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autisme et psychanalyse



  1. #1
    invite73192618

    autisme et psychanalyse


    ------

    Bonjour,

    Ça pourrait aussi s'appeler: la gueulante à Jiav. Qu'on me comprenne bien: je crois que la psychanalyse peut, parfois, constituer une approche intéressante. Mais il y a dans sa pratique des cafards nauséeux, dont certains que je croyais naïvement disparus -en particulier la culpabilisation des mères d'enfants autistes.

    Le témoignage que je reproduis ci-dessous me montre que ce n'est pas le cas (extrait du courrier des lecteurs du nouvel obs suite à la publication d'articles sur la psychanalyse -les réactions sont très diverses et passionnantes à lire).
    Citation Envoyé par http://permanent.nouvelobs.com/culture/20050921.OBS9808.html
    Karina ALT* - 5 septembre 2005
    Bonjour,
    Je suis la maman d'un enfant autiste de 6 ans, nous avons été pendant 3 ans les victimes de la psychanalyse, comme beaucoup de mères d'enfants autistes encore aujourd'hui ; certains pédopsychiatres m'ont clairement dit que mon fils présentait des troubles autistiques à cause de notre relation fusionnelle et que s'il ne parlait plus c'était que je ne lui donnais pas envie de parler, et que je ne laissais certainement pas assez de place au père.
    Pendant trois ans il a été suivi dans un Centre Médico-Psychologique (antenne de l'hôpital, remboursé par la Sécurité Sociale), sans qu'aucune évaluation (du style PEP : Profil Psycho Educatif), sans qu'aucune analyse (scanner, IRM, électro-encéphalogramme, analyse génétique) n'ait été prescrite par les psychiatres, puisque j'étais responsable de l'état de mon enfant. Qui a pourtant continué à se dégrader malgré leurs bons soins et la psychothérapie que du haut de ses 2 ans et demi il a suivi pendant 3 ans !
    Il n'a commencé à progresser que depuis que nous ayons mis en place à nos frais, une thérapie en Analyse Appliquée du Comportement (ABA).
    Alors bravo ! pour vos articles, bravo d'oser enfin vous attaquer à cet empire sacro saint qu'est le psychanalyse (baptisée psyKK parmi ses victimes et parents d'enfants autistes).
    Bravo! car grâce à vous, nous parents d'enfants autistes qui utilisons des méthodes comportementales (seules thérapies ayant fait l'objet d'une validation scientifique) pour soigner nos enfants, nous ne seront plus regardés comme des adeptes d'une quelconque secte.
    Bravo et merci infiniment
    *Antenne 78: Association Léa pour Samy - La Voix de l'Enfant Autiste

    Réponse d’Ursula Gauthier
    Merci pour ces encouragements qui me touchent d’autant plus que vous les méritez mille fois plus que moi. Le drame que vous avez vécu me navre profondément, la culpabilisation que vous avez endurée me semble aussi imbécile que terrifiante, et je trouve scandaleux que vous ayez dû recourir à une thérapie payante pour soigner efficacement votre enfant. Je pense que la société toute entière, les médias y compris, ont une dette à votre égard.
    Jiav

    PS Si vous êtes parents d'enfants autistes, vous serez peut-être intéressé à contacter l’association Léa Pour Samy - La Voix de l'Enfant Autiste
    51 rue Léon Frot, 75011 PARIS ; Tel : 01.47.00.47.83.
    http://www.leapoursamy.com/

    pSII Je ne met pas le courriel de l'association, rêgles du forum oblige. Vous le trouverez ici.

    -----

  2. #2
    GillesH38a

    Re : autisme et psychanalyse

    moi aussi, je croyais qu'on etait revenu depuis longtemps de la theorie de Bettelheim.

    Ceci dit (tu as l'air d'accord), la psychanalyse parait quand meme une théorie intéressante pour comprendre le psychisme "normal". Il y a des tas de gens qui se sentent mal dans leur vie sans avoir de maladie psychotique caractérisée, et en général il n'est pas difficile de trouver des origines dans les conflits affectifs avec les parents.

    Mais bon c'est comme les ordinateurs, les bugs peuvent venir du hardware ou du software....on ne réparera pas un processeur défectueux en reinstallant le système.

  3. #3
    invite73192618

    Re : autisme et psychanalyse

    Citation Envoyé par gillesh38
    Mais bon c'est comme les ordinateurs, les bugs peuvent venir du hardware ou du software....on ne réparera pas un processeur défectueux en reinstallant le système.
    Belle image!

    Assurément, ce serait bien que les psychanalystes soient formés à au moins reconnaître les limites les plus flagrantes de leur discipline..

    Citation Envoyé par gillesh38
    Ceci dit (tu as l'air d'accord), la psychanalyse parait quand meme une théorie intéressante pour comprendre le psychisme "normal".
    Ok tu m'obliges à préciser ma position et c'est très bien ainsi:

    - sur le plan scientifique: la psychanalyse est tout simplement une théorie dépassée. Pas parce que c'était si mauvais que ça au départ d'ailleurs (au contraire même), mais comment en serait-il autrement d'une discipline qui refuse de se confronter à l'évaluation scientifique depuis presque un siècle? Le décalage avec toutes les autres psychologies au niveau de la progression est flagrant!

    Un point pour elle: c'est à peu près la seule partie de la psychologie qui s'intéresse à l'individu et à son histoire. Je ne me réjouis donc pas de sa stagnation: c'est un caillou dans notre chaussure, une lacune très importante dans la progression de nos connaissances.

    - sur le plan "clinique" (disons comme aide à la construction de sa personnalité): étant donné que plusieurs personnes témoignent y trouver quelque chose, j'avais tendance à donner une chance au coureur et à accepter que cela puisse être effectivement une approche intéressante pour certaines personnes (celles qui n'ont pas en plus de problèmes de harware ).
    Ce que je me disais jusqu'à récemment, c'est "ils se bâtissent leur personnalité sur des théories dépassées, mais après tout ça n'a aucune espèce d'importance pour la très grande majorité des gens. Du moment que ça les aide, quelle importance que la théorie soit fausse?"

    Si j'emploie le passé, c'est parce que je commence à douter de la justesse de cette position. Regarde un peu ce témoignage:

    Citation Envoyé par http://permanent.nouvelobs.com/culture/20050921.OBS9807.html
    Anonyme - 3 septembre 2005
    Bonjour,
    C’est en tant qu’ancien homosexuel que je me permets d’intervenir, suite à votre enquête « Faut-il en finir avec la psychanalyse » (Nouvel Obs. n° 2130)
    En effet, n’ayant jamais cru un seul instant que mon orientation pouvait être « naturelle » et « normale », j’ai pu, grâce à un ouvrage du psychanalyste Tony Anatrella, et après de longs et douloureux questionnements, éliminer l’hypothèse d’une « histoire d’hormones » voire de « gènes » ou de « chromosome particulier » et découvrir la vraie cause de mon homosexualité, en l’occurrence un symptôme parmi d’autres de ce qu’il fallait bien appeler par son nom : une névrose.
    Et j’ai compris très vite, que, « lorsque ça ne va pas bien dans la tête », cela finit toujours par avoir des conséquences, sur le corps physique d’abord (les fameuses « maladies psychosomatiques » que personne ne conteste aujourd’hui) mais aussi sur la sexualité. Contrairement au discours actuel hérité de mai 68, du genre : « Il n’y a pas de normes dans la sexualité, on peut faire ce que l’on veut, l’essentiel étant d’avoir un partenaire adulte consentant… et de mettre un préservatif » : un peu court comme argument ! La cause de mon inclination ? « Les causes » devrais-je dire. Oh ! Rien que de très banal et tout à fait conformes aux théories « psys » : mon maintien dans une relation fusionnelle avec une mère, elle-même névrosée, possessive et envahissante comme le sont la plupart des « mères de P.D. » ayant empêché l’identification au père, étape indispensable pour parvenir à la maturité sexuelle et psychique. Ce dont je me doutais déjà lorsque j’ai décidé d’entreprendre une thérapie.
    Quant à la seconde cause, elle « m’a pété à la gueule » à mi-parcours de mon analyse : le souvenir d’une agression sexuelle dont j’avais été victime enfant, et que, comme cela arrive parfois dans ce genre de cas, j’avais totalement occulté. Pensant accomplir un geste de survie : me sentant coupable, comme toutes les victimes de ce genre d’agressions, (qu’elles soient « homos » ou « hétéros ») j’avais « choisi » de devenir homo pour m’auto punir. Aujourd’hui marié et père de famille (quelle fin réactionnaire !) j’ai enfin trouvé mon équilibre. Que serais-je devenu si j’étais né quinze ans plus tard, et que j’avais été confronté, comme beaucoup de jeunes d’aujourd’hui, à cette scandaleuse banalisation de l’homosexualité entreprise non pas seulement par les militants GAYS (ce qui peut s’expliquer) mais par une gauche désireuse de « ratisser large » au moment des élections. Contribuant ainsi à empêcher bon nombre d’homos – tout au moins ceux qui souffrent – de « frapper à la bonne porte ».
    Non, je ne regrette pas mes 4 années ½… de… « PACS » avec mon thérapeute : si l’anxiété n’a pas totalement disparu, les crises d’angoisse sont moins fréquentes et mes « inclinations particulières » ne sont plus qu’un (mauvais) souvenir…
    Merci – en cas de publication – de bien vouloir respecter mon anonymat. Inutile de préciser pourquoi !
    Avec mes respectueuses salutations.
    Tu vois le problème? On pourrait croire que ce témoignage, très probablement sincère, relate les faits réels (en total accord avec les théories psychanalytiques "traditionnelles"). D'un point de vue scientifique toutefois, l'idée que l'homosexualité soit acquise recule régulièrement devant l'évidence des faits: gènes associés à l'homosexualité, homosexualité présente dans le règne animal, etc etc etc. Faut-il croire que les bonobos sont tous agressés sexuellement durant leur jeunesse, ou en conflit avec une mère trop possessive empêchant l'identification au père?

    Bref, je ne vais pas appuyer trop sur ce débat là -qui est un beau générateur de troll

    Simplement je me retrouve devant quelqu'un qui, au meilleur de mes connaissances, s'est fait faire un lavage de cerveau sur mesure. D'une certaine façon, cela semble assurément lui avoir servi, puisqu'il vit maintenant très bien dans ses nouvelles certitudes. J'ai quand même du mal à accepter la méthode, qui passe ici par la création, entre autres, d'une fiction d'agression sexuelle (et je ne met pas en doute la bonne foi du thérapeute -je suis à peu près sur qu'il y croit aussi). Voilà un cas qui somme toute semble finir pour le mieux (on peut se questionner sur la préservation des liens avec la famille), mais les risques de dérapage sans bénéfice me semblent évidents.

    Alors si je devais résumer ma position actuelle sur "la psychanalyse peut-elle aider à se construire sa personnalité?"

    Oui.

    A condition d'avoir les nerfs solides.

    Au plaisir,
    Jiav

  4. #4
    GillesH38a

    Re : autisme et psychanalyse

    Il se trouve que j'ai des psys dans ma famille.
    Paradoxalement, contrairement à toi, je mets plus en doute l'efficacité thérapeutique de la psychanalyse que sa théorie de construction du psychisme.
    L'efficacité thérapeutique semble effectivement ne pas être confirmée par des études médicales (voir le récent rapport de l'OMS et le "livre noir" récemment publié en France, que je n'ai pas lus, mais j'en ai entendu causer ). On pourrait discuter des critères retenus pour évaluer "l'efficacité" d'une méthode mais je veux bien croire que du simple point de vue de disparition des symptômes, des thérapies comportementales obtiennent des résultats bien meilleurs que des cures analytiques qui n'en finissent pas.

    Mon expérience de la vie de tous les jours me montre cependant que je ne connais aucun trouble de la personnalité de type névrotique (je ne parle pas des schizophrènes ou des autistes, je n'en connais pas personnellement, je parle juste des gens "mal dans leur peau", qui sont beaucoup plus courants), qui ne soient pas reliés à des histoires familiales difficiles. Cependant ce n'est pas une causalité aussi forte que les lois physiques. Ainsi des enfants de divorcés peuvent très bien avoir des vies familiales futures très différentes. Je pense que la complexité humaine est cependant trop grande pour trouver une cause explicative unique : quand tu parles d'études génétiques, elles se bornent à trouver une prévalence un peu supérieure d'un gène dans une population ayant un comportement donné, ce n'est jamais du 100 % non plus !
    Je ne parle absolument pas en tant qu'expert, mais en tant que candide intéressé par le sujet. Il ne m'étonnerait pas que le patrimoine génétique donne un terrain plus ou moins sensible à différentes névroses (comme pour l'allergie par exemple), et que les histoires familiales "développent" cette névrose , plus ou moins selon les individus. Se demander si c'est génétique ou familial serait aussi idiot que se demander si le rendement d'une culture agricole est surtout dû au patrimoine génétique de la plante ou à l'utilisation d'irrigation et d'engrais ! Je pense que les concepts psychanalytiques ont un réel interêt pour "comprendre" le software humain (peut être influencé par mon histoire familiale, mais ce serait compatible avec le rôle de la famille alors ).


    Cordialement

    Gilles

    PS : qu'est ce qui te fait croire que l'histoire de l'agression sexuelle est inventée de toutes pièces? On estime entre 5 et 10 % la proportion d'enfants victimes d'actes sexuels, ce qui entre parenthèse est énorme !

  5. A voir en vidéo sur Futura
  6. #5
    invite73192618

    Re : autisme et psychanalyse

    Citation Envoyé par gillesh38
    Paradoxalement, contrairement à toi, je mets plus en doute l'efficacité thérapeutique de la psychanalyse que sa théorie de construction du psychisme.
    C'est parce que t'as pas vu ses cartes de représentations cortiales!

    Cela dit je veux bien te concéder qu'il puisse y avoir une part de vérité dans tout ça, mais pourquoi est-ce que les psychanalystes ne cherchent pas à tester leur machin? Ok c'est difficile mais pas plus qu'en psychologie développementale. Comment être sur, surtout en psycho, qu'une théorie est valide si on ne la teste pas. Merde la méthode scientifique c'est pas réservé aux physiciens que je sache!

    Citation Envoyé par gillesh38
    je veux bien croire que du simple point de vue de disparition des symptômes, des thérapies comportementales obtiennent des résultats bien meilleurs que des cures analytiques qui n'en finissent pas.
    C'est vrai mais attention: les thérapies comportementales ne prétendent pas être une métode universelle, ça s'adresse presque uniquement aux TOC (troubles obsessifs compulsifs).

    Citation Envoyé par gillesh38
    Se demander si c'est génétique ou familial serait aussi idiot que se demander si le rendement d'une culture agricole est surtout dû au patrimoine génétique de la plante ou à l'utilisation d'irrigation et d'engrais !
    Tout à fait, c'est comme demander si l'aire d'un rectangle est due à sa base ou à sa hauteur.

    Citation Envoyé par gillesh38
    qu'est ce qui te fait croire que l'histoire de l'agression sexuelle est inventée de toutes pièces? On estime entre 5 et 10 % la proportion d'enfants victimes d'actes sexuels, ce qui entre parenthèse est énorme !
    Aïe: là tu as un train de retard. Pas que ça n'existe pas, mais on est typiquement dans un cas de faux souvenir:
    http://www.francefms.com/
    http://www.prevensectes.com/psycho2.htm

  7. #6
    titus02

    Re : autisme et psychanalyse

    salut

    je suis un peu choqué par le temoignage anonyme de "l'ex homo",
    je suis hétéro par goût et je me cherche pas a defendre une
    quelconque chapelle (ni même une modeste tente ,ouaf!).

    que l'on puisse assimiler l'homosexualité a une maladie,rechercher
    des "gènes de l'homosexualité" me semblait un débat d'un autre âge,
    c'est le même genre de réflexion qui ont poussées certains a
    chercher le gène de l'homme supérieur ou a justifier biologiquement
    l'eventuelle (et probablement inexistant) supériorité de la race
    blanche 'ou d'une autre).

    Certains homos vivent mal leurs penchants et cherchent a changer
    leurs orientations sexuelles c'est leurs bon droit et leur choix de
    vie ne regarent qu'eux.Mais il me semble qu'il existe beaucoup
    d'homo heureux qui n'apprecient surement pas d'etre considérés
    comme des malades!
    de toutes facons si par extraordinaire un scientifique trouvait
    incontestablement le géne de l'homosexualité quel seraient les
    conséquences pratiques? un dépistage pré-natal systématique pour
    eviter la naissance "d'inadaptés" ? la stérilisation d'office des
    meres trop protectrices ou continueraient on a leur laisser la chance
    de naitre comme les autres ce qui n'apporterais finalement aucuns
    changements ?

  8. #7
    invite73192618

    Re : autisme et psychanalyse

    Il y a effectivement des gènes associés à l'homosexualité, qui semblent aussi être associés à la fertilité.

    Citation Envoyé par titus02
    Certains homos vivent mal leurs penchants et cherchent a changer
    leurs orientations sexuelles c'est leurs bon droit et leur choix de
    vie ne regarent qu'eux.
    Ben.. la raison principale pour être mal dans sa peau, c'est la pression sociale de normalité. Difficile de dire que ça ne regarde qu'eux même si on est d'accord sur le pricinpe éthique.

    Citation Envoyé par titus02
    un dépistage pré-natal systématique pour eviter la naissance "d'inadaptés" ?
    Franchement, je crois que tu as raison de le craindre. Le jour où les parents seront autorisés à faire une analyse complête et poussée du génôme de leur foetus, c'est certainement une des dérives qui apparaitra.

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