Répondre à la discussion
Affichage des résultats 1 à 9 sur 9

limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures




  1. #1
    eaubenin

    limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    Salut !

    Je suis actuellement au nord du Bénin, avec des maraichers de contre-saison.
    Ici la saison sèche est terrible, pas une goutte de pluie, une humidité relative qui tombe parfois à 10%, l'harmatthan qui souffle la première partie, et ensuite les grosses chaleurs...
    Bref une évapo-transpiration de dingue, et les marigots (petites mares temporaires) tarissent trop rapidement pour arriver à la fin de la saison, ce qui menace gravement la sécu alimentaire.

    Pour certains, il y a eu possibilité de réaliser des petits forages à tarière manuelle, pour d'autre cela a malheureusement été infructueux. Reste donc les marigots comme seule source.

    Ma réflexion porte donc sur les possibilités de préserver au maximum les plans d'eau (couplé évidemment avec d'autres méthodes de micro-irrigation et économie en eau), surtout que certains sont très exposés à l'érosion éolienne et au rayonnements solaires.
    Bien sûr, l'option de revégétalisation des berges et d'ombrage naturel serait à préconiser, mais trop tard pour planter pour cette saison, le temps presse, la campagne commence dans 2-3 semaines...

    Du coup j'essaie de réflechir à des techniques "dernière minute" pour limiter au max les pertes en eau. Je pensais donc simplement le couvrir d'une sorte de "bâche". Evidemment mon soucis concerne le réchauffement de l'eau, et les risques d'anoxie si la bâche est trop étanche.

    En faisant des recherches sur internet je tombe sur des magnifiques géomembranes à bulles d'air, etc. malheureusement inaccessibles aux petits maraichers d'ici...

    Est-ce que vous pensez qu'en couvrant de deux bâches en PE, une foncée et une claire au dessus j'éviterai le réchauffement de l'eau? Je pensais aussi laisser une ou deux petites ouvertures près du sol pour laisser passer un peu d'air frais. Ca laisserait aussi passer la petite pompe à pédale.

    Sinon, j'ai une autre idée un peu farfelue : favoriser au contraire l'évaporation de l'eau et sa condensation comme technique d'"irrigation solaire". En fait comme ils n'ont que des pompes à pédale, apparemment le remplissage des réservoirs de goutte à goutte est très pénible, donc ils ne l'ont pas utilisé l'année dernière.
    Du coup j'imaginais une sorte de tente à l'envers, un textile étanche placé genre deux mètres au dessus du marigot, et bien fermé de partout (sauf petite ouverture en bas près du sol pour laisser passer un peu de vent oxygéner l'eau et favoriser l'évaporation). La vapeur d'eau se condenserait sur le textile et "ruisselerait" vers le point central (un peu plus bas) ou elle serait récupérée par une "canalisation" branchée au réservoir du goutte à goutte (c'est juste à côté).
    Est-ce très farfelu ??

    Bon sur la lancée, j'ai encore une autre obsession bizarroïde, c'est de récupérer la transpiration des plantes.
    Comme les cultures sont très exposées au soleil et au vent, la transpiration doit être énorme. Le seul moyen pour la limiter pour les plantes étant de fermer les stomates, j'imagine que cela impacte aussi la croissance des cultures, ce qui est dommage dans un contexte où la saison culturale peut être très raccourcie à cause du tarissement précoce des sources d'eau.
    Donc comment limiter la transpiration tout en ne restreignant pas la photosynthèse? Ici les planches ne sont même pas abritées du vent ni du soleil (frontière du burkina, terrain plat sans arbre et super exposé) donc une première étape est certainement de protéger un peu les culture avec des filets pour partiellement ombrer, et des barrières contre le vent (plus facile à dire qu'à faire).
    Mais je me demandais à nouveau si des filets ne pourraient pas aussi faire office de récupération et condensation de la transpiration des cultures, un peu comme les "attrapes-brouillard" installés au chili et en californie (qui génèrent de l'eau liquide à partir du brouillard).
    (http://www.scidev.net/global/water/f...-security.html)
    J'ai beau creusé google dans tous les sens, je ne vois aucune piste, donc si quelqu'un a des idées, ou si vraiment je dis des conneries, n'hésitez pas à m'en faire part !!

    Un grand merci pour toutes vos idées, elles seront toutes appréciées, rationnelles ou complétement perchées !!

    -----


  2. Publicité
  3. #2
    eaubenin

    Re : limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    Personne n'a d'idées sur la question ?


    Bon je reconnais qu'il y avait beaucoup d'élément emberlificotés dans ce premier post...

    Alors en clair et bref :
    • qq'un a-t-il déjà vu / essayé de couvrir un plan d'eau naturel (pas une piscine ça je sais que ça marche) avec une bâche, tente, filet attrape-brouillard, ou d'ombrage... pour limiter l'évaporation de l'eau?
    • qq'un a t'il déjà vu / entendu parler de récupération de la transpiration des plantes ? (apparemment plus de 90% de l'eau "bue" par les plantes est retranspirée, donc ça me semble valoir le coup d'y réfléchir...)

    Un grand merci pour vos apports ! (j'y crois encore)

  4. #3
    trebor

    Re : limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    Bonjour,

    En fonction du volume d'eau à protéger, dont on ne sait rien.

    Peut-être stoker cette eau dans une ou plusieurs citernes étanches qui seraient enterrées et donc à l’abri de la chaleur et de l'évaporation.

    Mais voyons d'autres avis ?

    Bonne suite pour une solution simple et peu couteuse
    Dernière modification par trebor ; 06/11/2015 à 14h28.
    il vaut mieux supprimer la cause que ses effets


  5. #4
    eaubenin

    Re : limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    Aaaahhh une première réponse !!
    Merci Trebor, je me sens moins seule

    Par contre, oui c'est vrai j'ai pas spécifié les volumes d'eau concernés... C'est qu'ils sont très hétérogènes (plusieurs marigots) et difficillement quantifiables (profondeur estimée avec un baton planté à plusieurs endroits....)
    Mais de ma visite de hier, je dirais que les plus gros ne dépasse pas 200.000 litres ; et le plus petit doit faire à peu près 15-20.000 litres. (Avec des profondeurs d'environ 0.5 à 1.5m à chaque fois)
    Sur d'autres sites il y a des marigots beaucoup plus larges (de ce que je m'en souviens, bien 500 m² au minimum, et je ne connais pas la profondeur)

    Du coup, même si c'est assez peu si on considère les besoins en irrigation des maraichers, cela reste pas mal à extraire et stocker dans des citernes je pense... Même pour le plus petit il faudrait déjà 20m³...
    A mon avis les bâcher reviendrait bcp moins cher, même avec une super structure en tente, ou tente inversée.

    Maintenant, ton idée de sortir toute l'eau me titille quand même, je n'y avais pas du tout pensé. Peut-être qu'une solution serait de creuser directement la terre à côté d'un marigot de bas-fond (terre argileuse) et creuser bien profondément, genre 5, 6, 7m de profondeur. Puis connecté le marigot au trou par un petit canal et faire tout couler dans le trou, plus profond donc moins de surface de contact avec air + plus facilment couvrable...
    Reste à connaitre la nature du sol d'abord...

    A suivre...

    Merci !

  6. #5
    trebor

    Re : limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    Qu'est-ce-qui alimente ces marigots ?

    http://eeas.europa.eu/delegations/bu...me_marigot.jpg

    Si tu creuses à côté, il serait bon de bâcher ( ou par d'autres procédés ) le fond du trou afin que l'eau ne s’infiltre pas dans le sol.

    Si elle sont très grande comme sur l'image que j'ai mise, ce sera impossible.

    Mais si la marre se vide et qu'elle n'est pas trop grande et quelle est alimentée par un ruisseau, le fond pourrait être bâché comme pour les étangs afin de bloquer l'infiltration dans le sol.

    Si vous avez de fortes pluies par moments ( mousson ) et si c'est possible, créer une retenue d'eau plus importante dans un creux assez profond ou approfondi ( à clôturer pour éviter les noyades ) pour stoker l'eau qui ruisselle.

    mais voyons d'autres idées
    il vaut mieux supprimer la cause que ses effets

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    eaubenin

    Re : limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    merci encore pour ta réponse,

    Plus de précisions sur "mes" marigots, car c'est vrai que le terme recouvre une réalité assez mouvante :
    Ce sont des étendues d'eau fermées et peu profondes (1-2m max), alimentées principalement par les pluies et les ruissellements. Ils se trouvent dans les bas-fonds aux sols plutôts argileux. Le sol est donc assez étanche, mais cette propriété est parfois menacée par un assèchement prolongé qui durcit et fendille le sol argileux (l'argile se "dégonfle" alors).
    Parfois on reprend aussi sous le terme de marigot des petits marécages près de la nappe, et qui ont une capacité de recharge, mais limitée. Ils se tarissent aussi, mais quand les maraichers surcreusent, il y a encore possibilité de collecter quelques dizaines/centaines de litres par jour jusqu'à la fin de la saison (trop limité pour assurer un 3è cycle de cultures, mais permet de "tenir" avec qq planches de spéculations plus résistantes)
    Dans tous les cas, le terme de marigot implique toujours une recharge pendant les pluies (très abondantes voire violentes pendant 3-4 mois), et une perte importante, souvent jusqu'au tarissement pendant la saison sèche (8-9 mois).

    Donc, l'infiltration de l'eau doit certainement jouer partiellement, surtout pour les marigots aux sols plus sablonneux et lorsque les nappes redescendent. Mais bâcher le fond parait très compliquer, et les sols sont généralement assez étanches.
    Le problème principal est donc l'évaporation, car en saison d'harmatthan (les 4 premiers mois de la saison sèche), l'hygromètre descend en dessous de 30%, voire de 20. De plus les vents forts favorisent encore l'évaporation, et le soleil est très fort aussi. Les vents favorisent aussi l'ensablement du marigot, qui est encore une autre raison me poussant à vouloir protéger leurs surfaces.

    Pour ce qui est des aménagements pré-saison des pluies : retenues d'eau, puits et fosses, tranchées, barrages souterrains... C'est très pertinent mais cela fera l'objet de mes prochaines recherches (pour préparer la contre-saison de l'année prochaine), pour le moment la saison des pluies finit et je suis arrivée trop tard... il ne me reste donc que les options de "secours" pour limiter au max les pertes des eaux déjà accumulées...

    En résumé, mon approche s'articule sur plusieurs axes (techniques de micro-irrigation, paillage, cycles adaptées etc.) donc la protection des marigots en SURFACE pour éviter l'évaporation (bâche, tente, filet d'ombre et de condensation...)

    Mais l'idée de creuser profond dans l'argile à côté du marigot, pour le "vider" dedans me parait pourquoi pas envisageable... à voir la nature du sol et le travail que ça représente...
    Il y a par exemple un marigot d'à peu près 30m² avec une profondeur de +- 50cm. Cela fait plus ou moins 15m³ ou 15.000 litres. En creusant une surface de 3m² sur 5m de profondeur on réduit la surface de contact de 90%...

    Je vais essayer de chercher si ça a déjà été fait... En attendant si quelqu'un a encore des idées, ou a vu un système de tente ou bâchage de mare, je suis preneuse !

    Merci !

  9. #7
    AMATY

    Re : limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    Bonjour eaubenin, Bonjour trebor,

    Ce qui me vient le plus rapidement à l'esprit...
    Le meilleur moyen d'éviter l'évaporation semble de mettre une bâche type PE (pour le prix) en réalisant une tente (2 ou 4 pans) avec des entrées d'air limitées par une lame d'air sur un côté...

    Réflexion : On crée l'effet de serre, la T° monte (beaucoup > 40°C à l'ombre peut donner 60°C et plus l'air est chaud plus elle peut contenir de vapeur d'eau sous forme d'humidité), l'évaporation se réalise spontanément, on sature vers le haut de la tente et l'eau ruisselle sur les pans inclinés et on récupère l'eau et ceci sans trop de perte...

    On peut augmenter la quantité d'eau :
    On met un pan de la tente en PV noir, l'autre un pan en PE et superposé sur celui-ci un 2ème PE sur un nattage roseau (ou un palissage en bambou) distant de 10 cm (> On crée une lame d'air qui va refroidir la bâche PE et l'eau va condenser plus rapidement...

    On peut réaliser des tunnels rafraîchissants pour les maisons ou pour la conservation...
    On fait un rectangle de 10 à 15 m de long x 50 cm de large x 30 cm de profondeur > on met un film PE ou argile pour l'étanchéité, on réalise au-dessus en bambou un tunnel 50 cm de large x 50 cm de haut recouvert de 50 cm d'argile, on remplit au moins 20 cm d'eau... On obtient 7 à 8°C inférieur à la T° ambiante à l'ombre...

    Je vais regarder tes autres élucubrations ...*
    A+
    ....

  10. Publicité
  11. #8
    eaubenin

    Re : limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    Salut Amaty,

    Merci pour la réponse.
    Désolée pour le délai, je suis un peu débordée, et souvent sans accès internet.

    Pour ce qui est du tunnel rafraichissant, bonne idée mais pas vraiment ce que je cherche (économiser l'eau ) Ici, les gens se basent sur le même principe de refroidissement par transpiration avec les canaris (jarres en argile, légèrement perméables) utilisés pour garder l'eau fraiche.

    J'ai pas vraiment compris la partie sur l'augmentation de la quantité d'eau... Tu veux créer une lame d'air isolente pour condenser la vapeur d'eau de l'air ambiant ?

    Enfin, pour moi l'idée de protéger le marigot en le couvrant est de conserver au maximum son stock en eau en limitant l'évaporation, plus qu'en tentant de la provoquer pour ensuite la condenser... Je préfère éviter autant que peut de chauffer une étendue d'eau naturelle, car sa gestion est quand même plus complexe que pour un réservoir en plastique !

    Alors sinon, pour l'update : on a couvert un marigot avec des bâches. Le problème pour le moment c'est surtout le coût : 5 EUR le mètre de bâche (2.5m de large) => 2 euros / m² ça fait cher... Surtout qu'il y a des marigots plus lares à couvrir, et qu'on vise la durabilité, donc matériaux accessibles aux producteurs même sans notre soutien...

    On a pensé à faire une sorte de couverture naturelle, à l'aide de pieux en bois, de tiges de mil et sorgho (assez longues) tendues et quadrillées, sur lesquelles on poserait des "nattes en séko" (la paille utilisée pour faire les toits des cases, apparemment relativement imperméables aux pluies quand tressé finement).
    Ca reviendrait beaucoup moins cher, et les pailles sont abondantes en cette saison. Par contre ça ne peut pas toucher l'eau (finit par pourrir) et c'est certainement pas étanche à la vapeur d'eau.
    Je doute de l'efficience de la technique, comparativement à une bâche en PE....

    Est-ce que quelqu'un a une idée de matériau alternatif, étanche mais peu cher et disponible en afrique ? Sinon, un enduit naturel hydrofuge... Du beurre de karité, de l'huile de coton ??
    Honnêtement je ne vois pas ce qui purrait être aussi efficient que les bâches

    Merci à tous pour vos réponses !

    Sarah

  12. #9
    djodjo44

    Re : limiter l'évaporation d'un plan d'eau + EVT des cultures

    Bonjour,

    Il y a une chose à éviter impérativement, c'est de percer la couche d'argile qui fait l'étanchéité du marigot. A ma connaissance, jadis, lorsque les puits étaient creusés à la main, c'était la hantise des puisatiers.

    Par ailleurs, pour les écrans à mettre sous la paille, il y a les écrans sous toiture et les géotextiles dont les prix au m2 sont, en grande surface de bricolage, très inférieurs à l'euro.

    Une solution à essayer serait de poser sur l'eau du papier "mille bulles" d'emballage, par dessus, un écran sous toiture, et par dessus la paille. La paille fait isolant thermique, l'écran sous toiture fait que la paille n' abîme pas le "mille bulles".

    Pour les années à venir, remplacer le "milles bulles" par des bouteilles d'eau vide avec leur bouchon récupérées auprès d'associations. Il est aussi possible de remplacer le "mille bulles" par du polystyrène en feuille souple, car les bulles du "mille bulles" sont parfois percées à la livraison tellement le papier est serré pour le transport.

Discussions similaires

  1. Cultures
    Par Jacky970 dans le forum Biologie
    Réponses: 4
    Dernier message: 11/10/2014, 15h13
  2. [Divers] grandes cultures
    Par Andrena Cineraria dans le forum Jardinage
    Réponses: 2
    Dernier message: 24/11/2012, 15h35
  3. Plan d'un exposé...l'évaporation
    Par liona fi dans le forum Chimie
    Réponses: 4
    Dernier message: 18/12/2009, 13h31
  4. Mélange de cultures ...
    Par invité6543212033 dans le forum Biodiversité : grands singes et déforestation
    Réponses: 0
    Dernier message: 08/12/2009, 18h02