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Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"



  1. #1
    quanta62

    Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"


    ------

    Bonjour,

    Nietzsche expose dans Ainsi parlait Zarathoustra sa visions du surhomme. Pour lui l’homme doit être dépasser. Ce dépassement prend essence, toujours celons Nietzsche, dans une volonté de puissance qui serait commun à tout forme de vie. La vie serait volonté de puissance.

    Quand penser vous ?

    Merci d'avance !

    -----

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  3. #2
    metatrope2004

    Re : Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"

    la vie n'a pas de volonté de puissance à proprement parler mais elle tend à se présèrver et sa survie peut inclure la nécessité de suprématie sur d'autres espèces.Il n'y a que l'homme pour désirer la puissance rien que pour le plaisir alors que la majorité des espèces ne font que repcter les "grades" de la chaîne alimentaire.
    J'espère que nietzsche ne m'en voudras pas trop (lol)

  4. #3
    bardamu

    Re : Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"

    Citation Envoyé par metatrope2004
    la vie n'a pas de volonté de puissance à proprement parler mais elle tend à se présèrver et sa survie peut inclure la nécessité de suprématie sur d'autres espèces.Il n'y a que l'homme pour désirer la puissance rien que pour le plaisir alors que la majorité des espèces ne font que repcter les "grades" de la chaîne alimentaire.
    J'espère que nietzsche ne m'en voudras pas trop (lol)
    Il ne faut pas confondre "volonté de puissance" et volonté de pouvoir.
    L'idée de volonté de puissance chez Nietzsche n'est pas de dominer les autres ce qui serait faire dépendre sa propre puissance de celle d'un autre, mais affirmer librement notre propre puissance.
    C'est une sorte de positivité pure, d'affirmation totale, une joie de vivre et de vivre encore plus. Dans "Ainsi parlait Zarathoustra", il écrit qu'il faut monter sur nos propres épaules pour aller plus loin et certainement pas marcher sur les autres.
    C'est une sorte d'anti-darwinisme social.
    Le dépassement de l'homme passe par le dépassement de soi-même, la poursuite de la tendance qui fait que nous passons de la débilité du nourrison à l'autonomie adulte. Toujours grandir.

    D'autre part, il ne faut surtout pas identifier la notion de "vie" au biologique. Plutôt que le "bios" qui a donné "biologie", il s'agirait du "vita" latin qui a donné "vital".
    Même le "mort" est vivant : toute masse exprime sa volonté par la puissance de la gravitation.
    Il y a là un vitalisme universel, une volonté de vivifier l'univers.

  5. #4
    Nexis

    Re : Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"

    Citation Envoyé par bardamu
    toute masse exprime sa volonté par la puissance de la gravitation.
    Attention, ce n'est pas un bon parallèle. Tous les hommes n'expriment pas nécessairement leur volonté de puissance, contrairement à une masse. Ce qu'il dit s'applique aux êtres vivants, pas aux objets inanimés.

    J'ai justement commencé à lire Ainsi parlait Zarathoustra il y a 2-3 semaines, et j'ai abandonné à la moitié car je n'aimais pas l'arrogance qu'il avait dans son écriture ni la manière dont il formulait ses propos, qui les rendaient assez difficiles à comprendre.

    Ce que j'en pense, pas de son oeuvre au complet, mais seulement de la volonté de puissance, c'est qu'en général ça vaut pas grand chose. Il dirait qu'un arbre veut être un arbre fort, et que le gazon (qui maintenant mourait si il n'était pas entretenu artificiellement) n'a plus de volonté de puissance.

    Par contre, appliqué à l'homme ce n'est pas si fou. Je crois qu'on pourrait la comparer en partie à l'autoactualisation amené par Maslow.
    C'est assez difficile de parler de tous les points de la vonlonté de puissance sans écrire un roman car ce ne semble pas être quelque chose de très précis. Il y a certains points que je suis totalement en accord alors que d'autres que je rejette complètement, et tous sont très bien pensé.

    Je dirais que le livre "Ainsi parlait Zarathoustra" qui illustre le surhomme et la volonté de puissance est un rejet des différends modes de vie des gens de son époque (modes qui n'ont pas changé aujourd'hui), et pour rassembler tout ce qu'il trouvait correct il a mit ça dans le surhomme, et le surhomme exerce en plénitude sa volonté de puissance.
    Dit de cette façon ça n'a pas l'air fameux, mais je le répète il y a quand même de très bon points dans le livre. Certains ont changé en partie ma façon de penser sur certains sujets.
    Qui suis-je? J'étais.

  6. #5
    bardamu

    Re : Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"

    Citation Envoyé par Nexis
    Attention, ce n'est pas un bon parallèle. Tous les hommes n'expriment pas nécessairement leur volonté de puissance, contrairement à une masse. Ce qu'il dit s'applique aux êtres vivants, pas aux objets inanimés.
    Si, si, justement, les hommes ne sont qu'un cas particulier d'une volonté de puissance conçue comme une force de croissance, une pure positivité qui fait que telle ou telle chose s'impose et se développe.
    Tous les hommes expriment nécessairement leur volonté de puissance y compris lorsqu'ils prônent l'obéissance, qu'ils se soumettent. C'est leur principes qui sont selon Nietzsche anti-naturels, morbides.
    Dans le passage qui suit Nietzsche associe une volonté de puissance à toute force.

    Citation Envoyé par Nietzsche, Par-delà le bien et le mal
    (...) nous devons risquer cette hypothèse que partout où l'on reconnaît des "effets", c'est qu'une volonté agit sur une volonté, que tout processus mécanique, pour autant qu'une force s'y exerce, révèle une force de volonté, un effet de volonté. - A supposer enfin qu'on réussisse à expliquer l'ensemble de notre vie instinctive comme le développement interne et les diverses branches d'une seule forme fondamentale de volonté - de la volonté de puissance, comme c'est ma thèse -, à supposer que l'on puisse ramener toutes les fonctions organiques à cette volonté de puissance, et que l'on trouve en elle aussi la solution du problème de la procréation et de la nutrition - c'est le même problème -, on aurait par là acquis le droit d'appeler toute force agissante, sans ambiguïté possible, volonté de puissance. Le monde vu de l'intérieur, le monde désigné en fonction de son "caractère intelligible" serait tout simplement "volonté de puissance" et rien d'autre.
    Nietzsche s'occupe avant tout de morale et d'humanité d'où l'orientation de son vocabulaire entre zoologie et psychologie mais la "volonté de puissance" me semble un concept ontologique, c'est-à-dire qui détermine l'être des choses. Toute chose est "volonté de puissance" de même que Spinoza disait que l'essence des choses est leur "appetit". Il faut un noyau de "volonté" pour qu'une chose émerge du chaos, pour qu'elle prenne sa place.
    Et donc, considérer la volonté de puissance comme quelqu'un qui dit "je veux", un instinct animal ou une certaine forme de "matière vivante" me semble insuffisant même si les trois découlent de la volonté de puissance.

    Et l'intérêt de cette notion, comme chez Spinoza, me semble de fonder ce qu'est une chose sur une notion d'emblèe éthique ou éthologique, une notion comportementale, volonté, appétit.
    Dès lors, les problèmes spirituels et matériels se rejoignent dans des problèmes de rapports de force, d'attirance et de répulsion, d'adéquation ou d'inadéquation plutôt que d'en rester à des problèmes spirituels (vrai/faux, juste/injuste, bien/mal) sans rapport au corps.
    Le mal, ce sera ce qui m'empêche de vivre, de grandir, que ce soit de l'arsenic ou une loi qui m'interdit d'exprimer ma nature.
    Nietzsche utilise souvent le langage médical : certaines idées sont des poisons, certaines sociétés sont malades, il faut désirer la "grande santé".

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    Dordon

    Re : Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"

    J'ai mal compris ou la Volonté de Puissance relève de la metaphysique ?
    Ca m'etonne je croyait que Nietzsche s'était opposé a toute metaphysique.

    nous devons risquer cette hypothèse que partout où l'on reconnaît des "effets", c'est qu'une volonté agit sur une volonté, que tout processus mécanique, pour autant qu'une force s'y exerce, révèle une force de volonté, un effet de volonté
    En fait le concept de Volonté de Puissance se rapproche pas mal de la Volonté de Schopenhauer non ?
    DrDn en qwerty

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  10. #7
    bardamu

    Re : Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"

    Citation Envoyé par Dordon
    J'ai mal compris ou la Volonté de Puissance relève de la metaphysique ?
    Ca m'etonne je croyait que Nietzsche s'était opposé a toute metaphysique.
    L'ontologie n'est pas tout à fait une métaphysique bien qu'à titre personnel j'appelle ça de la métaphysique par contraste avec les sciences expérimentales que j'appellent "physique".
    Il s'agit néanmoins toujours d'expliquer le fonctionnement du réel,de ce monde-ci.
    Citation Envoyé par Dordon
    En fait le concept de Volonté de Puissance se rapproche pas mal de la Volonté de Schopenhauer non ?
    Question délicate.
    Il y a un passage du Gai Savoir où Nietzsche critique la volonté selon Schopenhauer, la considérant comme une notion magique. En contrepartie, il montre en quoi la volonté, le choix, est le résultat d'une représentation de plaisir-déplaisir et n'appartient donc qu'aux êtres intellectuels.
    Mais, la Volonté de Puissance, est un concept qui n'est pas la volonté comme faculté. Je pense donc qu'en fait il inverse la position spiritualiste de Schopenhauer.
    Schopenhauer spiritualise le monde alors que Nietzsche "corporalise" l'esprit. Il s'agirait d'interpréter toute volonté y compris la nôtre comme une force naturelle. Dans le texte cité et dans d'autres, Nietzsche recherche la "mécanique" de l'esprit, son rapport au corps et s'oppose à tout idéalisme.
    En donnant un nom psychique à des phénomènes physiques, on replace le langage psychologique dans une optique physique, concrète.
    A la base, il y a la puissance et de là nait une volonté de puissance, une force qui nait de la puissance. Il y a une sorte d'animisme mais non-religieux, un animisme poétique, l'humain pouvant se voir comme un objet "inanimé" :

    Citation Envoyé par Nietzsche, Gai Savoir, Volonté et vague
    Cette vague, avec quelle avidité elle s'approche comme s'il s'agissait d'atteindre quelque chose ! Avec quelle hâte inquiétante elle se glisse dans les replis les plus cachés de la falaise ! Elle a l'air de vouloir devancer quelqu'un ; il semble qu'il y ait là quelque chose de caché, quelque chose qui a de la valeur, une grande valeur. - Et maintenant elle revient, un peu plus lentement, encore toute blanche d'émotion. - Est-elle déçue ? A-t-elle trouvé ce qu'elle cherchait ? - Simule-t-elle la déception ? - Mais déjà s'approche son âme, elle aussi, semble pleine de mystère, pleine d'envie de chercher des trésors. C'est ainsi que vivent les vagues, - c'est ainsi que nous vivons, nous qui possédons la volonté ! - je n'en dirai pas davantage. - Comment ? Vous vous méfiez de moi ? Vous m'en voulez, jolis monstres ? Craignez-vous que je ne trahisse tout à fait votre secret ? Eh bien ! soyez fâchés, élevez vos corps verdâtres et dangereux aussi haut que vous le pouvez, dressez un mur entre moi et le soleil - comme maintenant ! En vérité, il ne reste plus rien de la terre qu'un crépuscule vert et de verts éclairs. Agissez-en comme vous voudrez, impétueuses, hurlez de plaisir et de méchanceté - ou bien plongez à nouveau, versez vos émeraudes au fond du gouffre, jetez, par-dessus, vos blanchez dentelles infinies de mousse et d'écume. - Je souscris à tout, car tout cela vous sied si bien, et je vous en suis infiniment gré : comment vous trahirais-je ? Car, - écoutez bien ! - je vous connais, je connais votre secret, je sais de quelle espèce vous êtes ! Vous et moi, nous sommes d'une même espèce ! - Vous et moi, nous avons un même secret !

  11. #8
    Dordon

    Re : Du « surhomme » et de la "volonte de puissance"

    Merci de ta réponse bardamu
    DrDn en qwerty

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