y)
C'est exactement le contraire. Ma stratégie pédagogique c'est de mettre en évidence le comportement dans un changement de base d'un tenseur (voir ma démonstration) alors que les ouvrages de mathématiques mettent en avant la notion d'applications dans un ensemble (les formes).
En physique on écrit par exemple qu'une forme bilinéaire doit rester invariante par changement de base cad une expression = une autre avec des primes partout. La valeur que prend la forme, on s'en fout.
Par exemple les 4 matrices de Dirac sont nécessairement un tenseur contravariant de rang1 parceque les 4 dérivées partielles forment un tenseur covariant de rang1 et que le produit doit être invariant. La valeur prend la forme bilinéaire n'existe pas. La forme même n'est pas écrite puique l'on extrait le seul produit scalaire (la contraction)Seul compte le comportement relatif des 2 tenseurs par changement de base (cad le groupe de Lorentz)
Exactement. La philosophie générale des tenseurs c'est de construire à partir d'espaces vectoriels élémentaires d'autres espaces vectoriels ou les nouveau vecteurs doivent avoir un comportement définit par changement de base. Ceci est entièrement vrai non seulement pour la machinerie des groupes en quantique etc.. mais vrai également pour la géométrie différentielle.
Quelle est la philosophie de la dérivée covariante?
Un vecteur (donc un tenseur) est une notion intrinsèque qui ne dépend d'aucune base. C'est par exemple la vitesse du vent. Si on veut décrire mathématiquement la vitesse du vent dans un point voisin on a la notion de dérivée. L'expression de cette dérivée ne doit pas dépendre des bases utilisées autrement dit l'expression doit être indépendante d'un changement de base.
La dérivée covariante devient indispensable dans un système de coordonnées curvilignes ou il faut gérer
simultanément la véritable évolution du champ de vecteurs et l'évolution des repères locaux qui change les composantes alors que le champ est constant.
Derriere cela il y a les espaces fibrés qui consiste a attaché à chaque point une variété que l'on appelle
la base (qui peut-être un groupe) une même géométrie (cad un groupe depuis Erlangen) que l'on appelle
la fibre Ensuite il faut attacher les fibres cad définir
une connexion.
Tout cela définit un nouveau espace géométrique dont
le caractère intrinsèque se décrit en tenseurs. Il est facile de voir que toute formalisation doit se faire dans la philosophie des tenseurs cad d'objets qui se transforment les uns les autres d'une certaine façon. Là encore comme toujours la dualité est secondaire (ce qui ne veut pas dire inutile).