Les chimistes de lieu étant peu diserts, je tente ici ma question.
Je souhaiterai une formule, si elle existe, pour calculer les rejets de CO2/km d'un véhicule à partir de sa consommation de carburant, essence ou diesel.
Je me doute, que la composition du carburant entre en jeu, le taux d'imbrûlés aussi, etc.
Qu'appelles tu donc fantaisiste?
En gros (les 80% que tu cites) l'essence, c'est du carbone que tu brûles. La combustion ajoute de l'oxygène au carbone pour en faire du CO2. Tu as donc un facteur 44/12 (= 3,67) entre le poids d'essence consomméé et la quantité de CO2 émise.
Ce 44/12 provient de C=12 et O=16 .
Saint Thomas était un grand naïf: il croyait ce qu'il voyait.
17/12/2006 - 20h34
SK69202
Date d'inscription
septembre 2006
Localisation
Sud Armoricain
Messages
8 366
Re : Calcul du rejet g.CO2/Km
Bonsoir,
Consommation: 30 litres/100km
30 X0.7 =21 kg d'essence
21X3.67=77.07kg de CO2
soit 77007g/100km
Ok 770gCO2/km
Beaucoup plus cohérent !
J'ai fait une erreur en divisant par 100 tout à l'heure.
Merci,
Dans les villages gaulois, ils ne sont jamais tous d'accord. Jules César
17/12/2006 - 23h00
Gidaz
Date d'inscription
août 2006
Âge
40
Messages
68
Re : Calcul du rejet g.CO2/Km
Pour faire le calcul, il faut avoir la composition du carburant (CxHyOz) et écrire l'équation de la combustion (parfaite) de la combustion, qui va te dire qu'en brûlant 1 mole de CxHyOz, tu obtiens x moles de CO2.
Dans ton cas, le super a une composition moyenne C7.9H14.8, ce qui te fait un rapport masse CO2 / masse carburant = 3.17. En gazole, la composition moyenne est C12.3H22.2, donc le fameux rapport vaut 3.18 .
Comme tu le fais justement remarquer, on oublie dans ce calcul les imbrûlés de tout poil. Il n'y a pas d'équation simple qui te permette de prédire ces imbrûlés. Si tu veux en tenir compte, la seule solution est de les mesurer : c'est ce qui est réalisé lorsqu'un véhicule passe un cycle d'émissions. Dans ce cas, tu pourras réaliser un bilan carbone : tout le carbone à l'échappement provient du combustible, donc en comptant le CO2, le CO et les autres imbrûlés à l'échappement, tu peux reconstituer la quantité de carburant consommée.
Le bout du tunnel, c'est souvent le phare d'un train qui vient en sens inverse (Murphy).
11/01/2007 - 01h44
Ouk A Passi
Date d'inscription
novembre 2006
Messages
2 730
Re : Calcul du rejet g.CO2/Km
Bonjour à tout le groupe,
Je vous adresse un grand merci pour les liens que vous avez bien voulu me faire partager et que je viens de parcourir avidement.
Cette première lecture -trop rapide- m'ouvre d'immenses horizons, et une relecture attentive me permettra sans doute de mettre en ordre et de compléter grandement les quelques élements épars de connaissance que je possède.
Gidaz: les tableaux de l'IIASA repris dans la présentation du CCFA répondent pleinement à ma demande, et vont même au-delà, ce qui, inévitablement va appeler de nouvelles interrogations.
Gillesh38: merci de m'avoir fait découvrir le site de Jean-Marc Jancovici. Le sujet est ambitieux et je n'aperçois pas les limites de son domaine. Devrais-je dire "Timeo Danaos ..."?
J'ai l'impression d'avoir entrouvert le couvercle d'une boîte célèbre, et je pense qu'il est impossible d'appréhender l'étendue des rejets de carbone en quelques jours, ne serait-ce que sur l'aspet quantitatif!
Depuis plusieurs décennies, les prescriptions réglementaites ont imposé aux constructeurs automobiles des réductions drastiques decertains rejets de leurs engins.
Ce faisant, les rejets d'hydrocarbures imbrûlés, de monoxyde de carbone, de fumées et d'oxydes d'azotes ont eté réduits de manière très significative, et ce n'est pas fini.
Globalement ces efforts sont louables, mais j'ai quelques inquiétudes.
Prenons le cas des suies rejetés par les camions dans le passé: elles étaient très désagréables, pourtant elles ne franchissaient pas la barrière nasale.
Aujourd'hui,les injecteurs des moteurs diesel ont été optimisés, et les très hautes pressions d'injection dans les chambres de combustion ainsi que divers autres raffinement ont permis de limiter les émissions de particules.
Cependant il subsiste des poussières tellement fines que nous ne les voyons pas, mais pourtant elles existent.
Et elles franchissent allègrement la barrière nasale. Des épidémiomogistes auraient même émis l'hypothèse que l'inhalation de ces particules microscopiques, dont l'échelle est du même ordre que celle des cellules pulmonaires, pourraient ainsi ainsi leur permettre de pénétrer dans notre organisme.
Qu'à cela ne tienne: les filtres à particules deviennent la panacée.
Un autre sujet d'inquiétude: le plomb tétraéthyle précedemment ajouté à l'essence pour en augmenter le pouvoir anti-détonnant, provoquait des troubles organiques ches l'homme.
Les chimistes pétroliers, sommés de trouver un substitut à cette substance, ont -à ma connaissance- incorporé dans l'essence des dérivés benzéniques dont les effets sur la santé sont loin d'être négligeables.
Nous en observerons le résultat dans quelques années.
Enfin, si tous les efforts des motoristes ont grandement réduit les polluants répertoriés comme tels, qu'en est-il de ceux que nous ne saurions voir?
Sommes nous comme Le Tartuffe?
Je m'explique: sur un paquet de cigarettes sont portées quelques informations.
Les constituants: tabac, agent de texture (?), papier.
Les polluants libérés lors de la combustion: nicotine, goudrons.
Mais n'avons nous pas oublié la cinquantaine de produits hautement toxiques qui s'exhalent de cette cigarette?
J'entends autour de moi des murmures, car ces produits toxiques existeraient à l'état de traces.
Justement, la notion de seuil, de valeur limite minimale serait actuellement remise en question.
Et dire que je souhaitais simplement avoir un aperçu des rejets de CO2 ...!
Merci et Bonne Année à tous.
11/01/2007 - 14h47
Gidaz
Date d'inscription
août 2006
Âge
40
Messages
68
Re : Calcul du rejet g.CO2/Km
Envoyé par Ouk A Passi
Cependant il subsiste des poussières tellement fines que nous ne les voyons pas, mais pourtant elles existent.
Et elles franchissent allègrement la barrière nasale. Des épidémiomogistes auraient même émis l'hypothèse que l'inhalation de ces particules microscopiques, dont l'échelle est du même ordre que celle des cellules pulmonaires, pourraient ainsi ainsi leur permettre de pénétrer dans notre organisme.
Qu'à cela ne tienne: les filtres à particules deviennent la panacée.
Certes, et à partir de la prochaine étape de dépollution (pour 2008, sauf erreur), on ne saura pas faire sans. Pour être complet, il faut bien avoir en tête que l'utilisation d'un filtre à particules se traduit par une augmentation de consommation d'environ 3% : à force de stocker des particules dans le filtre, il faut le vider, sinon le moteur va caler. Pour cela, 2 méthodes : soit on fait des injections très tardives, pendant la détente voire la phase d'échappement (méthode utilisée avec presque tous les filtres à particules du marché), soit on monte un injecteur dans l'échappement (méthode sur l'Avensis D4D 177ch). Evidemment, ce carburant ne produit aucun couple au vilebrequin. Un autre effet, environ 1% de surconsommation, est la contrepression due au filtre à particules lui-même : le piston "pousse" un peu plus fort les gaz d'échappement hors du cylindre.
Envoyé par Ouk A Passi
Un autre sujet d'inquiétude: le plomb tétraéthyle précedemment ajouté à l'essence pour en augmenter le pouvoir anti-détonnant, provoquait des troubles organiques ches l'homme.
Les chimistes pétroliers, sommés de trouver un substitut à cette substance, ont -à ma connaissance- incorporé dans l'essence des dérivés benzéniques dont les effets sur la santé sont loin d'être négligeables.
Exact. Tu peux même ajouter que le gazole hiver contient plus de dérivés benzéniques, pour cause de résistance au paraffinage.
Envoyé par Ouk A Passi
Sur un paquet de cigarettes sont portées quelques informations.
Les constituants: tabac, agent de texture (?), papier.
Les polluants libérés lors de la combustion: nicotine, goudrons.
Mais n'avons nous pas oublié la cinquantaine de produits hautement toxiques qui s'exhalent de cette cigarette?
Si tu réussis à trouver la masse de CO2 due à la combustion du tabac, je suis preneur : je suis sans doute un affreux anti-fumeur, mais c'est de mon point du vue une combustion d'utilité nulle.
13/02/2007 - 15h26
Pilchard
Date d'inscription
novembre 2005
Localisation
Créteil
Âge
63
Messages
37
Re : Calcul du rejet g.CO2/Km
Envoyé par Gidaz
Dans ton cas, le super a une composition moyenne C7.9H14.8, ce qui te fait un rapport masse CO2 / masse carburant = 3.17. En gazole, la composition moyenne est C12.3H22.2, donc le fameux rapport vaut 3.18 .
J'ai un doute, je croyais que la formule générale des composants de l'essence et du gazole (alcanes?) était C*n+H*(2n+2). D'après cette formule il y a donc toujours plus de deux fois plus de H que de C, par exemple l'octane (un composant de l'essence) est C8H18.
Si tu réussis à trouver la masse de CO2 due à la combustion du tabac, je suis preneur : je suis sans doute un affreux anti-fumeur, mais c'est de mon point du vue une combustion d'utilité nulle.
On rejette environ huit fois moins de CO2 en fumant une cigarette qu'en mangeant un morceau de sucre (5g) mais dans les deux cas cela n'a pas d'impact sur le réchauffement climatique car il s'agit de végétaux et non de carbone fossile.
13/02/2007 - 17h46
Gidaz
Date d'inscription
août 2006
Âge
40
Messages
68
Re : Calcul du rejet g.CO2/Km
Envoyé par Pilchard
J'ai un doute, je croyais que la formule générale des composants de l'essence et du gazole (alcanes?) était C*n+H*(2n+2). D'après cette formule il y a donc toujours plus de deux fois plus de H que de C, par exemple l'octane (un composant de l'essence) est C8H18.
Comment raccorder ces deux infos?
Effectivement, les alcanes linéaire s'écrivent CnH2n+2, mais il n'y a pas que cela dans l'essence et le gazole. Il y a aussi des alcanes cycliques (CnH2n de mémoire), des alcènes (avec 1 double liaison, ça doit faire CnH2n), des alcynes (avec 1 triple liaison, ça doit faire CnH2n-2), des dérivés du benzène (C6H6), .... d'où la formule moyenne que j'ai indiquée.
L'octane (ou plus exactement l'iso-octane) est un carburant de référence utilisé pour déterminer la résistance au cliquetis (indices RON et MON suivant les conditions exactes du test). Pour le gazole, on utilise l'indice de cétane (encore un alcane linéaire), mais là encore, cela ne reflète pas la composition du carburant de tous les jours.
13/02/2007 - 20h15
Pilchard
Date d'inscription
novembre 2005
Localisation
Créteil
Âge
63
Messages
37
Re : Calcul du rejet g.CO2/Km
Merci. Voilà qui est très clair!
14/02/2007 - 00h04
Ouk A Passi
Date d'inscription
novembre 2006
Messages
2 730
Re : Calcul du rejet g.CO2/Km
Bonjour à tous les participants,
Puisque vous vous passionnez pour la composition des carburants,
jai trouvé quelques informations.
Voici un lien vers le site de l'Union Européenne
concernant la qualité de l'essence et des carburants diesel:
directives 98/70/CE, 93/12/CEE et 2003/17/CE.
Les annexes I et II de la directive 2003/17/CE prévoient entre
autres des teneurs maximales de 1% de benzène dans l'essence
et 11% de HAP dans le gazole avec 350 mg/kg de soufre:
(à partir de la page 7 du document)
J'ai été très intéressée par vos calculs pour le rejet de CO2 en g/km. Quelqu'un pourrait-il me donner le rapport C/H ou le "mode de calcul" pour le BIOETHANOL. Merci d'avance
Je voudrai comparer les rejets CO2 entre essence et bioéthanol