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FDES et ISO 14040 :



  1. #1
    rbobeda

    FDES et ISO 14040 :


    ------

    Bonjour,

    Allez, puisqu'on cause FDES à tout va sur ce forum, autant parler tout de suite des petites blagues faites par les concepteurs si rigoureux de la norme NF EN ISO 14044, qui encadre la norme NFP 01-010, qui encadre elle-même les FDES (oui, hein, quand on parle norme, faut pas s'attendre à trop de clarté non plus).

    - D'abord, c'est par l'industriel ou par l’organisation de son secteur professionnel à l'initiative de l 'étude ACV de la FDES que les frontières du système sont définies. Pour soumettre un produit à la moulinette de l'ACV, on doit choisir une UNITE FONCTIONNELLE, par exemple 1 m², 1 m3... Sauf que c'est l'industriel qui définit son unité.
    Exemple : pour les fenêtres PVC, l'unité fonctionnelle pourrait être une certaine surface de menuiserie, incluant le vitrage. Du coup, le vitrage pesant très lourd dans le bilan et représentant plus de la moitié du poids de la fenêtre, l'impact du PVC s'en trouve "dilué". Impossible de comparer quoi que ce soit, on ne connait pas l'impact respectif des matériaux composant l'unité fonctionnelle. Et évidemment, cet exemple, je ne le tire pas de mon chapeau, d'autres l'ont mis en application avant que je vous en parle.

    - Ensuite, et là ça devient encore plus marrant, l'énergie primaire totale de l'unité fonctionnelle ajoute sans discernement l'énergie "matière" et l'énergie "procédé". En d'autres termes, on comptabilise dans l'énergie primaire de l'unité fonctionnelle non seulement l'énergie grise dépensée lors de sa fabrication (fuel, gaz, électricité... nécessaire au process) mais aussi l'énergie que la matière première composant le produit contient. En gros cela signifie que lorsqu'on brûle le matériau, on récupère de l'énergie, donc elle est comptabilisée dans la FDES comme énergie primaire. Ce qui signifie que tous les produits d'origine végétale voient leur énergie primaire matière exploser par rapport aux autres : il s'agit là de l'énergie solaire qu'il a fallu pour faire pousser l'arbre, la plante,etc. Tandis que pour un cailloux, du sable...
    Oui, oui, vous avez bien lu. C'est super bien foutu, cette histoire, les p'tits gars qui ont bossé là-dessus ont dû se creuser pendant des mois pour en arriver là. Surtout que si l'on n'est pas au courant, le bug est bien difficile à détecter. D'autant plus que la norme oublie de comptabiliser “ l'énergie procédé terrestre pour la fabrication du charbon, du pétrole ou du gaz (issus de végétaux qui se sont décomposés pour donner des hydrocarbures).
    On compare bêtement deux colonnes sans comprendre le détail, et on se dit : ben alors, la laine de chanvre, c'est vraiment pas top par rapport à la laine de verre, quand même. Moi qui ait une conscience écologique poussée, je ne vais pas isoler avec cette saleté, je pense à la planète, aux générations futures

    Alors, je me dis, si j'étais un industriel de l'isolation, un gros fabricant de laine de verre, par exemple, je m'arrangerais pour sortir un produit à base de chanvre, comme j'ai les moyens, je me paierais la FDES qui va avec, qui serait de toute façon super mauvaise par rapport aux autres produits de ma gamme, ce qui me permettrait, une fois ma grosse campagne de com lancée et inondant tout le secteur de la construction et les médias sur le thème "ma laine de verre lave plus vert", de bien crâmer toute la filière chanvre naissante, constituée de petites PME innovantes qui n’ont pas les moyens de financer une FDES.
    Bon, je dis ça, je dis rien, ça semble tellement énorme que personne n'oserait le faire, j'imagine.
    J'ai l'esprit mal tourné, sûrement.

    -----

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  3. #2
    phil12

    Re : FDES et ISO 14040 :

    CQFD !

    Merci MR
    Partager pour s'enrichir (site web >profil)

  4. #3
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    8-o

    Je vais dormir, ça doit être un mauvais rêve... Enfin bon, juste au cas où, j'aimerais bien avoir la réponse de Sofi29 sur ec sujet...

  5. #4
    Myrddinlefou

    Re : FDES et ISO 14040 :

    C'est a vomir…

  6. A voir en vidéo sur Futura
  7. #5
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Juste par acquis de conscience, Raphaël, est-ce-que tu peux citer la source de ton info ? Idéalement, est-ce-que tu pourrais faire un copier-coller de la portion de la norme qui décrit ce dont tu parles ?

  8. #6
    rbobeda

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Idéalement, non, parce que c'est un document commercialisé qu'on peut acheter sur le site de l'AFNOR : http://www.boutique.afnor.org/NEL5De...107&ts=8240362

    En revanche, vous pouvez consulter un document "comparatif" ici :
    http://www.acob.net/?page=telechargement
    qui compare de manière totalement... comment dire... objective l'impact environnemental d'une charpente lamellée-collée et d' une charpente poteau poutre béton, grâce aux fameuses FDES. Etude commanditée par l'ACOB (asso des fabricants de charpente en béton), donc dont on est sûr de la totale impartialité. Il faut regarder l'étude complète (à partir de la page 48 ça devient intéressant) le détail ne figre pas sur la synthèse.
    Vous verrez que le bois arrive loin derrière. La comparaison porte évidemment sur du bois d'importation finlandais (on trouve aussi du lamellé collé français, évidemment, mais bon... pas assez de transport) de manière à plomber le bilan un peu plus. La consommation d'eau est également en faveur du béton... trop fort, ben oui, pour pousser, l'arbre à utiliser de l'eau. Ca ponctionne énormément les ressources naturelles, les arbres. Faudrait tous les couper, tiens. Et en replanter en béton, ça, ce serait écolo. (pensons aux générations futures, quoi! )

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  10. #7
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Tout bonnement in-cro-yable... 8-o

  11. #8
    phil12

    Re : FDES et ISO 14040 :

    La reponse de notre ami (e ?)des isolants mineraux verts ,tarde un peu
    Partager pour s'enrichir (site web >profil)

  12. #9
    cnevians

    Re : FDES et ISO 14040 :

    ben voyons...

    bon c'est pas nouveau non plus...
    les lobby poussent...
    d'ailleurs quand on voit déjà que la norme BBC ...y'a pas de seuil pour l'enveloppe... et que l'on fait une maison BBC avec de l'isolation de 12 cm de polystyrène, des fenêtres PVC à l'argon ITR et une PAC qui pompe de l'électricité à tout va ...

    et oui les labels aussi sont en partie "foireux"
    Pourquoi ? parce naturellement ce sont les industrielles qui payent tout ça ...
    et ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied ..
    fou mais pas bête....

    Il faudrait harmoniser tout cela au niveau européen... et encore

  13. #10
    Philou67

    Re : FDES et ISO 14040 :

    rbobeda, es-tu sur que l'énergie matière n'est pas plutôt celle qui est nécessaire pour faire pousser le végétal (comme l'énergie des machines utilisées pour la culture et la récolte), de même pour celle des minéraux, celle nécessaire à leur extraction ?
    :'( Plus j'apprends, et plus je mesure mon ignorance

  14. #11
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    C'est le contenu énergétique du matériau qui est pris en compte. Là où en parlant d'"énergie grise" on ne prendrait pas en compte ce contenu énergétique (puisqu'on ne prendrait en compte que l'énergie nécessaire à la fabrication du matériau), la norme s'appuie sur une astuce en parlant d'énergie primaire "matière", ce qui permet de prendre en compte le stock d'énergie que représente le matériau bois, gratuit et non polluant (merci les arbres, merci dame nature...) comme une consommation énergétique... Et c'est bien connu, la consommation énergétique, c'est polluant... D'un certain point de vue (que je n'adopte pas, mais je suppose que ça va être la réponse d'Isover), on peut considérer que l'utilisation bois (ou d'autres matériaux bio-sourcés) dans le bâtiment mobilise effectivement cette quantité d'énergie, mais là où ils sont forts c'est qu'ils arrivent à faire passer cette mobilisation pour une dépense immédiate. Alors que l'énergie du bois en question n'est pas dépensée : elle est sortie du cycle du carbone pour construire un bâtiment, mais elle n'est pas à proprement parler dépensée, étant donné que le bois pourra toujours être brûlé en fin de vie, et l'énergie correspondante récupérée pour un autre usage...

  15. #12
    Philou67

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Vu que la norme n'est pas en accès public gratuit, difficile de se faire une idée propre du texte. Je vais donc attendre la réponse de Sofi29, par exemple.
    :'( Plus j'apprends, et plus je mesure mon ignorance

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  17. #13
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    C'est en tous cas l'explication donnée par le texte de l'ACOB... (cf. lien ci-dessus...)

  18. #14
    Philou67

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Si c'est bien ainsi qu'il faut comprendre ce point de la norme ISO 14014, alors il me semble effectivement on ne peut moins fallacieux. Car pourquoi s'arrêter à l'énergie que le matériaux dégage lors de sa combustion (oxydo-réduction avec énergie d'activation minimale et comburant => énergie moléculaire de recombinaison des atomes). On pourrait tout aussi bien descendre au niveau atomique et intégrer l'énergie de masse des atomes (E=mc2) ?
    :'( Plus j'apprends, et plus je mesure mon ignorance

  19. #15
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Citation Envoyé par Philou67 Voir le message
    on ne peut *moins* fallacieux
    on ne peut *moins* fallacieux (= pas fallacieux) ? Ou on ne peut *plus* fallacieux (= très fallacieux) ?

    Sinon, en soi ça me paraît généralement accepté de dire que le bois contient une certaine quantité d'énergie, de la même façon qu'on calcule les "Tonnes équivalent pétrole" pour différents matériaux combustibles. Moi, ce qui me choque, c'est que si on a un matériau dont la combustion permet de récupérer potentiellement une certaine quantité d'énergie, et qu'on l'utilise pour autre chose que pour le brûler, on assimile ça à une dépense énergétique. Tout en ayant à côté de ça des propos du type "et en plus si on le brûle, tout le carbone est libéré dans l'atmosphère" (cf. doc ACOB) . Ca donne l'impression qu'il y a 2 arguments contre l'utilisation de matériaux bio-sourcés : d'une part une consommation énergétique importante à la production, et d'autre part une libération de carbone importante lorsqu'on brûle le matériau. Alors que ces deux phénomènes se produisent en réalité uniquement au moment où on brûle le matériau, ce qui se produit en principe en fin de vie. Auquel cas la chaleur produite peut-être exploitée à bon escient, par récupération de chaleur sur l'incinérateur. Bref : pour moi, c'est on ne peut *plus* fallacieux...

  20. #16
    Philou67

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Hummm.... je voulais dire "pour le moins fallacieux"...

    Ce qui n'est effectivement pas acceptable, c'est de considérer qu'un matériau contient de l'énergie s'il n'est pas utilisé comme un combustible. De plus, la croissance de l'arbre qui permet d'emmagasiner cette énergie est entièrement renouvelable, et même inépuisable. Au contraire, limiter la croissance des arbres est source de dépense énergétique non renouvelable (l'entretien des forêts par exemple, qui consiste à extraire le bois, car sans entretien, la forêt croitrait).

    Une autre ambiguité m'a également choqué dans le rapport : le fait qu'en fin de vie, le béton sera recyclable lorsque le concassement du béton aura atteint une certaine rentabilité, alors que de l'autre coté, le bois brulé va relâcher du CO2. On oublie dans ce bilan que le bois d'oeuvre, tant qu'il n'est pas brulé, à un bilan négatif en terme de dégagement de CO2, et que lorsqu'il est brulé, son bilan est nul ET qu'il produit de l'énergie (bilan énergétique négatif), alors que le concassage du béton pour le rendre recyclable va consommer de l'énergie (et donc produire également du CO2).
    :'( Plus j'apprends, et plus je mesure mon ignorance

  21. #17
    gil67

    Re : FDES et ISO 14040 :

    salut,

    c'est le principe de toutes les normes, y compris celle que l'on trouve dans l'industrie. Si dans mon manuel, la norme c'est de la merde, en produisant de la grosse merde, je reste dans la norme, c'est tout bon.

    Les normes ont été introduites il y'a quelques décennies par les grosses industries automobiles et aéronautiques pour obtenir plus de constance chez les sous-traitant.
    Depuis, on trouve même des ambulanciers certifiés. Bientôt ce seront les pompes funèbres qui afficheront leur certification à l'arrière des corbillards.

    D'ici peu, on va nous dire que la paille du paysan du coin est dangereuse en raison des engrais utilisés ou encore des pluies acides.

    On apprend également que le pétrole est une énergie propre et surtout naturelle, son bilan est également neutre... sur plusieurs millions d'années.
    je suis un professionnel de la maison passive-bioclimatique, en pièces détachées

  22. #18
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Up... Je ne voudrais pas que Sofi29 oublie ce sujet...

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  24. #19
    Sofi29

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Bonjour à tous,

    Il est des sujets qu'on ne peut "oublier" toutefois avant d'apporter une réponse, il m'a fallu vérifier quelques points annoncés "critiques"... Voici donc mes réponses aux quelques interrogations sur les FDES et la norme NF P01-010 :

    Allez, puisqu'on cause FDES à tout va sur ce forum, autant parler tout de suite des petites blagues faites par les concepteurs si rigoureux de la norme NF EN ISO 14044, qui encadre la norme NFP 01-010, qui encadre elle-même les FDES (oui, hein, quand on parle norme, faut pas s'attendre à trop de clarté non plus).
    L'objectif d'une norme est de définir un langage commun entre les industries productrices et les utilisateurs/consommateurs des produits. La norme NF P01-010 établit les paramètres sur lesquels une évaluation de produits de construction doit être faite et favorise l'homogénéité des procédés d'évaluations.

    - D'abord, c'est par l'industriel ou par l’organisation de son secteur professionnel à l'initiative de l'étude ACV de la FDES que les frontières du système sont définies. Pour soumettre un produit à la moulinette de l'ACV, on doit choisir une UNITE FONCTIONNELLE, par exemple 1 m², 1 m3... Sauf que c'est l'industriel qui définit son unité.
    Voici la définition de l'unité fonctionnelle définie dans la norme NF P 01-010 et je ne comprends pas ce qui vous pose problème, la fonction d'un isolant étant d'isoler les parois en m² sur sa durée de vie typique :
    4.3 Unité fonctionnelle (UF)
    En vue d'assurer la comparabilité non biaisée des déclarations environnementales et sanitaires entre produits d'une même famille pour une destination identique, il est essentiel de retenir une unité fonctionnelle commune.
    Son expression est liée à l'application visée dans l'ouvrage (mètre, mètre carré, nombre de pièces /m² ou m, etc.) et à la fonction principale à assurer. L'UF a une dimension temporelle : assurer la fonction F pendant la durée D ; cette durée est appelée durée de vie typique (DVT). Elle n'est pas liée à la durée réelle ou théorique d'un bâtiment mais elle est représentative de celle du produit dans l'ouvrage étudié.
    L'UF comprend :
    a- le flux de référence exprimé en kilogrammes de produit accompagné d'une description des principaux constituants ;
    b- la prise en compte des emballages qui s'accompagne d'une description de ses constituants ;
    c- la prise en compte des accessoires de pose quelle que soit leur nature nécessaires à son application dans l'ouvrage :
    •s'ils sont imposés par le fabricant ou impératifs par rapport à l'unité dans l'ouvrage, ils figurent dans le flux de référence et les données environnementales et sanitaires sont indissociables de celles du produit principal. L'utilisateur ne peut en aucun cas le remplacer par un produit de substitution ;
    •s'il y a plusieurs règles de mises en oeuvre possibles recourant à des accessoires variables, alors aucun d'eux n'est intégré dans le flux de référence de l'UF et les données les concernant relèvent dans ce cas d'une déclaration séparée ;
    d- le taux de chutes lors de la mise en oeuvre et l'entretien (y compris remplacement partiel éventuel) qui peuvent avoir une contribution notable à l'inventaire de cycle de vie du produit de construction

    Ensuite, et là ça devient encore plus marrant, l'énergie primaire totale de l'unité fonctionnelle ajoute sans discernement l'énergie "matière" et l'énergie "procédé". En d'autres termes, on comptabilise dans l'énergie primaire de l'unité fonctionnelle non seulement l'énergie grise dépensée lors de sa fabrication (fuel, gaz, électricité... nécessaire au process) mais aussi l'énergie que la matière première composant le produit contient. En gros cela signifie que lorsqu'on brûle le matériau, on récupère de l'énergie, donc elle est comptabilisée dans la FDES comme énergie primaire. Ce qui signifie que tous les produits d'origine végétale voient leur énergie primaire matière exploser par rapport aux autres : il s'agit là de l'énergie solaire qu'il a fallu pour faire pousser l'arbre, la plante,etc. Tandis que pour un cailloux, du sable...
    En considérant qu'en fin de vie, l'incinération d'un produit donné puisse générer une énergie récupérée, cette quantité produite viendrait non pas se rajouter à la consommation d'énergie primaire totale mais serait déduite des consommations d'énergie primaire (ce qui est de loin la solution la plus logique !).

    En ce qui concerne l'analyse de cycle de vie du chanvre industriel, elle ne comprend absolument pas l'énergie solaire qu'il a fallu pour que le chanvre pousse mais comprend l'énergie mise en jeu pour la production agricole, pour le transport des matières premières, pour la transformation en produit fini, pour l'emballage du produit fini et le transport en départ usine.

    D'autant plus que la norme oublie de comptabiliser “ l'énergie procédé terrestre pour la fabrication du charbon, du pétrole ou du gaz (issus de végétaux qui se sont décomposés pour donner des hydrocarbures).
    Le processus de sédimentation est un processus lent et permanent qui certes à son importance à l'échelle des temps dits "géologiques" (quelques millions d'années à quelques milliards d'années) mais qui produit peu d'effets à l'échelle d'une vie humaine, alors ramené à une durée de vie typique (DVT) du bâtiment évalué à 50 ans… !

    (A noter toutefois que toutes les énergies nécessaires à transformer le pétrole brut en essence utilisable sont comptabilisées dans l'analyse de cycle de vie du carburant final).

    On compare bêtement deux colonnes sans comprendre le détail, et on se dit : ben alors, la laine de chanvre, c'est vraiment pas top par rapport à la laine de verre, quand même.
    Les chiffres annoncés dans la FDES du produit chanvre sont les chiffres issus de l'analyse de cycle de vie du produit qui inclut la partie agronomique pour laquelle vous retrouverez le scenario et les données retenues dans la "Partie agronomie" de l'étude publiée sur le site. http://www.institutduchanvre.org/itc...nvironnemental.

    L’énergie solaire, n’est pas comptabilisée comme entrant dans cette étude et donc dans notre cas précis, l’énergie primaire totale correspond principalement aux énergies fossiles qui sont consommées.

    Si l'énergie primaire totale "explose", cela est aussi dû aux additifs ajoutés (fibres de polyester), à d’autres étapes du cycle de vie, tel que la fabrication ou le transport, qui ont un impact très fort.

    Alors, je me dis, si j'étais un industriel de l'isolation, un gros fabricant de laine de verre, par exemple, je m'arrangerais pour sortir un produit à base de chanvre, comme j'ai les moyens, je me paierais la FDES qui va avec, qui serait de toute façon super mauvaise par rapport aux autres produits de ma gamme, ce qui me permettrait, une fois ma grosse campagne de com lancée et inondant tout le secteur de la construction et les médias sur le thème "ma laine de verre lave plus vert", de bien crâmer toute la filière chanvre naissante, constituée de petites PME innovantes qui n’ont pas les moyens de financer une FDES.
    En proposant le produit Chanvre à sa gamme dès l'année 2004, Isover a contribué au développement du produit dans un usage bâtiment à plus grande échelle, en l'intégrant à son catalogue et en lui faisant bénéficier d'un réseau de distribution national. Ce développement s'est accompagné d'une validation du produit par Avis Techniques du CSTB afin d'apporter des garanties sur les caractéristiques techniques du produit et ses performances dans un usage en application murs et toiture. Concernant l'édition d'une FDES pour ce produit, elle a été réalisée afin d'apporter de l'information non biaisée sur les données environnementales du produit comme cela se fait pour tout produit présent à la gamme afin que le consommateur puisse faire son choix selon ses choix et/ou impératifs environnementaux. Les chiffres annoncés dans cette FDES s'appuient sur l'analyse de cycle de vie du produit réalisée par l'INRA à la demande du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, en partenariat avec la filière chanvre. Elle est présente sur la base nationale INIES depuis au moins 3 années et a eu tout le temps d'être consultée et les chiffres n'ont pas été contestés par la filière chanvre !

    Par ailleurs, certains producteurs de produits innovants (comme vous les présentez) arrivent à financer une FDES de leur produit soit par un partenariat, soit par les aides de l'Ademe ou de la région (Le Relais pour l'isolant Métisse par exemple).

    Désolée pour la longueur de ce post, mais il était nécessaire de réponse point par point. Sincères salutations, Sofi.

  25. #20
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Impossible de trouver la FDE&S sur le site de l'INIES... :/ A défaut, Sofi29, as-tu regardé l'étude comparative de l'ACOB entre l'ossature bois lamellé-collé et l'ossature métallique ?

    Je cite (page 49 du document en question) :

    Selon la norme NF P 01-010 l’énergie primaire totale est la somme de toutes les sources
    d’énergie qui sont directement puisées dans les réserves naturelles.
    Elle correspond à l’addition des énergies consommées nécessaires aux différents process
    (énergie procédé) et des énergies contenues dans les matériaux utilisés (énergie matière).

    Dans le cas du bâtiment à ossature béton, l’énergie primaire totale est principalement
    composée d’énergies « procédé » qui sont majoritairement non renouvelables.
    Dans le cas du bâtiment à ossature mixte –béton et bois lamellé collé-, l’énergie primaire
    totale est composée d’énergies « procédé » non renouvelables, dont la valeur est proche de
    celle du bâtiment à ossature béton (visible dans la figure 9 « Energie non renouvelable en
    MJ ») à laquelle s’ajoute, du fait du caractère combustible du bois, une importante énergie « matière ».
    Je comprends que l'"énergie matière" est l'énergie qui serait dégagée par le matériau si on le brûlait. Or, dans le cas d'une ossature bois comme dans le cas d'un isolant à base de bois, ou plus largement (mais peut-être dans une moindre mesure, la capacité calorifique de chanvre étant certainement inférieure à celle du bois ?) il ne me semblerait pas indiqué de considérer l'utilisation de ce bois comme une dépense énergétique pour l'étape de production, dans la mesure où cette énergie n'est pas dépensée, mais stockée.

    Cordialement,
    Yann

  26. #21
    rbobeda

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Bonjour à tous,

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    L'objectif d'une norme est de définir un langage commun entre les industries productrices et les utilisateurs/consommateurs des produits. La norme NF P01-010 établit les paramètres sur lesquels une évaluation de produits de construction doit être faite et favorise l'homogénéité des procédés d'évaluations.
    Définir un langage commun ? Alors décidément on ne vit pas sur la même planète, Sofi. Les FDES sont en accès libre sur la base INES, on pourrait faire rapidement un sondage sur le forum pour savoir qui y comprend quelque chose. Les FDES sont des documents très techniques et complexes. Le but de cette norme est seulement d'établir un référentiel commun pour évaluer l'impact environnemental des produits de manière théoriquement objective. Que vient faire l'utilisateur/consommateur là dedans ?
    Ma voisine consultera-t-elle la FDES quand elle fera isoler ses combles ? Et l'entreprise qui réalisera les travaux ? Soyons sérieux.
    En revanche elle ira peut-être faire un tour sur toutsurlis*lati*n.com pour avoir de la bonne info bien objective et faire les bons choix. (oui, je suis taquin, là).

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Voici la définition de l'unité fonctionnelle définie dans la norme NF P 01-010 et je ne comprends pas ce qui vous pose problème, la fonction d'un isolant étant d'isoler les parois en m² sur sa durée de vie typique :
    4.3 Unité fonctionnelle (UF)
    En vue d'assurer la comparabilité non biaisée des déclarations environnementales et sanitaires entre produits d'une même famille pour une destination identique, il est essentiel de retenir une unité fonctionnelle commune.
    Son expression est liée à l'application visée dans l'ouvrage (mètre, mètre carré, nombre de pièces /m² ou m, etc.) et à la fonction principale à assurer. L'UF a une dimension temporelle : assurer la fonction F pendant la durée D ; cette durée est appelée durée de vie typique (DVT). Elle n'est pas liée à la durée réelle ou théorique d'un bâtiment mais elle est représentative de celle du produit dans l'ouvrage étudié.
    L'UF comprend :
    a- le flux de référence exprimé en kilogrammes de produit accompagné d'une description des principaux constituants ;
    b- la prise en compte des emballages qui s'accompagne d'une description de ses constituants ;
    c- la prise en compte des accessoires de pose quelle que soit leur nature nécessaires à son application dans l'ouvrage :
    •s'ils sont imposés par le fabricant ou impératifs par rapport à l'unité dans l'ouvrage, ils figurent dans le flux de référence et les données environnementales et sanitaires sont indissociables de celles du produit principal. L'utilisateur ne peut en aucun cas le remplacer par un produit de substitution ;
    •s'il y a plusieurs règles de mises en oeuvre possibles recourant à des accessoires variables, alors aucun d'eux n'est intégré dans le flux de référence de l'UF et les données les concernant relèvent dans ce cas d'une déclaration séparée ;
    d- le taux de chutes lors de la mise en oeuvre et l'entretien (y compris remplacement partiel éventuel) qui peuvent avoir une contribution notable à l'inventaire de cycle de vie du produit de construction
    C'est donc bien l'industriel qui définit son UF. La norme n'encadre quasiment pas ce point pourtant si délicat et sujet à controverse. Relire mon post précédent sur l'exemple des fenêtres pour comprendre pourquoi cela pose problème. Notamment, un moyen simple de minimiser l'impact d'un produit de construction, c'est d'augmenter sa durée de vie. 50 ans pour la laine de verre, par exemple, est-ce réaliste ? Sofi, pourrait-on connaître la durée de vie réelle moyenne de la laine de verre ? 50 ans ? Si un fabricant connait ses parts de marchés, les quantités de produits vendus, la part utilisées en rénovation et la croissance du parc immobilier, le calcul est faisable. De même, les hypothèses utilisées pour calculer
    les évitements d'énergie sont-elles réalistes ? Par exemple, au bout de 20 ans, le produit isole-t-il toujours autant ? Tiens, je vais essayer de me renseigner sur toutsurlis*lati*n.com.

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    En considérant qu'en fin de vie, l'incinération d'un produit donné puisse générer une énergie récupérée, cette quantité produite viendrait non pas se rajouter à la consommation d'énergie primaire totale mais serait déduite des consommations d'énergie primaire (ce qui est de loin la solution la plus logique !).
    Eh bien oui. Et ça, où est-ce que ça apparaît dans les FDES ? On devrait voir quelque part la récupération de cette énergie, puisque le produit peut être incinéré en fin de vie ? A moins que... Un oubli ? Ou bien a-t-il été considéré que ce produit (végétal à 85%) ne pouvait être qu'enfouit ?

    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Le processus de sédimentation est un processus lent et permanent qui certes à son importance à l'échelle des temps dits "géologiques" (quelques millions d'années à quelques milliards d'années) mais qui produit peu d'effets à l'échelle d'une vie humaine, alors ramené à une durée de vie typique (DVT) du bâtiment évalué à 50 ans… !
    On est bien d'accord. C'est bien pourquoi la norme ISO 14040 contient un bug. Pour résumer, elle ne tient pas compte de la renouvelabilité du matériau et favorise l'utilisation d'énergies fossiles. Ce dysfonctionnement a été mis en exergue il y a déjà plusieurs années (pas par moi) : l’énergie solaire consommée par la plante pour son développement, équivalent à son contenu énergétique, est comptabilisée dans l’indicateur énergie primaire, à la même hauteur que les autres types d’énergie.
    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    En proposant le produit Chanvre à sa gamme dès l'année 2004, Isover a contribué au développement du produit dans un usage bâtiment à plus grande échelle, en l'intégrant à son catalogue et en lui faisant bénéficier d'un réseau de distribution national. Ce développement s'est accompagné d'une validation du produit par Avis Techniques du CSTB afin d'apporter des garanties sur les caractéristiques techniques du produit et ses performances dans un usage en application murs et toiture. Concernant l'édition d'une FDES pour ce produit, elle a été réalisée afin d'apporter de l'information non biaisée sur les données environnementales du produit comme cela se fait pour tout produit présent à la gamme afin que le consommateur puisse faire son choix selon ses choix et/ou impératifs environnementaux. Les chiffres annoncés dans cette FDES s'appuient sur l'analyse de cycle de vie du produit réalisée par l'INRA à la demande du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, en partenariat avec la filière chanvre. Elle est présente sur la base nationale INIES depuis au moins 3 années et a eu tout le temps d'être consultée et les chiffres n'ont pas été contestés par la filière chanvre !
    Contester les chiffres ? Comment auraient-ils pu ? Encore aurait-il fallu connaître l'impact du chanvre dans le produit (qui ne représente que 42 % de la masse) par rapport au coton notamment (très consommateur d'eau, lui, et produit hors de l'Europe). Des données qui me permettraient, moi, consommateur, de faire un choix, seraient par exemple la comparaison entre chènevotte (chanvre brut utilisé en vrac pour la construction) et laine de verre à souffler. On revient sur le problème de l'UF.
    Citation Envoyé par Sofi29 Voir le message
    Par ailleurs, certains producteurs de produits innovants (comme vous les présentez) arrivent à financer une FDES de leur produit soit par un partenariat, soit par les aides de l'Ademe ou de la région (Le Relais pour l'isolant Métisse par exemple).
    .
    D'autres exemples ?
    Sans rire, le financement de ces FDES n'est pas un sujet de plaisanterie, puisqu'il a tendance a exacerber les monopoles. Pas de FDES=produit dont la fiabilité/innocuité/écolo-compatibilité n'a pas été prouvé. C'est ce qu'on peut lire un peu partout sur les sites des grands industriels du bâtiment, qui associent systématiquement FDES et qualité environnementale. Sauf que c'est faux : une FDES peut tout à fait présenter un mauvais bilan pour un produit de construction. Cela n'empêche pas l'industriel de communiquer dessus, et surtout de se servir de l'existence de la FDES pour justifier de l'éco-compatibilité du produit. A mes yeux, c'est un dévoiement évident du but premier des ces FDES, une merveilleuse lessiveuse verte, qui permet de faire d'une pierre deux coups : écraser et discréditer les petits concurrents, et verdir son image. Ainsi, des produits peu transformés, non industrialisés, utilisés depuis des lustres, comme le chanvre en vrac, par exemple, mais eaussi la paille, se trouvent en position de faiblesse vis à vis de produits industrialisés. Ainsi des produits industrialisés certifiés à l'étranger (Allemagne par exemple) se trouvent pénalisés sur le territoire français.

    Pour finir une petite citation tirée d'un site d'information public sur l'isolation :
    "Afin d’évaluer les risques sanitaires et mesurer la qualité de vie à l’intérieur des bâtiments, il faut se référer aux Fiches de Déclarations Environnementales et Sanitaires (FDE&S) des produits. Ces fiches, dont le format est unique et commun à tous les produits de la construction, présentent des informations fiables, transparentes et objectives, nécessaires à ces évaluations et mesures."
    Que dois-je comprendre ? Qu'un produit sans de FDES présente donc potentiellement des risques ? Soit plus de 90% des produits de construction. L'ADEME et les Régions vont avoir du boulot pour rattraper tout ça.
    Dois-je également comprendre qu'un produit ayant sa FDES est totalement irréprochable ? Non plus : on a seulement évalué les risques (de manière "transparente et objective" bien sûr).


    Moi aussi, je suis sincèrement désolé de la longueur de ce post. Découragé, même. Et je me dis qu'il en faudrait beaucoup d'autres comme ça pour que ça change.

  27. #22
    Philou67

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Entièrement d'accord avec tannoz (edit : et rbobeda). L'étude comparative de l'ACOB interprète clairement dans la norme ISO 14044 que l'énergie matière est l'énergie de combustion du matériau.

    Question annexe liée à mon 2e étonnement dans mon message précédent. La fin de vie d'un matériau peut être multiple :
    - incinération
    - recyclage
    - décharge,
    ...
    Quand un matériau dispose de plusieurs options, toutes ces options sont étudiées dans le cycle de vie ?
    Dernière modification par Philou67 ; 01/12/2009 à 13h41.
    :'( Plus j'apprends, et plus je mesure mon ignorance

  28. #23
    tannoz

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Dans l'étude comparative de l'ACOB, on dirait qu'ils ont jugé plus... comment dire ? ... disons "intéressant" de considérer que le bois sera mis en décharge "surveillée" (car il s'agit comme chacun sait d'un déchet non inerte) plutôt qu'incinéré. Un esprit taquin pourrait y voir un bon moyen pour considérer que le bois est consommateur d'énergie (puisqu'il n'est pas brûlé et que sa capacité calorifique est donc gaspillée) tout en constituant un déchet encombrant (puisqu'on le stocke en décharge surveillée). Alors que l'autre optique (mais c'est un angle bien moins "intéressant", vous en conviendrez certainement... ^^ ) eût été de considérer que l'utilisation de bois en construction ne consomme pas d'énergie, étant donné qu'en fin de vie il est incinéré, que son énergie calorifique est donc exploitée, qu'il ne laisse quasiment pas de déchet et qu'il est neutre du point de vue des émissions de carbone dans l'atmosphère...
    Dernière modification par Philou67 ; 04/03/2010 à 13h26. Motif: Citation inutile

  29. #24
    rizzen

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Bonsoir,

    Juste une question, vous parlez d'incinération du bois... mais les bois en construction sont tous incinérable vu les produits de traitements ou de pérennité utilisée ??

    Idem pour des produits d'isolation végétale type cellulose ?? Il est possible de les bruler sans risque d'émanation des produits contenus dedans ??

    D'après ce que j'ai compris (peut-être que je me trompe, merci de m'éclairer) si il y a plusieurs scénario dans les FDE&S il faut prendre celui qui existe ?? Non ??

    Autre question, si ont brule du bois ou du végétale pour récupérer sont contenu énergétique, il va re larguer du CO2 ?? Donc ce n’est peut-être pas si bête que cela de mettre en décharge surveiller du bois pour piéger durablement du CO2 ?? (J’ai fais un peu de géologie et il me semble que piéger du CO2 en sous sol est bien).

    Rizzen

  30. Publicité
  31. #25
    Linn

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Juste une question, vous parlez d'incinération du bois... mais les bois en construction sont tous incinérable vu les produits de traitements ou de pérennité utilisée ?
    Il existe à l'heure actuelle des solutions parfaitement fiables et pérennes dans le temps pour construire en bois sans aucun traitement chimique.
    Ma maison ossature bois ne contient pas un seul bois traité. Le bois est "étuvé", c'est-a-dire chauffé durant une certaine période sans aucune adjonction d'un produit quelconque. Ce traitement thermique rend le bois trop dur pour servir de nourriture aux bestioles diverses dont tout le monde a peur.
    Toutes les chutes et déchets de chantier ont été récupérés et ont servi à nous chauffer.

    Autre question, si ont brule du bois ou du végétale pour récupérer sont contenu énergétique, il va re larguer du CO2 ??
    Le bois est un piège à CO2: l'arbre en consomme durant la durée de croissance et le fixe dans le bois. Lorsqu'on le brûle, ce CO2 est effectivement relaché dans l'atmosphère. On a donc un bilan zéro: ce qui est consommé est relaché, aucune pollution n'est créée.

    L'arbre a donc consommé du CO2 durant sa croissance durant, mettons 30 ans: tout bénef pour la planète.
    Ensuite on le coupe et on construit une maison avec. Mettons que la maison reste debout 150 ans: le CO2 est toujours piégé dans le bois, pas d'émission, tout bénef pour la planète.
    Quand la maison sera détruite, on peut récupérer le bois pour se chauffer: on ne consomme pas une énergie fossile polluante pour le chauffage, on recycle les déchets, et on restitue dans l'atmosphère le CO2 qui avait été prélevé 200 ans plus tôt.
    Bilan CO2 zéro, gain pour les occupants de la maison durant toutes ces années, gain pour ceux qui se chauffent avec le bois, gain pour le recyclage des déchets.

    On peut tenter le même raisonnement avec le métal, la brique ou la laine de verre, on ne pourra pas arriver à un bilan aussi bon. Il ne faut pas oublier que des couts de transport et de transformation, il y en a pour tous les produits, donc cet argument ne tient pas la route.

    Il y a donc bien un problème avec les fiches et les normes établies par les industriels qui essaient de "verdir" leurs produits comme le dit rbobeda et de manipuler les données au détriment d'autres produits.
    MOB et PDM (photos sous mon profil)

  32. #26
    Sofi29

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Bonsoir Yann,

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    Impossible de trouver la FDE&S sur le site de l'INIES...
    Voici un lien qui te permettra de trouver la FDES du Florapan Plus sur le site : http://www.inies.fr/documents/produits/Prod153_doc1.pdf

    Citation Envoyé par tannoz Voir le message
    Je comprends que l'"énergie matière" est l'énergie qui serait dégagée par le matériau si on le brûlait. Or, dans le cas d'une ossature bois comme dans le cas d'un isolant à base de bois, ou plus largement (mais peut-être dans une moindre mesure, la capacité calorifique de chanvre étant certainement inférieure à celle du bois ?) il ne me semblerait pas indiqué de considérer l'utilisation de ce bois comme une dépense énergétique pour l'étape de production, dans la mesure où cette énergie n'est pas dépensée, mais stockée.
    Cette énergie est effectivement stockée, elle n'en est pas moins mobilisée durant la vie en œuvre du produit.
    Dans le cas d'une FDES réalisée suivant la norme NF P01-010, l'énergie matière d'un produit entre dans l'énergie primaire totale car tant que le produit est en œuvre, cette énergie n'est "utilisée" que pour l'usage auquel le produit est destiné, en d'autres termes, elle n'est plus disponible pour un autre usage. Or, tous les produits n'ont pas d'énergie matière et si un produit à une énergie matière, elle ne peut être récupérée qu'à la condition qu'il y ait une valorisation possible en fin de vie.

    Par exemple, dans le cas de l'élaboration d'une FDES pour un produit à base végétale (sans autre additif) elle viendrait en déduction des énergies naturelles disponibles (puisque utilisée pour l'usage donné) mais on la retrouverait dans les énergies récupérables en fin de vie lorsque le produit à base végétale serait valorisé comme combustible (filière d'incinération).
    Cette énergie récupérée serait alors comptabilisée et viendrait donc diminuer la consommation d'énergie primaire totale. Cela dépend donc beaucoup de la fin de vie du produit. Si le produit à base végétale n'est pas valorisé et suit la filière de mise en décharge en fin de vie, l'énergie matière stockée dans le produit est dans ce cas perdue…

    Dans le cas du chanvre, il n'y pas d'énergie matière comptabilisée pour la fibre de chanvre. Dans l'hypothèse où la fibre de chanvre pourrait être utilisée pour la fabrication de pellets de chanvre par exemple, avec dans ce cas une valeur énergétique reconnue, elle serait alors comptabilisée dans la consommation d'énergie primaire totale mais on la retrouverait en énergie récupérée en fin de vie et elle serait donc déduite de l'énergie totale à la condition qu'il y ait une valorisation énergétique en fin de vie.

    Ce n'est pas l'hypothèse retenue dans la réalisation de la FDES réalisée pour le produit Florapan plus car à ce jour le contenu énergétique de la fibre n’est pas connu et il n'y a pas de filière de valorisation énergétique pour ce type de produit.

    Cordialement, Sofi.

  33. #27
    Sofi29

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Citation Envoyé par Philou67 Voir le message
    La fin de vie d'un matériau peut être multiple :
    - incinération
    - recyclage
    - décharge,
    ...
    Quand un matériau dispose de plusieurs options, toutes ces options sont étudiées dans le cycle de vie ?
    Bonsoir Philou,

    La fin de vie d'un matériau de construction dépend de l'ensemble des éléments qui composent le produit fini :
    • incinération : uniquement si tous les produits qui composent le produit fini sont exempts de pollution,
    • recyclage : oui, si la filière est organisée,
    • décharge : quelle autre solution lorsque les deux précédentes ne sont pas possibles ?

    Cordialement, Sofi.

  34. #28
    Sofi29

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Bonsoir Rbobeda,

    Citation Envoyé par rbobeda Voir le message
    Les FDES sont des documents très techniques et complexes. Le but de cette norme est seulement d'établir un référentiel commun pour évaluer l'impact environnemental des produits de manière théoriquement objective. Que vient faire l'utilisateur/consommateur là dedans ?
    Comme je l'ai déjà écrit à Yoghourt dans une discussion sur ces mêmes FDES :
    Citation Envoyé par sofi29
    "La base nationale INIES qui date déjà de 2004 et répertorie déjà plus de 1000 produits de la construction est la base nationale d'enregistrement des FDES. Elles s'adressent aux acteurs de la construction recherchant des informations environnementales et sanitaires sur les produits de construction. Mais en aucun cas, INIES se peut se substituer aux industriels pour l'affichage d'une FDES, qui se fait uniquement sur la base du volontariat de l'industriel.

    Les FDES n'ont pas de caractère obligatoire à ce jour. Elles sont à destination des professionnels du bâtiment pour répondre à leurs exigences et/ou impératifs environnementaux et sanitaires de leurs chantiers. Toutefois, comme la base INIES est une base publique, l'accès aux fiches est possible pour qui s'y intéresse (professionnels ou grand public)."
    Il est entendu que les utilisateurs premiers sont plutôt des architectes, bureaux d'études, maîtres d'ouvrages, etc. du fait de la complexité de ces FDES. C'est aussi pourquoi nous avons proposé de tester le bilan environnemental d'une laine de verre G3 sous forme de jeu compréhensible par tous !

    Citation Envoyé par rbobeda
    C'est donc bien l'industriel qui définit son UF.
    L'unité fonctionnelle est l'unité de compte à laquelle va se référer le bilan environnemental ou l'ACV (analyse de cycle de vie). On choisit cette unité en fonction du service rendu par le produit étudié : (m²) pour un produit de couverture, pour un mur, (ml) pour une canalisation. Dans le cas d'un isolant, il s'agit donc du m² et cela quelque soit l'isolant étudié.

    Citation Envoyé par rbobeda
    Par exemple, au bout de 20 ans, le produit isole-t-il toujours autant ? Tiens, je vais essayer de me renseigner sur toutsurlis*lati*n.com.
    Et vous y trouverez : "Mise en œuvre suivant les règles de l'art, une laine minérale a une durée de vie de plusieurs dizaines d'années et conventionnellement identique à celle du bâtiment. Elle ne se tasse pas et conserve durablement son épaisseur et donc ses performances d'isolation durant toute sa durée de vie."
    50 ans est en effet la durée de vie typique du bâtiment et cette durée de vie typique est conventionnellement équivalente pour l'ensemble des isolants qu'il s'agisse de verre, de plumes, de chanvre (cf. FDES des isolants sur la base INIES) ou de textiles recyclés (site lerelais.org).

    Citation Envoyé par sofi29
    En considérant qu'en fin de vie, l'incinération d'un produit donné puisse générer une énergie récupérée, cette quantité produite viendrait non pas se rajouter à la consommation d'énergie primaire totale mais serait déduite des consommations d'énergie primaire (ce qui est de loin la solution la plus logique !). ---Fin de la citation---
    Citation Envoyé par rbobeda
    Eh bien oui. Et ça, où est-ce que ça apparaît dans les FDES ? On devrait voir quelque part la récupération de cette énergie, puisque le produit peut être incinéré en fin de vie ?
    Si le produit a comme scénario de fin de vie l'incinération avec récupération d'énergie, les données se retrouveront dans la partie 2.3.1 Déchets valorisés / Energie récupérée et la déduction de "l’énergie matière" sera alors faite sur l’énergie primaire totale comme je l'ai expliqué dans mon précédent post.

    Citation Envoyé par rbobeda
    A moins que... Un oubli ? Ou bien a-t-il été considéré que ce produit (végétal à 85%) ne pouvait être qu'enfouit ?
    Ce n’est pas un oubli : la filière de valorisation n’existant pas, il n’est pas possible de la comptabiliser… il faut se raccrocher à une filière existante.

    Citation Envoyé par rbobeda
    C'est bien pourquoi la norme ISO 14040 contient un bug. Pour résumer, elle ne tient pas compte de la renouvelabilité du matériau et favorise l'utilisation d'énergies fossiles. Ce dysfonctionnement a été mis en exergue il y a déjà plusieurs années (pas par moi) : l’énergie solaire consommée par la plante pour son développement, équivalent à son contenu énergétique, est comptabilisée dans l’indicateur énergie primaire, à la même hauteur que les autres types d’énergie.
    En France, la norme qui encadre les ACV des produits de constructions (pour l’ensemble des produits) est la NF P 01-010. La norme ISO 14040 est trop générique.

    Désolée, je me répète mais dans le cadre de l'isolant Florapan, l’énergie solaire n’est pas prise en compte dans la croissance de la fibre (cf. analyse de cycle de vie du chanvre réalisée par l'INRA sur le site : http://www.institutduchanvre.org/itc...nvironnemental. Et elle n’est donc pas comptabilisée dans la FDE&S du Florapan !

    Citation Envoyé par sofi29
    Elle est présente sur la base nationale INIES depuis au moins 3 années et a eu tout le temps d'être consultée et les chiffres n'ont pas été contestés par la filière chanvre !---Fin de la citation---
    Citation Envoyé par rbobeda
    Contester les chiffres ? Comment auraient-ils pu ? Encore aurait-il fallu connaître l'impact du chanvre dans le produit (qui ne représente que 42 % de la masse) par rapport au coton notamment (très consommateur d'eau, lui, et produit hors de l'Europe).
    Le coton est issu de filière de recyclage (chute ou rebus de production de vêtements neufs), il est compté comme une matière première recyclée et dans ce cas, l’impact de la culture du coton n’est pas comptabilisé (on peut supposer qu'il en serait de même pour le papier recyclé dans la ouate de cellulose par exemple, la production initiale de papier ne serait pas plus comptabilisée).
    L'impact comptabilisé pour le coton dans la FDES du Florapan est celui du transport depuis le site textile (en France) jusqu’au site de production du produit d’isolation (également en France).

    Pour exemple, la prise en compte de ce coton recyclé est équivalente à celle des textiles recyclés dans la FDE&S de l’isolant Métisse : il s'agit de la valorisation d'un déchet. Or, le fait de recycler un déchet est plutôt positif dans la FDE&S du Florapan et contribue à diminuer l’impact environnemental du produit.

    Citation Envoyé par rbobeda
    Des données qui me permettraient, moi, consommateur, de faire un choix, seraient par exemple la comparaison entre chènevotte (chanvre brut utilisé en vrac pour la construction) et laine de verre à souffler. On revient sur le problème de l'UF.
    L'unité fonctionnelle n'est pas un problème : il faut raccrocher une quantité par m² avec une performance thermique (la performance thermique d’un produit isolant, caractérisée par sa résistance thermique R exprimée en m².K/W, dépend de deux paramètres : sa conductivité thermique ou lambda et son épaisseur).


    Citation Envoyé par rbobeda
    Pas de FDES=produit dont la fiabilité/innocuité/écolo-compatibilité n'a pas été prouvé.
    Qu'un produit sans de FDES présente donc potentiellement des risques ?
    Dois-je également comprendre qu'un produit ayant sa FDES est totalement irréprochable ?
    Ainsi des produits industrialisés certifiés à l'étranger (Allemagne par exemple) se trouvent pénalisés sur le territoire français.
    L'analyse de cycle de vie d'un isolant est faite pour évaluer ses impacts environnementaux et sanitaires. La FDES n'est que la transcription par des données chiffrées du bilan environnemental et sanitaire. Elle n'a d'autre but que de fournir des données - sans subjectivité - aux professionnels du bâtiment afin qu'ils optent, selon leurs impératifs environnementaux ou sanitaires, pour un produit en toute connaissance de cause.
    Toutefois, elle n'est réalisée par l'industriel que sur la base du volontariat et ne résulte donc que de la volonté d'être transparent sur ce type de données comme il le fait pour les caractéristiques techniques.

    L'évaluation des impacts environnementaux des produits n'est pas propre à la France et l'on trouve des équivalences aux FDES dans d'autres pays, ainsi en Allemagne il s'agit des EPD (Environmental Product Declarations).

    Salutations. Sofi.

  35. #29
    rizzen

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Bonsoir Linn,

    Merci pour les informations sur le bois non traité. As-tu des infos sur le process de traitement de ce bois, c'est une cuisson comme dans une cocote minute ?? Ca ne risque pas de consommer de l'énergie pour cuire le bois en profondeur ??

    Qui a un avis sur les bois en construction (ou dérivé du bois) traité en incinération ?

    Pour le CO2, n'est-il pas plus intéressant de faire du stockage de CO2 de produit avec du CO2 (enfouissement pas forcement dans des couches géologiques profondes) et de recycler les autres matériaux qui ne stock pas de CO2 pour limiter les rejets plus que sur 200 ans ??

    Si je me souviens de mes cours à la fac, le CO2 reste dans l’atmosphère très longtemps (+ 100 ans ??) et donc le piéger plus longtemps que 200 ans serait une bonne solution pour diminuer le CO2 durablement.

    Pour les F DES avez-vous une idée des scénarios en fin de vie, décharge, incinération, recyclage qu'il faut prendre ??



    Rizzen.

  36. #30
    Linn

    Re : FDES et ISO 14040 :

    Pour des discussions sur le stockage du CO2, ouvrez un nouveau fil pour ne pas se disperser sur ce sujet, merci.

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