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Inégalités sociales au néolithique.




  1. #1
    gunthiern

    Inégalités sociales au néolithique.

    Inégalités sociales en Europe au néolithique

    Un sujet toujours d'actualité.


    https://www.academia.edu/3837526/Ega...notre_%C3%A8re

    Une remise en cause intéressante des premiers théories et classifications d'archéologues,


    -----


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  3. #2
    philippedelimoges

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Bonjour à tous

    J'ai lu cet article avec intérêt. Il date un peu (1999). Si certains points on retenu mon attention, d'autres ne m'ont pas convaincu. J'ai lu sur internet d'autres articles de spécialistes qui notent eux aussi l'apparition de clivages sociaux très hiérarchisés à partir de cette période d'apparition de la métallurgie. Les données archéologiques sont indiscutables et je ne les discuterai pas. Mais les explications données sur cette évolution sociale ne sont pas claires et donc ne m'ont pas convaincu. Quelqu'un du forum aurait-il des connaissances sur ce sujet et pourrait-il apporter des arguments explicatifs sur cette évolution ?

    Cordialement

  4. #3
    philippedelimoges

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Bonjour à tous

    Je me permets de réactualiser cette discussion suite à la lecture de critiques sur un livre paru en 2017 : Emmanuel Guy : Ce que l'art préhistorique dit de nos origines - Flammarion. Si sur ce forum certains l'on lu, j'aimerai bien avoir leur point de vue.
    Personnellement, le peu que j'ai glané ci et là, m'inciterait à croire que l'auteur généralise trop ce qui a été remarqué par Alain Testart. A savoir, effectivement l'existence de sociétés de chasseur/cueilleur sédentaires, pratiquant le stockage et dont l'organisation sociale est très inégalitaire (hiérarchisation sociale nettement stratifiée). Qu'il faille admettre l'existence au mésolithique, voire à la fin du paléolithique supérieur des sociétés inégalitaires j'en conviendrais bien volontiers. Mais les conditions nécessaires à cette sédentarisation et à la possibilité de stockage alimentaire restent (me semble-t-il) marginales. La multiplicité des organisations sociales est certainement à envisager. Qu'en pensent les experts du paléolithique supérieur et du mésolithique ? Avez-vous des textes contradictoires ou qui renforcent la thèse d'Emmanuel Guy ?

    Merci pour vos réponses.

    Cordialement


  5. #4
    tezcatlipoca

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Salut Phil',

    J'ai trouvé cela : https://pm.hypotheses.org/6

    Il y a là des fils à tirer, je pense.

  6. #5
    tezcatlipoca

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Pour les évolutions ultérieures du phénomène, je propose : https://www.cairn.info/revue-innovat...-1-page-11.htm

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    philippedelimoges

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Bonjour à tous, bonjour tezcatlipoca

    Merci pour tes deux pistes de lecture. Je les ai lues avec intérêt.

    Quelques remarques sur ce sujet de "l'origine" des inégalités.
    D'abord, je pense qu'il faudrait en préalable que nous définissions correctement ce que nous entendons pas "inégalités" et quelle "type" d'inégalité nous voulons chronologiquement étudier.
    Personnellement, je pense que les inégalités au sein de notre espèce ont toujours existé. Les humains sont naturellement inégaux car nous ne sommes pas identiques. Il y a des individus plus intelligents, plus beaux, plus courageux, plus agressifs ... Et ces inégalités naturelles impactent notre vie et notre positionnement social. Il est probable que les groupes humanoïdes qui vivaient entre 6 et 3 millions d'années étaient des sociétés "inégalitaires" : il y avait des mâles et des femelles dominants. L'enjeu de cette inégalité était l'accès à la nourriture et la reproduction. Le plus fort et (aussi) le plus stratège pour établir un réseau social d'alliance exerçait une domination sur les autres. Il y avait de fait une hiérarchie sociale qui déterminait la place de chacun au sein de son groupe.
    Après 2,8 millions, il est possible qu'il y ait eu une évolution au sein du fonctionnement des sociétés humanoïdes. La raison : l'adaptation à une variabilité climatique a impliqué la recherche d'un mode alimentaire plus carnivore (pour la branche qui est à l'origine des Homo actuels) ; ce qui a pu entraîner une coopération accrue entre les partenaires d'un même groupes (prédation et partage alimentaire). Il est possible qu'au sein de groupe à effectif nettement plus réduit qu'avant, la hiérarchisation ait été amoindrie.
    Dire qu'au paléolithique moyen (300/45 000) et au début du paléolithique inférieur, que des inégalités ont été plus notables. Personnellement, je ne vois pas de différence avec la période précédente. Une exception : effectivement, vers 100 000 (très approximativement) il semble que l'expression de l'individualité soit plus marqué (apparition de parures en Europe et en Afrique). Naturellement, tout humain désire se distinguer et se valoriser. Cette quête pour la reconnaissance, d'affirmation de soi, se manifeste par des aspirations matérielles, des statuts ou des marques symboliques. Durant cette époque, il est clair qu'il y a des marqueurs symboliques. Mais ces marqueurs symboliques n'impliquent pas l'existence d'une hiérarchisation stratifiée socialement. A mon avis, les groupes humains restaient encore modestes, pour des raisons alimentaires ; néanmoins, ces groupes humains étaient probablement connectés en réseau et pouvaient se réunir de temps en temps en un lieu donné (chasse et rencontre d'accouplement).
    En revanche, la fin du paléolithique inférieur et durant le mésolithique, deux phénomènes apparaissent avec la fin de l'âge glaciaire : une hausse démographique et une adaptation alimentaire à un nouveau système écologique. Adaptation qui a pu impliquer une moindre collaboration dans la chasse (petit gibier et utilisation de l'arc). Il est probable que, dans des lieux propices (ce qui n'est pas le cas partout), des sociétés se soient sédentarisées. Cette sédentarisation implique une possibilité de stockage.

    On peut alors se poser la question si ce n'est pas durant cette époque qu'une autre forme d'inégalité est apparue, ci et là : une hiérarchisation sociale héréditaire qui amorce de facto une stratification sociale entre des supérieurs et des inférieurs fondée sur une possession matérielle transmissible à sa descendance (certains possédant plus que d'autres).

    Cette autre forme d'inégalité diverge de la précédente sur deux points : (1) la hiérarchie première était fondée sur l'aptitude de l'individu à s'imposer au sein de son groupe et cette aptitude n'était pas transmissible à sa descendance ; (2) la hiérarchie seconde fondée sur la possession de biens pouvant entretenir (par distribution) un réseau d'influence, elle est transmissible à la descendance (quelque soit les aptitudes de cette descendance) parce que cette descendance conserve l'avantage d'hériter les biens de ses aînés.
    Qui dit assise sociale dominante dit nécessairement proximité avec le pouvoir religieux. Renforçant l'influence des dominants socialement.

    Pour ma part, je pense que la piste haute d'une origine des inégalités "héréditairement stratifiées" est à méditer. Quant à la version basse (époque de la métallurgie) de cette stratification sociale, je pense (peut-être à tort) qu'elle n'est qu'une accentuation d'un phénomène préexistant. Cette accentuation résultant de la spécialisation de catégories d'individus dans des tâches définies (techniques, religieuses, guerrières) ; spécialisations qui naturellement se transmirent héréditairement. Auquel vint s'ajouter une organisation sociale de type pyramidale (avec à son sommet un chef), justifiée par la nécessité de réguler des sociétés démographiquement plus importante.

    Voilà mon point de vue - qui pourra évoluer selon les lectures et surtout selon les découvertes archéologiques car toute construction théorique doit partir des faits et s'accorder dans ses analyses avec les seuls faits.

    Cordialement

  9. #7
    tezcatlipoca

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Bonsoir,

    Toujours dans l'idée d'alimenter tes réflexions :

    https://www.latribune.fr/opinions/tr...es-764640.html

    A+

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  11. #8
    gunthiern

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Citation Envoyé par tezcatlipoca Voir le message
    Bonsoir,

    Toujours dans l'idée d'alimenter tes réflexions :

    https://www.latribune.fr/opinions/tr...es-764640.html

    A+
    Effectivement la possession du cheval en combat, en seigneuries lors de montres ou de reformation a toujours été un facteur de richesse


  12. #9
    gunthiern

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    De nos jours la Voiture
    a remplacé le cheval
    et c'est là une flagrante évaluation visuelle de l'inégalité,
    encore que voiture puissante peut signifier richesse mais pas toujours

  13. #10
    philippedelimoges

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Bonsoir à tous, bonsoir tezcatlipoca

    Lu l'article. Plusieurs réflexions :
    (1) Il me semble que l'utilisation de la traction animale pour le travail agricole (araire) et le transport est tardif (IV° millénaire en Mésopotamie). Pour le cheval la domestication remonte à ce même IV millénaire (mais il semble que son utilisation pour le transport remonte au millénaire suivant). Or, il me semble qu'il y a de notables inégalités (démontrées archéologiquement) avant le IV millénaire.
    (2) En revanche, on peut se demander si la domestication animale (pour la nourriture) ne serait pas LA grande différence entre l'Eurasie/Afrique et l'Amérique au sujet d'un écart comparatif des richesses : entre un surplus de blé et un troupeau de vaches, à mon avis c'est le troupeau de vache qui est plus source de prestige et de richesse en potentiel d'échange et de distributivité (repas en commun et offrande à la divinité). Pour que le surplus de blé représente un intérêt économique (et de richesse) il faut qu'il y ait une organisation qui centralise ce surplus de récolte.
    En outre, un homme peut difficilement avec une houe entretenir un grand espace. Donc son espace "privé" ne peut qu'être limité. En revanche, l'espace pour entretenir des animaux domestiques est nécessairement plus vaste.

    Autres (oublié dans mon précédent post) :
    (1)Le cas de la tombe de Sungir, en Russie n'est pas une preuve d'une haute origine des inégalités (un homme adulte qui a été inhumé il y a 25 000 ans avec une vingtaine de bracelets en ivoire, un bandeau de tête et des vêtements rehaussés de quelque 3 500 perles cousues, soit - selon les experts des milliers d’heures de travail). D'abord, les chasseurs cueilleurs avaient plus de loisirs que nous (j'ai lu que le temps consacré à la quête alimentaire quotidienne devait être environ de 5 heures par jour). Il devait bien s'occuper à faire d'autres choses ...
    En revanche, je reconsidère mon propos précédent : une forme de stockage a pu existé (dès 100 000 ?) --> accumulation de coquillages pour réaliser des parures - accumulation parfaitement transmissible de génération en génération.
    (2) Paradoxalement, les débuts de l'agriculture ont pu favoriser une forme d'égalitarisme : une famille ne pouvant approximativement cultiver qu'une même surface. L'article laisse à penser qu'il y a eu un certain temps entre l'invention de l'agriculture et l'amorce notable d'une hiérarchisation économique de la société. La pression démographique en s'accentuant a pu déséquilibrer cette apparence égalité. La domestication animale a pu elle aussi participer à cette évolution.

    Bref, rien d'arrêté ...

    Cordialement

  14. #11
    cherallier

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Citation Envoyé par philippedelimoges Voir le message
    Bonsoir à tous, bonsoir tezcatlipoca


    Autres (oublié dans mon précédent post) :
    (1)Le cas de la tombe de Sungir, en Russie n'est pas une preuve d'une haute origine des inégalités (un homme adulte qui a été inhumé il y a 25 000 ans avec une vingtaine de bracelets en ivoire, un bandeau de tête et des vêtements rehaussés de quelque 3 500 perles cousues, soit - selon les experts des milliers d’heures de travail). D'abord, les chasseurs cueilleurs avaient plus de loisirs que nous (j'ai lu que le temps consacré à la quête alimentaire quotidienne devait être environ de 5 heures par jour). Il devait bien s'occuper à faire d'autres choses ...

    Bref, rien d'arrêté ...

    Cordialement
    Bonjour,
    Je rebondis juste sur l'action de chasse. Oui peut-être 5 heures par jour mais en guise d'occupation annexe, cela devait bien tourner autour de la chasse et cela devait bien les occuper le restant de la journée, juste quelques exemples:
    - Recherches de matières brutes pour les outils et notamment les armatures de flèches, couteaux, grattoirs...
    - Tailler les outils pour les préparer en vue de la chasse, monter les flèches...

    Après la chasse beaucoup d'occupation aussi:
    - à commencer par le dépeçage du gibier.
    - préparation des peaux pour le tannage ou la conservation des peaux et même si certains veulent considérer qu'il s'agissait peut-être d'un "travail essentiellement féminin" tout le monde devait participer un peu y compris le chasseur, c'est un travail en famille au même titre que les femmes devaient participer aussi au rabattage du gibier dans certains cas. C'est la survie pour tous.
    - après une chasse, les armes sont souvent endommagées: armatures de flèches brisées ou émoussées. Il faut les retoucher, les reprendre bref les réaffûter si ce n'est les refaire. Pour refaire une flèche, il y a naturellement la prospection et taille du silex, ils pouvaient avoir de la matière en stock mais sûrement pas indéfiniment, tailler du bois pour la hampe, l'empennage...Chercher et préparer par exemple de l'écorce de bouleau pour la bétuline qui servait de colle aux assemblages ligaturés (flèches, couteaux...). Lorsque l'on voit une représentation d'un chasseur qui tend son arc pour chasser, on imagine pas toujours le travail en amont.

    La chasse engendre une grosse préparation et une remise en état du matériel quasiment permanente.
    Je ne sais pas s'ils se levaient au champ du coq et se couchaient comme les poules mais ils devaient bien être occupés durant la journée.

    Et pour en revenir à l'esprit de la question initiale: Une seule famille de 4-5 individus c'est compliqué à survivre, un petit groupe de 4-5 familles, l'entraide est déjà meilleure, après pour un clan, cela demande une organisation et même une hiérarchisation. S'il y a hiérarchisation il y aura des inégalités entre la part du chef, des chasseurs et la part de la famille qui ne peut pas (plus) forcément participer. Ils devaient sûrement avoir une certaine solidarité (mort du chasseur d'une famille) et s'entraidaient mais les différences sur les bouches à nourrir devaient bien se faire sentir. Au-delà de la perte d'un être cher, la famille qui restait devait se retrouver dans une position sociale non (peu) participative qui rendait la survie précaire, elle devait payer en premier la moindre pénurie alimentaire.

  15. #12
    philippedelimoges

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Bonjour à tous, bonjour cherallier

    Tout à fait d'accord sur le temps occupé hors temps de chasse effectué. Le mot "loisir" n'est pas judicieux : il convient plus à notre société actuelle de divertissement.
    Néanmoins, nos ancêtres du paléolithique supérieur réalisaient des activités qui n'étaient pas seulement utilitaires - ex. les objets décorés ou décoratifs (genre Vénus) ou invention de flûtes ...

    Cordialement

  16. #13
    cherallier

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Citation Envoyé par philippedelimoges Voir le message
    Bonjour à tous, bonjour cherallier

    Tout à fait d'accord sur le temps occupé hors temps de chasse effectué. Le mot "loisir" n'est pas judicieux : il convient plus à notre société actuelle de divertissement.
    Néanmoins, nos ancêtres du paléolithique supérieur réalisaient des activités qui n'étaient pas seulement utilitaires - ex. les objets décorés ou décoratifs (genre Vénus) ou invention de flûtes ...

    Cordialement
    Bonjour,
    Bien sûr qu'ils devaient avoir quelques instants récréatifs et même cultuels. Il fallait sculpter des objets, si on prend juste l'exemple de la Vénus de Brassempouy, il a dû y passer du temps le gars ! A commencer par se faire des outils appropriés etc.
    Une entorse ou une jambe cassée si elle n'entrainait pas la mort elle devait bien immobiliser pour la chasse et le blessé de travailler en atelier de taille ou de sculpture. La météo pouvait aussi sûrement les bloquer à l'abri s'il y avait de quoi manger, ils devaient attendre quelques accalmies sous abris et ils ne regardaient pas la télé en attendant !!

  17. #14
    tezcatlipoca

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Bonsoir,

    A l'origine des sociétés :

    https://www.scienceshumaines.com/com..._fr_21696.html

  18. #15
    gunthiern

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    Merci tezcat,
    très intéressant

  19. #16
    philippedelimoges

    Re : Inégalités sociales au néolithique.

    re-merci tezcatlipoca

    Ajout (ne pas négliger cet aspect ...) : https://www.scienceshumaines.com/soi..._fr_26762.html

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