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Requiem pour Europa...



  1. #1
    Lockheed

    Requiem pour Europa...


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    http://farm4.static.flickr.com/3507/3883445863_4e755d98f1.jpg

    Ce projet de lanceur lourd représente la premième tentative de l'Europe désirant accéder librement à l'espace.
    Il restera dans l'histoire comme un lanceur incapable d'injecter la moindre charge utile en orbite (sic).
    Cependant avec le recul, et malgré les énormes difficultés rencontrées, son apport se révéla essentiel dans tous les domaines (politique, technique, etc.).
    Indéniablement, le premier lanceur européen aura permis de tracer une voie royale à son successeur débarrassé de biens de ses maux, en l'occurrence Ariane.
    Sur les quatorze missions liées à Europa, seules les quatre dernières seront configurées en véhicules complets avec à leur sommet, une charge utile destinée à être satellisée.
    Malheureusement, aucune des tentatives ne sera couronnées de succès.
    Devant ces déconvenues, les Européens décidèrent d'arrêter les frais (en dépis de l'expédition d'un 12e lanceur vers la Guyane) et d'attendre des jours meilleurs.
    Pour les acteurs pas de problème, car ils intégrèrent pour la plupart le projet Ariane avec tout au moins de ce qu'il ne fallait pas faire.

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  3. #2
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Ça n'aura pas été très gratifiant. C'est comme ça qu'on apprend. La lignée Ariane peut en témoigner.
    Il semblerait que plus que bien d’autres domaines, celui des lanceurs a connu dans ses débuts des échecs à répétition. L’histoire des V2, celle des fusées américaines, françaises, etc., commencent par de jolies explosions. C’est d’ailleurs très drôle à voir
    C’est d’ailleurs un des points que je trouve le plus critiquable dans Tintin. Rien n’a jamais été testé avant le départ et tout fonctionne à merveille. Les lois de Murphy n’ont donc pas cours en Syldavie De plus l’équipage n’a suivi aucune formation et aucun entrainement. Dans le monde réel la fusée n’aurait même pas dû décoller.

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

  4. #3
    whoami

    Re : Requiem pour Europa...

    Bonjour,
    Citation Envoyé par Nicolas Daum Voir le message
    Ça n'aura pas été très gratifiant. C'est comme ça qu'on apprend. La lignée Ariane peut en témoigner.
    Il semblerait que plus que bien d’autres domaines, celui des lanceurs a connu dans ses débuts des échecs à répétition. L’histoire des V2, celle des fusées américaines, françaises, etc., commencent par de jolies explosions. C’est d’ailleurs très drôle à voir
    C’est d’ailleurs un des points que je trouve le plus critiquable dans Tintin. Rien n’a jamais été testé avant le départ et tout fonctionne à merveille. Les lois de Murphy n’ont donc pas cours en Syldavie De plus l’équipage n’a suivi aucune formation et aucun entrainement. Dans le monde réel la fusée n’aurait même pas dû décoller.

    ND
    Oui, mais c'est Tournesol qui a conçu l'appareil.

    Et il y a eu une fusée d'essai !

  5. #4
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Citation Envoyé par whoami Voir le message
    Oui, mais c'est Tournesol qui a conçu l'appareil.
    Et il y a eu une fusée d'essai !
    Tournesol est l’archétype du savant-ingénieur génial, touche-à-tout et distrait. C’est surtout un solitaire. C’est plutôt banal aussi bien dans la littérature que dans la BD.
    Comme la série Tintin avait une vocation très pédagogique (au delà du supportable pour moi), Hergé aurait bien fait de s’inspirer de personnes et d’évènements réels. Comme sa fusée copiée sur la V2, il aurait prendre exemple sur Von Braun qui a toujours travaillé en équipe et a eu sa dose d’échecs. Von Braun a d’ailleurs connu des revers aussi bien techniques (fusées qui lui pètent à la figure) que sur le plan « social » : on ne lui a pas toujours déroulé le tapis rouge.
    Bref, je trouve très peu « pédagogique » de faire des histoires qui se déroulent comme un long fleuve tranquille et qui se de ce fait sont d’ailleurs dépourvues de tout suspense puisqu’on sait d’avance que tout se terminera bien et que les héros de l’histoire seront vraiment des héros.

    Ça nous ramène donc à Europa qui montre ce qui se passe dans la vraie vie : la suite d’échecs avant d’arriver à un résultat peut paraitre désespérante. Je ne trouve pas que ça rende les choses plus intéressantes pour autant mais c’est la vie… La vie n’est pas un long fleuve tranquille.

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

  6. A voir en vidéo sur Futura
  7. #5
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Permettez moi d'en rajouter une couche (sérieuse) au sujet d'Europa.

    ...une technique gagnante aurait certainement bien arrangé les choses mais comme partout, on n'aime pas l'échec.

    L'idée de construire un lanceur à partir d'éléments en provenance de différents pays, n'était pas mauvaise en soi. Cependant, à postériori, la simple superposition de trois étages et d'une partie haute sans un véritable projet d'ensemble, s'avéra être une authentique erreur et l'inexpérience technique de l'Europe n'expliquait pas tout.

    Au fil du temps, le manque de politique cohérente du groupe des Etats promoteurs s'amplifia. Leurs débats déchirants au sein de l'ELDO (dotée de surcroît d'un budget largement dépassé) contribuèrent à la faillite de l'entreprise.

    Comme je l'ai déjà énoncé, les malheurs de ce lanceur (bien oublié aujourd'hui) permirent d'ouvrir une voie royale à Ariane. Il contribua également à mettre en place une ESA forte (réunion de l'Esro et de l'Eldo).
    De son côté, le Cnes récupéra à bon compte les installations sols d'Europa et les adaptaient au profit d'Ariane (ELA 1), etc.

  8. #6
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Magnifique départ du dernier Europa (F.9) depuis le sol australien en juin 70.
    Malheureusement, le non largage coiffe prise débranchée), doublée par une chute pressurisation 3e étage, condamnait cette mission qui fut à deux doigts de réussir.

    http://farm3.static.flickr.com/2540/3892380929_557ab41fe3.jpg

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  10. #7
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Ultime mise à feu d'Europa (Kourou, nov.71).
    Cet envol plein d'espoirs ne tardera pas à tourner au cauchemar.
    L'interruption des signaux de guidage en fin de propulsion Blue Streak (décharge électrostatique due à la désactivation du syst. de guidage) amena la destruction du lanceur à H + 150 sec. http://farm4.static.flickr.com/3489/...9673986a2a.jpg


  11. #8
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    ...une technique gagnante aurait certainement bien arrangé les choses mais comme partout, on n'aime pas l'échec.
    L'idée de construire un lanceur à partir d'éléments en provenance de différents pays, n'était pas mauvaise en soi. Cependant, à postériori, la simple superposition de trois étages et d'une partie haute sans un véritable projet d'ensemble, s'avéra être une authentique erreur et l'inexpérience technique de l'Europe n'expliquait pas tout.
    Il y a une expression en anglais : « Hindsight is 20/20 ». Quand on regarde en arrière on a une vue à 10/10°.
    L’expérience d’Europa s’appelle apprendre par essais et erreurs. À l’époque la succession d’échecs paraissait inquiétante. La leçon a été très bien apprise si l’on en juge par la carrière des Ariane. On ne peut que saluer le succès. Pourvu que ça dure…

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

  12. #9
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Nicolas,
    Il n'y a aucune raison que cela ne continue pas, car comme je l'ai dit à vador59, Arianespace est le Usan Bolt de l'espace.
    Elle a su (avec l'aide du CNES et des industriels bien entendu) redressé la barre après l'échec de V157. Elle dispose d'une approche commerciale hors du commun et d'un site de lancement n'ayant plus rien à prouver.
    Un (voire deux) nouvel échec ne remettrait absolument pas en cause cette machine bien huilée.
    Une bonne commission d'enquête suivie d'un programme de consolidation suffirait amplement à calmer les ardeurs d'ILS et de Sea Launch (les deux seuls véritables concurrents sur le marché commercial, les autres sont trop marginalisés)
    De plus, elle peut encore compter sur le soutien économique de l'ESA (donc le contribuable qui verse encore annuellement une confortable enveloppe financière) pour l'aider à équilibrer ses comptes.
    Mais cela n'est rien au regard des 15000 emplois générés par ce système. Que serait la Guyane sans Ariane, un département français vidé de tout sens, car le climat n'est pas propice à une véritable activité agricole ou industrielle. Te demandes-tu pourquoi les agences de voyage ne te proposent pas des offres aussi alléchantes que les Antilles, la Réunion, ...pour ne rester que des territoires français !
    Comme le sujet concernait Europa, Woomera comptait jusqu'à 6000 résidents au temps de la présence européenne concernée par les fusées. De nos jours, ce lieu n'affiche plus que 300 à 500 âmes. Tu vois la différence.
    Bien que je considère qu'Ariane 5 manque de souplesse, notamment par son manque de modularité lui faisant ''exploser'' son prix d'achat, il n'y aucune raison de s'inquiéter et je suis persuadé que ce lanceur permettra à AE de franchir le cap de Vol 300 dans une dizaine d'années.

    Amicalement.

  13. #10
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Je ne sais pas l'âge que tu as mon cher Nicolas, mais si l'année 2009 correspond aux 40 ans de l'homme sur la Lune, elle est aussi celle du 30e anniversaire du premier vol d'Ariane (L01).
    En effet, le 24 décembre 1979 (cela ne s'invente pas), tu aurais pu être ce jeune garçon regardant cet événement sur sa TV, mais tu n'étais peut-être pas encore né ?
    http://farm3.static.flickr.com/2554/...c9360642_b.jpg

  14. #11
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    Il n'y a aucune raison que cela ne continue pas, car comme je l'ai dit à vador59, Arianespace est le Usan Bolt de l'espace. Amicalement.
    Je suis tout à fait du même avis sur pratiquement tous les points.
    J’ai 65 ans, au fait. Je n’ai pas de souvenirs précis des évènements concernant ces sujets sinon qu’à la fin des années 70 l’opinion publique ne donnait pas cher des suites du programme. Il faut dire qu’il y avait une foultitude de projets sur fonds publics, dont certains jouissaient d’un battage assourdissant comme le Plan Calcul, et qui n’avaient souvent pour objectifs que d’essayer de jouer dans la même cour que les Américains. Les motivations politiques étaient parfois difficile à discerner des considérations industrielles et commerciales. Les établissements publics et parapublics n’étaient pas toujours à la hauteur techniquement et commercialement. Beaucoup de ces plans se sont vautrés dans la poussière. Pour le Concorde par exemple, la messe était déjà dite. Ariane fait partie de ceux qui ont réussi et ce sont les Américains qui ont mordu la poussière. Comme quoi il ne faut pas se fier aux premiers résultats.

    Cela dit, pour le futur, on peut toujours se poser des questions. Il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Est-ce qu’il faudrait lancer une Ariane 6 comme le suggère Vador ou est-ce qu’en faisant évoluer Ariane 5 l’ESA répondra à la demande et garder sa part de marché ?
    Ariane occupe une confortable place de numéro un. Je suis toujours réservé à l’égard de cette question du rang. General Motors a longtemps été le premier mondial et a tout fait (ou plutôt tout essayé) pour le rester. Après être resté au sommet il est en train de descendre la pente sur ses fonds de culotte et on se demande quand ça s’arrêtera. Vouloir devenir numéro un et vouloir le rester me paraissent des objectifs assez futiles. Chez GM par exemple ils avaient oublié que le plus important est d’être profitable à long terme. D’autres sont loin derrière mais se portent très bien.
    Pour Ariane la question commence évidemment par celle de savoir si les satcoms vont continuer à grossir, puisque c’est son fonds de commerce, et si elle pourra répondre à la demande. À mon avis il y a bien d’autres concurrents potentiels que ILS ou SeaLaunch. SpaceX ou United Launch Alliance vont certainement présenter une offre intéressante. Quand les Américains se réveillent ils peuvent être redoutables.
    L’ATV est certainement un atout supplémentaire pour l’ESA… à condition qu’il y ait un marché pour le ravitaillement de l’ISS. Les Russes ne voudront pas lâcher leur morceau et les Américains semblent ne pas voir qu’il y a des Européens. Cela dit, il suffirait qu’il y ait un ou deux incidents techniques et/ou diplomatiques avec les Russes pour que les Américains changent d’avis d’autant que l’ATV semble super au point.

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

  15. #12
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Dans la catégorie "grosse bévue" la palme revient certainement aux équipes de la NASA qui ont mis Hubble en orbite sans avoir vérifié la géométrie du miroir, ex aequo avec la boite qui l'avait poli.
    Les lois de Murphy sont dures mais ce sont les lois.

    Ils avaient conscience que s'ils réussissaient la "réparation" consistant à mettre un miroir correcteur ils ne sauvaient pas seulement Hubble mais la NASA elle-même.

    Ça rend d'autant plus extraordinaire la carrière éblouissante du télescope.

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

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  17. #13
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Cher Nicolas,

    Le point de départ d'Ariane fut initié par le CNES au milieu de l'année 72. Toutefois, pour éviter une fusée franco-française au marché ridicule, le passage obligatoire passait par l'européanisation.
    A la suite d'intenses efforts politiques, les Français se montraient suffisamment persuasifs pour obtenir l'aval de ses partenaires. Il faut bien avouer que la prise en charge des deux tiers de la facture n'était pas étrangère à ce ralliement.

    L'objectif initial des promoteurs était de capter le marché européen avant de déborder un peu. La confiance accordée par l'opérateur de référence Intelsat (alors contrôlé par les Américains), et ce en dépit des échecs L02 et L5, facilita l'assise du lanceur européen.

    Dans les années 80, plusieurs questions se posaient sur le devenir des satcoms. La miniaturisation des composants et l'avancée de la fibre optique ne manquaient de troubler les services chargés de la prospective.
    Finalement, ces interrogations ne perturbèrent pas le marché et il faudrait l'émergence d'une technologie impévue pour remettre en cause l'existence des satcoms.

    Je peux t'assurer qu'il n'y a aucun autre concurrent viable d'Ariane qu'ILS et Sea Launch.
    Les autres sont soit des projets ''papiers'' (genre Space X, etc..) ou des lanceurs bridés par l'embargo US. Ainsi les Chinois ne peuvent embarqués des satcoms renfermant des composants ''made in USA''. Les Européens tentent bien de contourner cette spécificité mais au prix de gros efforts.
    Quant aux Américains, je t'assure qu'ils se sont vraiment détournés de l'activité commerciale. Ainsi Lockheed Martin s'est non seulement replié sur ses activités rentables, mais a revendu ses part dans ILS. Boeing en faisait autant avec Sea Launch.

    L'ATV résulte en fait d'une compensation de l'engagement financier des états européens envers l'ISS. Il ne faut pas oublier que cette dernière demeure sous contrôle américain car les Etats-Unis en sont les promoteurs, les coordinateurs et les principaux bailleurs de fonds.
    Malgré tout, les missions ATV sont les bienvenues car elles permettent aux industriels d'acquéquir un savoir-faire, d'augmenter leur plan de charge et de permettre à Arianespace de réaliser une juteuse mission.
    Quant à l'avenir de l'ATV, en dépit de projets d'études, je doute que son existence aille au delà de celle de l'ISS.

    En ce qui concene Ariane 5, la performance réelle du modèle ECA atteint les 9,7 tonnes en GTO, soit pour un lancement simple, 120 à 150 kg de moins réservés à l'ACU.
    En lancement double, il faut extraire la masse du système Sylda ou Speltra (+ 400 à 800 kg) et du second ACU, donc dans le meilleur des cas, il reste pour les satellites environ 9 tonnes à répartir.
    N'oublie pas que dans ce genre de commerce , la référence est le prix au kg injecté en orbite. Mieux tu rempliras la partie haute, mieux les financiers te féliciterons.
    Ainsi parfois un lancement simple est plus rentable qu'un lancement double, tout en sachant qu'il faut encore introduire d'autres paramètres, ouf...?

    Sur la base des médias, il n'est pas acquis que l'ESA aille au-delà de l'Ariane 5 ECA. En dépit des pressions industriels et de certains responsables, il se pourrait qu'on en revienne à un lanceur modulable injectant un seul satcom. Une solution juste à mes yeux mais qui ne manquera pas d'en faire bondir plus d'un.

    Voilà, jespère n'avoir été trop long sur la réponse de tes réflexions.

    Amicalement.

  18. #14
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    Le point de départ d'Ariane fut initié par le CNES au milieu de l'année 72. Toutefois, pour éviter une fusée franco-française au marché ridicule, le passage obligatoire passait par l'européanisation.
    Pour paraphraser le maire de Champignac : l’ESA « tient d'un œil lucide et vigilant le gouvernail dont les voiles, sous l'impulsion du magnifique cheval de trait indigène, entraînent sur la route toute droite de la prospérité, le Champignacien qui ne craint pas ses méandres, car il sait qu'en serrant les coudes il gardera les deux pieds sur terre afin de s'élever à la sueur de son front musclé, vers des sommets toujours plus hauts ! »
    C’est certain que l’Europe s’est bâtie sur des projets communs.

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    Je peux t'assurer qu'il n'y a aucun autre concurrent viable d'Ariane qu'ILS et Sea Launch.
    Les autres sont soit des projets ''papiers'' (genre Space X, etc..) ou des lanceurs bridés par l'embargo US. Ainsi les Chinois ne peuvent embarqués des satcoms renfermant des composants ''made in USA''. Les Européens tentent bien de contourner cette spécificité mais au prix de gros efforts.
    Quant aux Américains, je t'assure qu'ils se sont vraiment détournés de l'activité commerciale. Ainsi Lockheed Martin s'est non seulement replié sur ses activités rentables, mais a revendu ses part dans ILS. Boeing en faisait autant avec Sea Launch.
    Je ne suis pas assez au fait de l’évolution du marché et des stratégies industrielles et commerciales pour en juger. Ma remarque d’ordre général est que les acteurs que tu cites qui semblent aujourd’hui peu intéressés pourraient se réveiller demain et avoir la force de frappe suffisante pour s’imposer. Si SpaceX finit par avoir un lanceur crédible, des investisseurs pourraient trouver intéressant de mettre les fonds nécessaire à son décollage. Un gouvernement américain pourrait un jour se dire que les intérêts stratégiques, industriels et commerciaux du pays sont en jeu et, sous couvert de mesures d’incitation économique comme en ce moment, mettre le turbo sur les vecteurs.
    L’Amérique a la technologie et les fonds, contrairement à l’Inde, la Chine et dans une certaine mesure la Russie. Il suffit qu’ils se réveillent. Ariane devra être bien positionnée pour garder sa place ou conserver une part du marché suffisante.

    En ce qui concerne l’ATV, même si c’est à fonds perdus, comme tu le dis ça me parait judicieux que l’ESA soit présente sur ce créneau. On ne sait jamais, ça pourrait servir un jour.

    Quant aux lancements doubles ou simples je ne suis pas à même de juger de leur pertinence.

    Tu as peut-être la réponse à des questions que je me pose.
    Dans l’évolution des lanceurs, les premiers moteurs utilisaient des hydrocarbures divers (essence, alcool, kérosène), produits disponibles dans le commerce, faciles à manipuler, non corrosifs, pas trop dangereux. Il y a eu ensuite différentes voies comme les diverses formes d’hydrazine, pratique mais aux performances moyennes. La voie royale par ses performances, LOX/LH2, présentait des difficultés de mise au point qui ont pu être maitrisées, après bien des déboires, grosso-modo dans les années 80.
    Les moteurs cryotechniques fonctionnent maintenant comme des horloges.
    Ma question est : hormis l’introduction de technologies révolutionnaires (comme la MHD ou que sais-je) est-ce qu’on peut attendre des améliorations significatives en termes de rendement, de fiabilité, de retour sur investissement, etc. ? Est-ce qu’on ne va pas obtenir les habituels progrès à la marge : quelques points d’impulsion spécifique en plus, quelques Newton de poussée en plus, quelques kilos de moins, etc. ?
    Vulcain a représenté un bond en avant considérable. Est-ce qu’on pourrait attendre la même avancée d’un futur moteur de nouvelle génération ? Ou bien ne va-t-on pas voir seulement des améliorations incrémentales au fil des ans sur un moteur qui ne change pas fondamentalement ? Autrement dit, est-ce qu’on n’a pas tout dit en matière de technologie cryotechnique ?
    De leur côté les Américains ne cherchent d’ailleurs pas à développer de nouveaux moteurs. Ils dépensent leurs milliards à améliorer des moteurs cryotechniques qui, pour certains, ont déjà 40 ans

    Je me pose la même question sur le corps des fusées. Ariane 5 a représenté un progrès significatif en termes de couts et de poids. Si on en avait besoin dans le futur, pour envoyer 40 ou 50 tonnes en LEO, faudrait-il concevoir une Ariane 6 jumbo (avec un/des nouveau moteur), ou suffirait-il d’une Ariane 5 Lourde en en accolant deux ou trois avec leurs boosters ?

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

  19. #15
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Voilà justement un marché potentiel pour des lanceurs lourds : Le Japon veut installer une centrale solaire dans l'espace.
    C’était tout à fait le genre de projet pharaonique qui fleurissait dans les années 60 et 70, quand on pensait la consommation d’énergie allait doubler tous les dix ans.
    Quelle époque innocente !

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

  20. #16
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Nicolas,

    L'ATV n'est pas à fond perdu, bien au contraire.
    Non seulement les industriels remplissent confortablement leurs caisses avec ce programme mais aussi (car ce sont les mêmes), il leur permet de fabriquer un lanceur à chaque fois.
    Arianespace de son côté n'est pas en reste, car elle assure un lancement qui lui (à ce que j'ai pu comprendre) n'est pas bradé.

    Dans le domaine des avancées propulsives, j'avoue que je suis un peu déconnecté depuis mon départ du monde spatial. Tout ce que peu t'assurer c'est que la bonne vieille propulsion chimique à encore de beaux jours devant elle.
    Je n'imagine pas (surtout avec la puissance des écholos)voir un lanceur mis à feu avec un étage doté d'un propulseur nucléaire, et de surcrôit s'il explosait.

    Quant au Vulcain, c'est peut être une solution pour le loger en étage supérieur, car sa puissance (une centaine de tonnes de poussée sol) est trop faible pour faire décoller un Ariane 5 de près de 800 tonnes, même en le multipliant.

    Sur ce sujet, je suis toujours étonné par la puissance dégagée par le moteur de Sea Launch (740 tonnes) qui arrache à lui tout seul les 470 tonnes de ce lanceur.
    Bien entendu en ne restant que sur la propulsion liquide.

    Amicalement...

  21. #17
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Tiens Nicolas, comme tu mettais en avant le Vulcain, je t'insère ce dernier en espérant que les légendes seront lisibles.

    Nartacha (l'hôtesse) est à l'échelle.

    http://farm3.static.flickr.com/2484/...62d049d5_b.jpg

  22. #18
    Tawahi-Kiwi
    Modérateur

    Re : Requiem pour Europa...

    Citation Envoyé par Nicolas Daum Voir le message
    Il semblerait que plus que bien d’autres domaines, celui des lanceurs a connu dans ses débuts des échecs à répétition. L’histoire des V2, celle des fusées américaines, françaises, etc., commencent par de jolies explosions. C’est d’ailleurs très drôle à voir
    Salut,

    D'ailleurs, suite a cette remarque, je ne peux resister a vous faire partager le lancement il y a quelques semaines de la fusee zairoise Troposphere V*, il parait que la suivante devrait mettre un satellite sur orbite....

    Il faut bien sur attendre la fin du reportage pour voir le "lancement" mais c'est pas beaucoup mieux que les OTRAG de Mobutu.

    T-K
    If you open your mind too much, your brain will fall out (T.Minchin)

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  24. #19
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Quelle culture Tawahi-Kiwi de remettre en lumière le projet Otrag (issu du cerveau d'un ingénieur allemand).
    Au début des années 80, ce dernier faisait beaucoup salivé dans les couloirs du CNES/ESA et Arianespace. Certains responsables n'hésitaient pas à le mettre en concurrence avec Ariane (sic), je t'assure que c'est la vérité.

    Quant à la sympatique tentative congolaise, elle n'est pas s'en rappeler les efforts des pionniers du siècle dernier (Godard, ...) tatonnant pour faire avancer la technologie des fusées cosmiques.

    Quant au V-2, en dépit de son utilisation incorrect, il faut bien se rendre à l'évidence qu'il possédait tous les ingrédients nécessaires pour les transposer sur une fusée spatiale.

    En tous les cas, bravo pour remettre sur le devant l'affaire Otrag.

    Amicalement.

  25. #20
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    L'ATV n'est pas à fond perdu, bien au contraire.
    Non seulement les industriels remplissent confortablement leurs caisses avec ce programme mais aussi (car ce sont les mêmes), il leur permet de fabriquer un lanceur à chaque fois.
    Arianespace de son côté n'est pas en reste, car elle assure un lancement qui lui (à ce que j'ai pu comprendre) n'est pas bradé.
    Entendons-nous sur perdu pour qui. Que les fournisseurs y trouvent leur compte c’est bien normal. La question est de savoir d’où viennent les fonds. De la poche du contribuable ?

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    Tout ce que peu t'assurer c'est que la bonne vieille propulsion chimique à encore de beaux jours devant elle.
    Je n'imagine pas (surtout avec la puissance des écholos)voir un lanceur mis à feu avec un étage doté d'un propulseur nucléaire, et de surcrôit s'il explosait.
    C’est ce que j’ai aussi compris : il n’y a pas d’alternative dans un avenir prévisible à la propulsion chimique. Même les générateurs électriques nucléaires pour les satellites posent de plus en plus problèmes en terme de sécurité.

    Sur l’illustration les petits caractères sont juste trop petits pour être vraiment lisibles. Cela dit, je connais l’architecture du moteur. Vulcain 2 comporte quelques modifications relativement mineures et un divergent allongé.
    Ceci voudrait-il dire qu’il est optimisé pour une pression atmosphérique inférieure à Vulcain 1 ? Ou que la pression interne est supérieure ? Ce serait-il en relation avec le débit supérieur ?

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    Quant au Vulcain, c'est peut être une solution pour le loger en étage supérieur, car sa puissance (une centaine de tonnes de poussée sol) est trop faible pour faire décoller un Ariane 5 de près de 800 tonnes, même en le multipliant. Sur ce sujet, je suis toujours étonné par la puissance dégagée par le moteur de Sea Launch (740 tonnes) qui arrache à lui tout seul les 470 tonnes de ce lanceur.
    Ariane a la configuration classique des lanceurs qui s’arrachent du sol et traversent les couches denses de l’atmosphère essentiellement à la force de leurs boosters à poudre, à la différence de Falcon par exemple qui utilisent le même moteur tout le temps. D’après ce que j’ai compris, chaque formule a ses avantages et ses inconvénients.
    Naturellement aucun de ces moteurs n’est optimisé pour la vitesse nulle et la pression du niveau de la mer. Il faudrait trouver autre chose pour cette toute première phase.

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

  26. #21
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Comme j'ai des dizaines de planches couvrant la fuséologie française jusqu'en 2004, je profite de la relance de Tawahi-Kiwi, non à l'inspiration des îles du Pacifique, pour vous présenter le projet ''Super V-2'' élaboré au sein du LRBA

    http://farm3.static.flickr.com/2538/...5e789c4d_b.jpg

  27. #22
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Nicolas, désolé pour les écritures, mais la densité des informations et l'équilibrage de la planche (concentrée sur un A4) m'obligeait à ce type d'insertion.
    Si tu as besoin d'une meilleure lecture, communiques moi ton adresse postale (par message privé) et je me ferai un plaisir de t'expédier une planche plus lisible.

  28. #23
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Un scoop pour toi mon cher Nicolas, une option de lanceur complémentaire d'Ariane 5.

    Cette dernière mettait en oeuvre un EAP et un étage supérieur ESC-B (H25 à l'époque) animé par un moteur Vinci.

    Inutile de te dire que cette proposition ne faisait pas le poids face au Soyouz.


    http://farm4.static.flickr.com/3505/...65fdf0b9_b.jpg

  29. #24
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Une planche qui ne manquera pas de t'intéresser Nicolas.
    Bien qu'elle date de 2000, les données ont peu changée, ne serait-ce que tu devras patienter avant de voir l'ESC-B introduit dans la filière.

    http://farm3.static.flickr.com/2547/...a90ce643_b.jpg

  30. Publicité
  31. #25
    Saint-Sandouz

    Re : Requiem pour Europa...

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    Comme j'ai des dizaines de planches couvrant la fuséologie française jusqu'en 2004, je profite de la relance de Tawahi-Kiwi, non à l'inspiration des îles du Pacifique, pour vous présenter le projet ''Super V-2'' élaboré au sein du LRBA
    J’ignorais tout de ce Super V-2 tricolore. Décidemment la technologie allemande aura essaimé de tous côtés.
    Il est vrai que dans les années 40 il y avait bien d’autres urgences que de développer des missiles balistiques.

    Citation Envoyé par Lockheed Voir le message
    Un scoop pour toi mon cher Nicolas, une option de lanceur complémentaire d'Ariane 5.
    Cette dernière mettait en oeuvre un EAP et un étage supérieur ESC-B (H25 à l'époque) animé par un moteur Vinci.
    Inutile de te dire que cette proposition ne faisait pas le poids face au Soyouz.
    J’ignorais ça aussi. Ça date de quelle période ? Quel tonnage en LEO ?
    Quand tu parles de la concurrence de Soyouz, c’est en terme de charge utile et/ou de fiabilité ?

    ND
    Travailler dur n'a jamais tué personne, mais je préfère ne pas prendre de risques.

  32. #26
    Lockheed

    Re : Requiem pour Europa...

    Nicolas,

    Cette esquisse est noyée au milieu de plusieurs réalisées à main levé. Elle était proposée pour tenter de trouver un lanceur complémentaire à Ariane 5.

    Une déclinaison d'Ariane 4 aurait bien pu faire l'affaire, mais déjà des outillages des réalisations à plus ou moins long terme avaient été détruits.

    Le dessin représenté sur ce forum ne peut que correspondre à une mission GTO étant donné la présence d'un étage supérieur cryo.
    Par contre, je n'ai plus les informations concernant la performance.

    La présence d'un Soyouz, sponsorisé par EADS et AE au travers de Starsem, ne manquait pas de favoriser son choix.

    En vérité, cette sélection ne manquait pas de pertuber beaucoup de responsables. Le jounaliste Albert Ducrocq, intitulant l'un de ses articles ''le loup à Kourou'', reflétait bien le sentiment dans les couloirs des instances européennes.

    Passer le moment d'interrogation, le Soyouz trouva sa place au milieu de cette communauté.
    Auréolé de plus 1700 tirs, ce vénérable lanceur peut efficacement soulagé Ariane dans certaines missions, aussi bien dans le GTO (près de 3 tonnes depuis Kourou) que dans le SSO et le LEO.

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