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Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales



  1. #1
    Whim

    Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Bonjour tout le monde,

    Je vois de plus en plus de survivalistes et autonomistes parler de leur façon de vivre et l'une d'elle me semble dangereuse d'un point de vue biologiste et j'aimerais vérifier ça avec des biologistes.

    Le point qui me dérange concerne la réutilisation des matières fécales comme engrais, louable en soit dans le contexte des pesticides et du recyclage, mais n'y a t-il pas un risque sanitaire important ?

    Je veux dire, outre la contamination possible des nappes phréatiques, ne risque t-il pas de créer un bouillon de culture de bactéries issue du biome humain, qui risque de continuer à devenir plus endurante ?

    J'ai cru comprendre que l'une des stratégies de l'humanité pour être plus résistante aux micro-organismes est de continuer à développer les progrès curatifs de tout bords, tout en essayant de ralentir l'évolution des micro-organismes, par exemple en traitant les égouts.

    D'ailleurs n'est-ce pas en partie pour ces raisons qu'il existe de moins en moins de pandémie dans le monde développé ?

    Cordialement.

    -----


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  3. #2
    Whim

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Personne n'est intéressé par le sujet ?

    Je pensais que les biologistes auraient une opinion technique là dessus, ou au moins une vague opinion.

  4. #3
    Flyingbike

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    en réalité, peu de microorganismes de la flore humaine survivent à l'extérieur. J'ai du mal à concevoir quel danger vous essayez d'imaginer...
    La vie trouve toujours un chemin

  5. #4
    Whim

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    J'ai du mal à concevoir quel danger vous essayez d'imaginer...
    Prenons un exemple concret. Quelqu'un cultive un potager et le fertilise avec les matières fécales richement azotées, sans prendre le soin de détruire les micro-organismes de la flore humaine.

    Pour reprendre vos propres mots, "peu survivent", mais il y a bien quelques bactéries qui vont y parvenir, au bout d'un certain nombre de fois puisque cette personne va fertiliser par exemple tout les jours son potager.

    Si on met de côtés les problèmes de contaminations de la nappe phréatique, ces bactéries survivantes vont coloniser leur milieu et prospérer, et se trouvant sur le potager, pourquoi pas trouver un porteur comme une racine ou un fruit du potager, qui se trouve être un eucaryote (comme un être humain donc), et bien que différents, ces bactéries pourront peut être revenir dans l'être humain en tant que souche plus résistante puisque ce clone de bactérie a survécu à son milieu.

    Dans un tel scénario, cette bactérie a de fait évolué, elle a gagné quelques chose lors de ce cycle, là où d'autres ont échoués.


    N'est-il pas possible qu'en répétant ce cycle, on finisse par avoir dans la flore humaine des bactéries qui travaillent certes en symbiose avec le corps humain, mais aussi des bactéries qui sont plus résistantes, donc à priori plus menaçante ?
    Et encore, si on rajoute dans ce scénario un contact avec un agent chimique, cette bactérie peut acquérir encore plus de résistance.

    Évidemment vous me direz que cela fait beaucoup de "si", de "peut être", de "pourquoi pas", mais après tout, n'est-ce pas un scénario qui concerne tout les jours des millions d'êtres humains dans le monde (donc des millions d'essais chaque jours), et généralement dans des pays avec de forts problèmes sanitaires ?


    J'aimerais beaucoup l'avis d'un biologiste sur ce sujet, mes connaissances en la matière sont très perfectibles.

  6. #5
    Flyingbike

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Hello

    Honnêtement je ne sais pas si c'est modélisable... En théorie, cela pourrait arriver, avec tous les "si" et les "peut-être" que vous mentionnez...

    Je connais bien les bactéries de la flore humaine et les principaux pathogènes, et par définition ce sont des microorganismes dont les conditions de vie sont très différentes de ce qu'on peut trouver dans la nature...qui n'est pas un réservoir pour ceux ci (à ma connaissance) Instinctivement, je pourrais vous dire que ces microorganismes seront en compétition directe avec ceux du sol, qui, étant chez eux, sont déjà largement favorisés (en termes de compétition de niche écologique). Et pour "évoluer" (dans le sens acquérir des résistances), il faut quand même parvenir à proliférer, ce qui est mal parti.

    On ne penserait pas, comme ça, mais les bactéries de la flore intestinale sont très exigeants. Tellement qu'une grande partie n'est même pas cultivable en laboratoire, par exemple.

    Donc au final, je ne dirais pas que c'est impossible, mais ça me parait assez peu probable.
    La vie trouve toujours un chemin

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    Whim

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Bon, c'est mieux que rien comme réponse, merci d'avoir répondu.

    Je note quand même comme conclusion que ce scénario est improbable, mais possible, surtout si on imagine ça sur une population grande et sur une longue durée (à terme, les statistiques devraient jouer contre nous il me semble).

    Les scientifiques dans les reportages parlent souvent d'une grande pandémie attendue, notamment parce qu'on utilise beaucoup de médicaments, antibiotiques et j'en passe, et pour citer ta maxime: "La vie trouve toujours un chemin".

    Mais peut être que ceux qui vendent ces documentaires en font trop, qui sait.

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  10. #7
    Arion8

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Je crois que ton scenario est plus qu'improbable. En admettant que la bacterie puisse survivre en dehors du corps humain, pour prospérer et atteindre des populations suffisante pour espérer un jour infecte quelqu'un, il faudrait qu'elle accumulent un paquet de nouvelle caractéristiques, surtout qu'elle sera en compétition avec des bactéries qui elle sont très bien adapter a leur milieu.

    En plus, pour pouvoir revenir au tube digestif, if faudrait que ces changement de phénotype n'affecte pas leur métabolisme dans le tube digestif (ce qui rend les chose encore plus improbable), mais surtout, pour devenir pathogénique, il faudrait que ces nouvelles bactérie soit concurrentielle par rapport a celles qui y sont déjà. Or s'adapter a un nouvel environnement, sans perdre les caractéristiques des adaptation au milieu précédent est difficile, surtout que l'on parle de milieu TRÈS différent (thermoregule est quasi anaérobique contre non thermorégule et riche en oxygène, sans parler de différence de pH très importantes).

    Il ne faut pas oublier que ta bactérie ne vit pas dans un monde stérile, est que pour se développer a des niveau de population important il faut qu’elle soit au moins aussi bien adapter a sont milieu que les autres bactéries qui utilise les même nutriments.

    Pour finir, il y a une raison pour lequel les bactéries ne change pas constamment de niche écologique. Toutes les bactéries ne doivent leur succès qu'a leur haut niveau de spécialisation et d'adaptation a leur milieu. Or il est très improbable qu'un bactérie, en quelque dizaine voir centaine ou même millier d’années puisse changer de niche deux fois en étant mieux (ou au moins aussi bien) adapter que des bactéries natives, alors que celle ci n'ont jamais eu a changer de niche écologique. Surtout que ces niches sont drastiquement différentes.

    Tu notera que je ne dis pas que c'est impossible, pas parce que je pense que ça l'est, mais parce que c'est un mot que les scientifiques évitent a tout prix. Mais je parierai mon entiere fortune que cela ne sera jamais un problème.

  11. #8
    Flyingbike

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Citation Envoyé par Arion8 Voir le message
    Je crois que ton scenario est plus qu'improbable. En admettant que la bacterie puisse survivre en dehors du corps humain, pour prospérer et atteindre des populations suffisante pour espérer un jour infecte quelqu'un, il faudrait qu'elle accumulent un paquet de nouvelle caractéristiques, surtout qu'elle sera en compétition avec des bactéries qui elle sont très bien adapter a leur milieu.

    En plus, pour pouvoir revenir au tube digestif, if faudrait que ces changement de phénotype n'affecte pas leur métabolisme dans le tube digestif (ce qui rend les chose encore plus improbable), mais surtout, pour devenir pathogénique, il faudrait que ces nouvelles bactérie soit concurrentielle par rapport a celles qui y sont déjà. Or s'adapter a un nouvel environnement, sans perdre les caractéristiques des adaptation au milieu précédent est difficile, surtout que l'on parle de milieu TRÈS différent (thermoregule est quasi anaérobique contre non thermorégule et riche en oxygène, sans parler de différence de pH très importantes).

    Il ne faut pas oublier que ta bactérie ne vit pas dans un monde stérile, est que pour se développer a des niveau de population important il faut qu’elle soit au moins aussi bien adapter a sont milieu que les autres bactéries qui utilise les même nutriments.

    Pour finir, il y a une raison pour lequel les bactéries ne change pas constamment de niche écologique. Toutes les bactéries ne doivent leur succès qu'a leur haut niveau de spécialisation et d'adaptation a leur milieu. Or il est très improbable qu'un bactérie, en quelque dizaine voir centaine ou même millier d’années puisse changer de niche deux fois en étant mieux (ou au moins aussi bien) adapter que des bactéries natives, alors que celle ci n'ont jamais eu a changer de niche écologique. Surtout que ces niches sont drastiquement différentes.

    Tu notera que je ne dis pas que c'est impossible, pas parce que je pense que ça l'est, mais parce que c'est un mot que les scientifiques évitent a tout prix. Mais je parierai mon entiere fortune que cela ne sera jamais un problème.
    oui, c'est à peu près ce que j'ai répondu...
    La vie trouve toujours un chemin

  12. #9
    Arion8

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Avec plus de fautes d'orthographes

  13. #10
    minushabens

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Mais cela dit, il existe des parasites qui sont excrétés dans les fèces et restent capables d'infecter un animal qui manipulerait ou ingérerait lesdites fèces. C'est le cas notamment de certains virus mais aussi de Toxoplasma gondii, d'oxyures, etc.

  14. #11
    minushabens

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Je viens de penser à Vibrio cholerae, donc il y a bien des bactéries excrétées dans les fèces qui peuvent survivre et se transmettre.

  15. #12
    Whim

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Merci pour vous réponses.

    minushabens

    Je me suis renseigné auprès des micro-organismes que tu cites, et je pensais en effet à quelques chose dans ce genre (très intéressant au passage).

    Bien que comme le souligne Flyingbike et Arion8 appui technique en main ce sont des scénarios improbable...mais apparemment possible !

    En Europe le choléra n'existe plus depuis 1992, mais dans le reste du monde ce n'est pas le cas, il y a donc par exemple ce protozoaire Vibrio cholerae qui parasite les cellules humaines, puis se retrouve en environnement naturel, puis de nouveau migre dans le corps humain.

    Après, il semblerait qu'il ne représente pas une grande menace (son plus grand atout est le manque d'hygiène et de moyens des populations confrontées à de dangereuses déshydratations mal gérées et fatales) d'autant plus qu'on l'a éradiqué d'Europe, mais bon cela confirme ce que je pensais, à savoir que des populations pas forcément rigoureuses sur la stérilisation des matières fécales peut créer in vivier pathogène, et après tel un incendie naissant, rien ne va plus.

    Pour le choléra, ça va tant que personne ne vient le planter ici, mais pour les autres agents infectieux que je ne connais pas (s'il en existe) où va t-on ?
    Si en plus on rajoute au scénario de l'autonomiste en proximité avec des animaux dont il consomme la nourriture (oeufs, lait, chair) et si on ajoute le fait que ces animaux sont exposés à des vecteurs contagieux (contact avec des oiseaux et insectes volants notamment), n'est-il pas raisonnable de penser que ce vivier pathogène est en attente de propagation via les vecteurs de la faune ?

    Je noircis le tableau bien sûr, mais c'est juste qu'on parle de plus en plus de fermes autonomes qui n'utilise plus d'engrais mais d'excréments à la place alors je me pose des questions.

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  17. #13
    Flyingbike

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    C'est sur qu'en prenant les cas extrêmes ça change tout... En europe comme vous le dites le choléra n'est pas un problème. Mais il est évident que répandre des selles d'une personne infectée dans les champs est une idée totalement idiote, pas besoin d'en débattre pour le comprendre !


    PS : Vibrio cholerae n'est pas un protozoaire mais une bactérie
    La vie trouve toujours un chemin

  18. #14
    minushabens

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Citation Envoyé par Whim Voir le message
    Je noircis le tableau bien sûr, mais c'est juste qu'on parle de plus en plus de fermes autonomes qui n'utilise plus d'engrais mais d'excréments à la place alors je me pose des questions.
    Dans le cas de T gondii (le protozoaire) il faut ingérer les fèces pour s'infecter. C'est ce que font les souris, qui sont coprophages: elles ingèrent des fèces de chat, acquièrent T gondii, puis un autre chat ingère la souris et l'acquiert à sont tour. Pour le choléra la transmission se fait via la consommation d'eau souillée.

    Ce dont tu parles est différent, puisque l'engrais ne pénètre pas la plante. Si les plantes sont lavées et/ou cuites le risque me paraît limité.

  19. #15
    Whim

    Re : Risques sanitaires liés aux engrais issus de matières fécales

    Flyingbike

    Mais il est évident que répandre des selles d'une personne infectée dans les champs est une idée totalement idiote, pas besoin d'en débattre pour le comprendre !
    Certes, mais d'autres ne l'ont apparemment pas comprit, ce qui est très embêtant, car parfois ces personnes ont des familles et des enfants qui font confiance à leur parents et à leur foi inébranlable aux idéaux autonomistes, quel que soit leur niveau en biologie.

    PS : Vibrio cholerae n'est pas un protozoaire mais une bactérie
    Oui j'ai mélangé en effet.

    minushabens

    Dans le cas de T gondii (le protozoaire) il faut ingérer les fèces pour s'infecter. C'est ce que font les souris, qui sont coprophages: elles ingèrent des fèces de chat, acquièrent T gondii, puis un autre chat ingère la souris et l'acquiert à sont tour. Pour le choléra la transmission se fait via la consommation d'eau souillée.

    Ce dont tu parles est différent, puisque l'engrais ne pénètre pas la plante. Si les plantes sont lavées et/ou cuites le risque me paraît limité.
    D'accord, vu d'ici ça a l'air plus difficile d'être contaminé et de permettre au scénario d'être crédible.

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