Effet climatique de la combustion des réserves en énergies fossiles
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Effet climatique de la combustion des réserves en énergies fossiles



  1. #1
    Nekama

    Effet climatique de la combustion des réserves en énergies fossiles


    ------

    Bonjour à tous,

    J'ai eu une longue discussion hier, que nous avons tous sans doute, avec des jeunes.
    Et on a parlé des risques et challenges pour la génération future avec :
    - l'émergence de l'IA version LLM
    - la fin du fossile qui tarde à être remplacé
    - les effets du dérèglement climatique suite principalement aux émissions de CO2.
    (On a l'art de se pourrir la vie parfois...)

    Ce matin, j'ai eu envie d'évaluer cela et j'aurais voulu voir un peu rationnaliser quant aux derniers éléments.

    Mon but n'est pas d'avoir un débat sur l'interprétation à donner ou non à ces chiffres mais d'avoir des chiffres les plus proches possibles de la réalité.

    Selon mes recherches Google et Chatgpt, il resterait :
    - ~ 1500 milliards de barils de Pétrole
    - ~ 200.000 milliards de m3 de Gaz
    - ~ 1000 milliards de tonnes de Charbon

    A raison de :
    - 1 milliard de baril de Pétrole = 1700 TWh => 430 MT_co2
    - 1 milliard de m3 de Gaz = 10 TWh => 2 MT_co2
    - 1 milliard de T de Charbon = 6700 TWh => 2000 MT_co2

    On voit que la combustion des réserves va générer :
    - Pétrole : 2,55 millions de TWh et 645 GT_co2
    - Gaz : 2,00 millions de TWh et 400 GT_co2
    - Charbon : 6,70 millions de TWh et 2 000 GT_co2

    En brûlant l'ensemble de ces réserves, on arrive à une production mondiale de :
    - > 10 millions de TWh
    - 3000 GT_co2

    Aujourd'hui, l'humanité consomme sur ces réserves de l'ordre de 170 000 TWh/an.
    Cela ne cesse d'augmenter. Pour obtenir une évaluation pessimiste, on peut arrondir à 200.000 TWh/an
    Les différents rapports du GIEC indiquent que brûler 1000 GT_co2 -> +0,45°C

    La conclusion serait donc qu'au rythme actuel (et +20%) :
    - il reste de réserves en énergie fossiles pour >50 ans
    - que la combustion de toutes ces réserves provoquera une augmentation supplémentaire de ~1,35°C

    De plus :
    - L'effet de la qtt de co2 dans l'atmosphère (le temps de montée vers l'équilibre) semble "court" : de l'ordre 1 an.
    - En 2026, l'augmentation de T depuis le de l'ère industrielle est de l'ordre de 1,4°C (à moyenner sur 10 ans ; en 2024-26, on est plus haut)

    (Chacun est libre bien entendu mais je souhaite insister que ce sont les chiffres qui m'intéressent et pas leur interprétation.)

    -----

  2. #2
    Lansberg

    Re : Effet climatique de la combustion des réserves en énergies fossiles

    Bonjour,

    les calculs de coin de table ne sont jamais que des estimations marquées de fortes incertitudes. Les hypothèses de départ influencent fortement les résultats. Par exemple quand on parle de réserves d'énergies fossiles, on parle de quoi ? les réserves P1 ? P2 ? P3 ? S'il s'agit des P1, ce sont les réserves prouvées dont on pourrait en extraire 90% avec les technologies du moment. Mais ce n'est pas certain. Ça peut-être moins, ou plus si on tape dans les réserves P2 et P3 (réserves probables et possibles).
    Pour les P1, ce sont en gros les valeurs que tu cites. Actuellement on est sur des valeurs moyennes de 150 Gt de pétrole, 1200 Gt de charbon, 160 Gt de gaz. Bien sûr, ces données évoluent au cours du temps en fonction des découvertes. On peut aussi extraire des "trucs" qu'on ne faisait pas avant comme les gaz de schistes aux USA qui ont compensé la décroissance des pétroles "classiques" depuis 2008.
    Si tout était brûlé à hauteur de ces P1, on émettrait dans le pire scénario, au total, 4500 Gt de CO2 à l'horizon 2050 (émissions cumulées, sachant qu'aujourd'hui on doit déjà être autour de 2500 Gt émises). Dans ce scénario, le GIEC donne une augmentation de la température moyenne planétaire de +2,8°C environ, mais qui tient compte aussi des autres gaz à effet de serre et des différents forçages thermiques. La part du CO2 est de l'ordre de +2°C.

  3. #3
    Nekama

    Re : Effet climatique de la combustion des réserves en énergies fossiles

    Merci pour ton retour.

    Citation Envoyé par Lansberg Voir le message
    Si tout était brûlé à hauteur de ces P1, on émettrait dans le pire scénario, au total, 4500 Gt de CO2 à l'horizon 2050 (émissions cumulées, sachant qu'aujourd'hui on doit déjà être autour de 2500 Gt émises).
    Comment arrive-t-on à 4500 GT (supplémentaires ?) de CO2 à l'horizon 2050 ? Il faudrait doubler l'émission actuelle
    Ou alors, on parle de 4500 GT depuis la révolution industrielle, sachant qu'on est déjà aux alentours de 3000 GT aujourd'hui et nos chiffres correspondent (pour P1)

    Dans ce scénario, le GIEC donne une augmentation de la température moyenne planétaire de +2,8°C environ, mais qui tient compte aussi des autres gaz à effet de serre et des différents forçages thermiques. La part du CO2 est de l'ordre de +2°C.
    Ok. Donc le GIEC prévoit +2°C (en 2050) par rapport au début de la révolution industrielle sur base d'une poursuite des émissions telle qu'aujourd'hui.

    Et quelle est l'origine du +0,8°C (hors fossile) ? C'est étonnamment élevé. Cette contribution se chiffre à quelle partie du +1,4°C d'aujourd'hui ?

    Merci
    Dernière modification par Nekama ; Hier à 15h12.

  4. #4
    Lansberg

    Re : Effet climatique de la combustion des réserves en énergies fossiles

    Citation Envoyé par Nekama Voir le message
    Ou alors, on parle de 4500 GT depuis la révolution industrielle,
    Oui


    Ok. Donc le GIEC prévoit +2°C (en 2050) par rapport au début de la révolution industrielle sur base d'une poursuite des émissions telle qu'aujourd'hui.
    Là, c'est dans le scénario où la consommation d'énergies fossiles est plus grande qu'aujourd'hui et amènerait à +5°C en 2100.
    Le scénario actuel est meilleur, si on peut parler comme ça, mais conduirait à +3,5 ou +4°C en 2100, ce qui ne sera pas sans réserver de nombreuses surprises désagréables.
    Il aurait fallu maintenir à 1,5°C max pour que ce soit gérable. D'ores et déjà, comme le changement climatique n'est pas uniforme, on voit la France et l'Europe se réchauffer davantage que la moyenne.

    Et quelle est l'origine du +0,8°C (hors fossile) ? C'est étonnamment élevé. Cette contribution se chiffre à quelle partie du +1,4°C d'aujourd'hui ?
    Ce sont les autres gaz à effet de serre comme le méthane, le protoxyde d'azote, les gaz fluorés (du type de ceux qu'on peut trouver dans les clims). Et il y a toutes les boucles de rétroaction qui vont renforcer ou diminuer le réchauffement climatique. La part représentative dans le réchauffement de tous ces éléments doit être proche de 30 %, le reste de la contribution étant due au CO2. En prenant la limite haute, proposée par le GIEC, de 0,65°C pour 1000 Gt de CO2, on se rapproche davantage de la réalité.

    Une boucle de rétroaction positive renforce le réchauffement. Par exemple, les surfaces de glace et de neige diminuent et sont remplacées par le sol ou l'eau de mer qui absorbent beaucoup mieux le rayonnement, ce qui aggrave le réchauffement. L'eau des océans se réchauffe, diminuant la capacité à absorber le CO2, qui reste alors dans l'atmosphère. Le pergélisol (sol glacé en permanence des régions boréales) fond, libérant le méthane qui était piégé depuis des millénaires. Ce gaz est 23 fois plus efficace que le CO2 pour renforcer l'effet de serre. Il faut donc tenir compte des quantités relarguées et de la durée de vie du méthane dans l'atmosphère.
    Certains aérosols et les poussières (émises par les volcans par exemple) en "bloquant" le rayonnement solaire, constituent un boucle de rétroaction négative et entrainent un refroidissement.

    Dans les médias, on concentre souvent l'attention sur le CO2 mais le problème est beaucoup plus vaste et un déséquilibre entraine d'autres conséquences en chaine. Et ceci tant qu'on consommera des énergies fossiles. Un retour à la normale, c'est à dire à un taux de CO2 atmosphérique égal à celui d'avant l'ère industrielle, prendra des milliers d'années à moins qu'on soit capable de "traiter" l'atmosphère. Mais c'est pour l'instant de la science fiction.

  5. A voir en vidéo sur Futura
  6. #5
    Nekama

    Re : Effet climatique de la combustion des réserves en énergies fossiles

    Merci pour les explications

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