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Vieux 17/12/2005, 15h45   #1
 
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Ethique de l'avortement

Bonjour,
Je prend le risque de rouvrir une discussion sur la question de l'avortement. Si je parle de risque c'est que cette question déchaîne souvent des passions et que les débordements sont fréquents. Afin que le débat soit constructif et qu'il ne prenne pas l'apparence d'un affrontement mais d'une recherche commune de la vérité, il est essentiel que chacun respecte l'opinion d'autrui et participe en utilisant des arguments et non des attaques personnelles.
Je vous rappelle la charte du forum :
Citation:
2- La courtoisie est de rigueur sur ce forum […]Vous pouvez critiquer les idées, mais pas les personnes.
5- […] les discussions religieuses ou politiques ne sont pas tolérées.
Si vous ête en désacord avec ces règles, veuillez vous abstenir de participer.
Merci
------------------------------------------------------------------

Un argument beaucoup développé par les défenseurs de l'avortement est la souffrance que représente une grossesse non désirée. Une jeune fille qui fait des études et qui se retrouve malheureusement enceinte alors qu'elle dépend encore de ses parents doit-elle sacrifier sa vie et son avenir pour garder un enfant qu'elle n'a pas désiré? La situation peut être encore plus difficile lorsque la famille renie leur enfant et le mette à la rue, sans même parler des hommes qui abandonnent leur compagne lorsqu'ils apprennent que celle-ci est enceinte. On peut également se demander quels sentiments peut développer une mère à l'égard d'un enfant qui aurait "gâché" sa vie…

Mais l'avortement n'est-il qu'un geste égoïste qui conduirait la femme à avorter par pure convenance personnelle? L'avortement n'est il qu'un refus de la souffrance ou traduit-il l'attention portée aux conditions d'accueil de l'enfant? En effet, la souffrance concerne également l'enfant non voulu qui peut être élevé par une mère très jeune, seule ou dans des conditions difficiles. Gâcher deux vies (et peut-être plus) pour en sauver une qui n'a que partiellement débutée, ne paraît pas moralement meilleur que l'avortement…

Mais peut on réellement parler de vies gâchées? Si on demande à un enfant de 10 ans qui a été élevé dans des conditions difficiles si il aurait préféré être avorté ou non, aussi bizarre que cela puisse paraître, on peut aisément supposer qu'il préfère vivre dans des conditions qui ne sont pas forcément idéales plutôt que de ne pas être. La vie est une valeur de base de l'éthique, on ne peux pas considérer qu'il y ai des vies qui valent la peine d'être vécues et d'autres non, on ne peut juger par avance la vie de quelqu'un. Les 23% de la population mondiale vivant avec moins de un dollar par jour doit elle se suicider car vivant dans l'extrême pauvreté? Il est évident que tous les hommes ne naissent et ne demeurent pas libres et égaux en droits et que certaines vies sont plus difficiles que d'autres mais on ne peut pas dire que certaines vies ne méritent pas d'être vécues, personne n'a le droit de mort sur quelqu'un, on a seulement le droit de vie. Les défenseurs de l'avortement se basent sur un idéal de ce que devrait être la vie humaine, une vie où il n'y aurait pas de souffrance. Cet idéal est purement utopique, tout le monde souffre. Faut-il donc répondre à la souffrance de la mère et à la souffrance du futur enfant par la mort de l'embryon? La vie d'un enfant ne dépend pas de la souffrance qu'il cause aux autres ou non. On ne supprime pas (l'éventuelle) souffrance d'une personne en supprimant (l'éventuelle) personne. Cela revient à dire que pour supprimer la pauvreté, il faut supprimer les pauvres…

Prenons l'exemple d'un futur enfant dont l'existence n'est pas désirée et qui va naître dans un milieu difficile avec des parents toxicomanes, alcooliques, violents, etc.. Doit on autoriser cet embryon à se développer et à vivre cette vie qui s'annonce difficile? L'avortement n'est pas une décision facile, tout le monde le reconnaît. On dit que c'est la solution "la moins pire"… mais par rapport à quoi? Réponse : par rapport à la vie. La mort serait donc "moins pire" que la vie? Comme nous l'avons précédemment vu, cela est impossible. Mais que doit alors faire cette mère? L'adoption est une réponse. Mais la mère accepterait-elle de porter en son sein un enfant pendant 9 mois pour l'abandonner juste après la naissance? Néanmoins, cela paraît plus moral et plus supportable pour la mère que de supprimer la vie de l'enfant, un enfant adopté à toutes les chances d'être heureux. Le mieux serait que les mères puissent élever leur enfant malgré tout. Le problème est que les structures permettant d'assurer aux jeunes mères d'élever correctement leurs enfants sans pour autant devoir forcément tirer un trait sur leur avenir manquent. Il faut cependant rappeler que des associations existent.

En ayant étudié ce sujet et les arguments que je vous ai présenté, il me paraît impossible d'être en faveur de l'avortement (ce qui est pourtant l'opinion commune). Ête-vous d'accord avec moi? Me suis-je trompé quelque part dans mon raisonnement?

Merci pour vos éventuelles réponses. (n'hésitez pas à jeter à nouveau un coup d'oeil au début du message )
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Vieux 17/12/2005, 16h49   #2
 
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Re : Ethique de l'avortement

Nos sociétés modernes tendent vers un équilibre fragile entre la liberté et la démocratie, entre l'individualisme et le communautarisme etc. Cet équilibre se traduit par la Constitution, les Chartes etc. Et au fil des ans, une sagesse certaine s'en est dégagée. La liberté d'opinion appartient d'abord à chacun (premier principe démocratique : j'aime pas que les autres pensent à ma place). Il en va de même de la libre action (second principe démocratique : j'aime pas que les autres agissent à ma place car là, il ne font que m'imposer ce qu'ils ont pensés à ma place en violation du premier principe).

Je dirais, sans reprendre ton argumentaire point par point, que la décision appartient d'abord à la femme concernée (et là encore, il y a beaucoup de nuances possibles, d'autant qu'on finira bien un jour par voir des hommes enceintes avant que les poules aient des dents). L'éthique s'est aussi chercher le bien relatif parmis plusieurs choix sachant qu'il y a obligation de faire un choix. Hors, dans notre société d'abondance et de chacun pour soi, pourquoi devrions nous privé un individu de la possibilité de faire un choix sachant que ce choix ne prive en rien la communauté en abondance ? (méchant dilemme)

Mais là encore, il faut nuancer. Choisir à six mois de grossesses m'interpelle beaucoup plus qu'à quatre mois. Aujourd'hui, la médecine sauve in extremis des foetus à peine agé de cinq ou six mois (peut-être quatre mois - je ne sais pas !). Et puis, que dire d'une société qui peine à éradiquer la pauvreté, s'occuper de ses veillards et jugent tout à l'aune des arguments économiques ?
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Vieux 17/12/2005, 18h11   #3
 
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Re : Ethique de l'avortement

Bonjour Nergal...
Pierre de Québec a parlé ci-dessus de la liberté personnelle. C'est effectivement un point des plus importants.
J'aimerai simplement rajouter une précision: dans ton argumentaire, il manque un aspect essentiel. Que l'avortement soit ou non légal, certaines femmes sont prêtes à tout pour avorter. Elles ont leurs raisons. Et ces raisons doivent être particulièrement bonnes dans la mesure où les risques encourus lors des avortements mal-encadrés sont énormes.

Il me semble que c'était un des arguments clés lors de la légalisation en France: Il est impossible (et a priori anti-constitutionnel) d'empècher tout avortement. Il est donc largement préférable d'encadrer cette pratique et d'offrir un soutien moral.

J'aimerai également ajouter que l'éthique est une notion mouvante... Et je suis sur que l'éthique d'une femme ayant l'intention d'avorter est très différente de celle d'un mec qui ne sera jamais concerné par la grossesse ou d'une femme qui n'imagine pas la vie sans enfants...
Chercher à interdire à une femme d'avorter, c'est essayer de lui imposer une éthique qui ne lui correspond pas. Or imposer quelquechose à quelqu'un dans ces conditions peut également être considéré comme un manquement à l'éthique !

Citation:
Mais la mère accepterait-elle de porter en son sein un enfant pendant 9 mois pour l'abandonner juste après la naissance? Néanmoins, cela paraît plus moral et plus supportable pour la mère que de supprimer la vie de l'enfant, un enfant adopté à toutes les chances d'être heureux.
Voilà qui est bien injuste pour la mère: ces 9 mois seront loin d'être une partie de plaisir (privations, handicap, effets physiologiques). De plus, malgrè le désir de ne pas garder l'enfant, en 9 mois, certains liens se tisseront. Et la déchirure sera sans doute beaucoup plus douloureuse après l'accouchement que quelques semaines après avoir appris qu'on avait "quelquechose" dans son ventre !

Citation:
On dit que c'est la solution "la moins pire"… mais par rapport à quoi? Réponse : par rapport à la vie. La mort serait donc "moins pire" que la vie? Comme nous l'avons précédemment vu, cela est impossible
Tu parles de "mort", mais il ne faut pas oublier que tout le monde ne considère pas l'avortement comme un "meurtre": ce n'est qu'un point de vue (a priori moyennement répandu). D'ailleurs, d'un point de vue légal (la loi étant sensée crystaliser, entre-autres, l'éthique d'un pays), ça n'a rien à voir...
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Vieux 17/12/2005, 18h40   #4
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Nos sociétés modernes tendent vers un équilibre fragile entre la liberté et la démocratie, entre l'individualisme et le communautarisme etc. Cet équilibre se traduit par la Constitution, les Chartes etc. Et au fil des ans, une sagesse certaine s'en est dégagée.
Que veux tu dire par là? Nous serions arrivé à ce point d'équilibre? Aurions nous acquis cette "sagesse"? Il serait impossible de nos jours d'être confronté à une loi illégitime? Je reste sceptique... Cela me parait bien optimiste.

Citation:
La liberté d'opinion appartient d'abord à chacun [...] j'aime pas que les autres agissent à ma place car là, il ne font que m'imposer ce qu'ils ont pensés à ma place
Entierement d'accord avec toi mais dans une certaine mesure. Si un individu pense qu'il est bon de tuer, la liberté d'opinion et la liberté d'action ne s'appliquent plus.

Citation:
Je dirais, sans reprendre ton argumentaire point par point, que la décision appartient d'abord à la femme concernée
Je suis assez d'accord avec toi... La légalisation de l'IVG en France s'est basée, entre autre, sur l'idée selon laquelle le droit à l'avortement relevait du droit à disposer de son corps. Il y a comme une injustice de la nature à l'égard de la femme : les ovulations continuelles et très rapprochées l'exposent sans cesse au risque de tomber enceinte sans désirer l'être. On ne peut donc pas forcer une femme à être enceinte...
Mais cette liberté implique un choix qui doit être fait en toute connaissance de cause. La question qui se pose alors est la suivante : est ce que les femmes sont clairement informées sur l'éthique de l'avortement? Y aurait-il une pression sociale à avorter? A notre époque, on veut tout décider de notre vie, on ne laisse que peu de place à l'imprévu, on passe d'une maternité subie à une maternité choisie. Cela débouche sur une nouvelle "éthique": le bien serait ce qui survient conformément à des plans préétablis eux-mêmes fonction de nos désirs du moment, le mal serait l'impromptu, c'est celui que l'on n'attend pas et qui vient contrarier nos attentes.
De plus, tu parles de choix, mais derrière un choix il y a toujours plusieurs solutions dont certaines sont bonnes et d'autres mauvaises. L'éthique est là pour les distinguer.

Citation:
L'éthique s'est aussi chercher le bien relatif parmis plusieurs choix sachant qu'il y a obligation de faire un choix.
Citation:
l'éthique est une notion mouvante..
. L'éthique c'est avant tout la recherche de ce qui est bien ou mal. Il n'y a pas de relativisme.

Citation:
Choisir à six mois de grossesses m'interpelle beaucoup plus qu'à quatre mois.
La question est de savoir pourquoi! Après tout, à deux mois d'écart?

Citation:
Que l'avortement soit ou non légal, certaines femmes sont prêtes à tout pour avorter. Elles ont leurs raisons. Et ces raisons doivent être particulièrement bonnes dans la mesure où les risques encourus lors des avortements mal-encadrés sont énormes.
J'ai entendu parler de toutes ces histoires d'aiguilles à tricoter absolument horribles.... Le problème c'est que tu es en train de dire que si quelqu'un est determiné à faire quelque chose, il est dans son droit. Mais la détermination d'un individu n'est pas un critère du droit...

Citation:
Voilà qui est bien injuste pour la mère: ces 9 mois seront loin d'être une partie de plaisir (privations, handicap, effets physiologiques).
Avorter n'est pas non plus une partie de plaisir.
Citation:
De plus, malgrè le désir de ne pas garder l'enfant, en 9 mois, certains liens se tisseront. Et la déchirure sera sans doute beaucoup plus douloureuse après l'accouchement que quelques semaines après avoir appris qu'on avait "quelquechose" dans son ventre !
Tu parles de deux déchirures totalement différentes. Dans un cas, il s'agit purement est simplement la suppression d'un futur individu et dans l'autre il s'agit d'une séparation (douloureuse) entre une mère et son enfant. D'un point de vue moral, je ne sais pas laquelle de ces deux "déchirures" est la plus douloureuse...
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Vieux 17/12/2005, 18h48   #5
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Tu parles de "mort", mais il ne faut pas oublier que tout le monde ne considère pas l'avortement comme un "meurtre": ce n'est qu'un point de vue (a priori moyennement répandu).
Oui, tu as raison, c'est un point de vue... Au lieu de dire "mort", j'aurais dû dire "suppression", c'est moins choquant mais ça revient au même : il y a quelqu'un en moins. On ne peut pas nier que l'embryon est voué à devenir enfant puis adulte... J'ajouterai que je ne préfère pas m'appuyer sur l'avis des autres.
Citation:
D'ailleurs, d'un point de vue légal (la loi étant sensée crystaliser, entre-autres, l'éthique d'un pays), [l'avortement et le meurtre n'ont] rien à voir...
Tu ne sembles pas faire de distinction entre ce qui est légal et ce qui est légitime. Les lois anti-juives étaient légales en France pendant la seconde guerre mondiale. Pourtant, elles étaient illégitimes. Une loi peut être illégitime, l'institution n'a pas force de loi.
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Vieux 18/12/2005, 01h46   #6
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Envoyé par Nergal
L'éthique c'est avant tout la recherche de ce qui est bien ou mal. Il n'y a pas de relativisme.
Euh... laisse moi en douter fortement ! Ce qui est bien et ce qui est mal dépend fortement de qui parle, de sa culture, de son éducation et de ses convictions. Il n'existe pas LE bien et LE mal.

Citation:
Le problème c'est que tu es en train de dire que si quelqu'un est determiné à faire quelque chose, il est dans son droit. Mais la détermination d'un individu n'est pas un critère du droit...
Tout d'abord, l'argument n'est pas de moi.
Ensuite, "la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres". L'avortement n'affecte pas la société (comme celà a été dit plus tôt) ni les droits élémentaires des autres citoyens, il est donc uniquement du ressort de la femme enceinte et pas de la société.

Citation:
Avorter n'est pas non plus une partie de plaisir.
Il y a une différence de durée de souffrance très importante pour un résultat absolument identique: de toute façon la mère (potentielle) est séparée de manière définitive de son enfant (potentiel). D'un coté elle a eu 1 mois pour s'y attacher, de l'autre 9 mois et un certain nombre de souffrances physique supplémentaires...

Citation:
Tu ne sembles pas faire de distinction entre ce qui est légal et ce qui est légitime.
Comme dit plus haut, ce qui est légitime est assez fluctuant. Vu que tu as abordé les lois anti-juives, dis-toi que si l'Allemagne nazie était restée au pouvoir ces lois que tu juges illégitimes, tu les aurais sans doute jugées totalement éthiques. Tout est question d'éducation !
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Vieux 18/12/2005, 03h16   #7
 
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Re : Ethique de l'avortement

Hum... ça commence à sentir la dérive. La quille vacille !

Les opinions sur le sujet de l'avortement sont très simples à circonscrire : pour ou contre. Alors si vous voulez bien, recadrons le sujet autour du thème de l'éthique. Cela sera salutaire et devrais nous permettre d'éviter les traditionnelles ornières sur le sujet de l'avortement.

D'abord, quels sont les dilemmes ? Quels sont les valeurs en jeux ?

Je crois aussi salutaire de préciser que le point de vue privilégié devrait être celui du personnel médical et la relation entre les parties impliquées et le personnel médical. Le point de vue personnel ou de la femme ou de son mari ou du religieux du coin ne cadre pas vraiment avec les thématiques de FSG.

Quelqu'un veut s'avancer ?
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Vieux 18/12/2005, 10h59   #8
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Ce qui est bien et ce qui est mal dépend fortement de qui parle, de sa culture, de son éducation et de ses convictions. Il n'existe pas LE bien et LE mal.
Il faut donc prévenir les administrateurs pour qu'ils ferment la section "débats" et la section "Ethique des sciences"... Il faut aussi prévenir l'éducation nationale pour supprimer les cours de philo au lycée. Si il n'y a pas de vérité unique, on peut fermer ce fil... Si toutes les discussions se résument à "moi je pense que" et toi tu pense que" et c'est tout, l'éthique et la philosophie n'ont plus lieu d'être puisqu'elles ont toute les deux comme objectif la recherche de la vérité. Il faut au moins s'accorder sur ça.
Citation:
Tout d'abord, l'argument n'est pas de moi.
Il faut justement faire une démarche personnelle afin d'évaluer la pertinence des arguments que l'on peut lire dans la presse ou sur internet...
Citation:
la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. L'avortement n'affecte pas la société (comme celà a été dit plus tôt) ni les droits élémentaires des autres citoyens, il est donc uniquement du ressort de la femme enceinte et pas de la société.
Je vois ce que tu veux dire, mais ton raisonnement s'applique aussi pour l'infanticide... Tu ne considères pas le point de vue du futur enfant.
Citation:
Il y a une différence de durée de souffrance très importante pour un résultat absolument identique
Tu soulèves deux choses très importantes. La première c'est la question de la souffrance. J'en ai déjà beaucoup parlé dans le tout premier message. C'est une question qui est difficile à évaluer. D'après moi, l'avortement est plus douloureux sur le long terme (syndrome post-abortif) que la naissance sous X. J'ai pu lire des témoignages sur le site d'une association d'aide aux femmes enceintes qui confirment ce que je pensais. (http://sosbebe.org/post/postmaletre.html). Il me parait aussi évident que la vie d'un individu ne dépend pas de la souffrance qu'il cause aux autres...
La deuxième question que cette phrase soulève est celle du résultat. Tu dis que la naissance sous X et l'avortement aboutissent exactement au même résultat. Là encore nos opinions divergent... Il y a pour moi une différence fondamentale : dans un cas, il y a la naissance et la vie d'un individu et dans l'autre cette naissance et cette vie sont empêchées. Il faut aussi se placer du point de vue du futur enfant.
Citation:
quels sont les dilemmes ? Quels sont les valeurs en jeux ?
Il y a plusieurs questions :
- la question du respect de la vie humaine (à partir de quand?)
- la question de la souffrance
- la question de la liberté des femmes (correspond elle à un choix objectif?)
Citation:
Je crois aussi salutaire de préciser que le point de vue privilégié devrait être celui du personnel médical et la relation entre les parties impliquées et le personnel médical. Le point de vue personnel ou de la femme ou de son mari ou du religieux du coin ne cadre pas vraiment avec les thématiques de FSG.
Je ne sais pas si le point de vue privilégié doit être celui du personnel médical, les médecins sont des individus comme les autres, il n'ont pas de superpouvoirs pour déterminer ce qui est juste ou pas... De plus, le progrès de la science et de la technique tend à pousser les médecins et chercheurs à faire ce qui n'est pas éthique...
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Vieux 18/12/2005, 13h27   #9
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Envoyé par Nergal
Je ne sais pas si le point de vue privilégié doit être celui du personnel médical, les médecins sont des individus comme les autres, il n'ont pas de superpouvoirs pour déterminer ce qui est juste ou pas...
Les médecins et tous les intervenants en générals (je parle des professionnels) qui sont impliqués dans l'aide à la décision, l'avortement et l'aide post-avortement sont d'un intérêt particulier pour traiter de la question éthique ici sur FSG.

Personne n'a de "superpouvoir" pour trancher un dilemme. Pratiquer un avortement est un acte qui a été décriminalisé, sous certaines conditions, dans la plupart des pays occidentaux (j'écris ça s'en en avoir fait une vérification exhaustive). La question éthique maintenant ne se situe plus autour du dilemme d'être pour ou contre l'avortement mais de faire ou ne pas faire un avortement. Fournir ou ne pas fournir les facilités pour pratiquer les avortements, soutenir psychologiquement les femmes etc.

Citation:
Envoyé par Nergal
De plus, le progrès de la science et de la technique tend à pousser les médecins et chercheurs à faire ce qui n'est pas éthique...
Non, là tu écris une affirmation qui généralise à tous les médecins et chercheurs des cas de dérapages qui ne peuvent être qu'isolés. Notre société n'encourage pas les valeurs qui ne sont pas encadrées par la loi constitutive, les Chartes et traités.
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Vieux 18/12/2005, 14h19   #10
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Les médecins et tous les intervenants en générals (je parle des professionnels) qui sont impliqués dans l'aide à la décision, l'avortement et l'aide post-avortement sont d'un intérêt particulier pour traiter de la question éthique ici sur FSG.
Oui, tout à fait. Mais la question ne doit pas être traité uniquement par les médecins... Ce qui serait intérressant aussi ce serait des témoignages de femmes qui ont avorté ou non...
Citation:
Pratiquer un avortement est un acte qui a été décriminalisé, sous certaines conditions, dans la plupart des pays occidentaux (j'écris ça s'en en avoir fait une vérification exhaustive).
Oui, tu as raison. En Europe, seul l'Irlande a interdit cette pratique (le problème qui survient alors est le "tourisme médical"). Il reste des divergences entre les différents pays à propos du délai, de l'accord parental pour les mineures, etc... (c.f. ce site : http://www.planning-familial.org/the...recision03.php)
Citation:
La question éthique maintenant ne se situe plus autour du dilemme d'être pour ou contre l'avortement
On peut toujours se poser la question de la morale de cet acte. Ce n'est pas parce que c'est légal partout que c'est forcemment bien... Néanmoins, je rechigne un peu à établire une unité entre le Droit et la morale, je condamne moralement tout en refusant l’interdiction légale...
Citation:
Citation:
Posté par Nergal
De plus, le progrès de la science et de la technique tend à pousser les médecins et chercheurs à faire ce qui n'est pas éthique...
Non, là tu écris une affirmation qui généralise à tous les médecins et chercheurs des cas de dérapages qui ne peuvent être qu'isolés. Notre société n'encourage pas les valeurs qui ne sont pas encadrées par la loi constitutive, les Chartes et traités.
J'ai justement utilisé le verbe "tendre à" pour ne pas généraliser. Il est néanmoins évident que tout ce qui est techniquement possible tend à devenir légal. Beaucoup de personne imagine le progrès de la science comme une locomotive en marche que l'on ne peut pas arrêter. D'où l'expression "on n'arrête pas le progrès"... Cette mentalité concerne tout le monde, pas uniquement les médecins (sans toutefois généraliser!).
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Vieux 20/12/2005, 11h27   #11
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Envoyé par Nergal
est ce que les femmes sont clairement informées sur l'éthique de l'avortement?
Oh que non alors, les femmes ne sont pas informées du tout sur l'éthique de l'avortement, ni avant une éventuelle grossesse, ni pendant. Mais imagine une femme enceinte d'un enfant qu'elle ne désire pas. Crois-tu que ça l'aiderait beaucoup qu'on vienne lui dire qu'elle va supprimer un être humain. Je pense qu'elle le sais déjà...
Citation:
Envoyé par Nergal
Y aurait-il une pression sociale à avorter?
Qu'entends tu par là?
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Vieux 20/12/2005, 11h30   #12
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Envoyé par Pierre de Québec
Les médecins et tous les intervenants en générals (je parle des professionnels) qui sont impliqués dans l'aide à la décision, l'avortement et l'aide post-avortement sont d'un intérêt particulier pour traiter de la question éthique ici sur FSG.
l'aide post avortement est comme l'aide pré avortement, elle n'existe pas.
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Vieux 20/12/2005, 11h58   #13
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
les femmes ne sont pas informées du tout sur l'éthique de l'avortement, ni avant une éventuelle grossesse, ni pendant. Mais imagine une femme enceinte d'un enfant qu'elle ne désire pas. Crois-tu que ça l'aiderait beaucoup qu'on vienne lui dire qu'elle va supprimer un être humain.
Donc selon toi, il y a suppression d'un être humain mais il ne faut pas le dire? C'est un peu hypocrite... Il faut aider la femme à décider par elle même.

Citation:
Citation:
Posté par Nergal
Y aurait-il une pression sociale à avorter?
Qu'entends tu par là?
Il n'y a plus vraiment de choix objectif, l'avortement est désormais completement banalisé au point qu'on le considère presque comme un moyen de contraception (1 avortement pour 3,5 naissances!). La plupart des gens considèrent que l'avortement est normal et la question éthique ne se pose même pas. Les femmes sont influencées par la société, par leur parents, leurs amis, et probablement aussi par le personnel médical. On ne peut alors plus parler de choix objectif.
Citation:
l'aide post avortement est comme l'aide pré avortement, elle n'existe pas.
De même que l'aide après une grossesse et une naissance non désirée à la base. (même si il existe des assoc)
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Vieux 20/12/2005, 12h28   #14
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Envoyé par Nergal
Donc selon toi, il y a suppression d'un être humain mais il ne faut pas le dire? C'est un peu hypocrite... Il faut aider la femme à décider par elle même.
On a eu presque la même discussion il y a un ou deux ans. un peu hypocrite, c'est vrai. Jusqu'à ce qu'un orphelin vienne dire qu'il aurait préféré être avorté plutot que vivre sa vie. Car toute sa vie il a vécu avec cette plaie béante, celle de son abandon. Il est facile d'avoir de grands principes et encore plus facile de camper dessus. Mais dans la vie, il faut savoir laisser parfois certains principes de coté pour espérer toucher le bonheur. Il vaut mieux avoorter un embrion que de soigner toute sa vie quelqu'un qui aura un mal-vivre et qui risque de causer de nombreux soucis à lui et à d'autres.
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"Une théorie n'est scientifique que si elle est réfutable". Karl Popper
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Vieux 20/12/2005, 13h22   #15
 
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Re : Ethique de l'avortement

Bonjour Narduccio,
Citation:
Jusqu'à ce qu'un orphelin vienne dire qu'il aurait préféré être avorté plutot que vivre sa vie. Car toute sa vie il a vécu avec cette plaie béante, celle de son abandon.
Tous les enfants qui ont été abandonné doivent ils se suicider? N'ont ils pas la possibilité d'être heureux malgré leur souffrance? Comme je l'ai dit dans mon premier message, on ne peux pas considérer qu'il y ai des vies qui valent la peine d'être vécues et d'autres non, on ne peut juger par avance la vie de quelqu'un. Supprimer la souffrance ne signifie pas supprimer la personne qui souffre. Cela reviendrait à dire que pour supprimer la pauvreté, il faut supprimer les pauvres…
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Vieux 20/12/2005, 16h27   #16
 
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Re : Ethique de l'avortement

Ce que je voulais dire, c'est que lorsqu'une femme décide d'avorter, elle sait qu'elle va supprimer un être vivant. Cet être vivant étant son propre bébé (même si elle ne le désire pas), je ne pense pas qu'il soit nécéssaire de le lui rappeler. Quand à ceux qui disent que l'avortement est considéré comme un moyen de contraception, ça me fait frémir de fureur, et j'ai envie de leur dire de venir me dire ça en face, pour que je leur mettre un bon coup de genou là ou je pense. Et ça, c'est efficace, comme moyen de contraception. Excuser moi si je m'égare, mais là, ça me met hors de moi
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Vieux 20/12/2005, 16h41   #17
 
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Re : Ethique de l'avortement

Citation:
Quand à ceux qui disent que l'avortement est considéré comme un moyen de contraception, ça me fait frémir de fureur, et j'ai envie de leur dire de venir me dire ça en face, pour que je leur mettre un bon coup de genou là ou je pense. Et ça, c'est efficace, comme moyen de contraception. Excuser moi si je m'égare, mais là, ça me met hors de moi
Aïe!
Il faut quand même regarder un peu les chiffres, 1 avortement pour 3,7 naissance (pour l'année 2002, les chiffres restant relativement stables), l'avortement n'est plus considéré comme un ultime recours... Donc soit il y a encore beaucoup d'efforts à faire pour sensibiliser les gens à la contraception soit il y a un problème de banalisation de l'avortement qui est à mon avis dangereux...
Citation:
lorsqu'une femme décide d'avorter, elle sait qu'elle va supprimer un être vivant. Cet être vivant étant son propre bébé (même si elle ne le désire pas), je ne pense pas qu'il soit nécéssaire de le lui rappeler.
Dans certains cas tu as raison mais dans d'autres, les femmes sont complètement manipulées par la société qui les pousse à avorter sans se poser de questions. Il y a aussi les cas de jeunes filles qui tombent enceinte et avortent pour se rassurer quand à leur fécondité...

edit : A l'avenir, je me méfierais de tes coups de genou mal placés!

Dernière modification par Nergal ; 20/12/2005 à 16h44.
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Vieux 20/12/2005, 16h53   #18
 
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Re : Ethique de l'avortement