Bonjour à tous ! j'aimerais connaître votre avis sur ce sujet
On entend de plus en plus parler du CO₂ (R744) comme étant l'un des futurs fluides frigorigènes pour remplacer progressivement les HFC. Daikin semble vouloir pousser cette technologie avec des systèmes de type VRV fonctionnant au CO₂.
Sur le papier, l'idée est plutôt séduisante : utiliser un fluide naturel, avec un impact environnemental quasiment nul, tout en gardant le principe d'un système DRV/VRV que l'on connaît déjà.
Le premier gros avantage du CO₂ est évidemment son très faible impact climatique. Avec un GWP de seulement 1, il est très loin devant les fluides actuellement utilisés comme le R410A ou même le R32. À une époque où les réglementations deviennent de plus en plus strictes sur les fluides frigorigènes, le CO₂ semble être une solution durable sur le long terme.
Autre point intéressant : contrairement au R32 ou au R290, le CO₂ n'est pas inflammable. Cela peut être un vrai avantage dans certains bâtiments où la question du risque incendie est importante.
Le CO₂ possède aussi de très bonnes performances dans certaines conditions, notamment lorsque les températures extérieures sont basses. Ce n'est pas un hasard si on le retrouve déjà depuis plusieurs années dans la grande distribution et dans certaines installations frigorifiques industrielles.
Mais évidemment, tout n'est pas parfait.
Le principal problème du CO₂ est sa pression de fonctionnement extrêmement élevée. On parle de pressions qui peuvent dépasser les 100 bars, alors qu'un VRV classique au R410A ou au R32 fonctionne avec des pressions bien plus faibles.
Cela change complètement la manière de concevoir et d'intervenir sur l'installation :
matériel plus robuste ;
tuyauteries adaptées ;
composants spécifiques ;
outillage différent ;
formation obligatoire des techniciens.
En gros, on ne pourra pas simplement prendre les habitudes du R410A et les appliquer au CO₂.
Un autre point qui me semble intéressant à débattre est la performance énergétique. Le CO₂ est un fluide particulier puisqu'il peut fonctionner en régime transcritique. Cela veut dire qu'en période de forte chaleur extérieure, son rendement peut devenir moins intéressant que d'autres solutions si le système n'est pas parfaitement optimisé.
Les fabricants travaillent énormément sur ce sujet avec de nouvelles régulations, des échangeurs plus performants et des systèmes de récupération de chaleur, mais il faudra voir ce que cela donne réellement sur le terrain après plusieurs années d'utilisation.
La question du prix sera également déterminante.
Aujourd'hui, une installation CO₂ risque d'être plus chère qu'un VRV classique :
matériel plus technique ;
composants haute pression ;
installation plus exigeante ;
maintenance nécessitant des compétences spécifiques.
La vraie question sera donc de savoir si le gain environnemental justifie ce surcoût.
Personnellement, je trouve la technologie très intéressante, mais je me demande si le CO₂ deviendra réellement le remplaçant universel du VRV ou s'il restera une solution destinée à certaines applications spécifiques.
Le R32 reste aujourd'hui une solution simple et maîtrisée, le R290 possède d'excellentes performances mais pose la question de l'inflammabilité, et le CO₂ apporte une réponse environnementale très forte mais avec une complexité technique importante.
Pour moi, l'avenir sera probablement un mélange de plusieurs solutions selon les bâtiments :
CO₂ pour certains projets très orientés environnement ;
R290 pour certaines applications où le rendement est prioritaire ;
R32 ou autres solutions pour des installations plus classiques.
Mais la question reste ouverte :
Est-ce que le CO₂ est vraiment la prochaine grande évolution du VRV, ou est-ce une technologie qui sera trop complexe et trop coûteuse pour remplacer les solutions actuelles ?
Faisant moi même parti du milieu de la climatisation en tant que bureaux d'étude je serais curieux d'avoir l'avis de frigoristes, bureaux d'études et installateurs qui ont déjà travaillé sur du CO₂ ou qui suivent cette évolution.![]()
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