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Exploration d'un syndrome dépressif chez la personne âgée



  1. #1
    nikov

    Exploration d'un syndrome dépressif chez la personne âgée


    ------

    Salut à tous,
    Voilà une grande question. Il me semble que la clinique de la personne âgée reste en grande partie à écrire.
    Me penchant sur l'exploration de la thymie chez la personne âgée, je me suis heurté aux limites de la nosographie actuelle. Quelles outils a t-on à disposition?
    - Les échelles cliniques de la dépression (style GDS): je ne parlerai pas de la mini GDS à 4 items qui me semble assez ridicule, la GDS me semble très limité pour apréhender une dépression masquée.
    - Les critères diagnostics: le DSM semble mettre tout le monde dans le même panier, jeune vieux, dément, ado... bref celà semble bien éloigné de la clinique et je le trouve plutôt adapté au psychiatre (présence dépression = AD), mais il n'est d'aucun secours pour "colorer" la dépression, me semble trop standard pour éclairer un psychologue.

    Bref, y a t-il ici des praticiens psychologues confrontés au problème de la dépression chez la personne âgée (très sous-diagnostiquée)?
    Quels outils utilisez-vous pour débrouiller les choses lors du premier entretien?

    Cordialement.

    -----
    L'intolérence est commune à tous ceux dont l'idéal est d'imposer aux autres leur idéal.

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  3. #2
    Résilient

    Re : Exploration d'un syndrome dépressif chez la personne âgée

    Bonjour Nikov,

    En effet ceci est une grande question.
    Tu auras pu remarquer que la littérature qui foisonne vis à vis du sujet pose les mêmes limites méthodo, chacun fait ses études avec des outils différents, ce qui ne facilite en rien le recoupement des études afin d'expliquer (enfin tenter d'expliquer )

    Je dirais que le meilleur outil c'est toi, mais çà reste un peu facile à dire:

    Il existe la MADRS (Montgomery-Asberg Depression Rating Scale) qui est un outil en dix items très sensible. C'est un questionnaire d'entretien si je puis dire, pas vraiment directif ou semi structuré, je pense que c'est l'outil qu'il te faut pour te dégager des auto questionnaires dont tu as précisé les limites.

    Cet outil appuie l'outil que tu es toi en tant que praticien, personnellement je le trouve assez admirable.
    Il évalue notamment l'appétit, le sommeil, la tristesse apparente, la tristesse exprimée...
    Sa passation est assez longue chez un sujet agé lorsqu'on y est pas familier(1H30 - 2H) Mais lorsque tu le pratique régulièrement tu peux avoir une idée précise de la sévérité dépressive d'un sujet en 30 minutes).
    De plus tu peux faire émerger plein d'autres choses et c'est en çà que je le trouve assez admirable pour un travail clinique.

    Tu peux l'adjoindre au MINI (Mini-International Neuropsychiatric Interview) qui est un outil d'entretien semi structuré évaluant plusieurs troubles psychiatriques, mais dans lequel chaque partie peut être cotée indépendamment d'une autre, i.e. tu peux ne t'intéresser qu'a la dépression si tu le souhaite, ce qui en fait un outil rapide et efficace selon tes besoins. Bien que redondant avec la MADRS il permet justement de confirmer ou pas la dépression et de plus, d'évaluer des dépressions antérieures (il est fondé en grande partie sur le dsm) ce qui peut vraiment être utile dans le cas des dépressions masquées.

    Je pense que si tu travaille dans une institution relativement grande(surtout si c'est en secteur hospitalier) tu ne devrais pas avoir de mal à te les procurer.

    En espérant t'avoir été utile Si tu as d'autres avis, questions ou réflexions je suis ravi d'en discuter ici.
    A+ bonne journée.



    Julien
    "Il n'est jamais trop tard pour devenir ce que nous aurions pu être". G.Eliot

  4. #3
    quetzal

    Re : Exploration d'un syndrome dépressif chez la personne âgée

    la dépréssion est lié a une perte de l'estime de soi en face du monde et du fait social en général. il n'est pas étonnant que la veillesse soit source de tristesse si l'environement n'est plus valorisant et que l'on se retrouve dans la connaissance certainne, et indubitable que la société vous a mis sur la touche, et ne se soucie plus trop de vous... n'importequel humain à n'importeqeul age peux ressentir amèrement cette perte d'importance de soi en face de la société usuelle... en fait toute personne qui perd un statut ou une position sociale. la veillesse du fait qu'assez souvant les personnes se retrouve dernière de leur générations ne trouve pls personne pour parler du temps passé, pour comprendre leur état d'âme lié a leur expérience particulière de la vie... c'est ce manque de lien, ou la perte de lien sociaux qui peut-être à l'oogine de se sentiement négatif de sa propre inimportance personnelle dans le regard d'autrui... d'ou une certainne tristesse, un manque, un je-ne-sais-quoi typique des dépréssions légère. une mélancolie, lié a une nostalgie tout à fait compréhensible chez la personne agée(entre autres).
    sans doute peut-être le sentiment d'avoir son futur derrière soi, et le sentiment surtout d'une certaine vanité a se réinvestir dans de nouvelle activitée, au présent, donc, et simplement au présent.

  5. #4
    invite73192618

    Re : Exploration d'un syndrome dépressif chez la personne âgée

    Citation Envoyé par nikov Voir le message
    Quelles outils a t-on à disposition?
    J'ai jeté un coup d'oeil au Arcand-Herbert dont le chapitre sur la dépression confirme que

    Notons que les échelles classiques de dépression sont souvent peu fiables (...) Il vaut mieux recourir à celles conçues spécialement pour la personne âgée.
    La farce, c'est que les auteurs ne mentionnent pas ces échelles spéciales

    Je serais toi, j'écrirais directement aux auteurs du chapitre en question pour avoir plus d'info: Paulle Hottin et Jean-François Trudel (les deux sont à l'U. Sherbrooke).

    Bonne chance!

  6. A voir en vidéo sur Futura
  7. #5
    nikov

    Re : Exploration d'un syndrome dépressif chez la personne âgée

    Avec beaucoup de retard merci beaucoup jiav et resilient (on a beau ne pas poster sur ce site pendant 2 ans, on retombe toujours sur les mêmes vieux routards )
    Quant à quetzal, ce que tu dis correspond effectivement à enormément de personnes âgées, bien vu, et j'en suis actuellement encore au point de me demander si l'on peut vraiment parler de "dépression" pour ces personnes. En tout cas, si l'on se réferre strictement au DSM, clairement non. Dans tous les cas, mettre l'étiquette dépression sur une personne n'a aucune utilité pour moi, elle en a pour les médecins de mon service qui fonctionnent par une logique symptôme-traitement.
    D'ailleurs, si un psychiatre pouvait amener son grain de sel au débat et expliquer à partir de quand il juge bon d'introduire un traitement antidépresseur (qui ne ramènera pas les morts, qui ne comblera pas la solitude et qui ne guerira pas une maladie grave et chronique).
    L'intolérence est commune à tous ceux dont l'idéal est d'imposer aux autres leur idéal.

  8. #6
    Nanaille

    Re : Exploration d'un syndrome dépressif chez la personne âgée

    Bonjour à tous,

    Ici une petite revue relativement récente sur le sujet : http://www.focus.psychiatryonline.or...stract/7/1/118

    Le problème du diagnostic de la dépression chez le sujet âgés est que leur syndrome dépressif ne correspond pas avec certains critères du DSM IV.

    En effet, dans une proportion non négligeable, la tristesse et l'anhédonie ne sont pas ressentie par les sujets, on parle alors de dépression cachée.
    La question est complexe, car elle est à la frontière de l'altération cognitive qu'engendre une neuro-dégénérescence. En effet, la dépression est reconnue comme étant un des symptômes précurseurs d'entrée dans la démence.
    De plus, il existe une altération et une modification du ressenti et de la perception des émotions chez le sujet âgé sain.
    Plus largement, les chiffres sont assez effrayants : les personnes âgés représente la tranche d'âge qui se suicide le plus (et qui ne se loupe pas). De plus, sur 100 % de dépressions diagnostiquées, seulement 15 à 25 % sont traitées ....
    Il existe ici un problème sociétal qui empêche de considérer une personne âgée comme ayant le droit d'avoir des soins concernant cette sphère. En gros, on pense que les vieux sont tristes parce qu'ils sont âgés ...
    Ainsi, la dépression chez le sujet âgé est une problématique à la frontière de plusieurs disciplines : neurologie, psychiatrie, psychologie et sociologie

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  10. #7
    docteur vincent

    Re : Exploration d'un syndrome dépressif chez la personne âgée

    Quand une personne âgée a la vie derrière elle plutôt que devant, il y a de quoi parfois déprimer, surtout que l'arthrose est souvent là, des douleurs partout.
    Si l'on accordait de l'importance aux vieux comme à Okinawa ou d'autres peuplades plus simples que nous, qu'on les respecte et qu'on écoute ce qu'il ont à dire, il y aurait moins de depressions du sujet âgé.
    maman et médecin, concilier le tout

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