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comportement inné/appris




  1. #1
    Lugganath
    Il y a quelques mois je suis tombée sur un livre à la bibliothèque "quand les singes prennent le thé" de F. de Waal,qui parle du comportement des primates. C'était la première fois que je lisais quelque chose de ce style, et j'ai été agréablement surprise...il est accessible à tout le monde, interessant et bourré d'anecdotes rigolottes.
    J'ai lu dans ce livre que les chimpanzés avaient très peur des serpents, dans la nature lorsqu'un chimpanzé voit un serpent il crie pour donner l'alerte et toute la bande grimpe aux arbres ... mais l'auteur a un jour présenté un serpent à un chimpanzé dans un zoo, né en captivité...et il n'a pas réagi !! Comme quoi le fait d'avoir peur des serpents n'est pas instinctif mais un comportement qui s'apprend.
    Par ailleurs je possède chez moi un vieux lapin nain et il y a maintenant plus de 2 ans je décidai d'acheter un furet. J'avais peur que l'odeur du furet n'effraie le lapin, je les ai donc installé dans des pièces différentes, mais avec le temps le furet a fini par entrer régulièrment dans la cuisine (pièce du lapin) sans pour autant que le lapin s'affole.
    Curieuse, j'ai essayé d'aller plus loin, j'ai pris le furet dans mes bras et je l'ai mis à hauteur de la cage du lapin. Au début le furet ne l'avait pas vu et quand le lapin s'est approché d'un bond pour renifler l'intrus, le furet a fui !! Amusée j'ai renouvelé l'expérience, le lapin s'est encore approché pour sentir le furet qui lui , s'est mis à faire une léchouille au lapin !!
    Petit à petit j'ai essayé de les habituer l'un à l'autre en les faisant se sentir de temps en temps (mais en maintenant fermement le furet quand même!) et un jour j'ai placé (en le tenant toujours un peu) le furet DANS la cage du lapin : le furet a bondi...sur la gamelle du lapin pour lui chiper ses croquettes à la carotte!!!!
    Bref encore une expérience qui montre que la peur de l'ennemi doit s'apprendre. (par contre j'ai lu des expériences similaires où le furet a fini par croquer le lapin au bout d'un certain temps !!)
    J'ai commencé un autre livre qui étudie le comportement ludique des animaux, et une expérience a montré que des rats (nés en laboratoire) ne jouent pour ainsi dire plus lorsqu'on les place dans une boite avec dedans des poils de chats !!!! Alors là, je ne comprends plus !
    Surtout que j'ai aussi possédé des souris blanches et elles n'avaientt pas peur de mon chat qui s'endormait sur la cage et elles venaient lui tirer les poils !!
    Avez vous aussi vécu des expériences pouvant montrer que la peur de l'ennemi est inné (instinctif ) ou appris ?

    Voilà, pardon pour le roman !

    -----


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  3. #2
    kinette
    Bonjour,

    J'ai lu dans ce livre que les chimpanzés avaient très peur des serpents, dans la nature lorsqu'un chimpanzé voit un serpent il crie pour donner l'alerte et toute la bande grimpe aux arbres ... mais l'auteur a un jour présenté un serpent à un chimpanzé dans un zoo, né en captivité...et il n'a pas réagi !! Comme quoi le fait d'avoir peur des serpents n'est pas instinctif mais un comportement qui s'apprend.
    Tiens c'est marrant... je me rappelle d'un documentaire animalier qui montrait chez de babouins (il me semble, enfin de toute façon des singes plus éloignés de nous) que si on mettait un serpent en plastique sur le tas de nourriture il y avait une inversion de l'ordre des individus allant s'alimenter, car le dominant laissait les autres prendre le risque. Le film était réalisé sur des animaux élevés en captivité, et j'en avais conclus que la réaction de peur observée (qui était très forte) devait être instinctive...
    Peut-être l'est-elle chez certains singes et pas d'autres...

    Je me suis aussi demandé à quel point cette peur était insticntive ou non chez l'homme. Je n'ai "raisonnablement" pas peur des serpents. J'ai même vu manipuler des vipères très près de moi, j'en ai coincé plusieurs sous mes bottes pendant un stage de maîtrise (au centre de Paimpont), j'ai déjà manipulé pas mal de couleuvres, et en ai attrappé. Et pourtant j'avoue avoir ressenti plein de fois une accélération cardiaque à la vue d'un serpent, ou de quelque chose que j'ai pris pour un serpent. Une fois que j'ai attrappé une petite couleuvre vipérine pour la montrer à mes étudiants, j'avoue qu'alors, au moment de l'attrapper, intérieurement je ne me sentais pas super bien...
    Je ne suis pas certaine que ce soit instinctif, mais en tout cas c'est une peur irrationnelle.

    Par ailleurs je possède chez moi un vieux lapin nain et il y a maintenant plus de 2 ans je décidai d'acheter un furet. J'avais peur que l'odeur du furet n'effraie le lapin, je les ai donc installé dans des pièces différentes, mais avec le temps le furet a fini par entrer régulièrment dans la cuisine (pièce du lapin) sans pour autant que le lapin s'affole.
    Comme tu le dis, c'est peut-être "avec le temps" et il y a une question d'habituation.
    Chez les souris et rats (pour le lapin je ne sais pas) on a montré des symptômes de stress (innés) lorsqu'on les mettait en présence d'odeurs de carnivores...

    Bref encore une expérience qui montre que la peur de l'ennemi doit s'apprendre.
    Bon... attention à ne pas tirer des généralités d'expériences particulières.
    Il y a aussi des cas où cette peur est innée.
    Il me semble que c'est Konrad Lorentz qui a montré que les oies ont une peur innée d'un objet volant ayant une forme de rapace... si on inverse le sens de vol de la silhouette, ce qui donne alors l'impression d'une oie volant (la "queue" devient le "cou" et vice-versa) la silhouette n'effraie plus...
    Bref ça dépend beaucoup des espèces...

    J'ai commencé un autre livre qui étudie le comportement ludique des animaux, et une expérience a montré que des rats (nés en laboratoire) ne jouent pour ainsi dire plus lorsqu'on les place dans une boite avec dedans des poils de chats !!!! Alors là, je ne comprends plus !
    Surtout que j'ai aussi possédé des souris blanches et elles n'avaientt pas peur de mon chat qui s'endormait sur la cage et elles venaient lui tirer les poils !!
    A mon avis on observe sans problème ces réactions lors d'un premier contact avec le prédateur (potentiel) ou avec son odeur. Ensuite, si l'animal n'est finalement pas agressé, il peut apprendre à considérer l'odeur et le prédateur potentiel comme neutre voire amical.

    Ah aussi une autre chose, je pense que pour les expériences où on teste l'effet de l'odeur d'un prédateur sur une proie, on choisit généralement des animaux proches des animaux sauvages. Dans le cas de lapins ou de souris blanche, il se peut que la domestication ait atténué voire supprimé des réactions observées chez des animaux plus "sauvages" (les animaux albinos ont généralement des comportements moins agressifs que les types "sauvages", je me suis d'ailleurs toujours demandé pourquoi... peut-être simplement parce que les lignées albinos ont été conservées et sélectionnées plus longtemps???).

    Voilà, pardon pour le roman !
    Plutôt sympa ton romant, et tu te poses des questions intéressantes!

    K.
    Nomina si nescis, perit et cognito rerum.

  4. #3
    Neutrino
    Cela me rappelle un fait amusant. La peur instinctive du serpent a été utile à une espèce... le chat! En effet... le motif sauvage de son pelage mime les motifs d'un serpent, et quand le chat veut mettre en fuite, il met ses oreilles en arrière et crache... ce qui le fait énormément ressembler à un serpent!
    Neutrino


  5. #4
    Lugganath
    finalement c'est étonnant les différences fondamentales qu'il peut y avoir entre 2 espèces voisines (rat-souris, babouins-chimpanzés). Chez certains la peur est instinctive et chez les autres non ...curieux.

  6. #5
    Neutrino
    Justement c'est un des problèmes de classifier les espèces (qui sont bien réelles) en genres... parce que deux espèces apparament proches qu'on classe dans un genre peuvent avoir d'énormes différences comportementales etc. qu'on ne détecte pas forcément...

    La souris et le rat restent deux animaux très différents. Un rat est beaucoup plus agressif, entreprenant qu'une souris. On m'a toujours dit que les chats étaient innefficaces contre les rats et qu'il fallait pour les traquer des chiens spéciaux aux courtes pattes...
    Etant donné que les rats, surtout quand ils vivent en masse, n'ont aucune crainte à avoir des chats, c'est peu étonnant qu'ils n'aient absolument aucune peur de l'odeur qui émanent des poils...

    Par contre, dans un environnement urbain où il y a surpopulation artificielle de chats (causée par les rejets humains et les abandons) et de rats, et que les chats adoptent des comportements sociaux (une fois j'ai vu ce spectacle assez fantasmagorique d'une bande de chats entrain de se partager les restes d'un menu fastfood sous le regard d'un gros chat aux poils longs, le dominant, posé sur le capot d'une voiture...), j'aimerais bien voir si les rats commencent à craindre les chats.
    Neutrino

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    Guillmot
    Citation Envoyé par Neutrino
    Justement c'est un des problèmes de classifier les espèces (qui sont bien réelles) en genres... parce que deux espèces apparament proches qu'on classe dans un genre peuvent avoir d'énormes différences comportementales etc. qu'on ne détecte pas forcément...
    Moui, mais à quel type de classification fais-tu allusion ? J'ai un peu de mal à suivre ta critique sur ce coup là

  9. #7
    Neutrino
    La classification populaire, en fait la taxinomie intuitive qui considère les rats comme de grosses souris....
    Je ne pense pas que la taxinomie scientifique soit critiquable sur ce point.
    Neutrino

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  11. #8
    Guillmot
    Ha d'accord. Enfin des exemples d'espèces appartenant au même genre et ayant un comportement nettement différent, tu en as pas mal dans la Classification. Un exemple tout bête:
    On pourrait comparer les Pouillots véloces (Phylloscopus collybita) et fitis (Phylloscopus trochilus), deux oiseaux très proches morphologiquement mais totalement différents à l'écoute, que ce soit dans leurs chants respectifs comme dans leurs cris d'appel !

    Voilà la réflexion que m'évoquait ton intervention, pour ce qui est des différences comportementales entre deux espèces très proches !

  12. #9
    Neutrino
    Apparament pour les oiseaux, si la différence comportementale est énorme, au niveau génétique et même histologique, c'est infime, il y a juste de petites différences à l'échelle de la dizaine de neurones! cf. un article dans la Recherche récemment...
    En fait le comportement varie trop en fonction de caractères infimes pour que ce soit un moyen de définir un genre...
    Neutrino

  13. #10
    Guillmot
    Eh oui, comme tu le soulignes les différences cellulaires sont très faibles et tout se joue le plus souvent au comportement ou au phénotype (couleur du plumage, des pattes, bec...).

    Un autre exemple amusant: les Bergeronnettes grises et de Yarell: l'une est nettement grise, sédentaire en Bretagne l'autre, la Yarell, est nettement plus sombre; migratrice et hivernante en Bretagne. La différence ? Sur un point classification, elle ne tient qu'à une sous-espèce près ! (Motacilla alba alba et Motacilla alba yarelli). Mais sur un plan comportemental, la différence est nette pour l'observateur, puisqu'une d'entre eux n'est pas présente en Bretagne l'été

    Bref en se basant que sur le comportement pour classifier, on pourrait même commettre de grosses erreurs de classification, en séparant deux individus en deux espèces nettes alors qu'il s'agit de sous-espèces, par exemple. Heureusement il existe des critères bien nets et irréfutables pour déterminer si deux individus sont de la même espèce ou pas, of course !

    Voilà pour les piafs, j'arrête là mais le filon est inépuisable lol

    Guil' fou d'oiseaux.

  14. #11
    Neutrino
    Les oiseaux sont un monde à part dans la biologie, il faut dire qu'ils ont un cerveau miniature qui pourtant doit prendre en charge énormément de fonctions (autant que les mammifères), ça explique sûrement d'aussi grandes variations comportementales pour d'aussi petites variations génétiques.
    Et, au risque de dire une bêtise, je pense que les oiseaux ont une sélection sexuelle beaucoup plus... performante? Ca explique peut être la variation de couleur du plumage au sein d'une même espèce... hmmm. à voir.
    Neutrino

  15. #12
    invite158967239
    des rats (nés en laboratoire) ne jouent pour ainsi dire plus lorsqu'on les place dans une boite avec dedans des poils de chats
    Peut etre a cause de leur faible nombre, inefficace contre les chats?
    Juste une idée, comme ca...
    Sinon, c'est assez logique, puisqu'un rat ayant peur de facon innée des chats a plus de chances de survivre.
    A+
    Pierre

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