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Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

  1. yoko83

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    octobre 2009
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    Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    A tous les perdus (comme moi) de la ventilation...
    Aux admins : bien que ce poste traite de la VMI®, je pense qu'il contient quelques infos qui seront utiles aux auto-installateurs d'autres systèmes de ventilation.

    Bonsoir à tous.

    Il y a un an, j'ai commencé à me pencher sur le poste "ventilation" de la maison que je suis en train de rénover. Ce poste est souvent oublié ou négligé, c'est pourtant ce qui va faire que vous respirerez dans votre maison un air sain : le renouvellement de l'air permet une hygrométrie optimale (sinon attention aux moisissures => sensation de froid + pathologies respiratoires), et une évacuation du CO2 et des divers polluants. Certes, des maisons Bioclimatiques sont conçues avec des cloisons "perspirantes", sans ventil, mais je ne vois pas dans ce cas comment est géré l'évacuation du CO2 que l'on génère.

    J'étais donc prêt à engager un certain budget (je visais les 6000€, pour une maison de 245m2 habitable) dans une ventilation double flux haut de gamme (j'étais partant pour une P..l Ventilation, réputée pour son rendement), j'ai finalement choisi une autre voie, à savoir la VMI® (Ventilation Mécanique par Insufflation). Non sans une grande remise en question, d'autant plus que tous les échanges que j'ai pu avoir avec les techniciens ou commerciaux de différentes marques de double Flux (Paul, Hélios entre autres) m'ont fait énormément douter du système que je m’apprêtais à mettre en œuvre.

    Mon ressenti après tous les devis que j'ai pu faire : La ventilation en maison "économes", c'est un marché qu'a su saisir des industriels qui, au final, se soucient peu des besoins du client. Je pense qu'un certain nombre de systèmes de ventilation sont peut-être inadaptés aux habitats. La double flux fait miroiter des chiffres inespérés (au delà des 100% de rendement, avec les enthalpiques), qui ne seront jamais atteints à moins d'une mise en œuvre extrêmement soignée.

    Dans mon cas précis, ma maison est relativement grande, de plein pieds, et est en forme de "U" (patio intérieur découvert). C'est très joli, mais ça a de gros défauts : les déperditions caloriques sont importantes (grande surface de parois en contact avec l'extérieur, en comparaison à un cube), et, dans le cas précis de la ventilation, le réseau à prévoir est très étendu et engendre des pertes de charges importantes.

    Les systèmes Double Flux qui m'ont été proposés par les différents fabricants m'ont petit à petit fait déchanter sur mon projet. Vu les caractéristiques de la maison, il fallait prendre un "GROS" modèle, genre "NOVUS 450" chez une marque, ou "KWL EC 500 PRO L" chez une autre. Mais :

    - le budget dépassait largement mes prévisions (+ de 8000 à 9000€ !!!)
    - le réseau aéraulitique était systématiquement du "Flexpipe" (il parait que c'est "plus facile à placer soi-même"), avec des diamètres relativement petits (75mm à doubler), un prix élevé...
    - les performances s’annonçaient décevantes => pertes de charge importantes, donc même pas sûr de pouvoir approcher les 300m3/heure, pour une consommation électrique élevée...
    - avec l'échangeur et les conduits placés dans les combles (volume non chauffé), difficile de prévoir les calories réellement récupérées...
    - quant à la mise en place, on me chiffrait quelques 400 mètres linéaires de Flexpipe (!!!), 13 plénums... j'arrête là les frais.
    - et quand sera venu le moment de nettoyer 400ml de conduits ???

    J'ai failli plusieurs fois jeter l'éponge et mettre un système très "basique" (des extracteurs électriques dans les pièces humides). J'ai finalement opté pour la VMI®, et ce post relate le parcours épique de la conception à l'implémentation de ce système. Au passage, merci à tous les intervenants du fil sur la VMI® (ici), plein de bons conseils.


    I) L'ETUDE ET LA CONCEPTION :

    1) un moyen de chauffer...

    Suite à l'acquisition de la maison, il a fallu trouver un moyen de remplacer les gros convecteurs électriques comme unique moyen de chauffage, par un système économique. Le choix s'est rapidement porté sur un poêle à bois de marque BULLERJAN, 14kw. Il permet de brûler des buches de 60cm de long. Ici, je récupère le bois (du pin) gratuitement...

    Les caractéristiques de la maison (240m2), volume chauffé environ 600m3, rendent difficiles la répartition de la chaleur du poêle, surtout aux extrémités (chambres):

    vue3D.JPG


    Il est rapidement apparu que seule la VMI® permettrait une répartition efficace de la forte chaleur convective dégagée par ce BULLERJAN : en plaçant une bouche de prise d'air au dessus du poêle.
    La double Flux aurait contribué à répartir également la chaleur, mais l'air chaud, avant d'être réinsufflé, passe par l'échangeur DF, il y a donc une perte de calories non négligeable ! Alors qu'en VMI® c'est direct.

    _DSC0148.jpg

    _DSC0147.jpg

    Restait à régler le problème de la régulation : quand et comment prendre l'air à l'extérieur ou au dessus du poêle, voir le mélanger.
    Après divers échanges et réflexions, j'optais pour un système simple : une vanne motorisée à 3 voies, volet commandé par servomoteur. J'ai trouvé mon bonheur plutôt difficilement, chez "Dumonnet" (j'espère que la marque ne sera pas supprimée par un modérateur). La commande est simplement actionnée par un double interrupteur poussoir, auquel j'ai implémenté le génialissime circuit Yokis (français, pas cher, et varois comme moi !) pour des fonctions de programmation / mémorisation de positions. J'ai abandonné l'idée de réguler de façon automatique (par ex en fonction du différentiel de température entre l'extérieur et la T° Poêle), car cette façon génèrerait de trop nombreuses sollicitations du bypass (nombreuses micro ouverture / fermetures). Je ne regrette rien...

    _DSC0146.jpg


    2) Les plans

    Plusieurs essais pour arriver à cela. Je me suis grandement inspiré de schémas disponibles sur le fabuleux post de la VMI®.
    La difficulté, c'est d'avoir un réseau avec le minimum de pertes de charges (vu les distances, difficile !), et relativement bien équilibré (cela évite un rééquilibrage par la suite).
    Pour minimiser les pertes de charge, et également le bruit, il faut ne pas se planter dans le choix des diamètres de gaines.
    Pour la prise d'air extérieure, j'opte pour un diamètre 250mm (!), puis après le moteur je passe en 160mm, à certains endroits je diminue en 125 voir 100mm (ces 2 derniers pour les chambres).
    J'arrive à case le moteur dans une position relativement "centrale".

    plan.JPG

    ... suite dans quelques instants

    -----

     


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  2. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    II) Le choix du matériel

    1) choix du moteur

    En VMI®, pas trop le choix : tu auto-construits ou tu passes ... Il est vrai qu'il existe au moins une marque qui vend du "VMI®", mais c'est un système qui me semble très léger (une seule bouche d'insufflation), et surtout l'air est pris dans les combles. Je suis totalement opposé à ce procédé, l'air des combles comportant souvent un tas de particules pas forcément bien identifiées : laine de verre / roche, amiante (mon cas : des panneaux ondulés en sous toiture en fibrociment + amiante dans toute la maison...)... Aucun filtre "domestique" n'est capable de filtrer efficacement ces particules. Hors de question de retrouver ceci insufflé dans ma maison.

    Suite à des échanges sur notre fameux forum, j'ai appris qu'il existait des moteurs basse consommation dits "ECM" (moteur à commutation électronique). Effectivement, le gain en consommation est plutôt incroyable. Les courbes données sur un site de fabricant (Fra..e Air) indiquent quelques 120W maxi à plus de 1000m3/h (!), et surtout descend rapidement à moins de 50W pour des débits encore importants (500m3/h) (ceci dépend de la perte de charge du réseau).
    Les tarifs de ces moteurs sont certes plus élevés que les modèles "standards", mais je parlerai un peu plus loin des tarifs avec une très bonne surprise à la clé.

    Mon choix s'est donc porté sur un modèle Silen's Air ECM 250 : Accepte une T° d'air jusqu'à 60°, diamètre de conduits 250, isolé.
    Pour réguler ceci, j'opte pour le système "EVOLYS V" => il permet une programmation horaire / hebdomadaire, et surtout de piloter le moteur en mode "pression constante". On en parlera plus loin.

    2) choix des conduits

    Afin d'optimiser la consommation, et donc les pertes de charge, il faut un réseau correctement dimensionné. Exit donc les "Flexpipe" et autres conduits à la mode.

    L'acier galva s'est rapidement imposé : tous diamètres disponibles, pas de problème électrostatique ni sanitaire (PVC), faible coût, facile à couper / joindre, très nombreux accessoires disponibles.
    Pour les jonctions, j'ai opté pour des raccords avec joints à lèvres, qui améliorent grandement l’étanchéité du réseau. Étant plutôt minutieux (et n'ayant pas envie d'y revenir dans 10 ans), je pose en même temps un joint mastic aérolitique (du joint acrylique spécial), puis un scotch aluminium large.

    _DSC9125.jpg



    3) conception des caissons de répartition

    Après de nombreuses et infructueuses recherches, je décide de fabriquer moi-même mes caissons de répartition. Le choix se porte sur du bois contreplaqué.
    Pour connecter les tuyaux, il faut visser / coller des piquages plats :

    _DSC9423.jpg

    _DSC9425.jpg

    _DSC9427.jpg

    J'ai au final conçu deux caissons de dimensions différentes, l'un plaçé juste après le moteur, l'autre plus loin dans le réseau, sur une arrivée 160mm (pour répartir vers les chambres)


    ... la suite dans quelques instants
     

  3. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    4) au passage, quelques photos de l'intérieur du bypass Dumonnet.
    Le servomoteur est un Gruner, très facile à cabler (comme un volet roulant) ; par contre la mise en oeuvre par l'entreprise française Bofbof...

    J'ai du reprendre à quelques endroit l'étanchéité. De plus le volet est simplement riveté sur une tige carrée actionnée par le servomoteur. A réception, un rivet ne tenait pas bien, j'ai du le refaire.
    J'ai peur qu'avec le temps le volet (simple plaque de tole) prenne du jeu et se plie un peu. C'est la seule crainte que j'ai sur tout mon système.

    _DSC9416.jpg

    _DSC9417.jpg

    ... suite tout de suite
     

  4. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    grrr j'ai perdu mon post à cause du temps limite de modif...

    5) à propos du prérequis de la VMI®

    Qui dit VMI® dit en principe préchauffage de l'air. En effet, l'air étant pris à l'extérieur pour être insufflé dans la maison, il faut le préchauffer en hiver. Diverses solutions existent, Capteurs à air, véranda solaire, puits canadien, resistance électrique... A propos de cette dernière, aucun intérêt, tant économique qu'écologique.

    Dans mon cas, vue la nature du terrain, j'ai du opter pour un puits canadien à eau glycolée (SEWT). Un échangeur fait circuler un liquide, qui passe dans mon cas dans 3 couronnes 3X100ml enterrées à 1.80m, puis qui montent et passe dans un échangeur (sorte de gros radiateur de voiture) placé juste derrière l'entrée d'air de la VMI®. L'air extérieur passe dans cet échangeur, et se préchauffe en hiver ou se rafraichit en été. Mon circulateur est un ECM (encore ) qui me permets une consommation électrique de rêve :

    _DSC0153.jpg

    Soit 9W au total ; l'eau est à 19° aujourd'hui, la T° extérieure de 15° (benh oui, on est en PACA ! Mais la nuit on est à 6°, et à Puget/argens ca descend souvent à -8°...).
    Entre 18° et 25° le circulateur s ecoupe automatiquement (T° de consigne réglables bien entendu ; il faut l'ajuster en fonction de votre T° du sol)


    A propos, gros coup de gueule => merci à ECHOS NATURE d'avoir déposé le bilan après avoir encaissé mon chèque de 4500€ pour le puits SEWT que je n'ai jamais reçu (après 6 mois d'attente), et que j'ai du racheter à Hélios (qui ne m'a pas trop fait de cadeau non plus, vue la situation ils auraient pu faire un effort). Bilan 4500€ de perdus. Fermons la parenthèse.
     

  5. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    III) La mise en œuvre

    Pour la découpe des tuyaux acier galva, je conseille fortement la meuleuse d'angle => très facile, propre et rapide.

    J'ai gagné énormément de temps en traçant dans mes combles, à la bombe aérosol fluo, la position des conduits, du moteur, de l’échangeur SEWT, des caissons, des sorties. Bref le plan en grandeur nature.
    Après il a juste fallu beaucoup de courage pour percer mes murs pignon (passage calculés pour le pas passer sous une poutre), mon plancher béton+poutrelle hourdis (attention à le pas percer dans les poutrelles mais bien dans un parpaing !)...

    _DSC9126.jpg

    _DSC9129.jpg

    _DSC0150.jpg

    _DSC9205.jpg

    _DSC0064.jpg

    Aucun tuyau acier galva ne doit etre en contact avec la maçonnerie, pour éviter les transferts thermiques et les vibrations. Les tuyaux sont simplement posé sur un tapis de laine de roche. Chaque passage de mur et fait en entourant le conduit d'un joint résiliant (une sorte de néoprène autocollant).

    Sur la dernière photo, on voit les systèmes de silencieux en place, on en parlera plus tard.
    Dernière modification par yoko83 ; 15/11/2012 à 21h10.
     


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  6. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    ... la suite demain : insonorisation, couts, et plus encore !

    Bonne nuit à tous
     

  7. dolf7

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    bonsoir
    super et merci pour ce post qui va etre comme celui du maitre avec ces cailloux un best seller du forum
    a demain pr la suite ici et sur l'autre lol
    --De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace-Danton,le 02 sept 1792--
     

  8. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    Je profite d'une petite journée OFF pour continuer...

    Quelques photos supplémentaires du matériel installé dans les combles :

    _DSC0044.jpg

    C'est la bouche d'insufflation la plus proche du moteur. En toute logique, c'est elle qui débite le plus d'air, car les pertes de charge sont minimes. Du coup, au lieu d'utiliser un registre de réglage (sorte de volet que l'on intercale avant la sortie, pour équilibrer une bonne fois pour toute le réseau), j'ai volontairement appliqué à ma gaine flexible (on en parlera plus loin dans "insonorisation") un gros coude => débit équilibré (à vue de nez, car je n'ai pas le matériel pour un équilibrage parfait ; mais on verra plus loin que çà n'a pas d’influence)


    _DSC0047.jpg

    Ici c'est l'échangeur SEWT. J'ai du opter pour un modèle dit "tertiaire" (SEWT-W 44 R), car ici le débit de ventilation prévu sera relativement élevé, surtout en été. J'ai surtout lu qu'en SEWT il vaut mieux surdimensionner par rapport à un LEWT, afin d'éviter les mauvaises surprises.
    En haut, gainé noir c'est l'arrivée d'eau provenant du circulateur et de la terre (avec le petit purgeur automatique, extrêmement pratique), juste dessous le retour qui repart vers la terre. Lors de la mise en place du matériel SEWT, j'ai eu un gros doute concernant les pertes de charge à venir (circulation d'eau dans les tuyaux), car j’atteins ici, hors couronnes, des longueurs importantes (+ de 40m aller/retour entre le circulateur et l'échangeur). Je me demandais même si le circulateur arriverait à faire circuler correctement le liquide, car la lecture des abaques de celui-ci ne me rassurait pas. J'ai opté pour du tuyau multicouche 20X2 (diamètre 20mm, 2mm d'épaisseur donc), cad le maximum que je pouvais adapter sur les raccords de l'échangeur SEWT. Et bien je suis complètement rassuré, le circulateur ECM, même à basse vitesse, fait circuler correctement le liquide provenant de mes 3 couronnes de 100m; en mode "AUTO ADAPT" je consomme 8W. Passer en vitesse maxi n'apporte quasiment rien et élève la consommation à 45W (il y a bien sur d'autres positions intermédiaires). Tout ceci fonctionne dans un silence presque parfait (à condition de bien purger l'air au départ).
    La sortie en bas à gauche (pastille bleue), c'est l'évacuation des condensats.


    _DSC0087.jpg

    Ici, à gauche un caisson de répartition, à droite le moteur.


    _DSC0089.jpg

    Le moteur repose sur des plots antivibratiles


    _DSC0090.jpg

    La partie électrique du moteur, avec le boitier de régulation sur lequel se branche la commande "EVOLYS V" via un câble réseau (une version sans fil existe, mais je préfère le filaire). Complètement à droite le boitier électronique pour la sonde du pressostat (on choisit avec la télécommande EVOLYS V certaines options, par défaut étant le module de contrôle de débit/pression. On peut rajouter par la suite diverses sondes, hygrométrie, CO2...).
     

  9. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    La partie insonorisation :
    ------------------------

    J'ai mis la première fois en marche cette ventilation au mois d'août dernier. Je n'avais alors pas encore traité la partie insonorisation, mais le fonctionnement était déjà relativement silencieux en comparaison de certaines climatisations ou autres systèmes de ventilation (Nous avons fonctionné comme ceci pendant 4 mois, dans les chambres le bruit était perceptible sans nous empêcher de dormir).

    Une chose était cependant claire et prévisible, les gaines en acier galva jouent le rôle de "résonateurs". Ce n'est pas le déplacement d'air qui provoque le bruit, mais les gaines retransmettent tous les bruits présents dans le réseau. Preuve en est, même la bouche de reprise d'air au dessus du poêle, bien que bypassée (aucune circulation d'air), retransmet les bruits du moteur. J'entends aussi fonctionner le petit servomoteur lorsque je l'actionne, il est pourtant placé à plus de 20m !!!

    / A noter que ce moteur "Silen's air 250" me parait, comme son nom l'indique, plutôt silencieux au regard de sa taille et de ses possibilités. Après je n'ai pas comparé avec autre chose. /

    J'ai d'abord pensé à traiter les caissons de répartition (ceux en contreplaqué), pensant que cela "piègerait" déjà une partie du bruit. J'ai testé divers isolants, du liège expansé à une ouate dont je vous parlerais plus loin. Le gain a été plutôt faible, il fallait que je "charge" les caissons avec beaucoup d'isolant afin d'atténuer le bruit, mais il restait un bruit de résonance aux sorties...

    Il restait alors les solutions suivantes afin d'obtenir le confort acoustique recherché :

    - acheter et placer des silencieux avant chaque sortie => il existe différents modèles, mais ils sont plutôt onéreux, et vu le nombre de sorties cela explosait mon budget. Ils comportent tous un isolant en laine de verre ou laine de roche.
    - concevoir moi-même mes silencieux
    - mettre en place quelques mètres de gaines souple isolée avant chaque sortie

    L'une de mes principales préoccupations était de concevoir une ventilation la plus saine possible. J'ai essayé de minimiser la présence de colles (juste colle à bois et mastic acrylique) dans le réseau, tout comme celle de fibres minérales. Étant plutôt de fibre écolo, le fait d'avoir de la laine de verre présente dans mon réseau ne me plaisait pas énormément.
    Après de longues recherches, j'optais à contrecœur pour de la gaine "Phoniflex" en épaisseur 50mm (ici). Il s'agit d'une gaine en aluminium spiralée, dont le papier alu est micro-perforé. Autour de cette gaine est placée 25 ou 50mm de laine de verre, c'est elle qui va piéger le bruit. Autour de tout ceci, un polyester/alu pare-vapeur, qui a pour rôle essentiel d'assurer l'étanchéité de la gaine.

    Le test a été sans appel :

    - avec seulement 1.5m de gaine, scotché temporairement en sortie d'une bouche, le bruit de résonance disparaissait totalement
    - par contre, chose très sympathique, je me retrouvais avec un tas de poussière de laine de verre qui me soufflait dans la figure . Certes, la gaine a été compressée pendant le transport, ce qui a du provoquer une dé-fibration de cette laine de verre ; peut-être qu'à l'usage la quantité de poussière de verre relarguée serait négligeable. Mais pour moi il était hors de question de "polluer" ma ventil avec ce type d'isolant.

    J'ai donc cherché un isolant de remplacement, avec des bonnes caractéristiques phoniques, un classement feu le meilleur possible, et surtout aucun relargage de poussières. Jusqu'à ce que je tombe sur cela :

    Isolant en fibre de polyester recyclé.
    => C'est un isolant à base de plastique recyclé (bouteilles PET).

    Contrairement à ce que l'on pourrait croire, son classement feu est très bon :
    Normes : Réaction anti-feu : M1 selon NF P 92-504 + B-S2-d0 selon EN 13501-1
    Ce n'est certes pas au niveau de la laine de verre, mais fera très bien l'affaire.

    Cet isolant à surtout la faculté de ne pas se défibrer :
    Non tissé ouate PES. 100% fibres polyester thermolié. Lambda 0,041. Jusqu'à 80% de fibres recyclées.R= 4,39 m².K/W
    Aucune irritation de la peau et des yeux/anallergique.
    Recyclable (100% PET).
    Sans odeur.
    Sans aucun produit chimique (sans formaldéhyde).
    Imputrescible, pas de prolifération des moisissures.
    Compressible et durable.
    Ne dégage aucune particule volatile.

    On trouve cet isolant dans les grandes surfaces de bricolage, notamment à CAST....A, appellation "ISOPERFECT" ici

    Il m'a donc simplement fallu remplacer la laine de verre de ma gaine "Phoniflex" par cet isolant.
    Le résultat est simplement parfait => plus de bruit de résonance, seul le souffle d'air est légèrement audible lorsqu'on force le débit à des valeurs proche d'un moteur d'avion de ligne (bon je m'enflamme). Et surtout aucune fibre dans l'air

    Aux bouches de sortie (ou de prise d'air du poêle) qui étaient les plus bruyantes, je suis allé jusqu'à 2.5 de longueur de cette gaine. Le minimum en place = 1.5m.

    A noter qu'avant de redécouper mes gaines acier galva en place, pour placer ces gaines flexibles, j'ai testé un autre système : j'ai tenté de reproduire un silencieux, en perçant sur 1m l'acier galva d'une centaine de microtrous. J'ai ensuite enroulé l'isolant polyester, puis un plastique scotché pour l'étanchéité. Le résultat n'était pas à la hauteur de celui des gaines flexibles, peut-être n'ai-je pas testé sur une longueur suffisante, ou le nombre de trous n'était pas suffisant non plus...

    Je me suis récemment aperçu qu'on commence à trouver des gaines flexibles de ventilation à base de cet isolant, comme quoi mon choix n'était pas trop mauvais ! ;
    Notamment ici
    L'isolant fait ici 25mm et pas 50mm, il faut donc augmenter un peu la longueur de cette gaine pour une atténuation optimale.

    Suite dans l'après-midi
     

  10. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    _DSC9570.jpg

    C'est une photo de l'isolant à base de plastique recyclé.
    Celui-ci peut-être découpé aux ciseaux (prévoir de bons ciseaux et une main de rechange, en cas de forte épaisseur).
    On peut aussi facilement, en étant minutieux, séparer l'épaisseur (on enlève à la main une "couche").

    Note marrante, cet isolant (à cellules ouvertes, c'est pour cela qu'il est bon en acoustique) a exactement la même tête que mon filtre placé au dessus du poêle (filtre G3).

    Dans le cas d'isolation de caissons de ventilation, on peut "emballer" cet isolant dans un voile de croissance ou d'hivernage (voiles pour protéger les plantes), afin d'éviter qu'il s'encrasse à terme :

    _DSC9572.jpg

    En haut, l'isolant, en bas, le voile de croissance (c'est un voile microperforé)


    LA PARTIE FILTRATION :
    *******************

    Cette partie va être rapide :

    Dans la maison, j'ai donc deux entrées d'air :

    - 1 extérieure (mais abritée)
    - 1 intérieure (reprise d'air du poêle)

    Il était indispensable de filtrer ces deux entrées.

    Je n'ai cependant pas choisi de filtre "pollen" ou de classe fine, je me suis contenté de :

    - Pour le poêle, un filtre G3 ici

    _DSC0150.jpg

    Notez que j'ai du bricoler le porte filtre, qui est prévu pour un faux-plafond => j'ai meulé deux attaches qui dépassaient beaucoup, fixé au plafond et bouché avec du plâtre (qu'il faut que je finisse, d'ailleurs )

    - Pour l'entrée extérieure, une grille antivolatiles + un filtre G4 qui est fourni avec mon échangeur SEWT (filtre à plis à faible perte de charges ; une simple moustiquaire a une perte de charges plus élevée):

    _DSC0124.jpg

    _DSC0126.jpg

    Dans les combles, j'ai placé volontairement mon échangeur SEWT proche du mur extérieur. Ainsi, lorsque mes combles seront isolées (la semaine prochaine, avec 40cm de ouate de cellulose), je pourrais tout de même accéder de l'extérieur au filtre, pour contrôle ou coup d'aspirateur sommaire. L'accès par les combles sera beaucoup plus difficile, mais nécessaire pour changer le filtre.

    Après 4 mois d'utilisation, j'ai sorti le filtre et nettoyé celui-ci ; il comportait déjà pas mal d'insectes, et avait un peu "grisé" à cause de la poussière (j'habite pourtant au beau milieu de la nature).
    Dernière modification par yoko83 ; 16/11/2012 à 13h30.
     

  11. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    LE FONCTIONNEMENT :
    ******************


    1) Régulation moteur

    J'ai donc choisi, pour la régulation du moteur, le module "EVOLYS V".
    Il existe d'autre modules, comme de simples potentiomètres, pouvant ajuster la vitesse du moteur (toute entrée 0-10v peut réguler le moteur).

    Mais l'EVOLYS V me permets :

    - de programmer une vitesse précise (ou un mode) de façon horaire, quotidienne ou hebdomadaire
    - et surtout, de piloter le moteur en "pression constante" (quezaquo ?)

    La pression constante :

    Comme je l'ai dit précédemment, l'EVOLYS V est fourni avec un boitier électronique avec deux tuyaux :

    -> en mode débit constant (c'est a dire que l'on programme le débit que l'on souhaite, genre 300m3/h), on connecte 1 tuyau (petit transparent) sur le conduit acier galva situé juste avant le moteur, le 2eme tuyau sur le conduit galva situé juste après. Le boitier électronique connait ainsi en temps réel le débit réel du moteur et régule. Note que ces tuyaux transparents sont très facile à poser : un ptit trou dans l'acier galva, après on "plugge" un connecteur prévu, on visse (un joint s'écrase pour faire l'étanchéité) et on branche le transparent

    ->en mode pression constante, on connecte 1 seul tuyau avant le moteur, le 2eme mesure la pression barométrique de l'air "ambiant". On ne choisit plus, dans ce cas, un débit cible, mais une pression (en pascals).
    Le gros avantage, c'est lorsque l'on s'équipe de bouches d'insufflation réglables, comme ceci :

    _DSC0149.jpg

    _DSC0152.jpg

    Ces bouches peuvent être ajustées en vissant ou dévissant la petite molette. Et c'est top ! On peut augmenter le soufflage, diminuer ou même totalement fermer celle-ci (plus du tout d'air ne passe). On peut même les orienter.
    En fermant par exemple une bouche, on augmente la pression dans le réseau aérolitique ; cette augmentation est détectée par le boitier, qui ajuste la vitesse du moteur pour garder la pression de consigne. J'étais d'abord sceptique, en fait c'est excellent, et je ne fonctionne plus que comme celà !

    NOTA : avant d'implémenter l'EVOLYS V, je fonctionnais avec le potentiomètre fourni, de 0 à 10v ; je pilotais le moteur de 0 à 100%. Depuis l'Evolys V, celui-ci ne peut descendre en dessous de 30% en vitesse mini. Ce n'est pas gênant dans mon cas, mais je ne vois pas pourquoi le fabriquant a imposé cette limite.

    Pour résumer => toutes les bouches de la maison ouvertes en grand => le moteur va augmenter son débit en grand. Une seule bouche ouverte => il diminue au mini (30%). Cela permet d'avoir à chaque bouche finalement, un débit constant, quelque soit l'ouverture des autres bouches...

    _DSC0144.jpg


    2) Bypass poêle

    J'ai donc choisi un bypass motorisé actionné par un interrupteur double poussoir du commerce, auquel j'ai ajouté un boitier Yokis.
    Pour info, Yokis, c'est plein de petits micromodules électroniques à rajouter (sur tableau électrique ou dans des boites électriques encastrées)

    ICI

    Dans mon cas un MVR500E. Il me permet :

    - des actions comme mettre le bypass en position intermédiaire programmée (j'appuie 2 fois sur un poussoir)
    - fermer, ouvrir, stopper le bypass
    - programmer une ouverture précise à une heure précise quotidiennement

    J'avais déjà utilisé ces micromodules pour un détecteur de présence (lumière), c'est topissime et c'est français je répète
    C'est relativement facile à câbler pour quelqu'un qui s'y connait un peu en électricité.

    Eh bien je n'ai qu'une chose à dire : CA FONCTIONNE
     

  12. yoko83

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    IV ) LES TARIFS

    Avant de demander des devis, j'avais bien ficelé mon projet :

    - calcul EXACT du nombre de conduits acier galva
    - accessoires (joint résiliant, grille, porte filtre...)
    - moteur
    - régulation
    - nombre de bouches

    J'ai tout répertorié dans un fichier excel, en précisant les codes produits de façon à mâcher le travail du commercial.

    Pour toute la partie ventilation, j'étais prêt à mettre 6000€ max, soit mon budget initial pour une double flux (qui, pour rappel, m'ont été proposées à + de 8000€).
    Il faut rappeler que ce projet n'est plus simplement un projet de ventilation, mais qu'il assurera le chauffage de toute la maison.

    Voici les devis que j'ai reçu rapidement en retour :

    devis.pdf

    (le prix est HT, livraison offerte)

    A cela il faut rajouter la prix du Bypass :

    facture Bypass.pdf

    (le prix est TTC)

    Il faut encore ajouter un peu de matériel, notamment le contreplaqué pour les caissons, l'isolant et la gaine flexible pour l'acoustique, les câbles électriques.

    En gros le total doit tourner à moins de 2600€ TTC !!!

    Ça a été la très bonne surprise de ce poste.

    Ce prix ne tient pas compte du puits canadien, hors sujet, et avec lequel j'ai eu une très mauvaise expérience d'achat (dépôt de bilan dont j'ai parlé plus tôt...)

    ### devenu inutile



    Merci.
    Dernière modification par SK69202 ; 16/11/2012 à 19h35. Motif: gestion pièce jointe
     

  13. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    V) LE RETOUR D'EXPERIENCE

    Après un peu plus de 4 mois de fonctionnement sans interruption, voilà ce que je peux dire :

    - La ventilation est complètement oubliée dans l'habitat : inaudible, pas de sensation de courant d'air

    - Augmentation du confort évidente : l'année dernière, à cette même époque, la fenêtre de la chambre des enfants était pleine de buée le matin ; ça sentait le "phoque". Maintenant, plus aucune buée. Plus aucune odeur de "renfermé".

    - Au niveau thermique, nous n'avons pas encore isolé les combles, ce qui sera fait la semaine prochaine (40cm de ouate de cellulose, qui "noiera" tout le réseau acier galva ). En attendant, le fait d'utiliser la répartition de l'air chaud du poêle chauffe les oiseaux. Il y a beaucoup de mètres linéaires de conduits AG, je vous laisse imaginer la déperdition calorique dans ces combles ! Mais nous avons pu tout de même tester le fonctionnement de cette répartition, qui s'avère prometteur : avec une prise d'air au dessus du poêle à 34° (on est même monté jusqu'à 38°), je souffle à 23° dans la chambre des enfants, qui est la pièce la plus éloignée !

    Mais comme un dessin vaut mieux qu'un long discours :

    graphe sans isolant poele en marche.png


    Donc retour d'expérience dans 1 semaine 1/2 !


    Points que je n'ai pas encore traités :

    - les extractions dans les pièces humides : seule 1 salle de bain possède une grille d'extraction ; la 2eme pièce d'eau n'a rien. Il faudra que je les équipe d'un clapet antiretour (membrane très légère en caoutchouc)
    - contrôler l'étanchéité de la maison et vérifier que l'air sort bien par ces grilles (ce qui semble déjà le cas dans la pièce équipée : en tout cas aucun air froid ne rentre, et la salle de bains est sèche)


    J'arrête là mon compte-rendu pour l'instant.

    Bonne lecture (et bon courage !)
    Dernière modification par yoko83 ; 16/11/2012 à 14h45.
     

  14. Jypou

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    Bravo pour ce travail de recherche et pour l'exposé.
    Il y a une chose que je comprends pas bien: la régulation de la ventilation.
    Il est prévu un extracteur indépendant dans la cuisine, peut être aussi pour d'autres pièces, lesquelles?. Quand on le met en route, est-ce la VMI® qui amène de l'air en plus automatiquement? par un registre motorisé sur l'amenée d'air ou est ce la régulation à pression constante qui compense automatiquement en augmentant le débit?
    La solution retenue pour le ventilateur: est ce à pression constante ou à débit constant.
    Je n'ai surement pas lu au bon endroit. Y a t il un schéma de principe du réseau d'insufflation et des rejet/extraction pour comprendre.
    Merci
     

  15. yoko83

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    Re : Reportage conception et installation VMI® en rénovation (version intégrale)

    Je répondrais à tes questions ce soir, dès que j'aurais un petit moment
     


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