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L'aide au suicide



  1. #1
    shooni08

    L'aide au suicide

    Bonjour à tous!
    Je suis en dernière année d'apprentissage de polymécanicienne et nous devons faire un dossier sur le thème de notre choix. J'ai ainsi choisi de faire sur l'aide au suicide un sujet très interessant car les avis sont très différent d'une persone à une autre. J'aimerais avoir votre avis cela serai super si vous pouvez répondre à certaine de mes questions ainsi qu'alimenter la discussions avec vos connaissances. Tout d'abord j'aimerais savoire si vous êtes pour ou contre et pourquoi? Pensez vous qu'il n'y aura pas un réel risque de dérapage de l'aide au suicide vers toute sortes de situation de détresse humaine (handicapés, séropositifs, malades mentaux, dépression, solitude, caffard,...)? Comment réagiriez vous si un proche à vous décide d'avoir recours à l'aide au suicide?
    Je vous remercie déjà de votre participation et vous souhaite à tous une très belle journée!

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  3. #2
    pelkin

    Re : L'aide au suicide

    Bonjour,

    Je m'interroge sur la corrélation entre une polymécanicienne et l'aide au suicide.

    Je m'interroge encore plus sur le terme "suicide", vous êtes sûre de ne pas confondre avec "euthanasie".

    L'aide au "suicide", d'un point de vue légal, cela se qualifie en meurtre ou en assassinat.

    Bonne soirée

  4. #3
    invite765732342432
    Invité

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par pelkin Voir le message
    Je m'interroge encore plus sur le terme "suicide", vous êtes sûre de ne pas confondre avec "euthanasie"
    L'euthanasie, c'est quand quelqu'un fait l'action d'interrompre la vie.
    L'aide au suicide, c'est fournir ce qu'il faut à quelqu'un pour qu'il se tue lui-même (si possible dans de bonnes conditions). Ceci est autorisé dans certains pays (Belgique entre autres)

  5. #4
    noir_ecaille

    Re : L'aide au suicide

    Dans certains pays, oui. Comme la Suisse, où c'est le malade qui décide/active l'injection mortelle.

    Si l'aide au suicide est un appel à mourir dans la dignité, il pose d'énorme problèmes éthiques, notamment concernant l'encadrement médical, mais aussi légal et culturelle.
    - Est-il juste d'aider à mourir plutôt que vivre ?
    - Faut-il soulager ou bien en terminer ?
    - Quelles frontières à la dignité humaine (coma...) ?
    - Qui ou quand décide(r) que vivre est pire que mourir ?
    Etc.
    "Deviens ce que tu es", Friedrich W. Nietzsche

  6. #5
    invite765732342432
    Invité

    Re : L'aide au suicide

    Pour répondre au post initial:
    Citation Envoyé par shooni08 Voir le message
    Tout d'abord j'aimerais savoire si vous êtes pour ou contre et pourquoi? Pensez vous qu'il n'y aura pas un réel risque de dérapage de l'aide au suicide vers toute sortes de situation de détresse humaine (handicapés, séropositifs, malades mentaux, dépression, solitude, caffard,...)?
    Pour l'aide au suicide, également dans les situations que tu as citées (handicapés, séropositifs, malades mentaux, dépression, solitude) et même le coup de cafard. Sous réserve que la demande nécessite un entretien avec un psychologue/médecin (dont la charge n'est pas d'accepter ou refuser, mais d'informer la personne et lui donner des raisons de ne pas se suicider) et qu'elle nécessite un délai minimal avant obtention du kit de suicide (environ 1 mois me semble adapté, sauf situations exceptionnellement dures)

    Comment réagiriez vous si un proche à vous décide d'avoir recours à l'aide au suicide?
    Impossible de se prononcer sans avoir été confronté au problème.
    Mais j'ai un proche qui a tenté le suicide et, connaissant sa situation, je serai prêt à le soutenir s'il le choisissait (quoique j'essaierai de le convaincre de ne pas le faire)

    De manière générale, je ne comprends pas la volonté d'imposer à quelqu'un de vivre si celui-ci ne le souhaite sincèrement pas, quelqu'en soit la raison.

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    shooni08

    Re : L'aide au suicide

    L'aide au "suicide", d'un point de vue légal, cela se qualifie en meurtre ou en assassinat.

    Je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis. C'est 'euthanasie active qui est considéré comme meurtre ou assassinat. Pour l'aide au suicide le malade s'inscrit das une association qui permet de mourir dignement. Cela est permis en Suisse et d'autres pays mais très peu. Il ya cette association Dignitas qui eux acceptent les etrangers qui ne peuvent pas avoir recours à cette méthode dans leur pays de le faire en Suisse. Que pensez-vous de ce tourisme de la mort?

    Pelkin pourquoi dis-tu que il n'y a pas de relation réciproque entre polymécanicienne et l'aide au suicide? Je suis une personne qui veut simplement découvrire ce sujet que je trouve fort intéressant. Mon métier ne rentre pas en jeux dans ce que je ressens.

    Sur ce je vous souhaite une agréable journée!

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  10. #7
    myoper

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par shooni08 Voir le message
    Pelkin pourquoi dis-tu que il n'y a pas de relation réciproque entre polymécanicienne et l'aide au suicide? Je suis une personne qui veut simplement découvrire ce sujet que je trouve fort intéressant. Mon métier ne rentre pas en jeux dans ce que je ressens.
    C'est simplement que la façon dont le sujet était amené pouvait laisser penser qu'il existait un lien (je fais telles études et dans le cadre de ces études, un travail m'est demandé ...).
    Mais cela n'a pas d'importance.
    Par contre, le sujet est "glissant" autant ici que pour l'exposé (je suppose) et ça commence bien plus tôt que je le prévoyais avec les premières interprétations ou désaccords sur les définitions légales.

    Citation Envoyé par shooni08 Voir le message
    L'aide au "suicide", d'un point de vue légal, cela se qualifie en meurtre ou en assassinat.

    Je ne suis pas d'accord avec ce que tu dis. C'est 'euthanasie active qui est considéré comme meurtre ou assassinat.

  11. #8
    phbisson

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par pelkin Voir le message
    Bonjour,


    Je m'interroge encore plus sur le terme "suicide", vous êtes sûre de ne pas confondre avec "euthanasie".

    L'aide au "suicide", d'un point de vue légal, cela se qualifie en meurtre ou en assassinat.
    Le suicide est l'acte de se tuer soi-même( Dictionnaire de l'académie française)
    L'euthanasie est l'acte par le quel un tiers donne une mort douce à quelqu'un. Etymologiquement le mot grec d'où nous vient le mot"euthanasie" signifiait "mort douce, paisible", même si elle survenait naturellement et spontanément, mais le rapport n° 9898 du 10 septembre 2003 de l'Assemblée parlementaire européenne l'Europe consacre sous le terme euthanasie la notion de provoquer la mort, de la part d'un soignant, avec plusieurs précisions possibles:
    - euthanasie passive, non seulement autorisée mais prescrite en France par l'article L1110-5 du Code de la santé Publique depuis 2005 lorsque les soins nécessaires à la survie sont "déraisonnables": on provoque la mort par abstention des soins indispensables à la vie.
    - euthanasie active directe: le soignant commet un geste qui entraîne intentionnellement une mort douce. C'est dans le droit français un assassinat, même si le patient l'a demandée.
    - euthanasie active indirecte: on provoque une mort douce sans l'intention de la donner. Autorisée par l'article L1110-5 sous les conditions que:
    * on ne peut éradiquer la souffrance avec des doses inoffensives d'antalgiques
    * la personne est en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable
    * la personne ne s'y oppose pas si elle est en mesure d'exprimer sa volonté (le médecin doit l'informer des conséquences de la dangerosité de sa prescription)
    Si la personne n'est pas en mesure d'exprimer sa volonté, le médecin décide souverainement.

    Le suicide n'est pas punissable depuis 1791. L'aide (= la complicité) apportée à un acte non-punissable ne peut être punissable. Consulter les auditions de BADINTER et PROTHAIS, rapport n° 1287, Tome 2. L'aide au suicide n'est donc pas punissable en France.
    Restent interdits:
    - la provocation au suicide (art. 223-13 du Code Pénal)
    - la non assistance à personne en danger (art. 223-6)
    D'où la nécessité impérative pour la personne qui aide au suicide de disposer de preuves juridiquement recevables de la volonté de mourir du suicidaire.

  12. #9
    phbisson

    Re : L'aide au suicide

    La Belgique a légalisé l'euthanasie mais pas le suicide assisté, au contraire des Pays bas qui ont légalisé aussi bien le suicide asssité que l'euthanasie.

  13. #10
    phbisson

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par noir_ecaille Voir le message
    Dans certains pays, oui. Comme la Suisse, où c'est le malade qui décide/active l'injection mortelle.

    Si l'aide au suicide est un appel à mourir dans la dignité, il pose d'énorme problèmes éthiques, notamment concernant l'encadrement médical, mais aussi légal et culturelle.
    - Est-il juste d'aider à mourir plutôt que vivre ?
    - Faut-il soulager ou bien en terminer ?
    - Quelles frontières à la dignité humaine (coma...) ?
    - Qui ou quand décide(r) que vivre est pire que mourir ?
    Etc.
    A qui appartient la vie?
    A soi-même, à Dieu comme dans beaucoup de religions monothéistes, ou à un tiers, quel qu'il soit, législateur ou médecin?
    La Déclaration Universelles des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, citée dans le préambule de notre constitution, répond clairement à cette question: c'est d'après elle à soi-même.

  14. #11
    phbisson

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par shooni08 Voir le message
    Comment réagiriez vous si un proche à vous décide d'avoir recours à l'aide au suicide?
    Un être cher m'a demandé son aide. Je n'ai pas eu le courage, la force, de la lui apporter. Je le regrette profondément car je lui devais trop pour ne pas la lui apporter.

  15. #12
    phbisson

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par shooni08 Voir le message
    Pensez vous qu'il n'y aura pas un réel risque de dérapage de l'aide au suicide vers toute sortes de situation de détresse humaine (handicapés, séropositifs, malades mentaux, dépression, solitude, caffard,...)?
    1°/ Ne faisons pas comme si actuellement des patients n'étaient pas euthanasiés sans l'avoir demandé ... L'absence de disposition

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  17. #13
    phbisson

    Re : L'aide au suicide

    Je poursuis mon dernier post interrompu par une faute de frappe malencontreuse.
    Concernant les "dérapages" possibles de l'aide au suicide:
    1°/ Qui peut dire que l'absence de tout encadrement de l'euthanasie et de l'aide au suicide clandestines n'est pas une source de dérapages?
    2°/ Eviter les dérapages, c'est effectivement éviter que les personnes en état de fragilisation, notamment de fragilisation psychologique, ne se précipitent sur le suicide alors qu'ils ne se seraient pas suicidés s'ils avaient gardé leurs esprits, leur calme, leur liberté de penser, leur pleine capacité de raisonnement. Soit dit en passant: c'est aussi condamnable d'abréger la vie d'un patient victime de douleurs non maîtrisables qui ne peut exprimer sa volonté - donc s'opposer -, ce qu'autorise l'article L1110-5, que d'aider une personne qui n'arrive pas à surmonter un dépit amoureux. Mais le conseil constitutionnel ne peut pas penser à tout....
    3°/ Il est bien entendu que les motifs qui poussent quelqu'un à abréger sa vie n'appartiennent qu'à l'intéressé et n'ont à être évaluées par personne, mais à qui devons nous confier la lourde mission de dire si la décision d'un candidat au suicide est libre, lucide et réfléchie ? Cela peut il se faire au cours d'une ou deux consultations de 20 minutes d'un psychologue ou d'un psychiatre, à qui on a enseigné à la fac que la tendance suicidaire est un des symptômes cardinaux de la dépression psychique ?
    Après réflexion, j'ai opté personnellement pour le choix de deux personnes de la société civile, deux bénévoles, , qui seraient désignées par l'intéressé et qui ne lésineront pas sur le nombre des entretiens pour se forger - ou pas ! - l'intime conviction que l'intéressé est lucide, libre et pourvu de toute son discernement.
    A discuter. Qu'en pensez vous vous-même?

  18. #14
    myoper

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par phbisson Voir le message
    Soit dit en passant: c'est aussi condamnable d'abréger la vie d'un patient victime de douleurs non maîtrisables qui ne peut exprimer sa volonté - donc s'opposer -, ce qu'autorise l'article L1110-5, que d'aider une personne qui n'arrive pas à surmonter un dépit amoureux.
    Bonjour,

    Avant d'affirmer ça, il faudrait me préciser par rapport à quoi car il y a certainement gradation dans les envies ou motifs de suicide ou d'euthanasie.
    Ce qui me gène ici, c'est de comparer l'empathie de tiers envers un malade (a priori voué a mourir à plus brève échéance dans des conditions "reconnues" comme inhumaines) à la réaction normale (au sens de banale et passagère) d'un sujet bien portant.




    3°/ Il est bien entendu que les motifs qui poussent quelqu'un à abréger sa vie n'appartiennent qu'à l'intéressé et n'ont à être évaluées par personne,
    Oui, sauf s'il demande de l'aide.
    Je veux dire que ce n'est donc plus se demander si la décision est licite mais si l'aide peut l'être dans ce cas.

    Le motif reste important pour justement pouvoir estimer le libre arbitre ou le discernement du sujet ; le jeune qui veut mourir pour une une vexation, ou le ruiné qui veut protéger sa famille grâce à son assurance vie jusqu'au malade qui présente une souffrance incoercible ... représentent des exemples ou le motif est indispensable pour juger de la pression justifiable ou temporaire du milieu extérieur et du bien fondé de l'aide à apporter qu'elle soit pour mourir ou pour vivre.

    mais à qui devons nous confier la lourde mission de dire si la décision d'un candidat au suicide est libre, lucide et réfléchie ? Cela peut il se faire au cours d'une ou deux consultations de 20 minutes d'un psychologue ou d'un psychiatre, à qui on a enseigné à la fac que la tendance suicidaire est un des symptômes cardinaux de la dépression psychique ?
    Après réflexion, j'ai opté personnellement pour le choix de deux personnes de la société civile, deux bénévoles, , qui seraient désignées par l'intéressé et qui ne lésineront pas sur le nombre des entretiens pour se forger - ou pas ! - l'intime conviction que l'intéressé est lucide, libre et pourvu de toute son discernement.
    A discuter. Qu'en pensez vous vous-même?
    Ça pourrait être des professionnels qui ne lésineront pas sur le nombre des entretiens ...

    Mais dans les deux cas, il y a un biais (d'objectivité dans l'un et subjectivité dans l'autre avec en plus celui de conflit d'intérêt dans ce dernier). A cause de ça, j'aurais tendance a regrouper trois genres de personnes : un désigné par l'intéressé pour "défendre" son point de vue, un autre, candide, chargé de défendre le point de vue commun et un dernier, professionnel, chargé de résoudre les éventuels conflits et seul compétent pour apprécier le discernement, la lucidité et le libre arbitre du sujet (compétent par définition puisque formé pour ça et habitué a déterminer qui a besoin d'aide sans préjuger de la nature de celle-ci).
    Par contre, ce dernier n'est à priori pas particulièrement compétent pour estimer si le sujet l'est suffisamment pour motiver sa décision et ce serait le rôle des deux autres ainsi que de déterminer la nature de l'aide a apporter une fois éclairés sur les possibilités de soulagement (éliminer le motif ou les effets du motif).

    Enfin, il peut ne pas y avoir de libre arbitre et le désir pleinement justifié.
    Dernière modification par myoper ; 13/11/2010 à 12h55.

  19. #15
    pelkin

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par Faith Voir le message
    L'euthanasie, c'est quand quelqu'un fait l'action d'interrompre la vie.
    L'aide au suicide, c'est fournir ce qu'il faut à quelqu'un pour qu'il se tue lui-même (si possible dans de bonnes conditions). Ceci est autorisé dans certains pays (Belgique entre autres)
    Vous racontez n'importe quoi, et c'est un Berlge qui vous le dit.

    Le suicide n'est pas (plus) considéré comme un délit mais il est hors de question d'azider quelqu'un à se suicider.
    Si vous confondez euthanasie et suici!de, il vaudrait mieux vous taire.
    Je vous engage aussi à revoir la notion d'euthanasie telle que légiférée en droit belge, vous n'y trouverez ni le mot suicide ni la locution suicide assisté.

  20. #16
    myoper

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par pelkin Voir le message
    Citation Envoyé par Faith Voir le message
    L'euthanasie, c'est quand quelqu'un fait l'action d'interrompre la vie.
    L'aide au suicide, c'est fournir ce qu'il faut à quelqu'un pour qu'il se tue lui-même (si possible dans de bonnes conditions). Ceci est autorisé dans certains pays (Belgique entre autres)
    Vous racontez n'importe quoi, et c'est un Berlge qui vous le dit.

    Le suicide n'est pas (plus) considéré comme un délit mais il est hors de question d'azider quelqu'un à se suicider.
    Si vous confondez euthanasie et suici!de, il vaudrait mieux vous taire.
    Je vous engage aussi à revoir la notion d'euthanasie telle que légiférée en droit belge, vous n'y trouverez ni le mot suicide ni la locution suicide assisté.
    Ces deux définitions ne s'excluent pas et je lis ici que vous êtes d'accord.

  21. #17
    invite765732342432
    Invité

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par pelkin Voir le message
    Vous racontez n'importe quoi, et c'est un Berlge qui vous le dit.

    Le suicide n'est pas (plus) considéré comme un délit mais il est hors de question d'azider quelqu'un à se suicider.
    Si vous confondez euthanasie et suici!de, il vaudrait mieux vous taire.
    Je vous engage aussi à revoir la notion d'euthanasie telle que légiférée en droit belge, vous n'y trouverez ni le mot suicide ni la locution suicide assisté.
    Moi aussi, je suis parfois un peu prompt à l'énervement sur ce forum... Aussi je ne peux que te proposer de relire calmement mon post précédent car j'ai l'impression que tu me fais dire le contraire de ce que j'ai dit.

  22. #18
    phbisson

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par myoper Voir le message

    Avant d'affirmer ça, il faudrait me préciser par rapport à quoi car il y a certainement gradation dans les envies ou motifs de suicide ou d'euthanasie..
    Excusez moi de m'être mal expliqué. Je n'ai pas envisagé qu'il y ait une gradation dans les envies ou motifs de suicide qui, je le répète n'ont à être évalués par personne. J'ai voulu dire que la capacité de discernement et la liberté de choix d'une personne sujette à des douleurs non-maitrisables, autant que celles d'une personne sous le choc d'un dépit amoureux, sont suffisamment altérées pour mettre en doute la qualité de leur décision.
    Citation Envoyé par myoper Voir le message
    Ce qui me gène ici, c'est de comparer l'empathie de tiers envers un malade (a priori voué a mourir à plus brève échéance dans des conditions "reconnues" comme inhumaines) à la réaction normale (au sens de banale et passagère) d'un sujet bien portant.
    Nous sommes d'accord: la décision d'abréger la vie ne doit pas être soumis à l'empathie de l'un ou au détachement de l'autre. Elle ne peut résulter que d'une décision fiable et incontestable de l'intéressé.
    Citation Envoyé par myoper Voir le message
    Oui, sauf s'il demande de l'aide.
    Je veux dire que ce n'est donc plus se demander si la décision est licite mais si l'aide peut l'être dans ce cas.

    Le motif reste important pour justement pouvoir estimer le libre arbitre ou le discernement du sujet ; le jeune qui veut mourir pour une une vexation, ou le ruiné qui veut protéger sa famille grâce à son assurance vie jusqu'au malade qui présente une souffrance incoercible ... représentent des exemples ou le motif est indispensable pour juger de la pression justifiable ou temporaire du milieu extérieur et du bien fondé de l'aide à apporter qu'elle soit pour mourir ou pour vivre.
    Le motif ne doit pas servir à apprécier le bien fondé de la décision mais à rechercher son caractère libre et lucide. Exercice bien difficile à certains médecins français si enclins au paternalisme, et qui ont eu besoin d'une loi pour se préoccuper - enfin ! - de la douleur de leurs patients.
    Citation Envoyé par myoper Voir le message
    Ça pourrait être des professionnels qui ne lésineront pas sur le nombre des entretiens ...
    Il n'y a pas lieu d'interdire à la personne intéressée de désigner un professionnel à qui elle accorde sa confiance. Les personnes désignées par l'intéressé resteront responsables de leur mission, ce qui ne serait pas le cas de professionnels astreints uniquement à une obligation de moyen. Rien d'ailleurs n'empêchera la personne de la société civile désignée par l'intéressé de demander le concours d'un professionnel, mais elle seule assumera la responsabilité de donner le feu vert.
    Citation Envoyé par myoper Voir le message
    Mais dans les deux cas, il y a un biais (d'objectivité dans l'un et subjectivité dans l'autre avec en plus celui de conflit d'intérêt dans ce dernier). A cause de ça, j'aurais tendance a regrouper trois genres de personnes : un désigné par l'intéressé pour "défendre" son point de vue, un autre, candide, chargé de défendre le point de vue commun et un dernier, professionnel, chargé de résoudre les éventuels conflits et seul compétent pour apprécier le discernement, la lucidité et le libre arbitre du sujet (compétent par définition puisque formé pour ça et habitué a déterminer qui a besoin d'aide sans préjuger de la nature de celle-ci).
    Par contre, ce dernier n'est à priori pas particulièrement compétent pour estimer si le sujet l'est suffisamment pour motiver sa décision et ce serait le rôle des deux autres ainsi que de déterminer la nature de l'aide a apporter une fois éclairés sur les possibilités de soulagement (éliminer le motif ou les effets du motif).

    Enfin, il peut ne pas y avoir de libre arbitre et le désir pleinement justifié.
    Décidément, vous avez bien du mal à laisser à l'intéressé la liberté de décider de son sort. Je comprends que l'on puisse refuser un droit à l'euthanasie opposable au médecin ou à quiconque d'autre puisque je m'y oppose moi-même, mais quelles raisons avanceriez vous pour priver une personne de son autonomie? Elle a même le droit de se tromper. De quel droit vous opposez vous au droit de se tromper dès lors qu'aucun tiers ne subit de dommage consécutif?

  23. Publicité
  24. #19
    mh34

    Re : L'aide au suicide

    A partir du moment où vous dites ça :
    la personne de la société civile désignée par l'intéressé .....elle seule assumera la responsabilité de donner le feu vert.
    ceci :
    laisser à l'intéressé la liberté de décider de son sort.
    n'est plus possible.
    Ω ξειν', αγγέλλει Λακεδαιμονίοις ότι τήδε κείμεθα τοις κείνων ρήμασι πειθόμενοι

  25. #20
    shooni08

    Re : L'aide au suicide

    Merci à tous de votre aide!
    Je constate encore que c'est un sujet à débat, mais est-ce-que cela veut dire que c'est un sujet qui reste toujours tabou dans notre société? Je voudrais aussi découvrir si l'État pousse les malade à demander l'aide au suicide car ils coûte trop cher à la société? Je vous demande cela car j'ai vu une image ou nous pouvons apercevoir un patient entouré d'un médecin et de plusieurs hommes d'affaires qui font des calculs sur les coût qu'engendre le malade.

  26. #21
    invite765732342432
    Invité

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par phbisson Voir le message
    De quel droit vous opposez vous au droit de se tromper dès lors qu'aucun tiers ne subit de dommage consécutif?
    Attention, un suicide (assisté ou non) cause très souvent des dommages aux tiers.

    Mais dans la mesure où chacun est libre de se suicider "salement", je comprends mal pourquoi on n'autorise pas les gens déterminés (cad capables de mener une démarche administrative plus ou moins longue) à se suicider "proprement", et éventuellement en compagnie de proches.

    En général, on "espère" que le suicide "sale" rebute suffisamment les gens pour qu'ils ne concrétisent pas leur acte (par l'acte en lui-même, la honte de devoir se cacher, la peur de qui découvre le corps, et dans quel état, ...)
    Mais pour quel gain, et pour qui ?

    Citation Envoyé par shooni08
    e voudrais aussi découvrir si l'État pousse les malade à demander l'aide au suicide car ils coûte trop cher à la société?
    Non.
    Il ne faut pas tomber dans la paranoïa: la cible de l'aide au suicide est beaucoup trop réduite pour pouvoir représenter une économie. Par ailleurs, soutenir cette proposition représente un risque politique non négligeable (même dans un pays relativement détaché de la religion comme le notre)

  27. #22
    myoper

    Re : L'aide au suicide

    Citation Envoyé par phbisson Voir le message
    Nous sommes d'accord: la décision d'abréger la vie ne doit pas être soumis à l'empathie de l'un ou au détachement de l'autre. Elle ne peut résulter que d'une décision fiable et incontestable de l'intéressé.
    Mais quand cette décision est impossible a formuler ?
    (cas très fréquent)

    Citation Envoyé par phbisson Voir le message
    Le motif ne doit pas servir à apprécier le bien fondé de la décision mais à rechercher son caractère libre et lucide.
    L'un ne peut pas se faire sans l'autre mais oui sur le fond.

    Citation Envoyé par phbisson Voir le message
    Exercice bien difficile à certains médecins français si enclins au paternalisme, et qui ont eu besoin d'une loi pour se préoccuper - enfin ! - de la douleur de leurs patients.
    Bien difficile pour tout le monde, paternaliste ou pas !

    Mais, ils se sont toujours occupés de la douleur et c'est la pression sociétale, la recherche de responsables pour "tout" qui a imposé une loi.
    De ce point de vue, les médecins en font plutôt moins depuis cette loi car elle impose un cadre administratif lourd difficile a suivre rigoureusement donc appliqué quand c'est possible.

    Ce n'était pas les médecins qui avaient besoin de cette loi mais les gens qui s'imaginaient qu'ils en avaient besoin.

    Ils connaissent leur métier, savent apprécier la douleur mais ce n'est pas une loi qui va leur imposer de faire ce que certains considèrent aller contre leur éthique.


    Citation Envoyé par phbisson Voir le message
    Il n'y a pas lieu d'interdire à la personne intéressée de désigner un professionnel à qui elle accorde sa confiance. Les personnes désignées par l'intéressé resteront responsables de leur mission, ce qui ne serait pas le cas de professionnels astreints uniquement à une obligation de moyen. Rien d'ailleurs n'empêchera la personne de la société civile désignée par l'intéressé de demander le concours d'un professionnel, mais elle seule assumera la responsabilité de donner le feu vert.
    Non, les professionnels sont responsables de leurs actes au civil, au pénal, devant l'organisme payeur, devant leur ordre et surtout leur patients mais ils ne peuvent faire que ce que leur moyens leurs permettent et sont obligés de les mettre en œuvre avec discernement car ils sont responsables aussi devant ces mêmes instances s'ils en font trop, contrairement aux tiers.
    Les personnes désignées n'ont strictement aucune responsabilité ou alors elle reste a définir.

    Citation Envoyé par phbisson Voir le message
    Décidément, vous avez bien du mal à laisser à l'intéressé la liberté de décider de son sort.
    Non, vous m'avez mal compris : je ne laisse pas liberté à quelqu'un d'aller en tuer un autre mais chacun peut se tuer tout seul s'il le veut sans rendre de compte à personne.

    Citation Envoyé par phbisson Voir le message
    Je comprends que l'on puisse refuser un droit à l'euthanasie opposable au médecin ou à quiconque d'autre puisque je m'y oppose moi-même, mais quelles raisons avanceriez vous pour priver une personne de son autonomie? Elle a même le droit de se tromper. De quel droit vous opposez vous au droit de se tromper dès lors qu'aucun tiers ne subit de dommage consécutif?
    Mais je ne m'oppose a rien de ce qu'une personne peut ou veut se faire mais le médecin ou un tiers n'a pas le droit de se tromper a partir du moment ou il va en tuer un autre.

    Je me re-cite :
    Citation Envoyé par myoper
    Je veux dire que ce n'est donc plus se demander si la décision est licite mais si l'aide peut l'être dans ce cas.
    Citation Envoyé par shooni08 Voir le message
    Merci à tous de votre aide!
    Je constate encore que c'est un sujet à débat, mais est-ce-que cela veut dire que c'est un sujet qui reste toujours tabou dans notre société? Je voudrais aussi découvrir si l'État pousse les malade à demander l'aide au suicide car ils coûte trop cher à la société? Je vous demande cela car j'ai vu une image ou nous pouvons apercevoir un patient entouré d'un médecin et de plusieurs hommes d'affaires qui font des calculs sur les coût qu'engendre le malade.
    C'est tuer une autre personne qui reste interdit, d'où les problèmes.
    L'état ne pousse vraiment pas au suicide : les lois sont encore plus contraignantes et l'interdit subsiste.
    Mais il est vrai ces patients en fin de vie coutent très cher et de plus en plus car les lois imposent de plus en plus de moyens pour un bénéfice que la loi n'est pas capable d'appréhender (par définition car ce n'est pas sa partie et chaque cas est particulier).

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