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Le débit cardiaque



  1. #1
    noor ourda

    Post Le débit cardiaque


    ------

    Bonsoir
    je vais proposer une question concernant la pression artérielle
    pour le débit cardiaque qui est environ 5 litres par min c'est pour chaque ventricule ou bien les deux ventricules
    espérant vous pourrez m'aider et Merci

    -----

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  3. #2
    albanxiii

    Re : Le débit cardiaque

    Bonjour et bienvenue sur le forum,

    Il me semblait que tout (le sang) ce qui entrait dans le cœur en ressortait... non ?
    Not only is it not right, it's not even wrong!

  4. #3
    Flyingbike

    Re : Le débit cardiaque

    Oui
    Le débit de la veine cave est égal au débit de l’aorte qui est égal au débit de l’artère pulmonaire qui est égal au débit de la veine pulmonaire qui est égal au début cardiaque (a peu de choses près)
    C’est un circuit fermé (normalement)
    La vie trouve toujours un chemin

  5. #4
    Pterygoidien

    Re : Le débit cardiaque

    Donc on a bien deux pompes cardiaques qui chacune battent au même rythme mais peuvent envoyer un volume d'éjection différent selon plusieurs paramètres, mais in fine, le débit cardiaque pulmonaire s'égalise avec le débit cardiaque systémique. Il existe une petite variance cyclique entre les deux débits provoqués par la respiration : au cours de l'inspiration, l'augmentation du retour veineux vers le ventricule droit augmente le débit cardiaque pulmonaire, et à l'expiration, l'augmentation du retour veineux vers le ventricule gauche augmente le débit cardiaque systémique. Ceci est vrai pour une ventilation normale (non forcée) et cette variance est légère.

    Lors d'un effort, le débit cardiaque pulmonaire va augmenter un peu avant le débit cardiaque systémique, le temps que le sang veineux supplémentaire associé à l'effort et envoyé de la circulation systémique parvienne au ventricule gauche après avoir parcouru la circulation pulmonaire. Donc les débits cardiaques tendent à être identiques dans les deux pompes et ont cette finalité pour ne pas provoquer une accumulation de sang dans une circulation et une déplétion dans l'autre.

    Citation Envoyé par albanxiii Voir le message
    Bonjour et bienvenue sur le forum,

    Il me semblait que tout (le sang) ce qui entrait dans le cœur en ressortait... non ?
    Il y a toujours un volume résiduel dans la cavité ventriculaire, même lorsque la force d'éjection est maximale. En fait, il est théoriquement impossible que le ventricule soit capable d'éjecter tout son volume de remplissage dans le circuit vasculaire d'aval. C'est pourquoi en clinique on utilise un marqueur qui s'appelle la fraction d'éjection, qui fait état du rapport entre le volume éjecté (volume d'éjection systolique), et le volume de remplissage (volume télédiastolique), pour voir l'efficacité de la contractilité ventriculaire. C'est un indice très important dans la prise en charge de l'insuffisance cardiaque et des cardiomyopathies. Chez le sujet sain, elle est souvent autour de 70%.
    Dernière modification par Pterygoidien ; 28/09/2019 à 10h41.

  6. #5
    albanxiii

    Re : Le débit cardiaque

    Bonjour,

    Ma question était surtout là pour inciter noor ourda à réfléchir. J'ai moi même fréquenté un certain nombre de cardiologues et je suis attentivement ma fraction d'éjection à chaque ETT.

    Merci Pterygoidien pour vos réponses toujours complètes et pédagogiques.
    En vous lisant, je me pose la question de la synchronisation des deux pompes cardiaques entre elles et la façon dont est commandé leur rythme en fonction de l'activité physique.
    Not only is it not right, it's not even wrong!

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    Pterygoidien

    Re : Le débit cardiaque

    Le couplage est principalement mécanique en fait.
    Il faut voir d'abord la fonction cardiaque à l'état basal : les deux ventricules battent à l'unisson car ils partagent le même système de conduction qui génère et relaie les influx nerveux (potentiels d'actions), qui sont distribués à l'ensemble des deux chambres. Donc chaque ventricule a la même fréquence cardiaque. Les deux pompes cardiaques, droite et gauche, s'occupent chacun d'une circulation : le ventricule droit reçoit le sang veineux du circuit systémique et l'envoie dans le circuit pulmonaire, et le ventricule gauche reçoit le sang veineux du circuit pulmonaire et l'envoie dans le circuit systémique.

    Dès lors, pour qu'il y ait un équilibre hémodynamique, c'est à dire que le débit dans les deux circuits soit équivalent (sinon on aboutirait à un transfert net de sang d'un circuit vers l'autre), le ventricule gauche doit envoyer un volume sang à chaque battement avec suffisamment d'énergie pour que le même volume parvienne au ventricule droit, qui alors renverra ce volume dans le circuit pulmonaire, puis reviendra au ventricule gauche : ça, c'est pour maintenir un débit cardiaque constant. Il faut savoir que le volume éjecté par le ventricule est fonction du retour veineux : si on augmente le retour veineux, le ventricule éjecte plus de sang.

    Donc en fait, jusqu'ici, on a considéré que le retour veineux dépendait uniquement de l'énergie résiduelle du sang dans le circuit vasculaire après avoir affronté l'ensemble des résistances en chemin : pour qu'il y ait un équilibre hémodynamique, le retour veineux doit être égal au débit cardiaque. Cette partie du retour veineux est le vis-à-tergo. Mais le retour veineux influence aussi le débit cardiaque : donc à l'équilibre, débit cardiaque = retour veineux = débit cardiaque, et ainsi de suite.
    Mais le retour veineux peut être influencé par d'autres paramètres : la respiration, va déjà influencer de façon cyclique le retour veineux dans les deux pompes cardiaques. Au cours de l'inspiration, le diaphragme s'abaisse et diminue la pression intrathoracique, ce qui permet d'améliorer le retour veineux vers le coeur : de plus, en s'abaissent, le diaphragme augmente la pression dans la cavité abdominale et augmente aussi le retour de la veine cave inférieure. Le retour veineux DROIT (qui aboutit dans le ventricule droit) augmente : le ventricule droit compense en éjectant un plus large volume d'éjection systolique.
    S'il n'y parvenait pas, ça veut dire que du sang s'accumule dans le ventricule et c'est dangereux. En parallèle, au cours de l'inspiration, les veines pulmonaires, elles, se dilatent, et le retour veineux GAUCHE (qui aboutit dans le ventricule gauche) diminue : le ventricule gauche envoie donc un plus faible volume d'éjection systolique. Donc à ce moment là, le débit cardiaque pulmonaire AUGMENTE, mais à l'inverse, le débit cardiaque systémique DIMINUE.

    Une autre raison au fait que les changements de débit cardiaque ont une relation "réciproque inverse" quand ils sont en dehors de leur valeur d'équilibre hémodynamique est que les deux ventricules partagent un même sac enclos, le péricarde. Les deux ventricules sont alors accolés l'un à l'autre dans un sac peu extensible, et sont séparés par une cloison (le septum interventriculaire) : lorsque le ventricule droit se remplit plus, il va pousser sur le septum qui va être dévié et diminuer le volume de la cavité ventriculaire gauche. C'est l'interférence biventriculaire. Si toutefois le retour veineux est identique dans les deux chambres, chacun vont exercer une pression plus ou moins égale des deux côtés du septum, qui ne sera alors pas dévié.

    Au cours de l'expiration, le phénomène inverse a lieu : les poumons se dégonflent et poussent sur les veines pulmonaire, ce qui augmente le retour veineux pulmonaire, alors que la remontée du diaphragme et l'augmentation de la pression intrathoracique diminuent le retour veineux systémique. Le débit cardiaque pulmonaire diminue, et le débit cardiaque systémique augmente. Les deux s'alternent au cours de la respiration pour des raisons principalement mécaniques (en réalité, s'ajoutent des phénomènes de régulations nerveuses dont une arrythmie sinusale respiratoire due à des capteurs, dont les volorécepteurs [réflexe de bainbridge], et des barorécepteurs [baroréflexe]).

    Au cours de l'effort, lorsque je commence à marcher, mes muscles des jambes vont se contracter et former une sorte de "pompe respiratoire" : leur contractions répétées vont faire des a-coups sur les veines situées à proximité, ce qui va augmenter le retour veineux vers le coeur : d'abord le ventricule droit reçoit ce retour veineux augmenté, puis l'envoie au circuit pulmonaire, puis vers le ventricule gauche qui s'accommode alors et augmente le débit cardiaque systémique. Puisque le retour veineux reste augmenté au cours de l'effort, la situation retourne vers un état d'équilibre où les deux ventricules établissent un débit cardiaque augmenté, mais équivalent (égal).

    La synchronisation est donc en premier lieu mécanique, mais elle se fait en réalité plus tot grâce à des mécanismes nerveux qui anticipent et vont par exemple augmenter la fréquence cardiaque dès que la personne se met à bouger et que le retour veineux augmenté atteint le ventricule droit. D'ailleurs, le principal responsable du débit cardiaque n'est pas le volume éjecté, mais la fréquence cardiaque et l'état des résistances vasculaires.

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