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don d'organe



  1. #1
    quetzal

    don d'organe


    ------

    salut... petite question a propos du don d'organe..

    je me suis toujours posé la question pourquoi etait-ce un don volontaire, et non un refus volontaire..

    je m'explique, etre decedé vous donne-t-il un droit sur votre popre corps, puisque de toute evidence, l'on est plus une fois mort plus une persone de droit..

    une autre chose, il existe des centaines ou des milliers de personnes, en attente d'une greffe.. ne serait-il pas normal, que dans cet objectif desurvie le droit des familles soit d'une nature inférieure a la vie de la personne das le besoin.. ne pourrait-on parler en cas de refus d'une famille, de non assistance a personne en danger??

    que le droit individuel ou famillial puisse-etre invoqué par exemple pour le don du corps a la science, ne me semble pas faux, l'interet n'etant pas directement lié a la survie de quelqu'un d'autre..

    mais dans le cas d'une necessité, est-ce vraiment possible ethiquement, de refuser un prélèvement pour sauver autrui, alors qu'il n'y a pas de préjudice réel pour la personne qui est prélévé..

    dire que le droit des familles soit supérieur en droit a celui d'un malade me choque..qu'une personne pose clairement sa volonté que l'on respecte son intégrité corporelle a sa mort relève du respect de la personne. mais si il n'y a pas cette volonté expresse, qui est a même de s'y opposer??

    merci d'avance pour vos reflexions..

    -----

  2. #2
    Primavera

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    salut... petite question a propos du don d'organe..

    je me suis toujours posé la question pourquoi etait-ce un don volontaire, et non un refus volontaire..

    je m'explique, etre decedé vous donne-t-il un droit sur votre popre corps, puisque de toute evidence, l'on est plus une fois mort plus une persone de droit..
    Si on suit cette logique qui voudrait qu’un défunt n’est plus une personne de droit, autant dire que l'on pourrait mettre sa dépouille à la poubelle - ou du moins ses cendres pour une question d’hygiène.
    En tout cas je trouve qu’une personne défunte ne peut pas être considérée comme si elle n’avait jamais existé. La preuve c’est qu’un testament applique en droit la volonté d’un défunt alors même qu’il n’est plus vivant, ce qui montre qu’il est communément admis que sa volonté doit être respectée même après sa mort.

    Pour les organes c’est un peu pareil : tant qu’il n’aura pas été communément admis que tout corps mort doit être systématiquement donné à la science ou du moins pour sauver une vie en danger, nous serons bien obligés, en l’absence d’une volonté manifeste et explicite, de supposer un désaccord du décédé qui n’aura pas pris soin de préciser son avis avant sa mort (et c'est forcément très fréquent) et non de systématiser un accord implicite. Car à supposer que de son vivant cette personne aurait été opposée à ce don (après tout il n'est pas interdit d'être égoïste ou d'être bêtement réfractaire à l'idée de se faire arracher le coeur même une fois mort... ), et sachant qu’un cadavre ne peut plus s’exprimer, disposer de son corps – même pour sauver une autre vie - aurait toutes les caractéristiques d’un abus de pouvoir : profiter qu’il ne puisse plus se défendre pour utiliser son corps malgré sa volonté.
    Et je ne vois rien de choquant à ce qu’en l’absence de l’intéressé, sa famille soit habilitée à décider à sa place.
    Ensemble nous donnons un sens au monde, chacun apporte son langage, son histoire, sa liberté.

  3. #3
    Pierre de Québec

    Re : don d'organe

    Je suis bien en accord avec primevra. Par ailleurs...

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    je me suis toujours posé la question pourquoi etait-ce un don volontaire, et non un refus volontaire..
    Les valeurs des uns ne sont pas forcément celles des autres. Donc, une décision du vivant de la personne me semble préférable. Faire autrement conduirait à des abus...

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    je m'explique, etre decedé vous donne-t-il un droit sur votre popre corps, puisque de toute evidence, l'on est plus une fois mort plus une persone de droit..
    Le seul droit qui me semble subsister est celui des "dernières volontés". Faire autrement conduirait à des abus...

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    une autre chose, il existe des centaines ou des milliers de personnes, en attente d'une greffe.. ne serait-il pas normal, que dans cet objectif desurvie le droit des familles soit d'une nature inférieure a la vie de la personne das le besoin.. ne pourrait-on parler en cas de refus d'une famille, de non assistance a personne en danger??
    La question soulève un sujet fort complexe. D'abord qu'est-ce que le "droit des familles"? Ça n'existe pas dans le Code civil hormis le "droit famillial". Mais enfin, imaginons une famille endeuillée à qui l'on dirait "s'cusez-nous, on a besoin de quelques petits morceaux. Ça ne sera pas très long, on vous remets les restes un peu plus tard". Non, j'ai bien de la difficulté avec ça comme fondement d'un "droit à la survie". La dignité, ça aussi un sens.

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    mais dans le cas d'une necessité, est-ce vraiment possible ethiquement, de refuser un prélèvement pour sauver autrui, alors qu'il n'y a pas de préjudice réel pour la personne qui est prélévé..
    Je pense que cela se pratique déjà mais avec l'accord de la famille du défunt. Cette approche est éthiquement correct dans la mesure ou la famille du défunt prend ça décision dans le respect au mieux de leurs connaissances de ce qu'elle sait ce qu'aurait été la décision du défunt.

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    dire que le droit des familles soit supérieur en droit a celui d'un malade me choque..
    Oh là! Au minimum, tu confond malade et défunt!

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    qu'une personne pose clairement sa volonté que l'on respecte son intégrité corporelle a sa mort relève du respect de la personne. mais si il n'y a pas cette volonté expresse, qui est a même de s'y opposer??
    Au sujet des abus :

    La question du prélèvement d'organe en retirant du processus de décision la volonté du défunt, la volonté de la famille immédiate (et dans l'ordre cité) ouvre la porte aux pires des abus: le trafic d'organe. Écrire dans un texte de loi que le traffic d'organe est interdit n'est pas un rampart suffisant pour justifier une décision de prélèvement en passant outre aux volontés du défunt et de la famille immédiate.
    Dernière modification par Pierre de Québec ; 15/09/2006 à 17h59.
    Aux limites du monde des faits, le philosophe a trouvé celui des idées. (Karl Jasper)

  4. #4
    quetzal

    Re : don d'organe

    La question du prélèvement d'organe en retirant du processus de décision la volonté du défunt, la volonté de la famille immédiate (et dans l'ordre cité) ouvre la porte aux pires des abus: le trafic d'organe. Écrire dans un texte de loi que le traffic d'organe est interdit n'est pas un rampart suffisant pour justifier une décision de prélèvement en passant outre aux volontés du défunt et de la famille immédiate.
    il semble que ce soit plutôt l'inverse, c'est la rareté qui fait le marché.. l'abondance fait que nul n'a besoin de traffiquer pour obtenir un organe de remplacement..

    il me semble qu'ici, prévoir que l'on puisse avoir besoin un jours de cet organe pour soi-même lors de son vivant, ne peux que nous faire accepter l'idée de la necessité du prélèvement d'office post-mortem pou un aure que soi..

    et je le souhaite pour moi-même, ne dois-je pas faire et vouloir que cette possibilité existe??

  5. A voir en vidéo sur Futura
  6. #5
    Primavera

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    il semble que ce soit plutôt l'inverse, c'est la rareté qui fait le marché.. l'abondance fait que nul n'a besoin de traffiquer pour obtenir un organe de remplacement..
    En quelque sorte tu suggères de donner à l'Etat le monopole de ce trafic, ce qui éliminerait du même coup toute concurrence... ... excusez-moi pour cet humour un peu macabre.
    il me semble qu'ici, prévoir que l'on puisse avoir besoin un jours de cet organe pour soi-même lors de son vivant, ne peux que nous faire accepter l'idée de la necessité du prélèvement d'office post-mortem pou un aure que soi..
    A ce moment là suggérons plutôt qu'il y ait des campagnes de sensibilisation pour inciter à s'inscrire comme donneur. Faire appel à la "générosité" publique volontaire, plutôt qu'imposer une obligation légale.
    et je le souhaite pour moi-même, ne dois-je pas faire et vouloir que cette possibilité existe??
    C'est vrai qu'il est toujours facile d'être d'accord pour "prendre" aux autres quand on s'imagine dans la situation du "nécessiteux". Ce qu'il faut c'est trouver des volontaires non pour prendre mais pour donner.
    Ensemble nous donnons un sens au monde, chacun apporte son langage, son histoire, sa liberté.

  7. #6
    mol-R

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    salut... petite question a propos du don d'organe..

    je me suis toujours posé la question pourquoi etait-ce un don volontaire, et non un refus volontaire..
    en france c'est le cas, si tu n'as pas fit savoir que tu refuse le prelevement (le temoignage d'un proche suffit) on considere que tu est d'accord.
    en pratique on demande toujours l'avis de la famille

  8. #7
    Primavera

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par mol-R Voir le message
    en france c'est le cas, si tu n'as pas fit savoir que tu refuse le prelevement (le temoignage d'un proche suffit) on considere que tu est d'accord.
    en pratique on demande toujours l'avis de la famille
    Vérification faite, la loi bioéthique française de 1994 semble avoir effectivement prévu, en vue de faciliter le don d'organes, que le silence de la personne décédée valait acceptation de faire don de ses organes (consentement présumé), mais il semble que dans ce cas l'avis de la famille ne soit pas une simple pratique mais un droit de celle-ci qui le plus souvent se déclare opposée.
    Ensemble nous donnons un sens au monde, chacun apporte son langage, son histoire, sa liberté.

  9. #8
    Pierre de Québec

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    il semble que ce soit plutôt l'inverse, c'est la rareté qui fait le marché..
    L'offre des organes va toujours se faire dans un marché en déficit. Un organe dans le contexte d'une transplantation, c'est un peu comme un prototype qui se doit d'être parfaitement ajusté aux paramètres du receveur; il n'est pas question ici d'une chaîne de production où il y aurait une disponibilité immédiate de différents "modèles" d'organes prêts à la transplantation.

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    il me semble qu'ici, prévoir que l'on puisse avoir besoin un jours de cet organe pour soi-même lors de son vivant, ne peux que nous faire accepter l'idée de la necessité du prélèvement d'office post-mortem pou un aure que soi..
    Bien sûr. Cela est déjà le cas. Seulement voilà, les gens sont libres d'accepter ou de refuser de leur vivant que leur corps une fois cliniquement mort serve pour des prélèvements d'organes
    Aux limites du monde des faits, le philosophe a trouvé celui des idées. (Karl Jasper)

  10. #9
    quetzal

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par primavera
    En quelque sorte tu suggères de donner à l'Etat le monopole de ce trafic, ce qui éliminerait du même coup toute concurrence... ... excusez-moi pour cet humour un peu macabre.
    de quel traffic parles-tu, il s'agit simplement pour un medecin responsable d'un de ces patients de pouvoir faire passer un avis auprès de ces collègue en france pour obtenir au décès d'une personne compatible, l'organne qui soit necessaire.. et pas de créer une banque d'organne.. ou un marché, ou un traffic..

    le traffic, ou le marché existe a partir du moment ou il y a offre et demande.. ici il n'y a que demande.. et c'est le fait qu'il n'y ait pas de réponse suffisante aux demandes qui crée un marché/traffic, donc donne une valeur marchande aux organes, cela explique que des enfants perde leurs yeux, ou des hommes vendent leurs reins..

    morbide dis-tu?? non juste éssentiel et vital pour d'autre personne..

    donc si je comprend bien, il est necesaire d'obtenir le consentement de la famille pour passer au dela du silence du defunt.. cela peux sembler juste, mais ne serait-il pas mieux que les personnes formellement opposé a ce prélèvement le signifie sur un fichier, ou sur une carte qu'il porterais sur eux, au lieu que ce soit ceux acceptant le prélèvement qui soit tenu a cette formalité??

    il y a ici quelquechose qui me semble allez contre l'ethique.. vu ce que le nombre e vivant qui pourrait bénéficier de ce service.. d'une partie d'un corps qui est voué a la destruction.
    sans doute prefère-t-on avoir recourt au clonage thérapeuthique pour créer des organnes de toute pièce?? alors que ceux-ci, pourrait-etre accessible presque naturellement..
    une vie a été vécu, elle peux perdurer au travers d'autre personne...

    je me demande comment font les medecins quand il se trouve en face d'un defunt compatible avec une autre personne qui elle a un besoin vital d'un coeur et que la famille décide purement et simplement de la mort d'un autre individu..

    au vu des techniques actuelle.. il me semble qu'l y a bien non-aitace a personne en danger et que la famille ne saurait et ne devrait pas etre pris en compte devant l'urgence..

  11. #10
    Pierre de Québec

    Re : don d'organe

    Bonjour,

    Si tu exclu l'avis du donneur alors prenons l'exemple de ta propre personne pour illustrer un dérapage possible. Qui te dis qu'un jour une personne n'attentera pas à ta vie d'une telle manière à pouvoir prélever de tes organes?
    Aux limites du monde des faits, le philosophe a trouvé celui des idées. (Karl Jasper)

  12. #11
    "ToF"

    Re : don d'organe

    bonjour a tous.
    en voila un sujet réjouissant...
    il me semble qu'il éxiste autant de raison de donner que de refuser,par exemple certaines religions considèrent que le corps doit etre entier(meme en cas d'attentat)pour le repos du défunt,c'est le cas pour les musulmans et les juifs.
    d'autres croyances supposent que la souffrance à un but karmique,et qu'intervenir nuit non pas au défunt mais au prochain défunt(l'humanité devant apprendre par la connaissance,donc anticiper,et non couvrir ses erreurs,ce qui revient à mettre une bassine plus grande sous une fuite,sans en supprimer la cause).
    je ne fait etat ici que d'idées brutes.
    perso,si mon corps est respecté dans son apparence,je ne suis pas opposé à "sauver" qql qui pourra etre encore "utile" par sa vie.
    meme si du point de vue spirituel,l'aspect karmique me semble juste par son but,l'absence de certitude m'incline à choisir de donner plutot que laisser mourrir un gosse(ou un adulte)juste pour voir pourrir mes organes(un dernier ptit ver pour la route ).
    je donne bien du sang de mon vivant alors...

  13. #12
    Primavera

    Re : don d'organe

    Bonjour,

    Une bonne nouvelle pour quetzal, bientôt la nouvelle carte vitale intègrera cette information pour chaque assuré, si bien que plus personne ne pourra se retrancher derrière un non dit et laissez le poids de la décision à sa famille. Chacun devra clairement se prononcer pour ou contre. Commencez dores et déjà à vous pencher sur ce difficile cas de conscience... je donne mon foie ou je donne pas ?....
    Ensemble nous donnons un sens au monde, chacun apporte son langage, son histoire, sa liberté.

  14. #13
    alexdred

    Re : don d'organe

    En fait la proposition concernant la carte vitale n'a pas encore aboutie. En l'état, vous recevez une brochure de sensibilisation aux enjeux du don d'organes (édité par l'agence de biomédecine) mais aucune info n'est répercutée sur la puce de la carte.

    L'essentiel reste encore d'en parler à ses proches. "En parler c'est agir!"
    C'est dans cette optique que la fondation greffe de vie distribue des cartes de donneur nommées Passeport de vie
    Cette nouvelle carte est composée d'une carte nominative et de cartes témoins à distribuer à ses proches afin d'encourager le dialogue. En effet en france, le refus des familles reste le principal frein au don d'organes.

    PS: N'oubliez pas le 17 octobre 2008 à lieu la journée mondiale du don d'organes

  15. #14
    FRELE IDEE

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par alexdred Voir le message
    En fait la proposition concernant la carte vitale n'a pas encore aboutie. En l'état, vous recevez une brochure de sensibilisation aux enjeux du don d'organes (édité par l'agence de biomédecine) mais aucune info n'est répercutée sur la puce de la carte.

    L'essentiel reste encore d'en parler à ses proches. "En parler c'est agir!"
    C'est dans cette optique que la fondation greffe de vie distribue des cartes de donneur nommées Passeport de vie
    Cette nouvelle carte est composée d'une carte nominative et de cartes témoins à distribuer à ses proches afin d'encourager le dialogue. En effet en france, le refus des familles reste le principal frein au don d'organes.

    PS: N'oubliez pas le 17 octobre 2008 à lieu la journée mondiale du don d'organes

    très intéressant, merci pour ces infos! j'ignorais totalement où en était la question du don d'organes en France. A méditer
    Unperformed experiments have no results! (Asher Peres)

  16. #15
    victor.digiorgi

    Re : don d'organe

    Deux ouvrages font le point alors que grandit l’hypothèse d’une production industrielle des organes humains.

    Les Presses universitaires de France ont publié récemment deux ouvrages d’une teneur très différente, au sujet des greffes d’organes*: un gros volume collectif qui discute de très nombreux aspects des greffes d’organes en France, et un petit livre qui fait le point sur le sujet.

    Le livre de la sociologue Renée Waissman est une introduction claire et bien écrite au sujet des aspects sociaux du don d’organes. Weismann compare le cadre juridique et administratif aux pratiques professionnelles qui ordonnent la greffe d’organes en France, et à l’étranger (Allemagne, Suisse, Canada, États-Unis, Espagne), elle s’intéresse au profil des «*familles de donneurs*» – c’est-à-dire aux familles qui ont consenti au don d’organes d’un proche décédé. Au cœur de son livre, se trouve une enquête sur les opinions des Français sur la greffe et le don d’organes (dont Waismann fut une des responsables). Cette enquête, qui compare l’attitude des familles qui ont été effectivement sollicitées pour un don suite à la mort – souvent accidentelle ou violente – d’un proche, à celles qui n’ont jamais eu à faire face à une telle situation. Elle met en évidence les éléments qui sous-tendent l’acceptation ou le refus du don – croyances, convictions, perception de la mort, idées sur le corps et sur la filiation, représentation de la médecine et de la recherche médicale. Les extraits des interviews avec certains des participants de cette enquête rendent plus vivantes les préoccupations des individus confrontés à des décisions, alors qu’ils sont souvent agonisants.

    L’enquête sur les attitudes vis-à-vis du don d’organes a été commanditée par l’Établissement français de greffes, qui doit actuellement gérer la pénurie des organes à greffer. Le nombre de demandeurs de greffes augmente, tandis que le nombre d’organes de cadavre disponibles pour la greffe reste stable. Par voie de conséquence, le délai d’attente pour une greffe (principalement de rein, mais aussi de cœur, de foie ou de poumon) s’allonge considérablement, et beaucoup des malades se retrouvent dans une situation difficile, voire dangereuse.

    Le volume La greffe humaine, publié en collaboration avec l’Établissement français de greffes, est centré sur l’analyse des raisons de la pénurie actuelle des organes à greffer, et sur la recherche des moyens qui permettront de la surmonter, tels une meilleure information du personnel soignant et du public, et l’accroissement de l’efficacité des filières de «*recrutement*» des organes. L’enquête sur les motivations des familles qui acceptent ou qui refusent le don des organes de leur proche décédé occupe aussi une place importante dans le livre de Carvais et Sasportes, mais elle est placée dans un contexte, passablement hétérogène, de réflexions de teneur et de qualité très variées au sujet de la greffe d’organes. La greffe humaine juxtapose des textes écrits par des médecins-transplanteurs avec ceux de spécialistes des sciences humaines et sociales*: sociologues, juristes, économistes, philosophes et anthropologues. La confrontation des points de vue de ces experts relève vraisemblablement de la volonté des éditeurs de mettre en avant l’impossibilité de dissocier les aspects médicaux, biologiques, juridiques, psychologiques, économiques et sociaux de la greffe d’organes. Cette intention fort louable se heurte cependant à la difficulté pratique d’harmoniser le style des spécialistes originaires de disciplines très différentes, et encourage des lectures sélectives, centrées sur des points précis.

    Malgré la richesse des matériaux inclus dans La greffe humaine, deux problèmes importants ayant trait directement à la greffe d’organes n’y apparaissent qu’en pointillé. L’un est la particularité des relations que toutes les cultures humaines – y compris la culture occidentale – entretiennent avec les cadavres. Le corps en «*état de mort cérébrale*», maintenu artificiellement en vie en vue d’une greffe, est un véritable «*mort-vivant*». Les membres de la famille sont informés que leur proche est mort, mais ils voient un corps qui respire, dont le cœur bat, et qui a l’air d’être simplement endormi. Les moines bouddhistes avaient l’habitude de veiller le corps d’un des leurs jusqu’à sa décomposition totale. Une telle confrontation violente avec les réalités corporelles de la mort avait comme but de favoriser l’acceptation de l’irréversibilité de la disparition d’une personne aimée. Les familles des futurs donneurs d’organes sont confrontées à une violence inverse*: celle de la négation extrême des attributs habituels de la mort, et le contraste entre la déclaration «*il est mort*», et l’évidence de leurs propres sens. Le personnel soignant peut avoir un problème semblable, en particulier quand le donneur d’organes n’est pas victime d’un accident, amené à l’hôpital agonisant ou en état de mort cérébrale, mais un malade qui auparavant a été soigné pendant un certain temps dans le service hospitalier, et qui est donc connu des soignants. Les anthropologues qui ont étudié les greffes ont rapporté des coutumes et des croyances parfois étranges parmi les médecins et les infirmières qui travaillent dans ce domaine, mais l’existence de tels rites ou de telles croyances est niée dans le discours officiel sur le don des organes, placé sous le double signe de la rationalité médicale et de la solidarité sociale.

    L’autre question qui se profile, en creux, derrière les multiples interrogations sur les moyens d’augmenter le nombre d’organes de cadavre disponibles est la question de la greffe (en particulier du rein), à partir d’un donneur vivant. Une greffe à partir d’un donneur vivant est considérée comme exceptionnelle en France (entre 2 et 4*% des reins greffés), bien que leur nombre ait augmenté récemment, en particulier chez les enfants (10*% environ des greffes de rein pédiatriques). Dans les pays nordiques par contre, 45*% des greffes sont faites à partir de donneurs vivants. La greffe du rein d’un donneur vivant est très efficace. Même en l’absence de compatibilité des groupes tissulaires, de telles greffes ont des taux de survie supérieurs à ceux des greffes de rein de cadavre histocompatibles. La réticence à recourir à cette solution a des racines sociales*: on veut éviter les risques, même minimes, à une personne saine, les pressions au sein de la famille et, avant tout, le spectre de la commercialisation des parties du corps. La loi dissocie par ailleurs les aspects biologiques et sociaux d’une greffe avec donneur vivant*: cette greffe est limitée aux membres de la famille proche, mais on inclut parmi ces derniers les enfants adoptifs, et, à titre d’exception, les époux. Cependant, la possibilité d’un changement radical de la politique des greffes en France – pourtant la seule qui peut, à court terme, résoudre le problème de la pénurie grave des reins à greffer – n’est pas discutée dans La greffe humaine. Ni d’ailleurs le contexte implicite d’une transplantation avec un donneur vivant. L’exemple classique des effets positifs d’une telle transplantation est la greffe de rein d’une mère à un enfant, qui, explique Waissman, est souvent perçue par la mère comme un «*deuxième accouchement*» et l’acte de donner la vie. Certes, mais il ne faut pas oublier que le principal poids des soins d’un enfant gravement malade est presque toujours porté par la mère, et qu’une greffe réussie allège considérablement ce poids. Les greffes entre époux, permises en France à titre exceptionnel (de telles greffes ne se justifient pas par des arguments biologiques), sont, dans la grande majorité des cas, des dons de rein d’une femme à son mari. Est-ce un sens altruiste plus développé chez les femmes, une identification plus aiguë avec les souffrances d’autrui, l’espoir d’alléger le poids de la prise en charge d’un conjoint souffrant, ou toutes ces raisons à la fois*?

    Et les biotechnologies dans tout cela*? Waismann fait brièvement le point sur les nouvelles techniques qui pourront à terme modifier radicalement la pratique de la greffe. Parmi ces dernières, la xénogreffe – la greffe des organes animaux –, une technique que l’on espère mettre au point grâce à la production d’animaux génétiquement modifiés dont les tissus ne seront pas rejetés par le corps humain, la fabrication d’organes artificiels, et la thérapie cellulaire à partir des cellules souches.

    L’ouvrage de Carvais et Sasportes ne s’attarde pas sur les implications des thérapies cellulaires, mais fait le point sur la xénogreffe, en soulignant les obstacles techniques au développement de cette technique, notamment la difficulté de s’assurer que les greffes animales ne porteront pas des virus latents qui risquent d’être dangereux pour les êtres humains. Les deux livres ne discutent pas le fait que l’introduction de nouvelles techniques implique aussi l’entrée de puissants intérêts commerciaux dans le domaine de la greffe. Le développement des xénogreffes est maintenant un objet d’une compétition intense entre les firmes de biotechnologie. Certaines firmes de biotechnologie s’efforcent de produire des cochons «*humanisés*» qui pourraient être la source d’organes à greffer. La fabrication de tels cochons, par la manipulation de l’ovule fertilisé et l’inactivation sélective de gènes qui induisent des réactions de rejet chez l’hôte, est très coûteuse et compliquée. Elle ne peut devenir financièrement rentable que s’il est possible par la suite de reproduire ces cochons «*humanisés*» par le clonage. Récemment, on vient d’annoncer le succès du clonage de cochons par une entreprise de biotechnologie nord-américaine. Ce clonage – et un exploit parallèle par une firme concurrente – ouvre la voie à une potentielle production industrielle d’organes à greffer qui pourra rendre rapidement obsolètes les débats actuels autour du don.

    L’industrie est également omniprésente dans d’autres domaines liés au développement de solutions de substitution aux organes humains défaillants. Des organes de substitution (notamment des éléments du cœur humain) sont produits par des firmes qui fournissent d’autres prothèses médicales, mais il s’agit, pour le moment au moins, d’une activité à portée relativement réduite. L’échelle de production de telles «*pièces de rechange*» pourra être radicalement modifiée par la production d’organes «*semi-artificiels*», composés d’un support artificiel couvert de cellules humaines. En parallèle, des débats sur l’utilisation des cellules souches, focalisés sur le statut légal de l’embryon et la «*dignité de la personne humaine*», masquent le développement commercial important des «*thérapies cellulaires*» avec des cellules du sang, de la moelle osseuse, du sang du cordon ombilical, ou de tissus prélevés au cours des opérations chirurgicales, puis manipulés et modifiés dans le laboratoire. De telles cellules acquièrent un statut proche de celui d’un produit industriel, tout en étant définies comme une parcelle du corps humain. Il s’agit d’un statut hybride et fragile, non dénué d’un certain danger. Le procès du sang contaminé a révélé l’écart entre l’image idéalisée du don du sang, et les dures réalités économiques qui gouvernent le marché des dérivés de produits sanguins. Le virus du sida s’est glissé sournoisement dans cet écart.

    La greffe des organes est indissociablement liée au problème de la propriété des éléments du corps humain. Les organes eux-mêmes peuvent être soumis à un trafic, en particulier dans le tiers-monde. Mais sans entrer dans de tels extrêmes, dans tous les pays les tissus et les organes humains circulent à l’intérieur d’un système de santé national et international et sont ainsi soumis à des règles de sécurité sanitaire, et de ce fait sont évalués, calibrés et normalisés. Les parties du corps humain deviennent ainsi des objets matériels qui acquièrent une «*vie sociale*» qui leur est propre, mais aussi une valeur monétaire (les hôpitaux, y compris du secteur public, calculent le «*coût de greffon*»).

    Le processus de la transformation des parcelles de corps humain en une marchandise a commencé dans les années quarante, avec la production à grande échelle des dérivés du plasma humain. Il s’est accéléré rapidement à partir des années quatre-vingt, avec l’essor de la biotechnologie. Aujourd’hui, les débats s’articulent autour des brevets dits «*larges*» sur les parties d’ADN humain, tel le brevet sur les gènes de prédisposition au cancer du sein accordé à la société nord-américaine Myriad Genetics, et contesté par l’Institut Curie. Autre exemple*: les tentatives de s’approprier le patrimoine génétique de certains peuples autochtones, comme les Guayami d’Amérique centrale, les habitants des îles de Solomon ou les Hagahai de Nouvelle Guinée. L’ADN de ces peuples qui ont vécu très longtemps dans une isolation quasi totale est d’une grande valeur pour les firmes pharmaceutiques.

    On peut voir dans l’appropriation industrielle du génome humain l’aboutissement du processus commencé par les greffes d’organes*: celui de la transformation des parcelles de l’organisme humain en une «*invention*» produite en masse puis commercialisée, et de la fabrication d’entités hybrides entre la «*nature*» et les cultures du marché.

    (Copyright CAIRN)

  17. #16
    lougrette

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    de quel traffic parles-tu, il s'agit simplement pour un medecin responsable d'un de ces patients de pouvoir faire passer un avis auprès de ces collègue en france pour obtenir au décès d'une personne compatible, l'organne qui soit necessaire.. et pas de créer une banque d'organne.. ou un marché, ou un traffic..

    le traffic, ou le marché existe a partir du moment ou il y a offre et demande.. ici il n'y a que demande.. et c'est le fait qu'il n'y ait pas de réponse suffisante aux demandes qui crée un marché/traffic, donc donne une valeur marchande aux organes, cela explique que des enfants perde leurs yeux, ou des hommes vendent leurs reins..

    morbide dis-tu?? non juste éssentiel et vital pour d'autre personne..

    donc si je comprend bien, il est necesaire d'obtenir le consentement de la famille pour passer au dela du silence du defunt.. cela peux sembler juste, mais ne serait-il pas mieux que les personnes formellement opposé a ce prélèvement le signifie sur un fichier, ou sur une carte qu'il porterais sur eux, au lieu que ce soit ceux acceptant le prélèvement qui soit tenu a cette formalité??

    il y a ici quelquechose qui me semble allez contre l'ethique.. vu ce que le nombre e vivant qui pourrait bénéficier de ce service.. d'une partie d'un corps qui est voué a la destruction.
    sans doute prefère-t-on avoir recourt au clonage thérapeuthique pour créer des organnes de toute pièce?? alors que ceux-ci, pourrait-etre accessible presque naturellement..
    une vie a été vécu, elle peux perdurer au travers d'autre personne...

    je me demande comment font les medecins quand il se trouve en face d'un defunt compatible avec une autre personne qui elle a un besoin vital d'un coeur et que la famille décide purement et simplement de la mort d'un autre individu..

    au vu des techniques actuelle.. il me semble qu'l y a bien non-aitace a personne en danger et que la famille ne saurait et ne devrait pas etre pris en compte devant l'urgence..


    Je vois que vous voulez culpabiliser les gens : je crois que ce n'est pas la meilleure solution pour le don d'organe.

    Donc, d'après vous, dès qu'une personne meurt, "hop le corps passe au recyclage" (comme une bagnole, on récupère les pièces détachées). Cela est un aspect qui me "fait peur".

    D'abord, savez vous comment se passe le prélèvement des dons d'organes sur les morts? ces personnes, meurent de mort violente : accident voiture, sport, etc... heureusement qu'il y a moins d'accidents : d'où pénurie de dons..

    Donc d'après vous, si un corps est animé artificiellement, une "équipe de recyclage" doit se pointer illico presco devant les familles complètement dévastées devant se corps, sans en tenir compte???

    C'est de la mauvaise science fiction... enfin, pas pour longtemps, je pense qu'un jour hélas, cela arrivera..Soyez ravi quant à vous.

    Et puis, vous ne vous êtes jamais demandé si il n'y avait jamais eu d'abus?
    Par ex: un jeune (qui a la carte de "donneur" )se tue en moto, son corps est entre la vie et la mort, son coeur est sain, et compatible avec celui d'un homme riche, influent ou homme politique puissant.... peut etre qu'un médecin sympatisant, accélèrera le processus....

    C'est déjà arrivé cela. Et c'est pour cette raison que je suis très très méfiante de ce genre d'instrumentalisation du corps humain.


    Par contre, si un jour, mon fils, mon mari ou une de mes soeurs ont besoin d'un rein, ou d'un morceau de foi, d'une greffe de moelle osseuse et si je suis compatible, je me porterai volontaire (bien que n'ayant jamais subi d'anesthésie générale, et ayant en horreur les hopitaux pour les avoir fréquenté car des proches malheureusement y ont fait des séjours horribles).

    Alors, je vous en prie, soyez mois "intégriste", cela fait effet contraire.

  18. #17
    natale115

    Re : don d'organe

    je suis à fond pour le don et sa vulgérisation, étant complètement athée. suite à divers humiliations, j'étais donneuse, j'ai fais un retrait de don d'organe. c'est pas moral, mais c'est pas illégal. je pense sereinement au résultat de ce retrait, que les responsables continuent à être fièrs d'eux, il y a eu humiliation de voisinage, devenu humiliation de toute une ville, plusieurs villes, policière suite à un retrait de permis, (effectivement, je me suis vengée sur la bouteille ne pouvant supporter la souffrance), devenue humiliation de justice, (celui qui a prononce le retrait connait la voisine), devenu humiliation au travail par le service de sécurité dans les magasins. j'ai fait 3 tentatives que je regrette d'avoir louper, je suis oblilée de supporter ma vie pour l'instant et c'est pas de guéter de coeur, on m'oblige à vivre, je suis aussi pour l'euthanasie (souffrances physiques ou morales incurables), alors je le dis ouvertement, j'ai fais ce retrait, je pense sereinement à ce qu'il aurait pu apporter, et je me refuse à toute forme de don, pour moi, personne n'a bougé, ce n'est pas la peine de faire quoi que ce soit aujourd'hui, c'est trop tard.

  19. #18
    oxyo78

    Re : don d'organe

    j'aurais une question hors sujet, on m'a dit que lorsque on fait un don d'organe (gratuit, tous se qui es normal), les hôpitaux faisaient payer les organe au demandeur, rassurer moi, c'est faux ??

  20. #19
    myoper
    Modérateur

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par oxyo78 Voir le message
    ...faisaient payer les organe au demandeur, rassurer moi, c'est faux ??
    Oui, c'est faux.
    C'est illégal en France et la plupart des pays.

  21. #20
    zygene de la filipendule

    Re : don d'organe

    Bonjour à tous,
    C'est vrai que cette discussion est particulière, on se dispute des bouts d'organes ! Merci à Victor digiorgi pour tous les points abordés dans sa réponse fleuve.
    Ayant déjà discuté de ce problème avec des amis, je m'étais faite la réfléxion que les réponses dépendaient du point de vue que l'on prenait. Tant que l'on restait dans la théorie, les avis divergeaient juste en ce qui concernait les organes à donner, genre "tout, mais pas mes yeux"... Par contre, quand on passait aux siens ,cela n'était plus très sûr, aura-t-on le courage de dire oui aux prélèvements d'organes de celui que l'on aime... Alors, quand on arrive à la pratique, (donc toujours après un traumatisme dû au décés d'un être aimé et parfois mort de mort soudaine et violente), et de plus dans l'urgence, la réaction est négative. Dans une discussion sereine, ces personnes auraient dit oui. Il n'y a qu'à voir les réactions des uns et des autres sur l'autopsie (qui ,elle , rend le corps en son entier) !
    Mais , c'est vrai , ce qui complique le problème (et qui est difficilement paramétable) ce sont toutes les convictions et croyances diverses. A ce stade l'objectivité n'est pas de mise et on ne peut pas reprocher à quelqu'un d'en avoir .
    Alors, le mieux est effectivement d'en parler, de prévoir des campagnes avec remise de cartes de donneur comme il s'en était fait une fois. A force, cela coulera de source et, seuls, quelques récalcitrants resteront contre. Le mort, avant d'être un mort, était un être vivant qui a décidé de donner ses organes à la science et la famille n'aura plus à supporter le fardeau de décider à sa place .
    Voila, bon dimanche à tous
    Zygène de la Filipendule

  22. #21
    myoper
    Modérateur

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par zygene de la filipendule Voir le message
    ...donc toujours après un traumatisme dû au décés d'un être aimé et parfois mort de mort soudaine et violente), et de plus dans l'urgence ...
    Il ne faut pas oublier qu'a cet instant, le décès n'est pas encore accepté (le deuil même pas commencé) donc il est difficile d'accepter de se séparer définitivement d'une partie du corps.
    Par ce don, on entérine définitivement et brutalement la mort.

  23. #22
    amourabi

    Re : don d'organe

    Le problème du don d'organe est lié particulièrement au fait que la plupart des gens assimilent l'individu à son corps. Cette conception qui intègre la pensée à la matière personnalise celle-ci.
    Pour ceux qui estiment que la personnalité d'un individu est liée à son esprit et que celui-ci n'utilise que la matière comme support le choix est plus facile.
    Ces deux conceptions sont à la base de la définition de l'humain et personne à ce jour n'est capable de fournir une réponse satisfaisante qui permette de choisir. Et c'est pourtant de ce choix que dérive tous les autres.

  24. #23
    myoper
    Modérateur

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par amourabi Voir le message
    Le problème du don d'organe est lié particulièrement au fait que la plupart des gens assimilent l'individu à son corps.
    Oui, jusqu'au moment de la mort, ces deux concepts sont indissociés et le don d'organe demande de faire cette dissociation immédiatement.
    Il y aurait beaucoup plus de dons si ceux ci pouvaient être fait après un certain laps de temps (...).

  25. #24
    dnail

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par Pierre de Québec Voir le message
    Les valeurs des uns ne sont pas forcément celles des autres. survie". La dignité, ça aussi un sens.

    (...)

    Oh là! Au minimum, tu confond malade et défunt!
    J'aime pas ta logique Pierre. Confondre malade et défunt n'est pas une remarque, ma foi, intelligente. Il ne confond rien, comme si on confondait une limace avec un ver de terre. Explique ce que veux dire confondre pour toi? Y a pas mélanger, au contraire le gars comprends la différence entre le mort et un malade vivant, puisse qu'il les mets en CONFRONTATION. Confondre, confronter, ça se ressemble. C'est peut-être alors une faute de français?

    Y confond rien! Y dit qu'un mort a moins de droit qu'un vivant 'mal en point' qui a besoin d'aide, qui veut que la loi de l'humanisme veule qu'on sauve un vivant avec ce qui est, de toute façon, mort autrement. Le cadavre va rester mort. Le vivant malade va continuer a vivre. Mieux vaut 1 mort amoché que 2 morts intactes. De toute manière, on vide le mort de ses organes avant la tombe. Alors, pourquoi pas donner ces organes intactes plutôt que de les brûler? Le mort demande dignité, mais le vivant demande de l'aide. C'est mourir avec dignité d'aider un vivant une fois mort. Non?

    Je comprends que tu peux ne pas aimer l'idée, ne pas être d'accord, mais le gars ne CONFOND RIEN. Y a erreur de français. Les seules personnes qui répondent avec des phrases étranges comme ça, en général c'est les même qui crient POLÉMIQUE sur tout les sujets sur lesquels ils ne peuvent pas se prononcer, parce que ignorant ou égoïste, genre : L'homme pollue la terre! POLÉMIQUE! Jsuis pas d'Accord, tu confonds tout. Ah non? Vraiment, y a pas de pollution? Non... tu confonds tout, pas pollution.
    J'en connais des comme ça.

    Alors, y confond rien! Il confronte... le mort contre le vivant. Qui a le plus de droit?

    Y aurait des abus? Oui! C'est sur!
    Les valeurs des uns ne sont pas forcément celles des autres? Oui! Y a des méchants et des bons, des narcissiques qui croient que même leurs dépouillent valent plus qu'un être humain encore vivant qui a besoin d'aide pour vivre.

    Même si ma femme mourrait, que ses organes, qui font partit de son corps que j'aurais tant chéri de son vivant, se retrouvait dans le corps d'un autre... je me dirais... que ma femme est morte avec dignité, avec gloire, de la plus belle des façons. Morte, en donnant la vie... en redonnant la vie, a quelqu'un.

  26. #25
    myoper
    Modérateur

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par dnail Voir le message
    ..(...)...
    Quoique vous puissiez en penser, le défunt demeure maitre de son corps et de ses organes, même si un malade en meurt par ailleurs.

    C'est peut être dommage mais c'est comme ça (et ça va éviter de me faire égorger dans une ruelle par la famille d'un patient en attente de greffe).

  27. #26
    amourabi

    Re : don d'organe

    Non c'est exact, car le prélèvement et la conservation puis l'implantation sont des techniques très lourdes et couteuses pour la société. Si en plus on devait faire payer l'organe la greffe serait une technique hors de prix. Dans l'idéal la totalité du processus devrait être entièrement gratuite. Mais la plus grande partie de ce débat est liée à la marchandisation des relations humaines dans toutes les sociétés de cette planète à part quelques société primitives dans lesquelles les relations sont basées sur d'autres critères, religieux par exemple.
    Dans tous les cas, vu de l'extérieur, ce débat est surréaliste. Car c'est la Vie qui est à l'origine de ces corps dont vous vous disputez les morceaux et la propriété intellectuelle ou financière.
    Elle se transmet depuis des centaines de millions d'années à travers tous les supports possibles : animaux, végétaux, etc....et prétendre à la propriété du produit de cette évolution est uniquement lié à une illusion.
    Cette illusion est entretenue par notre éducation religieuse, familliale, ou autre qui nous définit en tant qu'individu à travers notre support, le corps que nous occupons, et néglige de fait le plus important : notre indivualité affective. Car c'est elle qui nous définit en tant qu'être humain. Une fois le corps qui nous sert de support mort, nous n'existons plus !!! Alors que l'on s'en dispute des morceaux, c'est d'abord et avant tout un débat sociétal, complexe, certe, mais qui ne met en cause que notre société à un moment donné.

  28. #27
    mh34
    Responsable des forums

    Re : don d'organe

    Il confronte... le mort contre le vivant. Qui a le plus de droit?
    Le fait d'être vivant donne-t-il des droits autres que ceux que lui confère la société dans laquelle il vit?


    des narcissiques qui croient que même leurs dépouillent valent plus qu'un être humain encore vivant qui a besoin d'aide pour vivre.
    Jugement de valeur à éviter sur ce forum, merci.
    Et tout être humain ( tout être vivant) est destiné à mourir ; cet argument n'en est donc pas un.

  29. #28
    Partage

    Re : don d'organe

    Citation Envoyé par quetzal Voir le message
    salut... petite question a propos du don d'organe..

    je me suis toujours posé la question pourquoi etait-ce un don volontaire, et non un refus volontaire..

    je m'explique, etre decedé vous donne-t-il un droit sur votre popre corps, puisque de toute evidence, l'on est plus une fois mort plus une persone de droit..
    Je crois que cette question éthique s'est posé il y a longtemps déjà, avec la dissection des cadavre, mais aussi l'expérimentation sur le vivant. Ce qui était religieusement choquant dans un premier temps, la question est ensuite devenue éthique.

    La science avait besoin de corps : Où se les procurer ?
    Ce sont évidement les corps les plus vils qui ont servi de matière première : Prisonnier, condamné à mort, esclaves, pauvres.
    Lire cet ouvrage à ce sujet :
    Les corps vils

    Ce n'est pas le sujet que tu aborde, mais je pense que l'éthique qui s'est mise en place ici est intimement lié à celle du don d'organe aujourd'hui.

    Dans un premier temps : C'est à tout un chacun de décider librement de donner ou non ses organes, ce n'est pas le statu social, ou le non statut social (condamné à mort, esclave...), qui détermine ce droit. Un droit fondamental de disposer de son corps, mort ou vif.
    Ce qui nous parait admis aujourd'hui ne l'était pas auparavant, c'est intéressant de le noter.

    Aussi aujourd'hui dans l'inconscient collectif le corps reste sacré, majoritairement, aussi bien pour les athées que pour les croyants
    On ne peut donc pas poser préalablement qu'un corps deviendra la propriété de la médecine et de la science, c'est une question démocratique.
    Voilà pourquoi je pense c'est à chacun de faire don de son corps, et non l'inverse.
    Dernière modification par Partage ; 03/01/2010 à 22h22.

  30. #29
    EkimoZe

    Re : don d'organe

    Je n'ai lu que le premier post, puis le reste en diagonale. Et la réponse juridique ne semble pas avoir été donné.

    Actuellement, et de façon très globale, le prélèvement d'organe sur une personne décédé est tout à fait spécifique.

    D'abord, une personne décédée n'a pas à proprement parlé de personnalité juridique. Pourtant certains droits demeures, notamment le droit au respect de son corps et le respect de sa volonté. Le droit au respect de son corps découle directement des articles 16 et suivant du code civil qui édicte les fameux principes d'inviolabilité et d'indisponibilité du corps humain. Même après la mort, si la personne n'existe plus en tant que telle, le corps doit être respecter. C'est une règle générale, culturelle, en droit Français.

    En ce qui concerne plus précisément le prélèvement d'organe sur une personne décédée le consentement est présumé. C'est à dire que s'il n'existe pas une volonté contraire exprimé avant la mort par le défunt, le prélèvement sera autorisé. La référence au "proche de la victime" (et non à la famille) ne concerne que le cas où la volonté du défunt n'est pas connu. Les proches devront alors retranscrire la volonté du mort. Elle n'est donc pas la volonté des proches en elle même. Même si évidemment en cas de méconnaissance de cette volonté elle se confondra probablement avec celle des proches.

    Ainsi donc, il n'existe pas de droit des proches supérieurs aux nécessités des malades. Le consentement présumé permet, notamment dans le cas où le défunt n'a pas exprimé sa volonté, de pouvoir bénéficier des prélèvement d'organes. D'autres part, cette recherche de consentement (ainsi que la possibilité de refuser donc) s'explique simplement par le principe d'inviolabilité du corps humain. En France, la vie autant que le corps sont sacralisés pour des questions tant éthiques que culturelles. C'est un fondement du droit et de la société française, c'est pourquoi ça ne changera pas de sitôt !

  31. #30
    N1C0LAS

    Re : don d'organe

    C'est probablement une question de biologie mais je la pose ici, on ne sait jamais : pourquoi manque t'on de donneurs d'organes s'il était possible de prélever ces organes sur les personnes qui meurent à l'hopital ?
    "On ne sait jamais de quoi hier sera fait."

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