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Héridité et intelligence



  1. #1
    GabrielF

    Héridité et intelligence


    ------

    Bonjour,

    J'aimerais savoir ce que vous savez sur l'état des recherches à savoir si l'héridité joue un rôle dans l'intelligence (je sais qu'il faudrait d'abord la définir) et si oui à quel degré?

    Merci d'avance!

    -----

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  3. #2
    napoleon|

    Re : Héridité et intelligence

    Faute d'orthographe en écrivant "héridité" ?
    Je connais hérédité mais pas héridité, d'ailleurs quand je tape sur google héridité il me corrige en hérédité...

    arf, ça m'a embrouillé... héréditaire - héridité ....
    Mais bon, je ne sais pas de l'état des recherches...
    Personnellement, je ne pense pas que l'hérédité ait avoir qqch là dedans!
    Phénomène empirique :Les enfants des génies ne sont pas pour autant aussi intelligent que leur géniteur. (sauf si j'ai de mauvais souvenirs)
    Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien. (Aristote)

  4. #3
    globule

    Re : Héridité et intelligence

    Il y a quand meme certains traits qui se transmettent genetiquement, meme si ca n'est pas dans l'ere du temps de dire cela... Maintenant il ne faut surtout pas negliger l'environnement, essentiell dans la majeure partie des cas. Mais les travaux de genetiques aussi bien chez l'homme que l'animal montrent bien une transmission hereditaire...Reste a savoir ce que l'on entend par "intelligence" qui ne pas dire grand chose finalement

  5. #4
    Narduccio

    Re : Héridité et intelligence

    Autant que je sache, les diverses études disponibles ont montrée que l'intelligence (que l'on ne sait toujours pas vraiment définir) dépend en partie du terrain génétique et en partie du milieu socio-culturel. De nombreuses générations de chercheurs se sont disputées pour savoir lequel de ces 2 facteurs était prépondérant. Mais de nos jours, ils ont plutôt tendance à dire que les 2 sont néccésaires. Une petite image pour comprendre, je peux avoir les meilleures graines de n'importe qu'elle plante, si le sol n'est pas bon, elle ne sera pas la meilleure. mais un bon sol, bien adapté ne pourra jamais transformer une mauvaise graine pour donner une plante de concours. Apparemment, c'est la même chose pour l'intelligence. Avec un bémol toutefois, il semblerait qu'il ne serve à rien de vouloir brusquer ou anticiper les choses, il vaut mieux veiller à la bonne éducation plutôt que de détruire tout espoir en voulant en faire une "bête de concours".
    "Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable". Karl Popper

  6. #5
    Bételgeuse

    Re : Héridité et intelligence

    Entièrement d'accord Narduccio : ça m'effare de voir le matraquage culturel que l'on fait subir à certains enfants même pas en âge d'aller en maternelle sous prétexte d'en faire des génies.

    Il est bien suffisant de répondre à leur curiosité en mettant à leur disposition les livres, jouets, sites de promenade et autres qui leur permettront de s'ouvrir à des tas de domaines, à leur rythme.

  7. A voir en vidéo sur Futura
  8. #6
    Jenscsi

    Re : Héridité et intelligence

    Pour ma part, je dirais que l'intelligence découle, pour ces capacitées, de l'hérédité.Mais l'hérédité/l'héritage, ne fait pas tout.L'élève peut dépasser le maitre tout comme l'élève peut rester bien en dessou du maitre.Tout dépend à ce moment du milieu socio-culturel, qui lui, engendra une réaction et une position, celon sa propre vision des choses, plutôt "positif" ou "négatif".Tout dépend de notre intérêt et de notre but dans "la vie".
    Mais, au départ, l'héritage apporte les capacités.Après, comme je le disais, il dépend de celui qui l'a reçu de les exploiter ou non.Je pense aussi que ces capacités peuvent être acquis au long de la vie de quelqu'un.Donc pas besoin d'avoir forcément des parents intelligent pour l'être.(mais ça aide car on peut se référer et s'identifier par rapport à eux)
    J'espère m'être assez bien exprimer,
    à bientôt
    Jens-Christophe
    Dernière modification par Jenscsi ; 16/12/2005 à 19h19.

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  10. #7
    asccs

    Re : Héridité et intelligence

    Bonjour,

    Nous ne pouvons pas vraiment répondre à cette question puisque le terme d'intelligence est un terme vraiment trop vague !
    A vous lire, j'ai comme l'impression que par "intelligence", vous entendez ici la capacité à "s'intégrer vers le haut" dans son milieu social ou encore la capacité à bien réussir sa scolarité ou a être une bête de concours.

    Un cancre qui a une très bonne représentation spatiale avec un très bon sens de la logique qui est capable de réparer son premier moteur de voiture, là ou un jeune cadre dynamique va échouer, peut aussi quelque part être considéré comme intelligent.

    Il me semble qu'il serait dans le débat plus pertinent de parler de QI plutôt que d'intelligence pour mieux se comprendre,

    je vous invite alors dans ce cas à lire la deuxième partie de l'article suivant,

    http://charlatans.info/dissonance_cognitive.shtml

    Puis aussi s'intéresser aux dérives racistes que ces réflexions peuvent engendrer,

    http://charlatans.info/dissonance_cognitive.shtml

    Deuxième niveau : l'hérédité du QI. De nouveau, il y a confusion entre le sens technique et le sens vulgaire du mot. Héréditaire, pour le profane, signifie, "fixe", "inévitable" ou "immuable". Pour le généticien, "héréditaire" se rapporte à une estimation de la similitude de deux individus, fondée sur les gènes communs. Ce concept n'implique pas l'idée d'inévitabilité, ni ne suppose des entités immuables échappant à toute influence de l'environnement. Les lunettes corrigent de nombreux problèmes de vision héréditaires, l'insuline peut corriger le diabète.

    D'après Jensen, le QI est héréditaire à 80%. Léon Kamin, psychologue à Princeton, a vérifié avec le plus grand soin les détails des recherches sur les jumeaux qui sont à la base de cette estimation. Il a découvert une quantité extraordinaire de contradictions et d'erreurs. Par exemple, feu Sir Cyril Burt, à qui nous devons la majeure partie des informations concernant les jumeaux élevés séparément, a poursuivi ses recherches sur l'intelligence pendant plus de quarante ans. Bien qu'il ait argumenté la représentativité de ses échantillons dans diverses versions "améliorées", certains de ses coefficients ne changent qu'à partir de la quatrième décimale, situation statistiquement impossible. Il a été ensuite prouvé que Cyril Burt avait fraudé et que ses études de jumeaux étaient purement imaginaires, tout autant que les collaboratrices qui auraient participé à ses travaux, et que ses données avaient été inventées de toutes pièces (La Recherche n°113, juillet-août 1980).

  11. #8
    asccs

    Re : Héridité et intelligence

    Je n'arrive pas à trouver le lien direct, Il s'agissait en fait de lire cela,

    Le quotient d'intelligence par par Luca CAVALLI-SFORZA (généticien)

    Le QI est-il déterminé par l'hérédité ou par le milieu ?

    Tout cela ne signifie pas que des facteurs héréditaires n'ont pas une action sur le quotient intellectuel. Les recherches sur les adoptions sont obligatoirement menées sur un nombre d'individus modeste, elles n'ont donc pas une très grande précision. Il existe d'autres méthodes pour établir si un caractère est héréditaire : à elles seules, elles ne suffisent généralement pas pour permettre de faire la distinction entre les facteurs héréditaires et les facteurs environnementaux, mais si on les met en corrélation avec des études menées sur l'adoption, il devient possible d'essayer de définir l'importance relative de ces deux facteurs.
    Ces méthodes consistent notamment à mesurer la ressemblance entre des individus apparentés, en prenant en compte si possible tous les types de parenté et leurs différents degrés. La parenté la plus étroite est la gémellité "vraie", qui concerne (dans la population européenne) environ un tiers des couples de jumeaux. Les vrais jumeaux sont littéralement identiques pour tous les caractères génétiques considérés et ils ont des QI également très semblables. Les autres jumeaux sont dits "jumeaux fraternels" et se ressemblent génétiquement parlant autant que des frères et soeurs non jumeaux. Ils sont cependant plus proches, en ce qui concerne leur QI, que ne le sont de simples frères et soeurs, sans doute parce qu'ils partagent un environnement de croissance plus similaire.

    On peut mesurer ensuite les ressemblances entre les parents et les enfants, en étudiant successivement la mère et puis le père par rapport à chacun des enfants. Il faut tenir compte également de la ressemblance entre le père et la mère, souvent très grande pour ce qui est du QI, vraisemblablement parce qu'on a plutôt tendance à se marier avec quelqu'un d'intellectuellement proche. Ce peut être un facteur de choix, mais c'est peut-être tout simplement dû au fait que les occasions de rencontre se présentent plus facilement dans le milieu que l'on fréquente d'habitude. Ce "jumelage" matrimonial pose d'ailleurs quelques problèmes théoriques quant à l'interprétation des faits. On peut également mesurer les ressemblances avec les parents plus lointains, et cela a été fait, mais on y perd beaucoup en finesse car ces ressemblances diminuent rapidement en même temps que diminue le degré de parenté.
    Devons-nous croire pour autant que l'extrême ressemblance des vrais jumeaux est uniquement génétique ? Il est difficile de se prononcer là-dessus. Les vrais jumeaux, qui grandissent ensemble, ont l'un pour l'autre un amour plus grand que celui qui existe entre frères et soeurs, ils inventent parfois un langage secret, ils ont en commun, outre les amis à l'école, presque tout ce qui constitue leur existence. Ils sont donc bien loin de grandir dans des milieux indépendants, ce qui serait la condition nécessaire pour pouvoir faire une estimation valable des effets relatifs de l'hérédité et du milieu.

    Pour dépasser ce problème, il reste un moyen, même s'il est malaisé : se tourner de nouveau vers l'adoption, autrement dit, choisir des couples de vrais jumeaux élevés dans des familles différentes. Mais ces cas sont rares, il est toujours très difficile, d'abord de les retrouver, ensuite de les convaincre de se laisser examiner. La ressemblance entre de vrais jumeaux élevés séparément paraît inférieure à la ressemblance entre des jumeaux élevés ensemble, mais elle reste tout de même considérable. L'échantillon étudié ne se compose cependant que de quelques couples, de plus, les familles dans lesquelles ces jumeaux ont grandi ne sont pas toujours complètement séparées : dans plusieurs cas, en effet, la famille adoptive est celle de l'oncle ou la tante, qui habitent souvent à proximité.
    Un psychologue très connu, Sir Cyril Burt, chercha dans les écoles anglaises des jumeaux qui avaient été adoptés par des familles différentes, il en trouva un certain nombre et publia plusieurs séries d'observations qui firent apparaître une ressemblance très forte entre les jumeaux examinés.
    C'est ici que commence une énigme digne d'un roman policier. Bien des années plus tard, un psychologue américain, Leon Kamin, remarqua quelque chose d'étrange : trois mesures de ressemblance données par Burt dans trois travaux différents, et qui présentaient des observations sur un nombre à chaque fois plus important de couple de jumeaux, étaient les mêmes. De 1943 à 1966 il produisit des statistiques portant sur 15, 21, 30 et 53 paires de vrais jumeaux séparés. A chaque fois une forte corrélation ressortait entre le QI des jumeaux prouvant ainsi que l'influence du milieu était nulle ou insignifiante. La coïncidence était vraiment bizarre. Un journaliste anglais décida d'en avoir le coeur net et découvrit à sa grande surprise qu'une personne avec laquelle Burt était censé avoir publié ses travaux sur les vrais jumeaux n'avait en réalité jamais existé. Ce ne pouvait être qu'une invention de la part de Burt. Et si les chiffres sur les jumeaux étaient eux aussi une invention ? Car bien que le nombre de paires de jumeaux augmentait, le coefficient de corrélation était identique à trois décimales près, ce qui, statistiquement, est une coïncidence numérique plus qu'improbable.

    Burt étant mort, ne pouvait pas se défendre. Mais comment un scientifique, qui avait atteint par ses travaux une renommée telle qu'elle lui avait valu un titre nobiliaire, pouvait-il avoir perdu la tête au point d'inventer des chiffres ? On a jamais éclairci le mystère. La preuve de sa fraude à cependant été apportée par son biographe, Leslie Hearnshaw, dans un journal intime de Burt où celui-ci raconte comment il a lui-même fabriqué et calculé ses données... Il est indéniable que de façon générale, le QI des vrais jumeaux élevés séparément montre des ressemblances très importantes, alors qu'entre parents adoptifs et enfants adoptés ces ressemblances sont très faibles, mais dans les chiffres de Burt la ressemblance était excessive par rapport à celles que relèvent les rares études analogues. Des savants célèbres peuvent parfois être attachés à leurs préjugés, comme dans le cas de Burt au service d'un fort courant conservateur et eugéniste anglo-saxon, au point d'être prêts à devenir malhonnêtes, s'il le faut, pour les consolider. Heureusement, ce genre de comportement est plutôt rare.
    Les meilleures analyses globales des données disponibles aujourd'hui sur le QI ont fourni des estimations à peu près égales en ce qui concerne les effets relatifs de la génétique, du milieu de développement (entendu au sens de "culture", c'est-à-dire d'environnement sociale transmissible) et de l'environnement individuel de croissance. Chacun de ces trois facteurs aurait une incidence d'environ un tiers sur le quotient d'intelligence de l'individu. Mais ces données ne concernent que des populations blanches nord-américaines. Elles ne nous sont d'aucune aide pour comprendre si la différence de QI entre les blancs et les noirs d'Amérique est ou n'est pas génétique. Tout ce que nous venons d'exposer permet cependant de dire que si cette différence génétique existe, elle est minime, la différence la plus importante étant vraisemblablement due à la différence des milieux sociaux dans lesquels l'individu se développe.

    A la fin des années soixante-dix fut publiée la découverte que les Japonais avaient un QI supérieur de 11 points à celui des américains blancs. La différence était presque du même ordre que celle relevée entre les américains blancs et les américains noirs (qui était de 15 points). Voilà donc un nouveau problème à résoudre : la différence entre les japonais et les américains est-elle génétique ou due à l'environnement ? C'est peut-être une coïncidence, mais il ne s'est trouvé personne en Amérique pour avancer l'hypothèse d'une éventuelle différence génétique ! Au contraire, on a tout à coup beaucoup entendu parler de la mauvaise qualité de l'école secondaire américaine ...
    Toute plaisanterie à part, on n'avait pas tort. Peut-être ce débat aura-t-il l'avantage de contribuer à améliorer la qualité de l'enseignement secondaire aux Etats-Unis; si cela pouvait aboutir à réduire les différences entre les écoles des quartiers pauvres et celles des quartiers riches, l'écart entre le QI des blancs et celui des noirs diminuerait certainement, avec les graves conséquences qu'il entraîne sur le taux de chômage des populations noires américaines.

    L'école nous le savons, est une étape très importante, une école de qualité peut augmenter le QI moyen. Nous savons qu'au Japon les écoles primaires et secondaires sont excellentes, qu'elles demandent aux élèves un travail soutenu et une très grande discipline, et que les parents japonais s'occupent tout particulièrement de suivre le travail de leurs enfants. Au Japon, la carrière future dépend entièrement des notes obtenues dans le primaire et le secondaire, qui déterminent le type et la qualité de l'université à laquelle on aura accès, et la possibilité pour le lauréat d'intégrer tel organisme d'Etat ou telle entreprise privée est fonction de la qualité de celle-ci. La famille américaine, à la différence de la famille japonaise, n'accorde souvent qu'un intérêt limité aux succès scolaires de ses enfants et semble rester relativement passive devant leurs éventuels échecs, comme si elle acceptait d'emblée les limites de la prédisposition individuelle sans chercher à vaincre leurs résistances.

  12. #9
    asccs

    Re : Héridité et intelligence

    Arguments racistes et Q.I. par Stephen J. Gould

    Premier niveau : assimilation de l'intelligence au QI. Qui sait vraiment ce que mesure le QI ? Il permet de prévoir le "succès" scolaire, mais ce succès résulte-t-il de l'intelligence ou de l'aptitude à assimiler des valeurs favorites des classes dominantes ? Certains psychologues écartent cette difficulté en définissant techniquement l'intelligence en fonction des résultats obtenus aux tests d'"intelligence". Ce n'est qu'une ruse. Mais cette définition s'est tellement éloignée du sens généralement donné à l'intelligence que l'on ne sait plus très bien de quoi il s'agit. Admettons toutefois (bien que ce ne soit pas mon avis), que le QI donne effectivement une appréciation significative de l'intelligence, au sens vulgaire du mot.

    Deuxième niveau : l'hérédité du QI. De nouveau, il y a confusion entre le sens technique et le sens vulgaire du mot. Héréditaire, pour le profane, signifie, "fixe", "inévitable" ou "immuable". Pour le généticien, "héréditaire" se rapporte à une estimation de la similitude de deux individus, fondée sur les gènes communs. Ce concept n'implique pas l'idée d'inévitabilité, ni ne suppose des entités immuables échappant à toute influence de l'environnement. Les lunettes corrigent de nombreux problèmes de vision héréditaires, l'insuline peut corriger le diabète.

    D'après Jensen, le QI est héréditaire à 80%. Léon Kamin, psychologue à Princeton, a vérifié avec le plus grand soin les détails des recherches sur les jumeaux qui sont à la base de cette estimation. Il a découvert une quantité extraordinaire de contradictions et d'erreurs. Par exemple, feu Sir Cyril Burt, à qui nous devons la majeure partie des informations concernant les jumeaux élevés séparément, a poursuivi ses recherches sur l'intelligence pendant plus de quarante ans. Bien qu'il ait argumenté la représentativité de ses échantillons dans diverses versions "améliorées", certains de ses coefficients ne changent qu'à partir de la quatrième décimale, situation statistiquement impossible. Il a été ensuite prouvé que Cyril Burt avait fraudé et que ses études de jumeaux étaient purement imaginaires, tout autant que les collaboratrices qui auraient participé à ses travaux, et que ses données avaient été inventées de toutes pièces (La Recherche n°113, juillet-août 1980).
    Le QI dépend en partie du sexe et de l'âge, mais il n'a pas été possible de quantifier le rôle que jouent ces deux éléments. Il est possible qu'une "correction incorrecte" établisse des valeurs élevées entre les jumeaux, non parce qu'ils possèdent tous deux les gènes de l'intelligence, mais plus simplement parce qu'ils sont du même âge et ont le même sexe. Les données sont tellement imprécises qu'il est impossible d'en tirer une estimation valable de l'hérédité du QI. Mais supposons encore (bien que cela ne repose sur rien) que l'hérédité du QI est égale à 0,8.

    Troisième niveau : confusion des variations entre les groupes et à l'intérieur d'un groupe. Jensen établit un rapport de cause à effet entre ces deux affirmations principales : l'hérédité à l'intérieur du groupe est de 0,8 pour les Américains blancs, et la différence de QI entre les blancs et les noirs est de 15 points en moyenne. Il en conclut que le "déficit" des noirs est en grande partie d'origine génétique, à cause de l'hérédité du QI. C'est un non sens car il n'y a pas de relation nécessaire entre l'hérédité à l'intérieur d'un groupe et les valeurs moyennes de deux groupes distincts.
    Un simple exemple permettra d'illustrer la faiblesse de l'argumentation de Jensen. L'hérédité de la taille est beaucoup plus importante que celle du QI. Supposons que la taille moyenne soit de 1,56 mètre et l'héritabilité de 0,9 (valeur réaliste) dans un groupe d'agriculteurs indiens sous-alimentés. Une forte valeur de l'héritabilité signifie simplement que les petits fermiers auront des enfants de petite taille et les grands des enfants de grande taille. Elle ne s'oppose pas à ce que la moyenne de cette population indienne s'élève jusqu'à 1,80 mètre (au-dessus de la taille moyenne de la population américaine blanche), grâce à une nourriture adaptée. Elle prédit seulement que les fermiers plus petits que la moyenne (peut-être mesureraient-ils alors 1,75 mètre) continueraient d'avoir des enfants plus petits que la moyenne de leur groupe.
    Je ne prétends pas que l'intelligence, quelle que soit sa définition, n'a aucun fondement génétique. Je considère simplement qu'il est à la fois vrai, inintéressant et sans importance que ce soit le cas. Toute caractéristique est l'expression de l'interaction complexe de l'hérédité et de l'environnement. Notre devoir est seulement d'apporter aux individus l'environnement le plus propice à l'expression de leurs aptitudes. Il faut se contenter de faire remarquer que la volonté de démontrer l'existence d'une déficience génétique de l'intelligence chez les noirs américains ne repose sur aucun élément nouveau et ne s'appuie sur aucun fait valide. On pourrait tout aussi bien dire que les noirs sont avantagés génétiquement par rapport aux blancs. Et, de toute manière, cela n'a aucune importance. On ne peut pas juger un individu par rapport à la moyenne de son groupe.

    Si le déterminisme biologique actuel dans l'étude de l'intelligence humaine ne repose sur aucun fait nouveau (et même en réalité sur aucun fait du tout) pourquoi est-il devenu si populaire ? La réponse est sociale et politique. Les années soixante ont été propices au libéralisme, on a dépensé beaucoup d'argent pour l'amélioration du sort des pauvres, mais sans grands résultats. Avec l'arrivée de nouveaux dirigeants, de nouvelles priorités ont été définies. Et pourquoi les programmes n'ont-ils rien donné ? Il y a deux réponses possibles :
    1- Nous n'avons pas dépensé assez d'argent, nous avons manqué d'imagination, ou encore (et cela fait trembler tous les leaders politiques) il est impossible de résoudre ces problèmes sans remettre en cause les fondements sociaux et économiques de notre société,
    2- les programmes ont échoué parce que ceux à qui ils s'adressent sont réfractaires à toute amélioration, et dans ce cas rejetons la responsabilité sur les victimes. Que choisirons ceux qui assument le pouvoir surtout en période d'austérité ?
    Le déterminisme biologique n'est pas seulement un sujet de conversation pour cercles d'intellectuels. Ses implications philosophiques et ses conséquences politiques sont extrêmement importantes. Comme l'a écrit John Stuart Mill : "de tous les stratagèmes utilisés pour éviter de prendre en considération l'influence que la société et la morale exerce sur l'esprit humain, le plus lâche est celui qui attribue la diversité des comportements et des personnalités à des différences naturelles innées."
    Pour trouvez ces deux textes dans leur intégralité,
    allez sur http://charlatans.free.fr/ puis tout en bas à gauche, allez dans "RECHERCHER" puis mettez ici "qi" puis "GO"

  13. #10
    Argyre

    Re : Héridité et intelligence

    Citation Envoyé par GabrielF
    J'aimerais savoir ce que vous savez sur l'état des recherches à savoir si l'hérédité joue un rôle dans l'intelligence (je sais qu'il faudrait d'abord la définir) et si oui à quel degré?
    Bonjour,
    D'un point de vue théorique et logicodéductif, il semblerait que l'intelligence ne dépende pas beaucoup de l'hérédité. L'argument fondamental est qu'un bébé ne connait pas grand chose et ne sait pas faire grand chose à la naissance. L'essentiel de son intelligence est donc acquis après la naissance, et l'intelligence ne serait donc pas héréditaire.
    Cependant, on constate expérimentalement une assez bonne corrélation entre les aptitudes intellectuelles des parents et des enfants, ce qui tendrait à prouver que l'intelligence est héréditaire. Mais attention, il s'agit de résultats expérimentaux qui ne montrent qu'une corrélation et non pas une cause.
    Pour concilier le raisonnement logique et les résultats expérimentaux, il faut trouver une ou des causes à ces corrélations qui ne soient pas directement liées à l'intelligence mais qui ont tout de même un impact sur son développement.
    Or, effectivement, il en existe un certain nombre, et notamment les capacités attentionnelles ou la sensibilité émotionnelle, et de manière plus générale le caractère de la personne (timide ou curieux par exemple), qui eux ont un fort caractère héréditaire. Il y a également bien entendu l'environnement culturel et social de l'enfant qui compte beaucoup et qui est corrélé inévitablement aux parents.
    En clair, à la naissance, le potentiel d'intelligence de 2 enfants est très proche, qui que soient leurs parents, mais de nombreux facteurs héréditaires vont limiter le potentiel évolutif de chacun, sans qu'il soit possible d'établir les limites a priori.

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