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Arrêt cardiaque.



  1. #1
    Anonyme007

    Arrêt cardiaque.

    Bonjour à tous,

    J'aimerais avoir l'avis d'un docteur cardiologue s'il vous plaît :
    Les avis d'autres intervenants sont aussi les bienvenus :

    Si on vous demande de définir ce qu'est le phénomène d’arrêt ou crise cardiaque, quelle serait la bonne réponse ?

    Est ce que la réponse suivante est valide de point de vue de la médecine :

    Un arrêt cardiaque est l’arrêt subite de circulation du sang dans le corps humain ?

    Si oui, est ce que un arrêt cardiaque est souvent suivi de douleurs difficiles au niveau du cœur ou au niveau d'un organe particulier dans le corps humain ?

    Est ce que, au moment d'un arrêt cardiaque, le patient perd connaissance directement, ou bien il y'a un moment d'agonie qui suit cette phase ou le patient souffre de douleurs ou d’asphyxie au niveau de son Thorax ?

    Merci d'avance.

    -----


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  3. #2
    Pterygoidien

    Re : Arrêt cardiaque.

    Un arrêt cardiaque est classiquement défini comme l'arrêt de la fonction contractile du cœur : le sang n'est plus éjecté proprement du cœur vers la circulation. In extenso, le sang va finir par ne plus circuler dans le circuit vasculaire, puisque c'est le cœur qui constitue la pompe qui fait circuler ce sang. Il peut avoir plusieurs origines, que ce soit un découplage électro-mécanique, une fibrillation ventriculaire, un traumatisme (commotio cordis, notamment), et aboutit - en l'absence d'intervention - vers l'asystolie, c'est à dire que le cœur ne bat plus du tout.

    L'arrêt cardiaque n'est pas nécessairement accompagné de douleurs. C'est surtout l'infarctus du myocarde qui génère une douleur, le plus souvent rétrosternale et projetée dans le territoire qui va de la poitrine gauche jusqu'au poignet du bras gauche, ou remonte le long de la face gauche du cou jusqu'à la mâchoire. Elle peut également se projeter dans un territoire épigastrique, ou interscapulaire et n'évolue pas nécessairement vers l'arrêt cardiaque. La douleur de l'infarctus vient du fait qu'il y a une souffrance tissulaire, et que l'individu est toujours conscient pour les percevoir : dans l'arrêt cardiaque soudain, comme une fibrillation ventriculaire, il y a perte de conscience avant que l'individu ne se plaigne de douleur, et les premiers signes apparents seront donc la perte de connaissance, mais en l'absence d'intervention, le coeur non battant va s'ischémier.

    Dans l'arrêt cardiaque, il y a perte de conscience rapide car le sang ne parvient pas correctement au cerveau. Les derniers moments d'une personne avant que ne survienne un arrêt cardiaque vont dépendre en fait de son état de santé, et de ce qui a causé l'arrêt cardio-circulatoire.

  4. #3
    Anonyme007

    Re : Arrêt cardiaque.

    Citation Envoyé par DarkSATAN Voir le message
    In extenso, le sang va finir par ne plus circuler dans le circuit vasculaire, puisque c'est le cœur qui constitue la pompe qui fait circuler ce sang. Il peut avoir plusieurs origines, que ce soit un découplage électro-mécanique, une fibrillation ventriculaire, un traumatisme (commotio cordis, notamment), et aboutit - en l'absence d'intervention - vers l'asystolie, c'est à dire que le cœur ne bat plus du tout.
    Merci beaucoup pour cette réponse claire.

    Pouvez vous s'il vous plaît m'expliquer ce qu'est un découplage électro-mécanique dans ce meme contexte d’arrêt cardiaque.

    Souvent, dans les hôpitaux, on se sert de deux ferro-électriques à haute tension qu'on place sur le thorax du patient pour le réanimer lorsqu'il est atteint d'un arrêt cardiaque. est ce que cette méthode n'est pas à votre avis, un peu barbare et hyper douloureuse pour le patient puisque transmettre un courant électrique à haut voltage dans le corps du patient suscite une souffrance insurmontable pour lui ? On voit souvent dans certains reportages télévises à quel point le patient est traumatisé par cette méthode et se soulève brutalement de sa place lorsqu'il est mis sous l'action de ce choc électrique, ce n'est pas traumatisant ?

    Merci d'avance.

  5. #4
    Pterygoidien

    Re : Arrêt cardiaque.

    Bon, pour bien comprendre, il faut savoir que le coeur est une pompe musculaire qui génère des impulsions mécaniques de façon pulsatile qui envoient le sang dans le circuit d'aval avec une pression suffisante pour vaincre les résistances qui s'opposent à son écoulement : c'est l'activité mécanique du cœur. Cette activité est commandée par une activité électrique, qui envoie des décharges électriques également de manière rythmique, et génère le rythme cardiaque : en temps normal, le rythme de contraction (mécanique) est égal au rythme d'excitation (électrique), grâce à un mécanisme de couplage électro-mécanique, et les contractions sont coordonnées dans le cœur de façon à ce que les fibres de la paroi d'une chambre cardiaque se contractent en même temps et que la tension qui règne dans la paroi soit correctement répartie.

    Dans l'arrêt cardio-circulatoire, le coeur voit généralement son activité électrique cesser : le système de conduction est atteint, et n'envoie plus de décharges, ou les envoies de façon anarchique, et l'activité mécanique est donc corrompue puisque dépendante de l'activité électrique. Dans l'infarctus du myocarde qui se solde par un arrêt cardiaque par exemple, l'arrêt de la circulation dans le territoire ischémié touche une zone du système de conduction, et les lésions font que le coeur ne parvient plus à coordonner son activité, et les contractions sont anarchiques : c'est la fibrillation ventriculaire.
    Dans le découplage (ou dissociation) électro-mécanique, c'est un type d'arrêt cardiaque assez particulier : seule l'activité mécanique est défaillante, et le sang ne parvient pas à être envoyé dans la circulation, mais le système de conduction continue d'envoyer des décharges électriques de façon normale, c'est juste que le coeur ne parvient pas à formuler une réponse mécanique adéquate. C'est donc un tableau où le coeur est incapable d'envoyer du sang en quantité suffisante, voire même pas du tout, dans le circuit.

    Le découplage intervient par exemple lorsque la résistance dans le circuit d'aval dans lequel le cœur propulse le sang monte brutalement : la résistance devient telle que le coeur ne sait pas expulser le sang dans les vaisseaux, car cette résistance s'oppose à l'écoulement. En fait, il faut savoir que le coeur a un système de valves cardiaques qui referment les chambres et empêchent le sang de refluer : lorsque le ventricule (chambre cardiaque qui expulse le sang dans la circulation) se contracte, il doit générer une tension pariétale suffisante qui se transmet au sang pour vaincre la pression en aval dans le circuit, pression résiduelle du cycle cardiaque précédent (la pression diastolique) : au moment où la pression transmise devient supérieure à la pression diastolique, la valve s'ouvre et le sang peut circuler. Si il y a une levée brusque de résistance, le sang stagne dans le circuit et la pression résiduelle diastolique monte fort : la pression que doit générer le ventricule monte aussi, et le travail augmente. Il arrive que cette charge que le ventricule doit vaincre (appelée la postcharge) devient beaucoup trop élevée, et le coeur est incapable de générer un travail suffisant à l'ouverture des valves semi-lunaires et donc à l'éjection du sang : c'est un arrêt cardio-circulatoire avec activité électrique normale (pulseless electrical activity).

    On retrouve ce genre de dissociation dans plusieurs cas : l'embolie pulmonaire massive est un exemple, lorsqu'un corps vient boucher une grosse artère pulmonaire, et le ventricule droit - habitué à envoyer le sang dans une circulation qui présente une très faible résistance (et génère donc une faible pression, suffisante à vaincre ces résistances) - fait alors face à levée brutale et soudaine de la résistance à laquelle il ne peut pas s'adapter. Le sang n'est plus proprement envoyé. On peut la retrouver également dans la tamponnade cardiaque, les pneumothorax sous tension, l'acidose, l'hypoxie, l'hypovolémie, et j'en passe;
    Dernière modification par Pterygoidien ; 15/09/2018 à 17h03.

  6. #5
    Pterygoidien

    Re : Arrêt cardiaque.

    Citation Envoyé par Anonyme007 Voir le message
    Souvent, dans les hôpitaux, on se sert de deux ferro-électriques à haute tension qu'on place sur le thorax du patient pour le réanimer lorsqu'il est atteint d'un arrêt cardiaque. est ce que cette méthode n'est pas à votre avis, un peu barbare et hyper douloureuse pour le patient puisque transmettre un courant électrique à haut voltage dans le corps du patient suscite une souffrance insurmontable pour lui ? On voit souvent dans certains reportages télévises à quel point le patient est traumatisé par cette méthode et se soulève brutalement de sa place lorsqu'il est mis sous l'action de ce choc électrique, ce n'est pas traumatisant ?
    C'est un défibrillateur externe, il en existe de plusieurs types. On ne s'en sert en réalité que dans certaines circonstances, qui sont les arythmies, notamment la fibrillation ventriculaire ou de tachycardie ventriculaire (sinon on parle de cardioconversion pour les arrythmies qui n'entrainent pas d'arrêt cardio-circulatoire) : le défibrillateur est inefficace sur un coeur non battant et sans activité (asystole), ou non battant avec activité électrique normale (dissociation électro-mécanique). Le défibrillateur vise à restaurer les fonctions normales du système de conduction du cœur lorsque celui-ci est en fibrillation ventriculaire (ou Tachycardie ventriculaire), en envoyant des décharges à travers la paroi thoracique. Le défibrillateur n'est efficace donc qu'en cas de défibrillation ventriculaire ou de tachycardie ventriculaire, et en cas de tout autre type d'arrêt, il faut faire la RCP (ou entre deux épisodes de décharge).
    En fait, il y a un sens aux électrodes, de manière à ce que le courant passe de façon oblique en haut à droite vers le bas à gauche, dans le sens de l'axe long du coeur, simplement car le système de conduction envoie les influx nerveux de cette façon : en envoyant un courant à haut voltage, on va en fait "knock out" le système de conduction pendant quelques temps, puis il va reprendre spontanément une activité, et on fait ça de façon à ce que l'activité qu'il reprend soit cette fois ci normale, non anarchique. Je ne sais pas du tout si c'est douloureux, je ne suis malheureusement qu'un jeune étudiant : j'aurais tendance à dire oui, si la personne est toujours consciente (devant un cas de tachycardie ventriculaire par exemple), mais je ne sais pas si il y a des douleurs au réveil. Vous pourrez trouver des témoignages intéressants par ici : https://www.quora.com/Does-a-defibrillator-hurt

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    Anonyme007

    Re : Arrêt cardiaque.

    Merci beaucoup.
    Tu sembles être très fort en cardiologie.
    Tu as dit que tu es encore étudiant. Bonne continuation et bonne réussite dans tes études.
    Cordialement.
    Dernière modification par Anonyme007 ; 15/09/2018 à 17h44.

  9. Publicité
  10. #7
    Pterygoidien

    Re : Arrêt cardiaque.

    Citation Envoyé par Anonyme007 Voir le message
    Merci beaucoup.
    Tu sembles être très fort en cardiologie.
    Tu as dit que tu es encore étudiant. Bonne continuation et bonne réussite dans tes études.
    Cordialement.
    Merci beaucoup !!

  11. #8
    Kissagogo27

    Re : Arrêt cardiaque.

    en ce qui concerne la douleur, elle n'est pas perçue de la même manière chez les femmes ... attention

  12. #9
    mh34

    Re : Arrêt cardiaque.

    La clinique peut être un peu différente certes, mais le problème vient surtout des médecins, qui vont moins penser à l'éventualité d'un IDM chez une femme que chez un homme.
    Ω ξειν', αγγέλλει Λακεδαιμονίοις ότι τήδε κείμεθα τοις κείνων ρήμασι πειθόμενοι

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