Mouvements des grandes structures ? - Page 2
Répondre à la discussion
Page 2 sur 4 PremièrePremière 2 DernièreDernière
Affichage des résultats 31 à 60 sur 99

Mouvements des grandes structures ?



  1. #31
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?


    ------

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Merci.
    La longueur unitaire évoquée est-elle subatomique ? C'était là le sens de ma question au sujet de la taille de l'univers.
    En considérant que a=1 représente la taille d’une fluctuation choisie comme référence pour étalonner les observations (souvent kp≈0.05 Mpc−1, correspondant à des échelles observables dans le fond diffus cosmologique ou les galaxies)*, dans le modèle cité en référence, on a l'évolution suivante :

    Code:
    Facteur d'échelle a
      10^53 |                 ● (Aujourd'hui)
            |                / 
      10^50 |               ● (CMB)
            |              /
            |             /
      10^27 |    ● (Fin inflation)
            |   /
            |  /
      10^0  | ● (Début inflation)
            +-----------------------
            10^0        10^13 10^36  Temps t (s)

    Si on considère que l'univers observable actuel (i.e. l'horizon des particules) a un diamètre comobile d'environ 1027 m (≈100 milliards d'années-lumière), il tenait dans une sphère de 1027−53 = 10−26 m au début de l'inflation. Ce qui est subatomique, incontestablement .

    _______________
    * cette énonciation un peu contournée pour signifier la difficulté à définir le début de l'inflation, puisque la théorie ne lui en donne pas un, fondamentalement. Avant le "début de l'inflation", l'univers est, en toutes hypothèses, déjà en inflation.

    -----
    Dernière modification par Gilgamesh ; 30/05/2026 à 20h17.
    Parcours Etranges

  2. #32
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Indubitablement.
    Merci.
    Quelle est la relation entre l'énergie du vide issue des fluctuations quantiques et l'inflaton ? Y en a-t-il une ?
    Dernière modification par jojo17 ; 31/05/2026 à 09h42.
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  3. #33
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Indubitablement.
    Merci.
    Quelle est la relation entre l'énergie du vide issue des fluctuations quantiques et l'inflaton ? Y en a-t-il une ?
    La constante cosmologique Λ, la densité d'énergie du vide, aussi appelée énergie de point zéro ρvide, due aux fluctuations spontanées des champs quantiques (en vertu du principe d’indétermination de Heisenberg), et le potentiel de l’inflaton V(Φ) désignent des réalités homologues mais issues de cheminements théoriques distincts :
    • Λ est un terme géométrique supplémentaire (ayant la dimension de l’inverse d’une longueur au carré) dans l’équation d’Einstein.
    • ρvide est issu d’une intégrale sur l’ensemble des modes d’un oscillateur harmonique en théorie quantique des champs : ∫ ħω/2.
    • V(Φ) provient du formalisme lagrangien L = F(X) − V(Φ).
    En principe, cela devrait être la même chose. Le soucis est que chaque terme implique un postulat (un "pari" théorique) et il manque encore un cadre théorique pour les réunir tous :
    • L’introduction de Λ dans l’équation d’Einstein est initialement un pur postulat. Einstein l’a introduit pour une mauvaise raison (il souhaitait un univers statique), Lemaître souhaitait le conserver pour une autre mauvaise raison : le taux d’expansion H mesuré à l’époque était beaucoup trop grand, d’un facteur dix environ, et l’âge de l’Univers résultant, 1/H, était vraiment trop petit, de l’ordre du milliard d’années seulement. Le terme Λ en revanche est formellement justifié : il donne à l’équation d’Einstein sa forme la plus générique. Cependant, dans le cadre théorique qui lui est propre, la question de la réalité physique qu’il représente reste ouverte. Pour cette raison, il apparaît superflu pendant des décennies, avant que les mesures de luminosité des supernovae Ia lointaines en 1998 le remettent sur le devant de la scène. On lui attribue maintenant une valeur non nulle et mesurable. Quant à sa nature, l'idée d’en faire une conséquence de l’énergie de point zéro du vide implique encore un postulat.
    • ρvide, en revanche, semble parfaitement contraint par la mécanique quantique. Le souci est que l’échelle d’énergie à laquelle cela conduit n’a rien à voir avec la réalité. Il faut postuler un mécanisme de compensation (typiquement entre les bosons dont la contribution est positive et les fermions dont la contribution est négative) expliquant sa très faible valeur actuelle, par rapport à celle prédite. Si ρvide (prédit) et Λ (mesuré) coïncidaient ne serait-ce qu’en ordre de grandeur, l'union des deux concepts serait consommée, mais ce n'est pas (du tout) le cas, et la question d'identifier les deux reste donc ouverte.
    • V(Φ) désigne le potentiel d’un champ Φ, l’inflaton, qui est à ce jour un pur postulat. On lui attribue la valeur qui convient pour obtenir l’échelle d’énergie appropriée de l’Univers primordial.
    Une interprétation qui me semble assez tentante – j’irais même jusqu’à dire qu’elle nous tend les bras – ferait de V(Φ) simplement un ancien état du vide, dans lequelle les "compensations" qui annulent quasiment la valeur de densité du vide actuel, n'auraient pas lieu et dont la valeur très élevée serait de ce fait compatible avec les estimations naïves de la théorie quantique des champs, et que, par ce mécanisme de compensation encore à élucider, ce vide aurait atteint le niveau d’énergie quasi-nul qui est le nôtre.

    Mais bon, en l'état, l'inflaton ça désigne un champ distinct (en général un champ scalaire, comme le Higgs), associé à une hypothétique particule.
    Dernière modification par Gilgamesh ; 22/06/2026 à 20h56.
    Parcours Etranges

  4. #34
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Dans cette interprétation, reste t-on avec un espace de De Siter ( solution de l'équation d'Einstein dans le vide) ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  5. #35
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Dans cette interprétation, reste t-on avec un espace de De Siter ( solution de l'équation d'Einstein dans le vide) ?
    Dès lors qu'on a un espace-temps où la constante cosmologique représente la seule forme d'énergie présente (ou du moins la majeure partie : 70% aujourd'hui) on est dans un espace de De Sitter.

    C'était le cas pendant l'inflation. Puis lors du reheating (Big Bang) c'est le rayonnement qui domine tout, puis au bout d'environ 60 ka (z ≈ 3000), c'est au tour de la matière, puis au bout d'environ 4 Ga (z ≈ 0,3) c'est de nouveau la constante cosmologique qui domine (ΩΛ(z) dépasse 0,5).

    On dit que l'espace de De Sitter est un attracteur : dès lors que Λ n'est pas négative ou nulle, elle finira pas dominer.
    Dernière modification par Gilgamesh ; 01/06/2026 à 19h42.
    Parcours Etranges

  6. #36
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Une question peut-être... l'échelle d'énergie atteinte par l'énergie du vide dans le calcul est-elle du même ordre de grandeur que la valeur "nécessaire" du potentiel de l'inflaton ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  7. #37
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Une question peut-être... l'échelle d'énergie atteinte par l'énergie du vide dans le calcul est-elle du même ordre de grandeur que la valeur "nécessaire" du potentiel de l'inflaton ?
    L'échelle d'énergie de l'inflation est encore une question ouverte (elle pourrait être déduite de la détection des modes B de polarisation du CMB, stay tunned...) mais ce qui est postulé, généralement, c'est quelle se situerait à un niveau "grand unifié", trois à cinq ordres de grandeur en dessous de l'échelle de Planck, qui est l'échelle naturelle d'énergie du vide, déduite de la théorie quantique des champs.

    Échelle d’énergie GUT (Grand Unified Theory) : ~10¹⁴ - 10¹⁶ GeV
    Échelle de Planck (énergie/température) : ~10¹⁹ GeV
    Dernière modification par Gilgamesh ; 20/06/2026 à 16h18.
    Parcours Etranges

  8. #38
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Est ce que l'échelle de l'énergie du vide pourrait correspondre avec l'échelle d'énergie du potentiel de l'inflaton, selon toi ? Comme tu penses que le potentiel de l'inflaton ne serait qu'un ancien état du vide ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  9. #39
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Est ce que l'échelle de l'énergie du vide pourrait correspondre avec l'échelle d'énergie du potentiel de l'inflaton, selon toi ? Comme tu penses que le potentiel de l'inflaton ne serait qu'un ancien état du vide ?
    L’idée, qui reste spéculative mais à mon sens élégante, est de rechercher une approche unifiée où l’inflaton ne formerait pas une réalité distincte, mais serait une description phénoménologique liée à un aspect plus fondamental du vide. C’est ce que l’on trouve dans certaines approches, comme la supergravité ou la théorie des cordes : l’inflaton n’y est pas un champ fondamental distinct, mais une composante effective du vide, liée à la dynamique des champs quantiques sous-jacents.

    Par exemple, en théorie des cordes, un modulus (pluriel : moduli) désigne un champ scalaire qui paramètre la forme, la taille ou la topologie des dimensions supplémentaires compactifiées. Leur potentiel V(Φ) est directement lié à la structure du vide, c’est-à-dire à la manière dont les dimensions supplémentaires sont compactifiées. Dans ces modèles, la transition de phase à la fin de l’inflation pourrait réorganiser les contributions de ces moduli, activant ainsi des mécanismes de compensation.

    En explorant cette piste, on tombe par exemple sur le mécanisme KKLT (Kachru-Kallosh-Linde-Trivedi). Dans ce scénario, le potentiel effectif des moduli peut présenter un minimum métastable avec une énergie du vide très faible, compatible avec la constante cosmologique observée. Le V(Φ) élevé de l’inflaton refléterait alors un état du vide avant sa stabilisation.
    Parcours Etranges

  10. #40
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    D'accord, je comprends l'idée.
    Dans ce cadre, conserve t-on une foultitude d'autres univers?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  11. #41
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    D'accord, je comprends l'idée.
    Dans ce cadre, conserve t-on une foultitude d'autres univers?
    Dès lors que l’on considère que la fin de l’inflation résulte d’une transition de phase (ou simplement d'une décroissance plus ou moins fluctuante du potentiel) depuis un état d’énergie élevé, on parle d’un phénomène local : il devient difficile de l’arrêter partout simultanément.

    Localement, une bulle se forme où l’inflation cesse (appelée pocket universe, que l’on pourrait traduire par « poche d’univers »), avec réchauffement et création de particules. Cependant, l’espace continue de s’étendre ailleurs, dans le reste du volume. Chacune de ces poches d’univers évolue alors indépendamment, selon les valeurs initiales des paramètres quantiques figés par la transition de phase.

    On obtient ainsi un multivers formé d’une émulsion de poches d’univers, aux lois diversifiées, où l’inflation a cessé, plongées dans une matrice de vide à haute énergie qui poursuit son expansion à un rythme effréné.


    Un article que j'ai souvent cité, et assez accessible:
    Guth (2007) - Eternal inflation and its implications

    Une revue synthétique du domaine par Françoise Combe, du Collège de France.
    Inflation et nouveaux paradigmes
    Dernière modification par Gilgamesh ; 07/06/2026 à 07h51.
    Parcours Etranges

  12. #42
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Merci !
    Désolé je vais radoter, mais c'est pour mieux comprendre car ce n'est pas si évident..
    Encore aujourd'hui se forment des "poches d'univers"?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  13. #43
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Merci !
    Désolé je vais radoter, mais c'est pour mieux comprendre car ce n'est pas si évident..
    Encore aujourd'hui se forment des "poches d'univers"?

    Dans le cadre de l'inflation perpétuelle (eternal inflation), il se forme exponentiellement plus de nouvelles poches d'univers chaque seconde, à proportion du volume total du multivers.

    La croissance du facteur d'échelle dans un espace de Sitter, c'est :

    a(t) = exp(Ht)

    avec H le taux d'expansion et t la durée.

    Si on fait l'hypothèse simplificatrice (et probablement fausse, mais c'est simplement pour illustrer la magnitude de ce dont on parle) que l'ensemble du multivers est rempli d'un vide de densité uniforme dont l'échelle d'énergie est "grand unifiée" (1014 GeV), ça nous donne un taux d'expansion H ~ 1034 s–1. Pour comparaison, le taux actuel H0 ~ 2×10–18 s–1 (70 km/s/Mpc).

    Avec ce taux d'expansion, le volume du multivers augmente d'un facteur a(1 s)3 soit exp(3×1034) à chaque seconde. Ce qui donne une idée de la démographie galopante des univers qui naissent en son sein.
    Dernière modification par Gilgamesh ; 20/06/2026 à 16h27.
    Parcours Etranges

  14. #44
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Je comprends, merci.
    Pour revenir sur le spectre de puissance du CMB, retrouverait-on le même spectre de puissance pour chaque poche d'univers ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  15. #45
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Je comprends, merci.
    Pour revenir sur le spectre de puissance du CMB, retrouverait-on le même spectre de puissance pour chaque poche d'univers ?
    Si on prend la slide 56 dans le document de F. Combe.

    Le spectre des perturbations de densité est donné par:

    P(k) ≈ knₛ – 1

    avec :
    P(k) l'amplitude de la perturbation de nombre d'onde k
    nₛ indice spectral

    Avant de s'embarquer dans la complexité des modèles, notons d'abord cette prédiction générique : nₛ est proche de 1. Ce qui fait que le spectre prédit au premier ordre est des plus simples :

    P(k) ≈ k0 ≈ 1

    k représentant l'échelle de la perturbation, P(k) ≈ 1 signifie que le spectre est (quasi) invariant d'échelle (scale-invariant). Cela signifie que les perturbations ont la même amplitude qu'elles soient à grande échelle (ex : échelles cosmologiques) ou à petite échelle (ex : échelles galactiques). C'est une prédiction générique de l'inflation en mode slow-roll.

    Ensuite, tout se joue sur l'écart à cette invariance d'échelle. En réalité, nₛ n'est pas exactement égal à 1 (nₛ ≈ 0,96), donc :

    P(k) ≈ k–0,04

    Cela signifie que l'amplitude des perturbations diminue légèrement avec k (c'est-à-dire pour les petites échelles).
    Cet écart est crucial pour distinguer les modèles d'inflation entre eux.

    Allons plus loin :
    nₛ= 1 – 6ε +2η
    nₛ= 1 – 2/N

    avec N le nombre de e-fold :
    N = ln(af/ai)

    avec :
    ai facteur d'échelle au début de l'inflation
    af facteur d'échelle à la fin de l'inflation

    Rapport tenseur/scalaire r
    r=16ε = 12/N² ~ (V'/V)²

    ε= Mₚ²/2(V’/V)
    η= Mₚ²(V’’/V)
    N = 1/Mp² ∫(V/V’)dΦ

    avec :
    Mₚ la masse de Planck
    V' = dV/dΦ la dérivée première du potentiel V par rapport à l’amplitude du champ Φ
    V'' = d²V/dΦ² la dérivée seconde de V par rapport à Φ


    Tout dépend donc de la forme de la fonction V(Φ), dont on tirera des valeur de dérivées V' et V'' différentes, donc in fine des indices spectraux nₛ différents. Pour répondre plus directement à ta question et avant de détailler les différentes hypothèses : est-ce que chaque occurence de fin d'inflation obéira à la même loi V(Φ), occasionnant un spectre de même type ? Je dirais a priori que oui, mais vu que ça reste très peu contraint en l'état actuel de la réflexion, rien n'interdit d'envisager que V(Φ) puisse se présenter sous diverses formes, surtout si on considère l'inflaton comme représentant juste un potentiel effectif issu d'une "architecture du vide" sous-jacente pouvant varier en chaque point (landscape theory).

    Note : Les valeur de nₛ et de r sont capitales, car il s'agit d'observables du CMB.

    Pour donner une petite idée du bestiaire de l'inflation, j'ai demandé à Mixtral un petit digest des principaux modèles actuellement discutés.

    1. Potentiels polynomiaux (modèles d’inflation chaotique)
    Ces modèles, proposés par Linde, utilisent des potentiels simples en Φn. Ils prédisent des perturbations presque invariantes d’échelle.

    Potentiel quadratique (m2Φ2) :
    V(Φ) = ½ m2 Φ2
    → nₛ ≈ 1 – 2/N (compatible avec les données du CMB).
    → r ≈ 16ε ≈ 8/N (trop grand pour les dernières observations de BICEP/Keck, mais toujours étudié).

    Potentiel quartique (λΦ4) :
    V(Φ) = λ Φ4
    → nₛ ≈ 1 – 3/N
    → r ≈ 32/N (exclu par les données actuelles, mais historique).

    Potentiel cubique (λΦ3) :
    V(Φ) = λ Φ3
    → nₛ ≈ 1 – 2.5/N
    → r ≈ 48/N2


    2. Potentiels exponentiels (inflation "power-law")
    Ces potentiels mènent à une inflation éternelle ou à une expansion exponentielle avec un indice spectral constant.

    Potentiel exponentiel pur :
    V(Φ) = V₀ exp(–√(2/Mₚ) α Φ)
    → a(t) ~ tp (où p > 1).
    → nₛ = 1 – 2/α2 (peu compatible avec les données actuelles).

    Potentiel "Starobinsky-like" (inspiré de la supergravité) :
    V(Φ) = V₀ (1 – exp(–√(2/3) Φ/Mₚ))2
    → nₛ ≈ 1 – 2/N
    → r ≈ 12/N2 (compatible avec les observations).

    3. Potentiels en "chapeau mexicain" (modèles de brisure de symétrie)
    Utilisés pour modéliser la fin de l’inflation par une transition de phase.

    Potentiel du modèle "new inflation" :
    V(Φ) = V₀ – ½ m2 Φ2 + λ Φ4
    → nₛ ≈ 1 – 8/N (dépend des paramètres).
    → r très faible (compatible avec les limites actuelles).

    Potentiel "Higgs-like" (inspiré du boson de Higgs) :
    V(Φ) = λ (Φ2 – v2)2
    → nₛ ≈ 1 – 6ε + 2η (dépend de la forme exacte).

    4. Potentiels issus de la supergravité ou de la théorie des cordes
    Ces modèles intègrent des corrections quantiques ou des champs supplémentaires.

    Potentiel KKLT (Kachru-Kallosh-Linde-Trivedi) :
    V(Φ) = V₀ + A e–aΦ – B e–bΦ
    → Stabilise les moduli et permet une inflation avec nₛ ≈ 0.96–0.97 et r très faible.

    Potentiel "D-term inflation" (supergravité) :
    V(Φ) = V₀ (1 + g2 Φ2)
    → nₛ ≈ 1 – 2/N
    → r ≈ 8/N

    Potentiel "Axion inflation" (inspiré des axions en théorie des cordes) :
    V(Φ) = Λ4 (1 – cos(Φ/f))
    → nₛ ≈ 1 – 1/(2N)
    → r ~ 10–3–10–2 (compatible avec les limites actuelles).

    5. Potentiels "plateaux" (Plateau Inflation)
    Ces modèles prédisent un r très faible (comme observé) et un nₛ proche de 0.96–0.97.

    Potentiel "R2 inflation" (Starobinsky) :
    V(Φ) = (3/32π) Mₚ4 (1 – exp(–√(2/3) Φ/Mₚ))2
    → nₛ ≈ 0.964–0.967
    → r ≈ 0.003–0.005 (compatible avec BICEP/Keck).

    Potentiel "α-attractors" (généralisation des modèles de plateau) :
    V(Φ) = V₀ tanh2(Φ/√(6α) Mₚ)
    → nₛ ≈ 1 – 2/N
    → r ≈ 12α/N2 (α est un paramètre libre, souvent α ~ 1).

    6. Potentiels hybrides (Hybrid Inflation)
    Combinaison de plusieurs champs pour déclencher la fin de l’inflation.

    Potentiel hybride standard :
    V(Φ, ψ) = ½ m2 Φ2 + λ (ψ2 – M2)2 + g Φ ψ2
    → Fin abrupte de l’inflation quand ψ atteint une valeur critique.
    → nₛ ≈ 0.98–1.0 (selon les paramètres).
    Dernière modification par Gilgamesh ; 20/06/2026 à 22h49.
    Parcours Etranges

  16. #46
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Merci c'est très clair.
    Plus de questions pour le moment...
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  17. #47
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Deux questions quand même...
    Qu'est-ce qui permettrait de définir la bonne hypothèse, mis à part la concordance avec les observables du CMB (indice spectral et rapport tenseur/scalaire r) dans le cadre de l'inflaton comme champ distinct ?
    Qu'est-ce qui détermine la forme du potentiel en chaque point dans la lanscape theory ?
    Dernière modification par jojo17 ; 11/06/2026 à 17h07.
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  18. #48
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Deux questions quand même...
    Qu'est-ce qui permettrait de définir la bonne hypothèse, mis à part la concordance avec les observables du CMB (indice spectral et rapport tenseur/scalaire r) dans le cadre de l'inflaton comme champ distinct ?
    Evidemment, le plus satisfaisant serait la cohérence de ce champ d'inflaton, qu'il s'agisse d'un champ distinct ou d'une description effective du vide, avec une théorie fondamentale établie par ailleurs.

    Par exemple, si c'est la théorie des cordes qui était établie comme notre loi la plus fondamentale, l’inflaton pourrait être identifié à un modulus (champ lié à la compactification des dimensions supplémentaires) ou un champ de flux (ex : axion). On s'orienterait vers les modèles KKLT ou Large Volume Compactification (LVC) qui stabilisent les moduli et prédisent des potentiels compatibles avec l’inflation. Pour cela, il faudrait que le potentiel V(Φ) émerge naturellement de la dynamique des cordes.

    Si c'était la supergravité (SUGRA), l’inflaton pourrait être un champ chiral (ex : dans les modèles de D-term inflation ou F-term inflation). Pour cela, il faut que le potentiel soit assez "plat". C'est le "eta-problem" : en supergravité, les corrections quantiques peuvent introduire des termes de masse pour Φ de l’ordre de H (paramètre de Hubble), ce qui détruit les conditions de slow-roll. Je rappelle que le slow-roll, c'est l'exigence d'avoir une évolution dV(Φ)/dt petite (formant un plateau en pente douce) durant l'inflation, afin qu'elle dure suffisamment longtemps pour avoir N ~ 50–60 e-folds.

    Si on opte pour les théories de grande unification (GUT), l’inflaton pourrait être lié à un champ de Higgs GUT (ex : dans les modèles d’inflation hybride). Dans ce cas, il faut que le potentiel soit renormalisable et compatible avec l’unification des couplages.

    Il y a également des exigences concernant le mécanisme qui met fin à l’inflation. Le mécanisme doit être générique (pas de réglage fin des paramètres) et compatible avec le réchauffage (reheating). Et concernant le réchauffage lui-même, il doit être suffisamment efficace. Le réchauffage, je le rappelle, c'est ce qui permet de transférer l’énergie du champ Φ aux particules du Modèle Standard (quarks, leptons, bosons), donnant naissance aux conditions du Big Bang chaud. Le réchauffage doit être suffisamment efficace pour atteindre une température T compatible avec tout ce qui va suivre au sein du jeune univers.

    Seront évidemment favorisés les modèles les plus simples (avec peu de paramètres ajustables, comme le R2 de Starobinsky qui n'en a qu'un seul). Moins il y a de paramètres, plus le modèle est prédictif. Dans le même ordre d'idée on recherche également la "naturalité" (absence de réglage fin), notamment concernant le problème de hiérarchie : on aimerait bien que le modèle explique in fine pourquoi Λ est si différente de MP (ex : par des symétries, des mécanismes de compensation, etc). Également, ce serait bien de pouvoir expliquer pourquoi on commence sur une région plate du potentiel. Par exemple, dans l'hypothèse de l'inflation éternelle, le multivers génère naturellement des régions avec Φ dans le bon régime.

    On peut également faire appel à des critères observationnels au-delà du CMB.

    Les modèles avec un r élevé (ex : m2Φ2) prédisent un fond stochastique d’ondes gravitationnelles qui pourrait être détectable par LISA (futur détecteur spatial, sensible à f ~10−4–10−1 Hz, pour r ~ 0,01), ou par l'expérience des Pulsar Timing Arrays (PTA) (ex : NANOGrav, sensible à f ~ 10−9–10−7 Hz).

    Et puis bien sûr, on peut toujours espérer une production directe de la particule Φ dans les accélérateurs de particules (au LHC si mΦ autour de 103 - 106 GeV).

    Certains modèles prédisent des features dans le spectre de puissance (ex : oscillations, pics) dues à des transitions de phase pendant l’inflation. La signature de ces observables pourrait devenir détectable dans les grands surveys de galaxies (ex : Euclid, LSST).

    On pense également à la production possible d'anisotropies dans le fond diffus de neutrinos (CνB). Les neutrinos primordiaux pourraient porter l’empreinte de l’inflation (ex : non-gaussianités ou asymétries), compatible avec les futures observations du CνB (ex : par des détecteurs comme PTOLEMY).
    Dernière modification par Gilgamesh ; 13/06/2026 à 21h34.
    Parcours Etranges

  19. #49
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Merci.
    Qu'est-ce qui contraint la durée minimale de fin d'inflation ?
    A-t-on déjà observé des ondes gravitationnelles?
    Comment nommerait-on la particule de l'inflaton ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  20. #50
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Merci.
    Qu'est-ce qui contraint la durée minimale de fin d'inflation ?
    La durée de fin d'inflation ?

    Ce qui est contraint c'est la durée minimale de l’inflation (ou plus précisément, le nombre minimal d’e-folds, noté N). C'est le "cahier des charges" de la théorie, ce qu'elle cherche à résoudre. Essentiellement ce qu'on appelle le problème de l’horizon : pour expliquer pourquoi l’univers observable est homogène et isotrope (malgré des régions initialement causalement déconnectées), l’inflation doit étirer une région causalement connectée jusqu’à englober tout l’univers observable. Pour obtenir ça, il faut que le nombre de e-folds soit de l'ordre de 60, c'est à dire qu'entre le début et la fin du phénomène, l'univers ait cru d'un facteur e60. C'est ce qui a imposé le paradigme de roulement lent (slow rolling). Il faut un plateau où le potentiel reste quasi-constant suffisamment de temps pour obtenir N suffisamment grand.

    Pascal Vaudrevange, 2010 - Slow roll inflation

    A-t-on déjà observé des ondes gravitationnelles?
    Oui, pour des fusions d'astres compact (BN-BN, BN-NS, NS-NS) autours du kHz (LIGO + Virgo). Mais pas des ondes gravitationnelles de très basses fréquences (car ultra-redshiftées) nées de la fin de l'inflation. Pour ces fréquences là, il faut aller dans l'espace, ou observer des motifs dans le CMB (mode B de la polarisation des anisotropies)



    Comment nommerait-on la particule de l'inflaton ?
    Au hasard, l'inflaton, non ?
    Dernière modification par Gilgamesh ; 14/06/2026 à 19h53.
    Parcours Etranges

  21. #51
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Désolé pour l'approximative des questions voir leur bêtise
    Dans le graph plus haut, il est noté que le facteur d'échelle a évolue de 10^0 au début de l'inflation à 10^27 à la fin de cette dernière.
    Quel est le lien entre N et a?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  22. #52
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Au temps pour moi, en relisant j'ai vu la formule.
    Pour autant, j'ai du mal à comprendre le rapport entre "e^60" et "10^27". Sûrement la mécomprehension du logarithme népérien ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  23. #53
    yves95210

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Au temps pour moi, en relisant j'ai vu la formule.
    Pour autant, j'ai du mal à comprendre le rapport entre "e^60" et "10^27". Sûrement la mécomprehension du logarithme népérien ?
    Du logarithme ou de l'exponentielle (et des puissances) ?

    Utilise ta calculette préférée pour vérifier la valeur de e60... Elle est plus proche de 1026 que de 1027, mais ça ne change pas grand-chose à l'idée générale.

    Et sinon, pour une approximation sans calculette, on peut utiliser e3 ≃ 20, donc e60 ≃ 2020 = 220*1020.
    En se rappelant que 210 = 1024 ≃ 103 (c'est bien pratique), 220 ≃ 106 et on a donc bien e60 ≃ 1026.

    Mais si tu préfères, tu peux aussi utiliser la relation entre le logarithme népérien (noté ln, fonction réciproque de l'exponentielle) et le logarithme décimal (noté log10) :
    log10(x) = ln(x)/ln(10) ≃ ln(x)/2,3
    D'où log10(e60) = ln(e60)/2,3 ≃ 60/2,3 ≃ 26
    et e60 = 10log10(e60) ≃ 1026

  24. #54
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Merci yves95210.
    Effectivement méconnaissance de ln, e et des puissances..
    Ceci dit j'ai malgré tout compris l'idée. Il faut dire que c'est bien expliqué
    Quand j'écrivais que je ne comprenait pas le rapport..., j'aurais dû écrire la différence. Et c'est normal du coup puisqu'il y en n'a pas.
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  25. #55
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Mais j'ai encore une question, la bulle (poket univers) qui se forme, se forme t'elle avant le sloow-rolling ou après (pendant) la transition de phase ? Ce qu'on appelle univers observable, est ce ce poket univers? Je bute vraiment sur cette notion d'univers observable.
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  26. #56
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Est-ce l'univers observable qui s'expand dès le début de l'inflation ou naît -il lors du collapse du potentiel de l'inflaton ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  27. #57
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Le collapse débute t'il dès le début de l'inflation (au commencement du sloow-rolling ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  28. #58
    Gilgamesh
    Modérateur

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Citation Envoyé par jojo17 Voir le message
    Mais j'ai encore une question, la bulle (poket univers) qui se forme, se forme t'elle avant le sloow-rolling ou après (pendant) la transition de phase ? Ce qu'on appelle univers observable, est ce ce poket univers? Je bute vraiment sur cette notion d'univers observable.
    Tant que le champ se trouve dans un minimum local métastable V(Φ) = V est constant, l'inflation suit son cours.

    La nucléation du pocket universe commence quand Φ fluctue et "roule" vers un minimum de potentiel (slow-roll), déclenchant une transition de phase du vide.

    La taille initiale d'un pocket universe a est de l'ordre de la longueur de Hubble c/H, avec H le paramètre de Hubble pendant l'inflation. Pour une énergie d'inflation typique ("grand unifiée"), correspondant à une température de transition T ≈ 10¹⁴ GeV ≈ 10²⁷ K.

    Le potentiel de l'inflaton est :

    V(Φ) = σT⁴ (loi de Planck)
    V(Φ) ≈ 10⁹³ J·m⁻³

    avec :
    σ = 7,56×10⁻¹⁶ J·m⁻³·K⁻⁴

    H = √(8πGV(Φ)/3c²)
    H ≈ 10³⁴ s⁻¹

    a = c/H
    a ≈ 10⁻²⁶ m.

    Une fois formé, le pocket universe gonfle exponentiellement a(t) = aeHt pendant l'inflation locale avant de se stabiliser. Sa taille finale dépend de la durée de l'inflation dans cette bulle. Le nombre d’e-folds N est compté à partir de la nucléation de la bulle (en bleu ci-dessous).

    Pour N = 60, le pocket universe est commensurable à la taille de l'univers observable (c'est pour ça que N = 60 est un minimum). Mais dans un grand nombre de scénarios d'inflation, N peut être beaucoup plus grand que 60, et le pocket universe est beaucoup plus grand que l'univers observable (cercle rouge sur la sphère de droite dans les 2 schémas).

    Le ratio r = Diamètre du pocket universe / Diamètre de l’univers observable ≈ eN−60.

    Pour N = 100 : r ≈ e40 ≈ 1017 (cent millions de milliards de fois plus grand).
    Pour N = 200 : r ≈ e140 ≈ 1060 (vachement beaucoup plus).

    Post corrigé
    Images attachées Images attachées  
    Dernière modification par Gilgamesh ; 20/06/2026 à 16h23.
    Parcours Etranges

  29. #59
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    D'accord.
    Pour mieux comprendre les tenants et les aboutissants; la taille de l'univers observable est-elle une donnée factuelle ?
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

  30. #60
    jojo17

    Re : Mouvements des grandes structures ?

    Si N>60, de quel facteur l'univers observable a-t-il cru ?
    Un peu paumé
    les gens qui ont des montres n'ont pas le temps. Sagesse africaine

Page 2 sur 4 PremièrePremière 2 DernièreDernière

Discussions similaires

  1. Les grandes structures
    Par viiksu dans le forum Archives
    Réponses: 30
    Dernier message: 09/09/2017, 15h18
  2. Homogénéité de l'univers et grandes structures
    Par invite669b67c2 dans le forum Archives
    Réponses: 4
    Dernier message: 28/09/2015, 12h22
  3. PLus grandes structures de l'univers
    Par inviteb956640e dans le forum Archives
    Réponses: 8
    Dernier message: 28/01/2014, 01h57
  4. Taux d'expansion et grandes structures...
    Par invitef5c49257 dans le forum Archives
    Réponses: 2
    Dernier message: 01/12/2007, 14h15
  5. Principe cosmo et grandes structures
    Par henryco dans le forum Discussions scientifiques
    Réponses: 9
    Dernier message: 07/07/2007, 13h22