C'est une question de probabilité : il s'agit de réduire le risque qu'une personne en contamine N autres, pas d'atteindre un risque zéro qui n'existe de toute façon pas.
Dans un coin où l'incidence hebdo parmi les jeunes est par exemple de 1000/100000=1% (donc déjà très élevée) et en supposant que les infectés sont contagieux en moyenne pendant une semaine, quand 100 personnes passent la soirée dans une salle, si aucun filtrage n'est fait il est assez probable qu'au moins une de ces personnes soit contagieuse.
Mais les vaccinés ayant en gros 4 à 5 fois moins de risque d'être infecté que les non-vaccinés ( et ~8 fois le risque d'avoir des symptômes), il faudrait qu'il y en ait 400 à 500 pour la probabilité que l'un d'entre eux soit contagieux soit la même que ci-dessus. De plus, même si on ne sait pas chiffrer précisément la réduction du risque de transmission, on sait au moins que la charge virale des vaccinés infectés diminue beaucoup plus vite que celle des non-vaccinés, et donc qu'ils sont contagieux moins longtemps. Il faudrait sans-doute réunir 800 à 1000 vaccinés dans la même salle pour obtenir le même risque de contamination qu'avec 100 non-vaccinés non soumis au passe sanitaire.
D'ailleurs tu pourrais aussi te demander à quoi sert un test négatif datant de 72 heures, délai largement suffisant pour devenir contagieux si la personne a été contaminée peu avant le test (d'où son résultat négatif), ou même si elle l'est dans les deux jours qui suivent, puisque une des caractéristiques du variant delta est qu'il se multiplie plus vite, rendant les infectés contagieux plus tôt...
Mais là encore il s'agit d'un compromis entre l'objectif de réduction du risque de contamination et les problèmes logistiques (etc.) qu'entraînerait la nécessité de présenter un test de moins de 48h (voire 24h). Et en gros ça doit quand-même diviser par deux le risque qu'une personne contagieuse soit admise dans un lieu où le passe sanitaire est exigé.


