ii-
Contenu marginal en CO2 de l’électricité
La méthodologie exposée ici s’écarte de celle employée par l’ADEME et EDF sur deux points
principaux :
• d’abord, en adoptant une approche marginale plutôt que moyenne, c'est-à-dire en identifiant,
compte tenu des équipements de production existants et décidés, à partir de quel moyen de
production un nouvel usage de l’électricité pourra être satisfait (ou inversement, quelle
économie de combustible résultera d’une réduction de la demande ), et quelles conséquences
cette production supplémentaire aura sur les émissions de gaz à effet de serre ;
• ensuite, en tenant compte du fait que le système électrique français est intégré à celui de ses
voisins dans un marché unique européen et que chaque incrément (ou décrément) de
consommation en France sollicite indifféremment des moyens de production sur l’ensemble
du système électrique interconnecté au niveau européen, et vice-versa.
- L’approche marginale cherche en priorité à évaluer les conséquences de décisions qui peuvent
être prises au cours des années à venir. Les enjeux à l’échelle de la France portent sur les usages de
l’électricité (orientations en terme de chauffage, renforcement des mesures de maîtrise de la demande
d’électricité, évolutions des modes d’éclairage,…) et sur l’offre de production (mise en chantier d’EPR
supplémentaires, développement des énergies renouvelables, évolution du parc de cogénération).
Leur ampleur, de l’ordre de quelques dizaines de TWh par an, n’est pas de nature à bouleverser de
fond en comble le système énergétique français.
- Détermination du kWh marginal : La sollicitation des moyens de production pour satisfaire la
demande respecte un ordre économique établi en fonction des coûts proportionnels de production de
chaque installation. Au plus bas de l’empilement se trouvent les productions dites fatales, parmi
lesquelles l’éolien et l’hydraulique au fil de l’eau. Suivent le nucléaire, puis le charbon et les cycles
combinés au gaz (CCG), et enfin le fioul et les turbines à combustion (TAC). Ainsi, à chaque instant,
un accroissement de la demande se traduira par la sollicitation du moyen de production le moins cher
disponible à la hausse. Inversement, une baisse de la demande est compensée par la réduction de la
puissance du moyen le plus cher démarré. Selon la terminologie courante, c’est le moyen de
production marginal.
- Prise en compte de la dimension européenne : La création du marché unique de l’électricité a eu
pour effet de mettre en commun tous les parcs de production de tous les producteurs européens pour
satisfaire la demande totale européenne au moindre coût.