Plombs qui sautent et disjonctions intempestives
Il n'est pas rare de recevoir des messages comportant le plus souvent, un seul de ces phénomènes, qui correspondent à des défauts particuliers, qu'il vaut mieux comprendre pour les résoudre.
D'où vient l'expression "Les plombs ont sauté"?
Au début de l'électricité et jusqu'en 1967, les installations étaient très succintes, avec peu de règles précises, et des tensions de 110V le plus souvent. Les protections, que l'on plaçait où l'on pouvait, au gré des installations, étaient des
fusibles formés de
fils de plomb calibré, en fonction de l'intensité, entre 0,5 mm de diamètre et un peu plus de 2 mm. En cas de surintensité prolongée ou de court circuit sur la ligne protégée, le fil fusible fondait, ce que l'on appelait "
un plomb a sauté". Il fallait alors partir à la chasse pour trouver le coupable, et le remplacer.
Ce qui devait arriver arriva: pour éviter que cela ne fonde aussi vite la prochaine fois, la "coûtume" consistait à grossir le fil, puis, la bobine de fil calibrée étant épuisée, "on" y mettait un bon fil de cuivre, généralement gros
pour être tranquille 
Le problème c'est que le fusible ne protège plus rien, et nombre d'incendies proviennent de ce surcalibrage, y compris
de nos jours.
A-t-elle encore du sens aujourd'hui?
Oui, pour certaines installations vétustes qui en comportent, mais, de plus en plus, le matériel (et les normes) évoluent. Dès l'origine en 1967, où toute nouvelle demande de compteur était conditionnée par l'obtention du certificat Consuel, les
plombs ont été interdits au profit de
fusibles calibrés non rechargeables. Dans une taille de fusible donnée et calibrée, il n'était pas possible de grossir le courant (sauf à trafiquer l'installation).
Avec le temps, les fusibles (qui sont perdus en cas de fusion, et doivent être rachetés) sont remplacés par des disjoncteurs réarmables. La norme fait aussi une obligation de regrouper ces protections sur des tableaux, pour ne plus avoir à chercher.
De tels disjoncteurs sont calibrés pour les lignes qu'ils protègent. Il n'est donc pas rare d'entrendre "
un plomb a sauté" pour désigner la disjonction d'un tel disjoncteur.
Disjoncteur différentiel général et prise de terre
Depuis 1967, la généralisation de la
prise de terre est obligatoire, et elle va de pair avec le montage (fourniture EDF), d'un disjoncteur différentiel. Le principe général en est le suivant:
- Tant que le courant qui entre par un fil dans l'installation (la phase par exemple) est égal à celui qui repart par l'autre, (le neutre), tout est normal.
- Si un appareil, muni d'une prise de terre voit une différence de courant entre celui qui entre et celui qui sort, c'est qu'une fuite se produit, écoulée vers la terre (le troisième fil). Tant que la différence n'excède pas la limite inscrite sur le disjoncteur (350 mA, 500 mA ou 640 mA), le disjoncteur "résiste" et maintient la fourniture d'énergie. C'est quand il y a excès qu'il se coupe. Le calibre est très lié aux propriétés de la prise de terre, à l'origine de l'installation.
Ce courant de défaut circule dans la terre, caractérisée par sa
résistance. Attention, cette résistance, même si elle a une existence physique réelle,
n'est pas mesurable avec des moyens simples tels qu'un ohmmètre. Elle se mesure avec un
tellurohmmètre, cher pour l'amateur, et qui ne peut servir à rien d'autre.

Appelons Rt cette résistance de terre , et Id le courant de défaut. Cela signifie qu'en cas de fuite, la
borne terre de l'équipement en défaut est portée à un potentiel de défaut Ud, tel que:
Ud = Rt * Id
Un utilisateur, marchant pieds nus par terre, donc au potentiel du sol et non pas de la borne de terre, aura Ud entre sa main et ses pieds. Le "jeu" consiste à s'arranger pour que Ud ne soit jamais supérieur à
24V, réputés non dangereux.
Au contrôle de réception, la résistance de terre autorisée est de 37,5

pour 640 mA, 48

pour 500 mA, et 68

pour 350 mA.
Le danger en cas de mauvaise terre ou terre débranchée.
La non connexion de la terre, ou une résistance de terre supérieure à la "norme", peuvent porter le potentiel Ud à 230V,
tension mortelle quand elle détermine un courant dans le coeur supérieur à 10 mA.
Disjoncteur différentiel divisionnaire - Interrupteur différentiel
Les nouvelles normes imposent, dans les pièces réputés "humides" des habitations, de protéger toutes les lignes par des différentiels de 30 mA. Cette valeur, très éloignée des valeurs "EDF", permet de provoquer une disjonction prématurée, même pour une très faible fuite. Cela présente aussi (surtout) l'avantage de ne pas plonger l'habitation dans le noir, comme la protection centrale (unique) le faisait autrefois. Il existe deux "modèles" de différentiels 30 mA:
1- les
disjoncteurs différentiels calibrés pour couper à X ampères
ou 30 mA de défaut. (le plus cher des deux)
2- les
interrupteurs différentiels, spécifiés pour pouvoir couper un courant défini, mais qui ne disjonctent que si le courant différentiel est dépassé. (un peu moins cher).
Le matériel et les principes généraux étant fixés, il faut, en cas de problème de coupure d'alimentation, savoir à laquelle des fonctions on a affaire, car les recherches et le implications du matériel concerné ne sont pas les mêmes. Avant de chercher, établir si:
1- c'est le disjoncteur général de l'installation qui coupe.
2- s'il s'agit de la fonction différentiel ou le calibre (surintensité)
3- s'il s'agit d'un fusible ou d'un disjoncteur divisionnaire.
4- s'il s'agit du fonctionnement du différentiel ou d'une surintensité.
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Attention: d'une manière générale, quand un réarmement ou remplacement de fusible est nécessaire
plus d'une fois, il faut résoudre le problème avant de recommencer. Même si le matériel est "fait pour", il se fatique (s'use), et
cela ne sert à rien.
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