Archives du sujet : Le suicide...
Venez poser vos question sur le forum
"[ARCHIVE] Psychologie / Sociologie"
bunny_pink_pom 02/06/2004, 16h31 Euh une précision à propos de ce genre de choses (vu dans plusieurs posts...) :
la très grande majorité des tentatives chez les ados n'aboutissent pas. Les ados ne veulent certainement pas mourrir.
Chez l'adolescent, la gravité de la tentative de suicide ne correspond pas à son degré de mal-être...
Aussi dans les méthodes de suicides y'a les médicaments, surtout dans les cas de dépressions où le sujet dispose d'antidépresseurs, anxiolitiques et autres somnifères... Mais les produits les plus récents sont apparemment beaucoup moins toxiques, même si j'ai pas trouvé d'info précise sur l'interaction avec l'alcool (p***** de sites de prévention qui servent à rien... )
Sinon une autre imprécision quant à la détresse de l'adolescent dépressif (suicidaire) : on n'est pas forcément angoissé par les difficultés et la confrontation aux épreuves à venir, mais beaucoup plus par les expériences passées et la situation actuelles, et l'absence de futur, de raison de vivre ou d'espérer... Un des symptômes est l'incapacité qu'on a à se projeter dans l'avenir, à moyen et parfois court terme... Comme un grand vide... Du vide plein la tête... :cry:
pourquoipas 02/06/2004, 20h38 Peut-être que dans la nuance du suicide par rapport au temps, il y a le fait que: je ne pourrais pas y arriver, je n'en peux plus, et je ne veux plus vivre cela demain et tous les jours qui vont venir.
Je suis d'accord avec toi bunny, je pense aussi que l'acte suicidaire est marqué par ce vide qui remplit l'esprit, comme un blanc où l'avenir n'existe même pas et n'est même pas dans la réflexion et je parle de l'acte même, du passage à cet acte. Alors il faut tout arrêter, arrêter de faire marcher ce corps qui n'enveloppe plus rien.
Pour répondre à Narduccio, l'adolescence n'est pas forcément une étape joyeuse pour tout le monde et comme kinette, je ne vendrais ni mon père, ni ma mère pour y retourner même si j'ai passée mes années les plus folles. Chaque temps a son temps et s'en rendre nostalgique, c'est s'empêcher de croire qu'on peut trouver d'autres instants aussi forts.
De toute façon, il y a aussi des suicides à tout âge et ça laisse là aussi perplexe.
Narduccio 02/06/2004, 23h19 Pour répondre à Narduccio, l'adolescence n'est pas forcément une étape joyeuse pour tout le monde et comme kinette, je ne vendrais ni mon père, ni ma mère pour y retourner même si j'ai passée mes années les plus folles.
J'ai du mal me faire comprendre, je n'ai pas dit que l'adolescence est une étape joyeuse de la vie. La pluparts des adultes de mon age (45 ans) que je connait idéalisent cette période. Cela ce voir à leur manière de s'habiller, à la musique qu'ils écoutent et à beaucoups d'autres détails. Cette période leur apparait comme une la meilleure période de leur vie. En fait quand on discute, je me rend compte qu'ils n'aimeraient pas revivre leur adolescence; mais qu'ils aimeraient vivre à la période de leur adolescence. Moi, ayant gardé un certain esprit critique, je me rappelle qu'entre 2 Boums, il y avait de sacrés périodes de galères.
Ce phénomène semble avoir pris une énorme ampleur, Planète diffusse une serie d'émission sur la beauté. Qu'y voit-on ? Des gens qui suent sang et eau, qui se font charcuter pour récupérer un corps de jeune intemporel et idéal. Des personnes s'habillant "jeune", ect... L'idéal de vie de notre société à l'air d'être une adolescence éternelle.
Quand, on regarde "Fashion TV", on se rend compte même que l'idéal est en train de devenir la nymphette de 13 à 14 ans (voir les défilés des "Grands" couturiers). La pub nous assène à longueur de journée qu'il faut avoir un corps de rêve. Lorsque ma fille avait 9/10 ans, j'ai du pousser un jour, une "geulante". Son émission préférée à l'époque était "Héléne et les garcons". Voila-t'il pas qu'un soir elle nous déclare tout de go, qu'elle vas se contenter d'une salade car elle était trop grosse, enfin exactement ce qu'ellle avait entendu dans son feuilleton. Il faut préciser qu'à cette époque, elle était filiforme (ce fut d'ailleurs toujours une enfant filiforme). Nous l'avons raisonnées, puis surveillées, ma femme et moi sommes content, elle n'est pas devenue anorexique. Il s'agit d'une jeune fille équilibrée, juste un peu trop stréssée car lundi elle commence ses épreuves du baccalauréat. Elle se met une pression énorme, et nous ignorons ce qui fait qu'elle veut tellement réussir son bac. Comme elle à moins de 18 ans, je lui est même dit qu'un échec n'était pas grave, car elle avait le temps; que n'avait-je pas dit-là. Je ne me rappelle pas que pour moi la peur de l'échec au bac fut aussi importante. J'avais envie de réussir, mais je pense pas qu'il aurait été catastrophique pour moi d'échouer.
pourquoipas 03/06/2004, 22h35 Honnêtement, merci pour ton témoignage plus intime, ça sent la réalité et ça fait du bien d'entendre une expérience vivante ;)
Dans ce que tu exprimes, je te rejoins alors totalement (je me faisais la réflexion, récemment, que c'est quand même tout un travail de pouvoir se faire comprendre au travers d'internet :S: ).
C'est vrai qu'il y a quelque chose qui dérange dans ce mimétisme de générations: on assiste à des adolescentes qui veulent jouer les grandes mais dans une attitude différente qu'avant puisque là, elles mettent leurs nouvelles formes en avant et on assiste en même temps à des femmes d'un certain âge qui veulent se rendre plus jeunes en mettant des habits de jeunes.
combien de fois, je voyais un dos avec un jean stretch, moulant, ainsi qu'un petit pull serré et combien de fois je fus scotchée sur place lorsque la jeune fille que je croyais voir en dos était en fait une femme d'une certain âge!
Oui, la femme idéalisée d'aujourd'hui qu'on nous assène, est une nymphette minette; j'ai croisée une pub dernièrement d'une jeune fille dénudée et ma première réflexion fut de me dire: mais elle doit avoir 16 ans! et puis je ne cesse de penser à cette pub pour séphora, un truc du genre: être maman, ça se doit d'être sexy (va falloir que je note la phrase pour vous la donner car c'est ce que j'ai retenue).
donc oui, il y a cette pression sur le corps, sur le fait d'être comme avant, comme une adolescente et cette pression est monstrueuse (surtout pour les nouvelles générations) mais à y bien regarder, je crois que cela ne fait pas encore partie (croise les doigts) de la majorité; sur un trajet de sncf, je me suis attardée à regarder les femmes et je me suis dit: et bien, il y en a beaucoup qui ont des formes et qui ne se collent pas au modèle qu'on voudrait nous faire "gober" et il en reste beaucoup qui s'habillent classique tout en restant femme et sexy donc j'ai espoir et je me dis que c'est simplement les médias qui aimeraient nous conduire à ce genre de comportement et qu'il y en a encore beaucoup qui ne s'y laissent pas berner ;)
et puis je me dis qu'il existe comme toi des parents qui restent intelligents et matures pour aider leurs enfants à ne pas tomber là-dedans ;)
Narduccio 04/06/2004, 16h43 Les femmes n'ont (heureusement) pas toutes un corps uniforme, masi dès que tu t'éloigne du standard, il devient difficile de se vétir (ça commence aussi à venir pour les hommes). Dès que le corps est un peu différent du standard, il n'y a que peu de solutions;
- changer de boutiques, avec le choc éventuel de se retrouver dans une boutique pour "vieux ou vieilles".
- retailler les vétements, mais cela à un cout puisque certaines retouches coutent cher par rapport au vétement.
- mettre les vétements tes quels, solutions adoptées par de nombreuses personnes. On s'en rend compte surtout en été ou l'on voit plus facilement que les vètements ne sont pas idéalements ajustés.
( souvent ces 3 solutions sont mal vécues assorties de phrases du genre: "je suis mal foutu(e)" ou "faudra que je me mette au régime")
- faire en sorte d'adapter continuellement son corps aux standards.
Les jeunes filles sont très sensibles à ce matraquage (pubs à la télé, émissions télé et radios, leurs idoles (qui en plus citent aussi les marques qu'elles utilisent).
Pour expliciter, une autre anecdote avec ma fille. Elle avait environ 13 ou 14 ans et s'habillait souvent à la boutique Jennyfer. Elle est aussi très sportives (danse + sport à l'école). Un jour scandale dans le magasin, le 34 ne montait plus aux hanches. Nous avons pris la décision de l'amener dans une autre boutique ou elle vie avec satisfaction que le 34 allait bien. Dans cette boutique, j'ai remarqué que les pantalons sont fait pour des femmes "sans formes" toutes droites. Or il me semble, en regardant autour de moi, que la majorité des femmes sont faites différemments (surtout celles sur lesquelles se retournent les hommes ;) ).
pourquoipas 05/06/2004, 11h35 Cette notion de norme est quand même affolante. Question vêtements, tu décris tout à fait la tendance actuelle d'imposer un modèle unique sans prendre compte des différences or en effet, chaque femme a une corpulence qui lui est propre et rien ne sert de lui faire croire qu'il lui est possible de changer de forme: ah si, pardon, j'oubliais les miracles de la chirurgie esthétique :roll:
Cette norme a un effet pervers sur les adolescents d'aujourd'hui et comporte de nombreux risques.
Mais j'ai un peu peur de trop dévier du sujet initial car il y aurait tant de choses à dire encore donc je vais me restreindre ;)
personnellement je pense que le suicide est un acte d'amour inconscient, de courage mais surtout de grande solitude et de profonde detresse il est clair qu'une personne qui songe au suicide ne pense ne plus rien avoir à perdre et pense que la mort est la seule libération, mais certaines personnes qui passent à l'acte pensent non seulement se soulager et peut être atteindre un monde meilleur mais pense également soulager les autres du poids qu'ils croient leur imposer et il me semble que le seule moyen de contrer ce drame est d'éprouver un sentiment de culpabilité à faire ce geste mais pour cela il faut être conscient que cet acte ne sera pas un soulagement mais une souffrance pour l'entourage et je crois qu'une personne qui se suicide est profondément persuadée que son abscence ne se remarquera pas et qu'elle ne blessera personne puisque pour elle déjà elle n'existe plus si ce n'est pas le cas et que seul le bien être de la personne qui veut se suicider la préoccupe c que je n'ai rien compris et dans ce cas cet acte est purement égoïste.
j'espère que j'ai été compréhensible
merci
meandral 08/06/2004, 03h55 Je suis passé par ces courts instants ou la seule solution qui s'impose face au vide mais paradoxalement ausi à l'encombrement est implacablement la mort. Mais la vie a reprit le dessus sur moi et toutes ces sentiments, ces situations qui m'attendent, ces frémisement inatendus et intenses me poussent à aimer et à remplir constament tout ce vide qui s'insinue parfois dans mon âme...
Bonsoir,
Ondine, tu fais bien d'insister sur le problème de la culpabilité, qui est un des ressors de la dépression et du suicide. C'est cette idée de culpabilité et de nullité qui fait aussi que malheureusement les personnes concernées ont du mal à appeler à l'aide: elles ont l'impression de déranger, qu'elles n'en valent pas la peine.
Pourquoipas et Narduccio, je suis totalement d'accord avec ce que vous dite sur la vision actuelle de la femme qu'on nous impose.
J'avoue qu'à la fin, ça devient insupportable. Sur le chemin de mon boulot, il doit y avoir une vingtaine de panneaux publicitaires... et j'en ai marre de voir des pétasses affichées dans tous les sens chaque jour... difficile d'être indifférente à la fin, de ne pas s'interroger lorsqu'on ressort des vieilles fringues (parce que bon là c'est sûr, on ne correspond pas à l'image "sexy" que devrait avoir toute femme), de ne pas se demander ce que recherchent vraiment les mecs (sont-ils assez cons pour ne s'intéresser qu'à ça?)... je ne sais pas si c'est spécifique au sud de la France, mais ici on assiste à un développement incroyable de la "cagole" (spécialité marseillaise, je vous laisse faire des recherches), dont certaines s'attireraient des clients si elles se promenaient ainsi le soir (et je n'exagère même pas, j'ai vu des putes habillées plus décemment). Bon désolée pour avoir un peu dérivé, mais il me semble évident qu'il devient difficile pour des adolescents et des adolescentes de s'y retrouver dans un tel contexte...
K.
Laurie02 25/06/2004, 17h02 Le suicide ... sujet vague.. et personne ne peut le définir. On le voit chacun à notre manière et on y pense tous un jour.
Tout ce que je peux dire, c'est qu'on ne doit pas parler de suicide chez les jeunes, mais plutôt de tentative de suicide. Les jeunes font des tentatives pour faire un appel au secours.
Le risque dans ce cas est que lorsqu'il sfont une tentative, il y a souvent des reprèsailles. Ils recommencent encore et encore et les tentatives sont de plus en plus graves et deviennent risquées. A ce moment là, on peut vraiment parler de suicide.
Croyez-moi, je sais de quoi je parle
Laurie
laurenzo74 05/07/2004, 05h30 Saluuttttt
Moi je suis daccord avec kinette sur toute la ligne :)
sinon vous pouvez venir poursuivre cette discution sur mon forum :
http://forum.sytes.net/Espoir/index.php
Cordialement :)
Pour le suicide, je voudrais juste faire une "citation" de Cabrel qui résume, à mon sens, un peu tout ce qui a été dit (sur le suicide et non sur le stéréotype de la femme, discussion à laquelle j'adhère par ailleurs)
"Elle disait : j'ai déjà trop marché
Mon coeur est déjà trop lourd de secret
Trop lourd de peine.
Elle disait : je ne continue plus
Ce qui m'attend, je l'ai déjà vécu
C'est plus la peine.
Elle disait que vivre était cruel"
Selon moi, si on tente de se suicider, c'est parce que nous croyons qu'il est désormais impossible pour nous d'être heureux.
Si 9 personnes sur 10 se rate, j'explique ça parce que notre conscience est tellement désespérée qu'elle refuse d'écouter notre inconscience qui elle voit encore des portes de sorties.
"Le désespoir et le suicide sont le résultat de certaines situations fatales pour qui n'a pas foi dans l'immortalité, dans ses peines et dans ses joies."
Gérard de NERVAL, Le rêve et la vie.
Je crois que nous vivons une époque qui n'offre pas de repères solides sur lesquels nous puissions nous reposer. Nous doutons. Nous déprimons. Et nous désespérons. :roll:
Quand le divertissement de "l'extérieur" s'arrête, nous sommes obligés de nous tourner vers l'intérieur de nous même. De manière subjective (selon moi), cet intérieur est incroyablement pauvre. Nous sommes formidablement vains. :S: :S:
Alors soit on espère. Soit pas. Ce manque de repère est une occasion de ne pas espérer. :idea:
Je ne pense pas que ce soit le manque de repères mais la désillusion qui fait qu'on ne croit plus aux anciens repères
la désillusion de quoi ? C'est l'entré dans l'âge de l'adolescence dont tu parles. En comprenant un peu le monde, on perds les illusions que l'on avait. Mais suite à cette désillusion, nous sommes un peu perdu... Par manque de repères... Non ?
Peut-être. Mais dans ce cas-là tous les ados auraient des tendances suicidaires ? Je ne pense pas. Tous les enfants ont des repères (ou du moins une grande majorité) à l'adolescence, certains repères se brisent et aucun ne vient les remplacer. D'autres sont plus solides... Donc OK, manque de repères nouveaux et aussi détournement face aux anciens.
ce genre de sujet, c'est un peu comme:
" qu'avez vous pensé lors de la mort de ton cousin et de ton meilleur ami ?"
c'est la vie...pensons à autre chose.
A propos de la culpabilite d'un jeune qui se suicide, je ne suis pas d'accord avec ce qui a ete dit.
Pour moi tout les adolescents qui se suicident savent que leur famille ou leurs amis sont attaches a eux, et c'est plus un sentiment d'incomprehension qui les poussent a passer a l'acte.
Personnelement, a chaque fois que je pense au suicide, je me dis pas que ca ne ferait rien a mes parents, au contraire, et c'est peut etre ce qui m'a retenu.
Il doit y avoir aussi une question de sensibilité...
Les personnes les plus sensibles, reçoivent les "choses de la vie" de manière démultipliée, le bonheur, comme le malheur...
La douleur d'un trop plein de malheur de quelle nature qu'il soit, affective surtout, peut amener à l'envie de ne plus souffrir....
Et c'est parmi les adolescents qu'il y a le plus d'hypersensibles...
vBulletin v.3.6.7, Copyright © 2000-2008, Jelsoft Enterprises Ltd. Tous droits réservés - Traduction par l'association vBulletin francophone
|
Précisez votre recherche :
|