Salut,
Justement pas car je trouve qu'il faut suivre le conseil de John Blanton : prenez garde à trop de philosophie. Et, holàlà, ça dérappe vite dans ce domaine. Tes 90% ont les atteint vite (à tort). Un exemple typique est l'article de l'encyclopédie de philosophie de Stanford (on ne leur reprochera pas puisque c'est justement une encyclopédie de philosophie) : dans l'article sur Everrett, au début ils parlent des états relatifs (la thèse de doctorat d'Everrett qui ne portait pas sur les mondes multiples) puis ils parlent de l'interprétation dite nue (on accepte les états relatifs pour ce qu'ils sont) et là, ziiiiip, ils dérapent dans de curieuses considérations philosophiques assez difficiles à comprendre sur une mesure du degré d'existence.
Nota : je viens d'aller voir l'article, je ne trouve pas ce passage. J'ai l'impression que l'article a été quelque peu révisé et nettoyé. C'est pas plus mal.
Question simple ne veut pas nécessairement dire réponse simple ou courte(pensons à des questions qu'on a déjà vu du style : "pouvez-vous m'expliquer comment marche la théorie quantique des champs ?", difficile de répondre en une phrase aussi courte que la question).
Je dirais qu'il y en a quatre :
- Un but pédagogique. Pour aider à comprendre la MQ et à l'appliquer. On n'y échappe pas. Ne fut-ce que l'interprétation instrumentale (celle qu'on trouve dans tous les bouquins) qui permet de faire le lien entre données expérimentales et équations. C'est, par exemple en mécanique quantique, le "F = force". L'exemple n'est pas anodin puisqu'il a entrainé des débats extrêmement houleux ou dix-huitième et dix-neuvième siècle sur l'interprétation de la mécanique classique (et, en particulier, "l'existence" des forces). Actuellement, on est tellement habitué à la mécanique classique et à la façon de la voir qu'on ne s'en rend même plus compte. Qui sait ? Ca arrivera peut-être un jour pour la MQ. C'est encore une théorie relativement récente aux yeux de l'histoire (même pas un siècle).
- Un but épistémologique. Pour aider à voir si certains aspects que l'on considère comme découlant de la MQ sont vrai ou pas (non localité, indéterminisme, complétude, etc...). Dans la mesure ou des conceptions erronées peuvent être une gêne, c'est plutôt utile.
- Un but théorique. Trouver le cadre le plus adapté aux développements théoriques dans des domaines ou l'interprétation instrumentale ou ses versions positivistes (différentes versions de l'interprétation de Copenhague), ne peuvent pas s'appliquer. En fait il y en a qu'un : la cosmologie quantique et donc la gravitation quantique qui y mène automatiquement. Un exemple typique de cadre théorique est la recherche d'une formulation/interprétation reflétant les théories sur laquelle elle est basée. Ainsi, si la relativité est acceptée, il est assez cohérent de trouver une formulation totalement locale et covariante. Un exemple typique est la théorie quantique des champs où on doit sans arrêt vérifier la covariance des solutions car on a dû l'abandonner en cours de route (voir l'exemple typique de la résolution de l'équation de Dirac dans le livre Quantum Field Theory de Izykson et Zuber), pour des raisons purement mathématiques. Pour aller au-delà de ce que nos théories actuelles nous donnent, il est certainement souhaitable de trouver le cadre théorique le plus adéquat. A nouveau, la théorie quantique des champs est un assez bon exemple car l'électrodynamique quantique en jauge de Coulomb est souvent plus simple que celle en jauge de Lorentz. Mais si on veut s'attaquer à la suite (théories de jauge, hautes énergies,...) il est infiniment préférable d'adopter celle-ci !
- Le dernier point est : le plaisirLe plaisir et la curiosité. Un scientifique qui n'est pas curieux devrait se tourner vers la peinture en bâtiment mais, bien entendu, la curiosité peut se porter dans bien des domaines, pas nécessairement les interprétations. C'est une question de goût. C'est la curiosité qui permet de trouver des choses intéressantes (surtout quand on n'a pas la possibilité de mettre les mains dans le cambouis, ce que j'adorerais mais, bon, on ne dispose pas vraiment des instruments appropriés au Ministère de l'Agriculture
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) : dans l'article sur Everrett, au début ils parlent des états relatifs (la thèse de doctorat d'Everrett qui ne portait pas sur les mondes multiples) puis ils parlent de l'interprétation dite nue (on accepte les états relatifs pour ce qu'ils sont) et là, ziiiiip, ils dérapent dans de curieuses considérations philosophiques assez difficiles à comprendre sur une mesure du degré d'existence.
(pensons à des questions qu'on a déjà vu du style : "pouvez-vous m'expliquer comment marche la théorie quantique des champs ?", difficile de répondre en une phrase aussi courte que la question).
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