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Conservation de la dépouille de Napoléon. Adipocire.



  1. #1
    Martin00

    Question Conservation de la dépouille de Napoléon. Adipocire.

    Je fais actuellement une recherche destinée à comprendre comment le corps de Napoléon a-t-il pu être retrouvé en bon état de conservation lors d'un exhumation (1840) vingt ans après sa mort (1821).

    Il se trouve qu'il était dans un cercueil en fer blanc recouvert de satin à l'intérieur, troué en certains endroits, et extrèment oxydé à l'extérieur.

    J'ai donc imaginé la chose suivante: l'oxydation du fer serait à l'origine d'un manque d'oxygène pour les bactéries responsables de la putréfaction ceci accompagné de la saponification des graisses (en raison de l'humidité).

    Il y avait eu autopsie avant l'inhumation où l'on avait prélevé des organes (le coeur, l'estomac)

    voici le rapport d'autopsie de Napoléon par Antommarchi:

    Le Docteur Antommarchi pratiqua l'intervention le 6 mai 1821, au lendemain de la mort de l'Empereur.



    “Le cadavre était gisant depuis vingt heures et demie. Je procédai à l'autopsie; j'ouvris d'abord la poitrine. Voici ce que j'observai de plus remarquable : Les cartilages costaux sont en grande partie ossifiés. Le sac formé par la plèvre costale du côté gauche contenait environ un verre d'eau de couleur citrine.



    Une couche légère de lymphe coagulable couvrait une partie des faces des plèvres costale et pulmonaire correspondantes du même côté. Le poumon gauche était légèrement comprimé par l'épanchement, adhérait par des nombreuses brides aux parties postérieure et latérale de la poitrine et au péricarde; je le disséquai avec soin, je trouvai le lobe supérieur parsemé de tubercules et quelques petites excavations tuberculeuses. Une couche légère de lymphe coagulable couvrait une partie des faces des plèvres costale et pulmonaire correspondantes de ce côté.



    Le sac de la plèvre costale du côté droit renfermait environ deux verres d'eau de couleur citrine. Le poumon droit était légèrement comprimé par l'épanchement; mais son parenchyme était en état normal. Les deux poumons étaient généralement crépitants et d'une couleur naturelle. La membrane plus composée ou muqueuse de la trachée-artère et des bronches était assez rouge, et enduite d'une assez grande quantité de pituite épaisse et visqueuse.



    Plusieurs des ganglions bronchiques et du médiastin étaient un peu grossis, presque dégénérés, et en suppuration. Le péricarde était en état normal et contenait environ une once d'eau de couleur citrine. Le coeur, un peu plus volumineux que le poing du sujet, présentait, quoique sain, assez de graisse à sa base et à ses sillons. Les ventricules aortique et pulmonaire et les oreillettes correspondantes étaient en état normal, mais pâles et tout à fait vides de sang. Les orifices ne présentaient aucune lésion notable. Les gros vaisseaux artériels et veineux auprès du coeur étaient vides et généralement en état normal.



    L'abdomen présenta ce qui suit :



    Distension du péritoine, produite par une grande quantité de gaz.

    Exsudation molle, transparente et diffluente, revêtant dans toute leur étendue les deux parties ordinairement contiguës de la face interne du péritoine.



    Le grand épiploon était en état normal.



    La rate et le foie durci étaient très volumineux et gorgés de sang; le tissu du foie, d'un rouge brun, ne présentait, du reste, aucune altération notable de structure. Une bile extrêmement épaisse et grumeleuse remplissait et distendait la vésicule biliaire. Le foie, qui était affecté d'hépatite chronique, était uni intimement par sa race convexe au diaphragme; l'adhérence se prolongeait dans toute son étendue, elle était forte, celluleuse et ancienne. La face concave du lobe gauche adhérait immédiatement et fortement à la partie correspondante de l'estomac, surtout le long de la petite courbure de cet organe, ainsi qu'au petit épiploon. Dans tous ces points de contact, le lobe était sensiblement épais, gonflé et durci.



    L'estomac parut d'abord dans un état des plus sains; nulle trace d'irritation ou de phlogose, la membrane péritonéale se présentait sous les meilleures apparences. Mais en examinant cet organe avec soin, je découvris sur la face antérieure, vers la petite courbure et à trois travers de doigt du pylore, un léger engorgement comme squirreux, très peu étendu et exactement circonscrit. L'estomac était percé de part en part dans le centre de cette petite induration. L'adhérence de cette partie au lobe gauche du foie en bouchait l'ouverture.



    Le volume de l'estomac était plus petit qu'il ne l'est ordinairement. En ouvrant ce viscère le long de sa grande courbure, je reconnus qu'une partie de sa capacité était remplie par une quantité considérable de matières faiblement consistantes et mêlées à beaucoup de glaires très épaisses et d'une couleur analogue à celle du marc de café; elles répandaient une odeur âcre et infecte. Ces matières retirées, la membrane plus composée ou muqueuse de l'estomac se trouva dans son état normal, depuis le petit jusqu'au grand cul-de-sac de ce viscère, en suivant la grande courbure. Presque tout le reste de la surface interne de cet organe était occupé par un ulcère cancéreux qui avait son centre à la partie supérieure, le long de la petite courbure de l'estomac, tandis que les bords irréguliers, digités et linguiformes de sa circonférence s'étendaient en avant, en arrière de cette surface intérieure, et depuis l'orifice du cardia jusqu'à un bon pouce du pylore. L'ouverture, arrondie, taillée obliquement en biseau aux dépens de la face interne du viscère, avait à peine quatre à cinq lignes de diamètre en dedans et deux lignes et demie au plus en dehors; son bord circulaire, dans ce sens, était extrêmement mince, légèrement dentelé, noirâtre, et seulement formé par la membrane péritonéale de l'estomac. Une surface ulcéreuse, grisâtre et lisse, formait d'ailleurs les parois de cette espèce de canal qui aurait établi une communication entre la cavité de l'estomac et celle de l'abdomen, si l'adhérence avec le foie ne s'y était opposée. L'extrémité droite de l'estomac, à un pouce de distance du pylore, était environnée d'un gonflement ou plutôt d'un endurcissement squirreux annulaire, de quelques lignes de largeur. L'orifice du pylore était dans un état tout à fait normal. Les bords de l'ulcère présentaient des boursouflements fongueux remarquables dont la base, dure, épaisse et squirreuse,s'étendait aussi à toute la surface occupée par cette cruelle maladie.



    Le petit épiploon était rétréci, gonflé, extrêmement durci et dégénéré. Les glandes lymphatiques de ce pli péritonéal, celles qui sont placées le long des courbures de l'estomac, ainsi que celles qui avoisinent les piliers du diaphragme, étaient en partie tuméfiées, squirreuses, quelques-unes même en suppuration.



    Le tube digestif était distendu par une grande quantité de gaz. A la surface péritonéale et aux replis péritonéaux, je remarquai de petites taches et de petites plaques rouges, d'une nuance très légère, de dimensions variées, éparses et assez distantes les unes des autres. La membrane plus composée de ce canal paraissait être dans un état normal. Une matière noirâtre et extrêmement visqueuse enduisait les gros intestins.



    Le rein droit était dans un état normal; celui du côté gauche était déplacé et renversé sur la colonne lombo-vertébrale ; il était plus long et plus étroit que le premier; du reste, il paraissait sain. La vessie, vide et très rétrécie, renfermait une certaine quantité de gravier mêlé avec quelques petits calculs. De nombreuses plaques rouges étaient éparses sur la membrane plus composée ou muqueuse; les parois de cet organe étaient en état anormal.



    Je voulais faire l'examen du cerveau. L'état de cet organe dans un homme tel que l'Empereur était du plus haut intérêt; mais on m'arrêta durement: il fallut céder.



    J'avais terminé cette triste opération. Je détachai le coeur, l'estomac, et les mis dans un vase d'argent rempli d'esprit-de-vin. Je réunis ensuite les parties séparées, les assemblai par une suture, je lavai le corps, et fis place au valet de chambre ..."


    Le corps a été lavé avec des liqueurs arômatiques et de l'eau de cologne. On a pris un masque mortuaire (cela a peut être donné une certaine rigidité à la peau du visage) et il faisait assez chaud les 3 jours écoulés entre sa mort et sa mise en terre à quelques mettres de profondeur, protégé par une tombe solide et quatre cercueils.

    Peut être quelqu'un peut-il m'aidé? en dire davantage sur l'adipocire? lancer de nouvelles idées? ce serait fort sympathique.

    Vous trouverez des documents sur ce site qui n'est pas de moi et qui développe une théorie que je ne soutiens pas.

    http://www.empereurperdu.com/documents.html

    Merci!

    -----


  2. #2
    Martin00

    Re : Conservation de la dépouille de Napoléon. Adipocire.

    j'ai écrit un texte là dessus, le pensez-vous pertinent? (à lire assez lentement, j'ai essayé d'être assez concis)

    la conservation de la dépouille.

    Ce qui déclenche le plus d'incompréhension chez les personnes s'intéressant à l'histoire de l'exhumation, c'est le fait que la dépouille soit bien conservée après une vingtaine d'années passée sous terre. Or, suivant les idées reçues, un cadavre se décompose très rapidement et n'est plus reconnaissable au bout d'un peu de temps. En fait, le procédé est plus compliqué que cela et dépend d'un plus grand nombre de facteur. Tout est une histoire de bactéries.

    Il faut tout d'abord savoir dans quelles conditions est mort Napoléon. Napoléon est décédé dans d'importantes souffrances, il avait de fort vomissements et n'avalait plus grand choses depuis quelques mois. Et nous savons que si l'intestin joue un rôle important dans le processus de putréfaction c'est parce qu'il porte en lui, dans des conditions normales, tous les bouts de nouriturre broyés par les dents et l'estomac qui contiennent des bactéries en nombre important. Or l'intestin de Napoélon devait être presque vide puisqu'il n'avait pas beaucoup mangé depuis longtemps et qu'il avait souvent des crises de vomissement. Les bactéries étaient déjà en nombre réduit lors de son décès et n'avaient pouvaient pas se développer là où il y avait peu de chose pour se nourir. Si en plus de cela il a été empoisoné à l'arsenic, alors ce produit a tuer un grand nombre de parasites protégeant davantage le corps de sa décomposition.

    Ensuite, Napoléon a été exposé à l'air libre pendant 2/3 jours après son décès dont une partie protégé par une gaze, on imagine donc bien que ce temps n'a pas été suffisant pour provoquer un début de putréfaction signifiactif. De plus, ses habits ont été changés après l'autopsie et ses cheveux coupées de sorte que cela enlevait des refuges aux bactéries et que la surface du corps exposé à l'air libre était donc plus faible.

    Lors de l'autopsie, les viscères ont été nettoyées, le coeur et l'estomac enlevées. Ces deux dernières organes, et en particulier l'estomac, sont très favorables à la putréfaction en raison de leur fonction et de leur contenu. L'autopsie a permis un assainissement général des entrailles. Ensuite, le corps a été rincé avec des liqueurs arômatiques, et sans doute avec de l'eau de cologne que l'Empereur affectionnait tant, sachant que l'alcool est un excellent conservateur. Cela tue les bactéries et immunise l'extérieur de la peau. La prise du masque mortuaire a peut être aussi conféré au visage une plus grande rigidité en étirant la peau et en transmettant un peu de plâtre à l'épiderme.Les mauvaises odeurs qui ont pu être perçues pendant quelques temps sont sans doute davantage liés à l'ouverture de la dépouille et au dégagement des gaz internes qu'à quelques prémices d'une quelconque putréfaction avancée.

    C'est donc dans un relatif bon état que le cadavre impérial a été déposé dans quatre cercueils dont le plus proche soudé très près du corps et les autres assuraient certainement une étanchéité nette avec l'extérieur. La soudure du cercueil en fer blanc (le plus proche du corps) ayant besoin d'oxygène pour fonctionner a "aspirer" de l'oxygène venant de l'intérieur du cercueil.

    Il se trouve qu'il y avait des trous dans le cercueil en fer blanc pour maintenir le satin, ceci assurait donc une liaison entre l'extérieur et l'intérieur. Notons qu'un gaz est en perpétuel mouvement, que les molécules qui le composent ne sont pas fixes, et donc qu'il y a eu des échanges gazeux entre les deux côtés de la paroie du cercueil en fer blanc.

    Or, lors de l'exhumation, l'extérieur du cercuil en fer blanc a été retrouvé oxydé (rouillé) en surface et ce sans doute aux alentours des trous. Ceci explique plusieurs choses. D'abord, l'oxygène restant à l'intérieur du cercueil, et non celui se trouvant entre les cercueil puisque le volume était très faible, est venu oxyder la surface (l'oxygène opère dans cette action une réaction chimique et change de forme, il ne s'agit donc plus d'oxygène après.) Ensuite, cette oxydation explique le fait que le satin tenu par le couvercle soit tombé sur la dépouille, le dispositif en place pour le maintenir ayant été altéré. Enfin, l'eau étant un facteur nécessaire à la rouille, cela démontre qu'il y avait bien de l'humidité dans le cercueil (venant sans doute des fluides corporels et peut être aussi des vases s'ils avaient été mal soudés.)


    Lorsqu'un cadavre se trouve en présence d'humidité, cela donne lieu à un phénomène de saponification des graisses, l'adipocire. Cela arrive très souvent pour les dépouilles au bout d'un temps plus ou moins long et dans des proportions plus ou moins grandes. La description des couleurs du visage de Napoléon correspond plutôt bien aux coloris qui suivent l'adipocire quand elle n'a pas été trop importante. Or, l'adipocire donne au corps des propriétés permettant une meilleur conservation. En conséquence, le corps de Napoléon a été sujet au processus de saponification des graisses ce qui explique son aspect. Notons que les couleurs suivant l'adipocire ont été particulièrement observée là où il y a des graisses: les joues, le nez, le centre du front. Ajoutons à tout cela que le satin, tel un linceul, est venu adhérer au visage et l'a certainement protégé pendant un bout de temps.

    On peut également prendre en compte une autre dimension quant à cette bonne conservation. En effet, les témoins ont très probablement idéalisé ce bon aspect de la dépouille et poussé à l'extrème la description en allant jusqu'à des formules du type:

    <<L’Empereur lui-même était devant nous. Les traits de la figure, bien qu’altérés, étaient parfaitement reconnaissables ; les mains merveilleusement belles>> (Rohan-Chabot) on sent vraiment le caractère hyperbolique des formules employées mais une légère nuance se remarque: <<bien qu'altérés>>, petite concession pour que l'on ne puisse pas contester son témoignage de suite.


    <<Comme un homme mort de la veille tel nous trouvâmes le corps de l'Empereur. Pendant vingt années qu'avait donc fait la mort... Pendant vingt années la mort avait respecté sa dépouille>> (Abbé Coquereau)

    Cette exagération, qui est donc constatée à plusieurs reprises, trouve sans doute deux explications. D'abord, les témoins pensaient ne trouver que des restes d'habits (car ils ne connaissaient pas tous les facteurs ayant joué pour la préservation du corps et que les bactéries n'étaient pas à l'ordre du jour) cela a donc provoqué un intense contraste entre "l'attendu" et le "trouvé" qui les a donc si surpris qu'ils ont pousser à l'extrème l'apparence du corps pendant leurs deux minutes de demie conscience que dura l'exhumation. D'autre part, nous sommes en plein courant romantique, où l'on voit dans la réalité des actes venant de l'au délà notemment, où l'on hésite pas à exagérer les choses à tort et à travers (pensez aux poèmes élogieux de Victor Hugo dans les "Châtiments") et les descriptions réalistes et minutieuses d'évènements importants ne sont pas d'actualité. Ainsi, non seulement la bonne conservation relative du défunt trouve une explication, mais l'évidence de l'exagération et de l'idéalisation des témoignages est parfaitement démontré, preuve que l'on ne doit pas les prendre à la lettre.

  3. #3
    ClaudeMM

    Re : Conservation de la dépouille de Napoléon. Adipocire.

    Le temps passe... Je tombe sur vos écrits en faisant une recherche. Il y
    a peu de chance pour que vous me lisiez, aussi je serai court. Votre
    "étude", quoiqu'assez bien menée, comporte beaucoup de suppositions.
    Et des inexactitudes. Sauf erreur, il n'est pas question de trous, pour
    maintenir le satin, dans le premier cercueil en fer blanc. Voyons c'est
    impossible. Pourquoi voulez-vous qu'on ait enfermé le corps dans un
    cecueil en fer blanc, et pourquoi l'avoir soudé, si on y a percé des trous.
    Ce cercueil était hermétiquement clos, par soudure, et s'il était légèrement
    oxidé en 1840, il était toujours hermétique.
    Cordialement, si vous avez eu la patience d'attendre 3 ans...
    Ou à dans 3 ans... ClaudeM

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