Répondre à la discussion
Affichage des résultats 1 à 15 sur 15

Le mythe du cerveau paresseux



  1. #1
    Dordon

    Le mythe du cerveau paresseux


    ------

    Ce topic fait suite à une discussion qui n'avait pas sa place dans la rubrique où elle s'était développé (topic "Notre cerveau..." en lecture scientifique).
    On entend souvent parler de nos capacités qui ne seraient exploitée qu'a 10 ou 20%. J'aimerai savoir dans quel mesure nous utilisons notre cerveau. Utilisons-nous toutes nos capacités ? en permanence ?
    Si nous utilisons toutes nos capacités comment expliquer le "don" de certains autistes (leur performances aux calculs par exemple)?

    Merci
    Drdn

    -----
    DrDn en qwerty

  2. Publicité
  3. #2
    Jiav

    Re : Le mythe du cerveau paresseu

    Citation Envoyé par Dordon
    On entend souvent parler de nos capacités qui ne seraient exploitée qu'a 10 ou 20%.
    C'est vrai que c'est un mythe répandu... et les réponses pas aussi évidentes que ça. Au fond, le vrai problème est que ce genre d'affirmation néglige la spécialisation des aires cérébrales: c'est comme si je disais que tu n'utilises ton clavier qu'à 1% de ses capacités! Mais tu ne peux pas utiliser ta touche a pour écrire un b n'est-ce pas? Hé bien tu ne pas plus utiliser ton cortex moteur pour percevoir une odeur!

    J'aimerai savoir dans quel mesure nous utilisons notre cerveau. Utilisons-nous toutes nos capacités ? en permanence ?
    Probablement pas, puisque des efforts intenses de concentration (joueurs d'échec par exemple) amènent visiblement (sudation, fatigue) une augmentation du métabolisme cérébrale. Si on se base sur les données IRMf (en gros et sans les détails c'est la consommation d'oxygène), on voit que les variations de signal peuvent atteindre jusqu'à 1 ou 2 % dans une aire donnée.
    En plus de cette réponse "métabolique", il faut aussi considérer qu'un même substrat sert souvent à plusieurs fonctions: par exemple les cortex moteurs (non primaire -enfin ça se discute) servent pour générer des mouvements, mais aussi pour les imaginer ou les observer: du coup d'un point de vue fonctionnel, tu ne peux pas faire toutes les tâches que tu pourrais en même temps (en fait il y a une limitation plus évidente: la mémoire de travail ne peut contenir que quelques items -c'est le fameux 7+/-2).

    Citation Envoyé par Dordon
    Si nous utilisons toutes nos capacités comment expliquer le "don" de certains autistes (leur performances aux calculs par exemple)?
    Ce genre de capacité passe très probablement par l'utilisation de la mémoire à long terme: ce ne serait pas vraiment du calcul, mais plutôt une mémorisation des résultats possibles. Il est possible de s'entrainer pour obtenir ce genre de résultat, et c'est probablement ce qui se passe avec certains autistes: des milliers d'heures passées à rabacher des calculs mentaux afin de s'isoler du monde extérieur.
    Dernière modification par Gamma ; 09/03/2005 à 11h29.

  4. #3
    Glast

    Re : Le mythe du cerveau paresseu

    Citation Envoyé par Dordon
    On entend souvent parler de nos capacités qui ne seraient exploitée qu'a 10 ou 20%. J'aimerai savoir dans quel mesure nous utilisons notre cerveau. Utilisons-nous toutes nos capacités ? en permanence ?

    C'est vrai que l'idée du cerveau qui ne fonctionne qu'à 10% semble très répandue, mais les techniques d'imageries (l'IRM par exemple) montrent bien que nous utilisons toutes les zones de notre cerveau. Je ne developperais pas davantage car je ne ferais que paraphraser gamma avec qui je suis complètement d'accord.
    Le maître montre la lune
    L' idiot regarde le doigt

  5. #4
    Madarion

    Wink Re : Le mythe du cerveau paresseux

    Bonjours,

    Citation Envoyé par Dordon
    (.../...)
    Si nous utilisons toutes nos capacités comment expliquer le "don" de certains autistes (leur performances aux calculs par exemple) ?
    Pour cela tu sous attend que nous somme tous capable des même facultés. Ce qui est logique car nous somme tous pareil biologiquement dans la globalité. Mais peut tu donner des preuves ? (personne qui n'avais pas certaine capacité dans le passé)

    Après il suffiras d'analyser précisément les différences (psycho biologique) que la personne a subit pour exploiter d'autre capacité.
    Et si c'est reproductible.


  6. #5
    Narduccio

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    Il y a déjà une discussion de plusieurs pages sur le sujet. Vaudrait mieux la continuer que tout recommencer ici.
    "Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable". Karl Popper

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    triban

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    Bonjour

    Je cherche depuis plusieurs jours un site ou il y a une description des différents "zones" du cerveau et les actions des ces "zones".

    Vu mon grand age et le fonctionnement ralenti de mon unique neurone ( ), je n'ai trouvé que ce site qui s'adresse qu'au néophyte ( ce qui est mon cas).
    J'espère qu'il pourra intéresser quelques personnes.

    http://www.doctissimo.fr/html/sante/...definition.htm

  9. Publicité
  10. #7
    GreG-nap

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    le site est pas mal
    mais tu peux aussi trouvé mieux, par exemple, en achetant l'encyclopédie encarta 2005 tu peux trouvé des dizaines de pages sur le cerveau facile et extremement détaillé.
    (en plus ça te servira pour d'autres choses...)

  11. #8
    Jiav
    Citation Envoyé par triban
    Je cherche depuis plusieurs jours un site ou il y a une description des différents "zones" du cerveau et les actions des ces "zones".
    Celui-ci est vraiment bien pour rentrer dans le sujet. Pour l'anatomie il y a ça qui est simplement génial.

    Citation Envoyé par triban
    Vu mon grand age et le fonctionnement ralenti de mon unique neurone ( )
    J'ai peut-être quelquechose pour toi

  12. #9
    triban

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    Bonjour

    Merci pour les réponses et pour les liens, j'ai essayé le jeu, c'est une bonne nouvelle pour moi, je ne suis pas totalement ignare ( ). J'espéres que pour une prochaine recherche je ferais mieux .

  13. #10
    GreG-nap

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    j'ai essayé aussi, il est amusant!

  14. #11
    crataegus

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    C'est sympa, je me souviens de 2 ou 3 choses vues à la fac mais ça va un peu vite.

  15. #12
    triban

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    Citation Envoyé par Gamma
    Celui-ci est vraiment bien pour rentrer dans le sujet
    Bonjour
    Merci encore pour le site, je l'aime beaucoup, par contre, j'ai continué à faire des recherches ( je ne fais pas que ça ), j'ai trouvé ce site ( grâce au sujet sur la dépression).
    http://www.frm.org/informez/info_dons_article.php?id=30
    qui relativise la détermination des zones du cerveau je cite :
    Or, il est de plus en plus établi que les zones cérébrales impliquées dans la compréhension du langage peuvent varier d’un sujet à l’autre.
    ce qui tendrait à relativiser la détermination des zones du cerveau, par contre il semble qu'il y ait des "traitements" pour soigner le cerveau autres que les médicaments

  16. Publicité
  17. #13
    Jiav

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    Salut Triban,

    Bonne idée d'aller voir ce qui est financé par des fondations comme la FRM. Surtout la FRM d'ailleurs: c'est un organisme exceptionnel, dirigé d'une main de maître par des visionnaires hors du commun. La preuve ils me financent

    Sur la variabilité des zones du cerveau, je ne suis pas sur de ce qu'ils veulent dire. Au niveau anatomique les sillons ont des formes assez différentes d'une personne à l'autre. Au niveau fonctionnel, la simple existence des gauchers montre bien qu'il peut y avoir des différences.. Cela dit on a tendance à penser que le schéma général est relativement le même i.e. que à peu près les mêmes aires se retrouvent chez tout le monde, même si la localisation, la taille ou la latéralisation varient un peu de sujet en sujet. Alors peut-être qu'ils veulent dire que des réseaux comme la boucle phonologique n'impliqueraient pas toujours les mêmes aires... ce qui serait intéressant à savoir en effet. On verra bien: la neuroimagerie n'en est qu'à ses débuts pour la localisation spatiale chez l'humain, et c'est un domaine extrèmement actif.

    Pour les "traitements", je te fais une réponse plus détaillé ci-dessous pour la dépression. Les médicaments ont fait des gros progrès, mais c'est sur que c'est pas encore la panacée et si on pouvait s'en passer ce serait bien. Mais attention, on est encore au niveau de la recherche fondamentale, alors d'ici à ce qu'il y ait des applications cliniques employées de façon courante...

    Pour la dépression il existe un traitement qui marche très bien: les électrochocs. L'inconvénient majeur est que ça nécessite une anesthésie générale qui est en soit un risque (avant c'était fait sans, et bonjour la réputation que ça a maintenant!). Au point de vue technique, le problème vient de ce que le crane est un mauvais conducteur qui oblige à forcer la dose pour atteindre le cerveau. C'est là qu'arrive la TMS (stimulation magnétique transcrânienne): puisque ce sont des champs magnétiques, ils traversent le crâne comme du beurre et on peut stimuler sans aucune douleur (à part si on choppe un nerf facial au passage -c'est évitable) et donc sans anesthésie. Comme d'autre part la stimulation magnétique devrait avoir à peu près les mêmes effets que la stimulation électrique on a l'espoir à terme de remplacer les électrochocs par de la rTMS (le "r" est pour répétitif, j'y reviens plus bas).

    Cerise sur le sunday, la TMS permet une relativement bonne précision spatiale (quelques cm), ce qui permet de s'en servir pour interférer avec le fonctionnement neurologique d'une partie du cerveau. Au lieu de dire "quand le sujet fait ça, telle zone s'allume" (IRM) on peut dire "quand j'interrompt telle zone à tel moment dans la tâche, il y a tel effet" -c'est beaucoup plus intéressant! (mais bon c'est pas en 3D: pas moyen d'inactiver une zone profonde sans inactiver au dessus)

    Autre application clinique théoriquement possible: utiliser la rTMS pour inactiver de façon prolongée une zone qui pose problème (genre foyer apparent d'une petite voix intérieur impromptue chez les schizophrènes...). Bref il y a de quoi à faire avec cette technique. Le problème, c'est qu'on ne sait pas encore très bien les risques, en particulier les risques de créer des foyers épileptiques. Pour des stimulations ponctuelles ou répétées à faible fréquence, on sait maintenant que le risque est faible -si il existe. Pour des stimulations répétées à plus haute fréquence comme celles qu'on devrait utiliser pour les applications cliniques décrites plus haut, on ne sait pas... ou du moins pas encore: le bénéfice attendu est suffisement fort chez certains patients pour justifier le risque pris. On devrait donc avoir bientôt une meilleur idée du niveau de risque.

    A+,
    Gamma

  18. #14
    Dordon

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    Message très intéressant Gamma

    Bonne idée d'aller voir ce qui est financé par des fondations comme la FRM. Surtout la FRM d'ailleurs: c'est un organisme exceptionnel, dirigé d'une main de maître par des visionnaires hors du commun. La preuve ils me financent
    Là tu piques ma curiosité, si c'est pas jugé trop HS, tu travail dans quel domaine ?

    Dr. Dn
    DrDn en qwerty

  19. #15
    Jiav

    Re : Le mythe du cerveau paresseux

    Dordon: tu veux dire dans la classification FRM? Ce serait neurologie ou psychiatrie-psychologie mais te fatigues pas: ils n'indiquent que les recherches les plus sexy ou avec des auteurs prestigieux... je suis un petit joueur à coté de ce qu'ils mettent

Discussions similaires

  1. Test: Vous êtes plutôt cerveau gauche ou cerveau droit?
    Par mtheory dans le forum Neuropsychologie et Psychologie
    Réponses: 153
    Dernier message: 24/04/2012, 18h48
  2. L'Homme est paresseux
    Par jecario dans le forum Epistémologie et Logique
    Réponses: 15
    Dernier message: 18/09/2007, 17h13
  3. lave vaisselle bosch exclusiv paresseux
    Par los vevos dans le forum Dépannage
    Réponses: 3
    Dernier message: 18/05/2006, 07h14
  4. un petit problème sympathique pour les paresseux
    Par bendesarts dans le forum Physique
    Réponses: 5
    Dernier message: 29/04/2004, 11h29